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DIVERTISSEMENT DES MASQUES

Qu'un bal au cours sous ce feuillage Est un aimable amusement !

La coquette et la plus sage

Y viennent également Écouter le doux langage D'un jeune et nouvel amant.

Qu'un bal au cours, etc.

Il n'est clans aucun bocage Oiseaux de qui le ramage Soit plus doux et plus charmant Que le séduisant langage D'un jeune et nouvel amant.

Qu'un bal au cours, etc.

La liberté règne en ces lieux On n'y craint point la médisance.

Les jaloux et les ennuyeux

Y sont dupés par l'apparence.

Des Argus les plus curieux On trompe la vigilance, Jolis propos, discours joyeux S'y débitent sans conséquence.

L'amour, pour y combler nos vœux Est avec nous d'intelligence ; Tel y veut trop ouvrir les yeux Qui voit souvent plus qu'il ne pense.

Air.

Pour faire au cours des conquêtes nouvelles

L'amour attire tout Paris.

Au clair de la lune, les belles

Changent souvent de favoris,

Et ne sont guère plus fidèles

A leurs amants qu'à leurs maria.

Air.

Jeunes fillettes, Dissimulez Les ardeurs secrètes Dont vous brûlez.

Quand sous son empire Le dieu des amours A su vous réduire, Cachez bien toujours Ce qu'il vous inspire, Ou, si son martyre Vous force à le dire, Laissez-vous conduire Aux fêtes du cours.

Air.

Beautés qui voulez qu'on vous aime

Pourquoi vous défendre d'aimer ?

Il est malaisé d'allumer

Les feux d'amour sans en brûler soi-même.

398 CHRONIQUES DE l'œIL DE BŒUF

Branle en contredanse.

Au cours, après la danse, Pour les tendres amants, 11 est sans conséquence D'agréables moments.

L'amour, pour écarter tout ce qui les traverse, Amuse les mamans

Longtemps, Il endort les maris,

Rigris, Et le diable les berce.

Au bal du cours les dames, Dans la belle saison, Du succès de leurs flammes Causaient sur le gazon.

Entre elles les amours troquèrent leur ebaussure, Et ce changement-là

Prouva A bon nombre d'époux

Jaloux Quelle était leur coëfure.

Ici maint agréable Tout rempli de Bacchus, Vient au sortir de table Faire insulte à Vénus.

L'amour toujours au guet, prompt à venger sa mère, Après deux ou trois tours

Du cours, Leur décochant un trait,

Les fait Tomber dans quelque ornière.

Persécuteur des dames Jaloux trop curieux, Laissez en paix les âmes Dans ces aimables lieux.

De soins et de soucis dégageant nos pensées, Sans nous priver du jour,

L'amour Nous rend comme les dieux

Heureux Dans les Champs-Elysées.

Assis près de sa femme, Un avocat au cours, Méconnaissant la dame, Lui conta ses amours.

Elle, pour profiter de son erreur extrême, En tira de l'argent

Comptant, Et le pauvre avocat,

Bien fat, Se fit cocu lui-même.

Une jeune coquette, Femme d'un horlogeur, A certaine amourette Ayant livré son cœur, Tandis qu'à travailler l'époux chez lui demeure» La belle et son galant

Souvent S'en vont au cours exprès,

Au frais, Du berger sonner l'heure.

Amants, dans les ruelles Ne passez plus vos jours ; 11 est des nuits plus belles Pour vous, au bal du cours.

L'amour vous offre ici des conquêtes aisées, En faveur de la paix

Ses traits Ne forment que des vœux

Heureux Dans les Champs-Elysées.

D'une aimable grisette Certain vieux brocanteur, Par contrat fit emplette Sans s'assurer du cœur.

L'exemple d'un époux dont toute la fortune Venait de trafiquer,

Troquer, Fit qu'elle trafiqua,

Troqua, Au cours, au clair de lune.

Une fille savante En l'art de Cupidon, De ses droits jouissante, En usait bien, dit-on ; Mal instruit de ses feux, un tuteur malhabile La crut au cours, la nuit,

Et prit Sa femme et son rival

Au bal Au lieu de sa pupille.

Le démon de la danse Pour flatter vos désir3 De toute sa puissance Travaille à vos plaisirs.

De ses empressements il ne veut pour salaire Que l'honneur de pouvoir

Vous voir, En foule ici témoins,

Des soins Qu'il prendra pour vous plaire.

(2) De Philippe d'Orléans, qui fut le relent, Madame Palatine sa mère a dit : « Mon fils n'est pas délicat ; pourvu que les dames soient de bonne humeur, qu'elles boivent et mangent gloutonnement, et qu'elles soient fraîches, elles n'ont pas besoin d'avoir de la beauté. Je lui ai souvent reproché d'en avoir de très laides. Lettre du 6 octobre 1119. »

Voir, d'ailleurs, sur Philippe d'Orléans : A. Meyrac, Le Régent, ses filles et ses maîtresses. A. Michel, ëdit., 2 vol. illustré*.

Le lit vide.

Dès le lendemain de la victoire de Denain, remportée en juillet 1712, les troupes françaises assiégeaient Marchiennes. Le maréchal deVillars, en confiant le siège de cette place à M. de Broglie, lui dit : « Mon cher comte, je vous donne Brissac, Gontades, Fronsac et tout ce qu'il y a de jeunesse galante dans mon armée, et j'abandonne la maîtresse d'Eugène à celui de ces messieurs qui la prendra. » On conçoit que sous les murs de Marchiennes nos bouillants officiers furent tout à la fois excités fort surabondamment par la gloire et par l'amour; chacun se peignait la belle au gré de ses préférences, on ne parlait que d'elle dans la tranchée ; l'un lui prêtait des yeux noirs,

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