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(|ue d'IIarvillu, onlaçaiil le beau corps qu'il allail coniicr aux oudes, pressé contre le sien, y imprima, avec une merveilleuse sagacité de choix, un baiser brûlant... Puis se drossant ainsi groupés sur la plagu herbeuse, k*s fugilils jetèrent un regard dédaigneux sur leurs ennemis ot disparurent dans le sein entr'ouvert de la Somme '. Ainsi l'on vit aux temps héroïques IIoraliusCoclès,aprè3avoir coupé le pont Sublicius, regarder lièroment les soldats de Porsenna et chercher dans le Tibre un refuge contre leurs coups.
Dllarville ne s'était pas assez vanté : quoique chargé d'un fardeau qui pouvait ralentir ses mouvements, il traversa la rivière comme un trait; la duchesse, cramponnée au dos de son vigoureux compagnon, fut à peine mouillée. Un petit bouquet d'aunes, planté tout près de là, voila une toilette rapide, dont les détails importent peu.
Le détachement, arrivé trop tard de l'autre côté du fleuve, n'y trouva que les deux coursiers abandonnés, broutant, malgré leurs mors, les jeunes pousses d'un buisson. Les cavaliers se montrèrent aussi peu confiants dans la faculté natante de leurs chevaux que le couple courageux l'avait été pour les siens ;du reste peu d'entre eux savaient nager: ils se contentèrent donc de capturer les deux montures, et tournèrent bride avec ce témoignage de leur activité, d'un seul instant trop tardive.
D'Harville s'était acquis des droits incontestables à la gratitude de Marie ; elle ne songea point à les contester. Ces trésors qu'il avait pu admirer avant d'en être le libérateur, acquittèrent généreusement leur rançon. On sut, quelque temps après, qu'empressée et lente tout à la fois à payer sa dette, la duchesse fut sur le point d'être prise, le lendemain matin, dans une chaumière où elle venait de passer une nuit imprudemment prolongée. Par bonheur l'Océan était proche; une barque reçut la recoimaissante dame et son cavalier ; leur salut fut dès lors assuré.
1. Il est historique que M»"» de Chevreuse passa la Somme à la nage pour échapper aux poursuites du cardinal.
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Richelieu apprit avec rage l'échec du détachement envoyé contre son ennemie ; il savait que cette femme, habituée à nég-ocier dans le lit des souverains, ne tarderait pas à jeter sur les bras de Louis XIII l'Espagne, l'empereur, au moins comme auxiliaire, et peut-être la Grande- Bretagne. Or, la fortune d'un ministre, quelque élevée qu'elle soit, est toujours risquée dans une guerre ; les rois ne veulent accepter que des triomphes ; ce sont leurs généraux ou leurs hommes d'I'^tat qui échouent, et le trône doit presque toujours leur disgrâce au mécontentement des peuples vaincus. Ainsi M°>^ de Chevreuso troublait le repos d'un homme qui s'était assuré toutes les forces de terre et de mer, dont il avait le commandement suprême; qui se réservait la nomination à toutes les places ; qui tournait selon ses caprices les clefs du trésor royal... Le cardinal regrettait d'avoir brûlé ses vaisseaux dans ses hostilités contre l'intrigante la plus habile de l'Europe : la santé du roi devenait de plus en plus faible, et rien encore ne garantissait à Son Eminence la possibilité de se rendre formidable au monarque futur. Marie promettait audacieusement une nouvelle tige des lis entée sur le rosier espagnol : elle était femme à l'obtenir à tout prix; et dans l'art des subtilités galantes, le ministre sentait qu'il n'était qu'un novice auprès de son adversaire.
