‹ Chroniques de l'oeil de boeuf aux temps de Louis XIVChapitre 10 sur 69 · LES COMMANDEMENTS DE MADAME DE MAINTENON · texte numérisé non relu

LES COMMANDEMENTS DE MADAME DE MAINTENON

De ton roi toa Dieu tu feras, Et le flatteras finement.

Le Dimanctie la messe ouïras Pour montrer ton ajustement :

Quand ton profit tu trouveras Tu communieras souvent.

Père et mère tu ne verras, Que tout le plus une fois l'an. La nuit et les jours passeras Au bal, à la chasse, au brelan.

Ton mari cocu tu feras, Et ton bon ami mêmement.

A table en soudard tu boiras, De tous vins généralement.

Ton crédit à tous tu vendras Quoique lu n'en aies nullement.

Réflexion point ne feras De peur de penser tristement.

Mciis, quand mourante tu seras Tu recourras au sacrement.

« Les mémoires de Mme de Maintenon, par La Beauraelle, lui attribuent ces vers ; et nous ne les donnons sous le nom de Mme de Maintenon que d'après son autorité. Elle ne nous a pas semblé assez imposante

fiO CHRONIQUES DE L CKIL DE BOEUP'

pour n'en point prévenir le lecteur», le Nouveau Siècle de Louis XIV, p. 75, Paris, 804.

Air du : Confiteor.

Pauvre Golbert, pauvre Louvois Votre science était petite ; Ctiamillard dans son double emploi Beaucoup mieux que vous s'en acquitte : Mais vous n'étiez pas, ce dit-on, Des héros à la Maintenon.

Il faut être ignorant parfait Pour régler à présent la France :

Soyez cruche, soyez baudet, Vous réglerez guerre et finance ; La Maintenon vous avouera Le reste ira comme il pourra.

Des Pontchartrai'ns, des Chamillards, Des Beauvilliers, des chatemittes, Des faux dévots, des papelards.

Des flatteurs comme des Jésuites, En France on en voit à foison Tout s'y fait à la Maintenon.

Des ministres, des généraux Jadis la France avait l'élite.

Et les bâtons des maréchaux

MADAME DE MAWTENON ET LE BOl

Se donnaient alors au mérite.

Une autre mode est de saison, Tout s'y fait à la Maintenon.

Les dignités et les emplois Dont nous révérons la mémoire, Chez nous, de même que nos lois Ne brillent plus que dans l'histoire.

On n'en a gardé que le nom, Tçnt se fait à la Maintenon.

Pour expliquer tout en deux mots Ce qui se passe dans la France, Désordre, abus, édits, impôts Et circonstance et dépendance, Louis n'y prête que le nom :

Tout se fait par la Maintenon.

David à l'eimour succomba ; Salomon devint idolâtre ; Chacun sait qu'Hercule fila, Antoine adora Cléopâtre ; Mais les maîtresses de ces grands N'avaient pas soixante-dix ans.

La première dans son chagrin. Se rendit Vestale, La seconde rongea son frein Jusqu'à la mort de sa rivale ; Mais la dernière aux cheveux gris Gardera mieux ce qu'elle a pris.

^2 ClIKONIOt'i-'' DE L'œiL DE BCeUF

Air du : Branle de Metz.

Voici l'état de la France :

Ni conseil, ni général ; Pour ministre un animal, Le peuple dans l'in ligcnce.

Sans justice, sans raison On punit, on récompense ; Et le roi, comme un oison, Est mené par Main tenon.

Le Dauphin est étonné de voir comment tout va. Le roi lui dit : mon fils que rien ne vous étonne,

Nous maintiendrons notre couronne Le Dauphin lui répond : Sire, Maintenons-la.

Créole détestable, Funeste Maintenon, Si le sort favorable T'envoyait chezPlutou, Aimable départie, Heureux moment.

En coûtàt-il la vie A ton amant!

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