‹ Chroniques de l'Oeil-de-Boeuf, des petits appartements de la cour et des salons de Paris sous Louis XIV, la Régence, Louis XV, et Louis XVI (volume 2)Chapitre 4 sur 91 · VIII NOTICE SUR TOUCHARD-LAFOSSE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE SUR TOUCHARD-LAFOSSE

toutes les particularités intéressantes qu'il connaissait sur divers personnages célèbres français ou étrangers.

On remarque de Touchard-Lafosse, en 1823, des articles insérés dans VAlhum national sous le pseudonyme du Solitaire du Puy-de Dôme ; mais les persécutions du parquet ne laissèrent pas longtemps vivre cette publication.

Depuis plusieurs années, Touchard-Lafosse consultait des mémoires, fouillait dans les bibliothèques, dépouillait d'énormes collections, réunissait une multitude de matériaux sur Louis XIV, la régence, Louis XV, Louis XVI. Il se proposait de mettre à la portée de tous les lecteurs l'histoire des xvii« et xviii» siècles, les anecdotes de trois grands règnes, la chronique de la cour, des petits appartements, des théâtres et des salons de Paris. Le résultat de ses recherches parut de 1829 à 1833 sous ce titre \les Chroniques pittoresques et critiques de l'Œil de-Bœuf (8 vol. in-8). Touchard-Lafosse supposait dans sa préface que la famille d'une certaine comtesse de B... avait, pendant plusieurs générations, tenu note des événements. Dernier rejeton de ces chroniqueurs, la vieille douairière, retirée au fond d'un hôtel de la place Royale, avait revu les cahiers laissés par ses ancêtres et rédigé son propre mémorial depuis le l" janvier 1772, jour où elle avait été présentée à la cour de Louis XV, jusqu'au 6 octobre

Cette supercherie littéraire a été dévoilée, et Touchard- Lafosse s'est nommé en tête de l'édition de 1845. Il suffit aujourd'hui de rappeler, pour faciliter auxlecteurs l'intelligence des chroniques, qu'elles sont censées écrites au jour le jour par des contemporains, témoins oculaires ou auriculaires des faits qu'ils retracent.

En 1830, au milieu de ce mouvement révolutionnaire qui emportait tous les esprits, Touchard-Lafosse se souvint de son premier métier. Il adressa à M. le maréchal Gérard une lettre sur l'organisation du département de la guerre et de l'armée. On peut citer aussi de lui deux brochures également consacrées à combattre la bureaucratie

NOTICE suit TOUCllAUD-LAl'OSSIi IX

iiiilitiiirc ; fin mot .sur l'ancien personnel de l'arniée et une Lettre à M. de Lntour Mauhourcj sur les droits des nncii'ns officiers.U fît paraître contre le {gouvernement do liOiiis-Philippo un roman allôj^orique, le Roi de la révolufion, Itistoire trouvée sur les bords du Gan(/e, et tenta (lo fonder à Nevcrs un journal démocratique, la Sentinelle tic la Nièvre ; mais,découragj par les tracasseries du pouvoir, l'auteur des Chroniques de l'OEil-de-Iiœuf, revint à ses chères études historiques. Le Pont des Soupirs, qu'il donna au public en 1832, est une curieuse peinture du règne de Louis XIII, et on nous saura gré sans doute de l'avoir joint aux Chroniques, dont il est le complément. On sait qu'il a été consulté avec fruit par un grand nombre de romanciers ou de dramaturges, et M. Alexandre Dumas n'a pas dédaigné de lui faire d'importants emprunts dans son roman si populaire des Mousquetaires.

De 1833 à 1817, l'infatigable écrivain fit paraître le Bosquet de Bomainville ; les Réverbères, chroniques de nuit du vieux et du nouveau Paris ; l'Histoire de Paris et celle des Environs de Parts, une biographie de Demoustiers, la Femme du brigand et le Boudoir d'une coquette, nouvelles; Jean Ango, histoire du xvi» siècle; Marthe la Livonienne, histoire russe; les Souvenirs d'un demisiècle, où il résume les impressions de toute sa vie; Rodolphe, ou A moi la fortune, roman de mœurs; les Chroniques des Tuileries et du Luxembourg, physiologie des cours modernes ;une volumineuse histoire de Charles XIV (Jean Bernadotte) roi de Suède et de Norvège; les Mémoires d'un frolteur (sur la cour de Louis XVIII et de Charles X); la Lof're/>ff/oresyue,dont le cinquième et dernier volume ne futpubliéqu'après la mort de l'auteur ;l'/^omme sans nom et les Trois Aristocrates , romans. Ses derniers ouvrages historiques, qui attestent l'étendue et la diversité de ses études, sont -.Hélène de Poitiers, roman historique du xiv» siècle; les Mémoires de Léonard, coiffeur de la reine Marie-Antoinette ; les Chroniques secrètes et galantes de VOpérade 1667 h 1844 ; le Rémouleur ou la Jeunesse rforee, roman historique du temps du Directoire.

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