Tandis que Richelieu, enfermé des journées entières avec le père Joseph, son meilleur conseiller, agitait l'importante question de savoir s'il fallait commencer la guerre ou l'attendre, Louis XIII employait ses tristes loisirs soit à prendre des oiseaux aux lacets, soit à chasser la grande bête. Un jour qu'il avait couru le cerf aux environs de Paris, la nuit le surprit non loin du château d'Ecouen ; il annonça l'intention d'y coucher. Sur l'heure les officiers de bouche partirent pour préparer le souper de Sa Majesté dans ce vieux donjon royal, que la cour n'avait pas habité depuis longtemps. — Ecouen eut des fastes au moyen âge : alors ses hautes et vastes salles retentirent de la musique des fêtes, étincelèrent du jet des flambeaux, et se fleurirent de mille beautés circulant en guirlandes
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autour des lambris, ou se groupant en hou(]uela dans les danses du temps. Los mansardes aux fcnèlres surmontées de lourds chapiteaux no demeuraient pas vides de souvenirs : là s'étaient fait entendre des baisers, des soupirs d'amour, des serments fidèles, oublies le lendemain. Mais «luand Louis XIII apparut dans ces murs, un silence morne lugubre, immense, y régnait : tout ce qui s'était agité jadis en ce lieu, pour intriguer, se divertir, aimer, gisait poudreux et insensible dans un lit de marbre ou d'argile, les vers môme avaient délaissé ces illustrations évanouies. Des meubles autrefois fastueux, maintenant vermoulus, et des tapisseries de haute lisse à grands personnages attestaient seuls la splendeur passée d'Ecouen, tandis que l'orfraie, en poussant son cri sinistre dans les crevasses des murailles, semblait avertir les vivants que cette grande solitude ne leur appartenait plus.
Le roi, suivi de quelques gentilshommes, traversait une grande salle de l'édifice gothique; les flambeaux que portaient ses valets de pied n'éclairaient que faiblement cette chambre ; la lumière était à ses côtés, les ténèbres régnaient plus loin.Tout à coup le monarque s'arrête, recule plusieurs pas en portant ses mains devantlui, comme pour repousser un objet horrible, et son chapeau tombe soulevé par ses cheveux.
— Ah ! s'écria-t-il d'un accent aigu, M. de Montmorency ! !
— Ce n'est rien, sire, dit M. de Brezé, qui s'approcha vivement de Sa Majesté ; votre souvenance, occupée en ce moment de ce grand coupable, vous le fait voir dans ce vieux château.
— Là, là 1 reprit Louis XIII d'une voix étouffée et en désignant du doigt un objet que son regard fixe apercevait seul... Ne le voyez-vous pas! Noble, beau, mais sanglant...
— Que Votre Majesté se remette : ces visions ne sont que fantômes créés par l'imagination.
— Ecoutez ; il me reproche sa mort... Il a raison, je fus cruel... barbare... Mon sommeil est affreux depuis lors...
— Venez, venez, sire, dit M. de Brezé en s'efforçant
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d'eatraîner le roi vers la chambre qu'on avait préparée pour lui.
— Non, non, monsieur, emmenez-moi loin de ce funeste manoir 1
— Mais, sire, où Votre Majesté passera-t-elle la nuit ?
— Peu importe... Je coucherai sur la terre s'il le faut... mais loin,bien loin d'ici... Le voilà qui me poursuit, ajouta Louis en s'accrochant au bras d'un g'entilhomme... Ombre de Montmorency, apaisez-vous... Pardonnez-moi, j'étais... j'étais jaloux...
Et la voûte sonore retentit violemment de ces deux derniers mots.
Enfin, on entraîna ou plutôt on emporta Louis XIIL.. Jamais il ne remit le pied au château d'Ecouen '... Pendant plus d'un mois, le roi ressembla lui-même à un fantôme tant son visage était pâle et plombé, sa voix creuse son regard inquiet... Ses cheveux avaient grisonné.
Quelques semaines après l'apparition d'Ecouen, un seigneur dit imprudemment à Sa Majesté qu'on avait vu le comte de Moret, à Venise, dansant dans une fête avec la fille du doge.
— Le comte de Moret, répéta le monarque en posant la main sur le bras du nouvelliste, mon frère... qui fut tué dans les raugs des rebelles à Castelnaudary ?
— Plusieurs lettres d'Italie rapportent ce fait étrange, dit l'interlocuteur.
— Les morts sortent-ils des tombeaux pour m'accuser? s'écria Louis XIII, dont tous les membres devinrent tremblants.
— Votre Majesté paraît indisposée ! dit le cardinal, qui entra en cet instant.
