MCRT DE MADAME DE MONTESPAN
continuellement troublée, se dissipèrent subitement, et ne l'inquiétèrent plus. Elle remercia Dieu en présence de tout le monde, de ce qu'il permettait qu'elle mourût dans un lieu où elle était éloignée des enfants de son péché et n'en parla durant sa maladie que cette seule fois... » Saint-Simon, édition Boislisle, XV, 100-102. — ( Dès qu'elle se sentit attaquée, elle voulut se précautionner en véritable chrétienne contre tout ce qui pouvait arriver ; pour cet effet, elle se confessa, reçut l'extrême-onction... et son mal venant à augmenter, et ne lui laissant plus aucune espérance de guérison, elle n'employa le peu de temps qui lui restait qu'à donner des ordres pour le soulagement des pauvres dont elle faisait sa principale occupation depuis plusieurs années. » Le Mercure.
(3) « Je partis à l'instant, et arrivé à Bourbon la veille de son dernier jour, je fus le triste témoin de la mort la plus ferme et la plus chrétienne qu'on puisse voir... Je ressentis toute la douleur que l'amitié la plus tendre et la plus sincère peuvent faire ressortir en pareille occasion. Je repartis sur l'heure pour me retirer quelque temps chez moi, à Bellegarde. » Mémoires de d'Antin,
A propos de d'Antin, son fils légitime et qu'elle aima davantage que ses autres enfants, l'Œil de bœuf écrit : « On voit par ce dernier trait que les cafres pourraient, en fait de férocité, se perfectionner encore à la cour de France. » 11 y a certainement un brin d'exagération ; et cependant Saint-Simon nous
dit (mais il ne faut pas oublier que Saint-Simon et d'Antin furent, en 1706, concurrents pour l'ambassade de Rome) : « Délivré des devoirs à rendre à une mère impérieuse, il fut plus sensible à ce soulagement qu'à la cessation de tout ce qu'il tirait d'elle depuis sa dévotion. »
(4) Tous les pauvres de Bourbon-l'Àrchambault, tous les pauvres de la région pleurèrent sincèrement Mme de Montespan. Mais quelles tristes obsèques ! « Ce corps autrefois si parfait, devint la proie de la maladresse et de l'ignorance du chirurgien de la femme de Legendre, intendant de Montauban qui était venu prendre les eaux... Les obsèques furent à la discrétion des moindres valets, tout le reste de la maison ayant subitement déserté... Le corps demeura longtemps sur la porte de la maison tandis que les chanoines de la Sainte-Chapelle (la chapelle da château ducal des Bourbons, dont subsistent aujourd'hui les ruines pittoresques, sur une hauteur au pied de laquelle s'étend la ville), et les prêtres de la paroisse disputaient de leur rang jusqu'à plus que de l'indécence. Il fut mis en dépôt dans la paroisse, comme y pouvait être celui de la moindre bourgeoise du lieu, et longtemps après porté à Poitiers dans le tombeau de sa maison à elle avec une parcimonie indigne... » Saint-Simon.
La légende locale raconte que Mme de Montespan avait « légué ses entrailles » à l'église de Saint- Menoux ; un petit village tout proche où. dans sa curieuse église, les bredins (les fous) vont, de nos