‹ Chroniques de l'oeil de boeuf aux temps de Louis XIVChapitre 27 sur 68 · CATINAT REFUSE LE CORDON · texte numérisé non relu

CATINAT REFUSE LE CORDON

plus précieuse de toutes les preuves : celle qu'il n'y eut jamais parmi mes aïeux aucun de ces seigneurs errants qui faisaient des biens d'autrui les leurs par le droit de l'épée... aussi ne suis-je point sûr, qupi qu'en disent mes parents, que quelquesuns de nos ascendants n'aient pas dérogé.

— Mais le refus que vous faites du cordon peut nuire à votre famille ?

— Sire, elle me rayera de sa généalogie. »

Ici le roi s'éloigna de M. Catinat en hochant de la tête, et pas un seul des courtisans ne lui parla pendant le reste du lever.

NOTES

La réponse de Catinat au roi serait absolument authentique; mais toute cette scène dialoguée n'est qu'un arrangement du récit très succinct laissé par Saint-Simon.

« Catinat était arrière-petit-fils du lieutenant-général de Mortagne, au Perche, mort en i584; c'étaient apparemment des manants de là autour, puisque c'est le premier qu'on connaisse... Catinat apprit à Paris la promotion des maréchaux de France. Il alla à Versailles et fit demander au roi de lui parler dans son cabinet, qui l'y fit entrer au sortir de son dîner. Là, il remercia le roi de l'honneur qu'il venait de lui faire et, en même temps, lui dit qu'il ne pouvait le tromper, et lui expliqua qu'il ne pouvait faire de preuves (prouver des quartiers de noblesse). Cela se passa de sa part très respectueusement, mais fort froidement; jusque-là, qu'il y en eût qui crurent qu'il n'avait pas été trop fâché de faire ce refus. Le roi le loua fort, mais sans le presser, comme il avait fait en pareil cas à l'archevêque de

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