— Que signifie ceci, monsieur ? demanda le roi : on m'assure que le comte de Moret est en vie, qu'on l'a vu à Venise.
— Sire, le même dire me parvint il y a tantôt un mois,
1 . La vision de Louis XIII est rapportée par tous les Mémoires du temps.
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répondit le ministre, j'écrivis alori» louchant ce prupos à notro ambassuJour près la république, mais il me fit savoir quo tout ce bruit n'était qu'3 nieu3ont,'0 ; étant vrai (ju'après bonnes et anaidiics informations, personne n'avait souvenance d'avoir vu lo comte de Moret.
— Mais, mon cousin, il m'est avis que vous devez avoir reçu, en Languedoc, nouvelles certaines do la mort du comte.
— Autant certaines, sire, qu'elles peuvent l'être en telle occurrence, mais la fin du récit qui m'a été fait de cet événement se divise en deux versions. Il demeure d'abord assuré que le prince, frappé au ventre d'un coup de pistolet, tiré par le capitaine Bideron, tomba pour mort sur le champ de bataille. Il n'est pas moins constant que le blessé fut mis dans un carrosse de Monsieur, et qu'on se prit à le transporter au couvent de Prouille. Y arriva-t-il ou mourut-il en route ? A ce point la lumière nous échappe. Les religieuses affirmèrent qu'elles n'avaient point revu le moribond, et pourtant l'on ne trouve nulle trace de sa sépulture, non plus que d'un voyage ultérieur vers aucune cour de l'Europe. J'en ai déduit, sire, que l'abbesse de Prouille mentait. Or, le mensonge étant un péché capital, surtout pour une nonne, cette femme a été envoyée eu pénitence dans un autre monastère et a perdu sa dignité de supérioure.
— Quoi I mon cousin, sur un soupçon?
— Les monarchies périraient toutes les unes après les autres, si les souverains attendaient des preuves irréfragables pour sévir contre leurs ennemis.
— Monsieur, dit Louis XIII avec une sombre lenteur, j'en suis maintenant trop expérimenté, c'est en se hâtant de punir qu'où fait des victimes toutes blanches d'innocence ; lors la nuit n'offre plus que des fantômes, des remords et des songes affreux.
— Le comte de Moret est bien mort, reprit Richelieu sans répondre à la lugubre observation du roi.
— Qu'il repose donc en paix... Celui-là, du moins, je ne l'ai pas livré à un infâme supplice.
A quinze jours de cet entretien, Richelieu apprit au roi qu'après des recherches minutieuses on venait de retrouver, sur l'indication d'un paysan languedocien, les restes du comte de Moret. Le cardinal ajouta qu'ayant rendu le dernier soupir dans la voiture de Monsieur, ce seigneur avait été enterré, par son écuyer, sous un bosquet d'oliviers.
Durant les quatre années qui suivirent le supplice de Montmorency, les événements furent obscurs à la cour de Louis XIII. Si l'étranger curieux demandait à connaître le roi, on lui montrait, à Saint-Germain, un gentilhomme campagnard, supportant avec effort sa vie inutile, ennuyée, débile, qui ne se révélait que par des éclats de colère, comme une pesante journée d'été est ravivée par des éclairs. Ce même étranger cherchait-il la reine, son guide lui faisait voir, agenouillée dans le chœur du Val-de-Grâce, une femme belle encore, mais dont la pâleur habituelle décelait les peines de l'âme, tandis que ses formes robustes trahissaient une nature succombant sous le poids de sa propre puissance. Le soir, toutes les croisées du Louvre restaient sombres, tous les échos de ce palais étaient muets.
La cour de France, le véritable souverain, les courtisans, une armée d'officiers, de gentilshommes, de gardes, de valets, enfin tout ce qui constitue la. puissance souveraine se trouvait au Pa/ai5-Car(/iVja/, édifice nouvellement bâti * sur l'emplacement des hôtels de Rambouillet et de Mercœur. Arrêtons-nous un moment devant cette vaste construction.
