SONNET EN BOUTS RIMES
0 l'aimable saison pour le fruit de la... herse Où tout rit dans nos champs, où chacun court au... bain! L'abondance et la paix vont nous ouvrir leur... sein Et Louis, redouté, n'aura plus de... traverse.
Il va dans ses États rétablir le... commerce. Qu'avait interrompu le rival de... Vulcain ; Sa gloire, qui s'étend jusqu'au climat... lointain, Vient d'attirer ici l'ambassadeur de... Perse.
Le peuple à sa santé boit déjà... rasibus, Le sexe, pour lui plaire, effacera... Vénus, L'auteur, pour le louer, abandonne... Origcne,
Et l'amant, pour le voir, quittera... Lays. J'en juge par mon cœur, car si j'étais... Paris, Pour avoir ce plaisir je quitterais... Hélène.
« Pour chercher des distractions au roi, Mme de Maintenon imagina des présentations solennelles de généraux d'ordre, avec le même appareil qu'on accorde aux grandes puissances quand ils font leur entrée. On vit arriver le général des Capucins, le général des Minimes qui furent reçus dans les carrosses du roi, et lui firent des harangues. Une nouvelle scène succéda bientôt à ces farces monacales ; et l'on apprit que Mehemet-Risabeg , ambassadeur de Perse, était en chemin et devait paraître à la cour. (Ici à peu près, comme dans l'OEil de bœuf, est décrite Vaudience que donne le roi. )*On sut quelque temps après que le prétendu Persan s'était enfui de Constantinople où il était prisonnier ; que l'ambassadeur de France l'avait fait sauver ; que les présents qu'il avait apportés de la part du roi de Perse ne venaient que de Marseille ; que ces présents qu'on avait fait garder par un exempt, par quatre archers, et qui précédaient fastueusement l'ambassadeur, ne consistaient qu'en deux cents petites perles et cent quatrevingts turquoises de la valeur, en tout, de mille écus, et deux pots de gomme. Les Parisiens commencèrent à le traiter hautement d'imposteur, ils ne se n. 33
trompaieM pas. Car le Régent découvrit, après la mort du roi, que ce fantôme d'ambassadeur n'était qu'un jésuite portugais qui, ayant parcouru tous les pays du monde et surtout la Perse, avait été arrêté par les Turcs, emprisonné à Constantinople, et que ses confrères avaient délivré, puis instruit de leur mieux pour tâcher aussi de désennuyer Louis XIV. » Le Nouveau Siècle de Louis XIV, III, pp. 455-458. Paris, 1804.
Mariage avec sa blanchisseuse.
Voici une autre branche, une branche moins directe de l'arbre illustre dont le grand Béarnais fut la tige, qui promet de nouveaux rejetons : Dufresny, descendant d'une des nombreuses distractions de Henri IV, vient de se marier. Mais voyez jusqu'où peut aller l'originalité bizarre d*ttn poète. La blanchisseuse de Pécrivain comique, ouvrière dont le compte avec lui était toujours une pièce sans dénoûment, entra un matin chez ce pauvre payeur pour lui demander de conclure enfin en la payant.
« Te payer ! répondit le poète en s'habillant le plus décemment qu'il pouvait derrière le rideau, voilà qui est bientôt dit, mon enfant ; mais depuis
quinze jours le brelan et le pharaon sont traîtres en diable.
— C'est si peu de chose que trente pistoles!...
— Gomment, peu de chose, trente pistoles ! je voudrais bien en avoir une seule, moi; je ressaisirais une veine de lansquenet que j'ai été obligé d'abandonner hier au moment où elle allait devenir bonne.
— Ecoutez donc, monsieur, je me marie dans huit jours, il faudra bien d'ici là que vous me trouviez l'argent que vous nie devez.
— Ah! ah! tu te maries, toi, tu as donc de l'argent ! car si tu ne comptais que sur mes trente pistoles. . .
— Je pourrais bien compter sur une planche vermoulue... voilà ce que vous voulez dire.
— Non vraiment, ma fille, je te payerai quelque jour. Il peut se faire que tu me trouves l'un de ces matins en possession de la veine que j'ai manquée hier. Mais, dis donc, trente pistoles ne forment pas une dot.
— Assurément non, monsieur Dufresny ; mais à force de battre le linge, de le frotter, de le repasser, je me suis fait un avoir d'environ deux cents ducats.
— Diable! ma bonne Jeannette! c'est avoir