Dans l'ordonnance générale du plan, le goût de l'architecte Mercier fut dominé par le penchant au faste que montrait en tout le cardinal. Aussi ce palais inspirait-il plusd'étonnementque d'admiration. La façade principale, donnant sur la rue SaintHonoré, offrait, au premier étage, une longue suite d'arcades d'un aspect assez monotone ;
1. Il fut commencé en 1629, mais Richelieu ne s'y établit qu'en
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on y avait agencé, avec trop peu d'Iiarmonie, des ancres ol (les proues de navires, rappelant la dif^nité de surititendant de la marine, dont Uichelieu était revêtu. A ce corps de bâtiment, où se trouvait l'appartement d'apparat, se liaient deux ailes présentant la même architecture : l'une d'elles était entièrement occupée par la grande salle de spectacle (car il y en avait aussi une petite); la seconde ne renfermait qu'une galerie.
On a beaucoup vanté les dispositions intérieures du Palais-Cardinal. On a décrit cent fois ces salles de bal, ces galants boudoirs, ces réduits voluptueux qu'un prince de l'b^glise, peu soucieux des continences religieuses dont il s'était déclaré le restaurateur, avait fait construire à grands frais ; il n'y a plus rien à dire des somptueux ameublements que les trésors du royaume avaient procurés au puissant ministre. Tables d'ébène, de marbre, de porphyre offrant, combinés savamment, le jaspe, le calcédoine, l'améthyste, l'agate, le lapis ; armoires d'écailles de tortue où brillaient le parangon, le corail, la cornaline ; tapis turcs, persans, chinois, relevés de fleurs fraîches comme la nature ; tapisseries en velours, en damas, en brocart d'or et d'argent, ou sorties de la navette, couvertes d'heureux emprunts faits à Raphaël, Jules Romain, Albert Durer, Tempeste, Rubens, Pierre de Gortone, Jasepin ; lits en dam-as, en gaze de la Chine, en satin, sur lesquels couraient des fleurs d'or et d'argent, où ruisselaient des lames éclatantes de l'un et l'autre métal ; enfin vases, lampes, ornements d'or massif, chargés de pierreries, accumulés dans la plus opulente des chapelles ; tout a été mentionné en mille descriptions rivales des contes orientaux.
Mais la grande salle de spectacle, obscurément décrite jusqu'ici, mérite quelque détail. Il semblait qu'en donnant le plan de cette construction, Richelieu eût mesuré son siècle, tel qu'il l'avait fait, sur les brillantes périodes delà Grèce et de Rome. Cette salle consistait en un vaste parallélogramme à l'extrémité duquel s'élevait la scène ; elle était occupée par vingt-sept degrés de pierre disposés à
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la manière des théâtres antiques, et que terminaient huit grandes arcades. Au moment de la représentation, les degrés recevaient un revêtement de bois sur lequel les spectateurs s'asseyaient, sauf en trois endroits où les marches restaient nues pour servir d'escaliers. Deux balcons dorés s'élevaient, l'un au-dessus de l'autre, sur les côtés du vaisseau : ces places étaient réservées aux plus grands personnages de la cour, qui ne manquaient jamais d'y faire apporter des sièges avant le spectacle. Au plafond, un habile pinceau avait simulé une longue ordonnance de colonnes corinthiennes qui, par un merveilleux artifice de perspective, exhaussait en apparence la voûte, naturellement trop basse. Trois mille personnes pouvaient se placer dans ce cirque imité des anciens.
Richelieu destinait cet édifice aux larges proportions à la représentation des tragédies, tragi-comédies ou comédies héroïques qu'avaient jusqu'alors composées Rotrou, de l'Estoile,Boisrobert, Golletet, Desmarets, dramatistes aux conceptions informes, dont les essais recèlent toutefois quelques étincelles poétiques. Mais tout à coup on vit s'étendre au-dessus d'eux les vastes ailes d'un génie puissant qui plane encore, qui planera peut-être toujours dans une région inaccessible aux tragiques français... Corneille avait paru.
L'idée dominante du cardinal, en faisant pousser l'achèvement de sa belle salle de spectacle avant celui du palais même, ne fut pas cependant d'offrir à la Melpomène française un temple digne d'elle ; son désir le plus détermi. nant était une inspiration vengeresse. On connaissait déjà certaine rapsodie intitulée Mirame, dont l'amant dédaigné d'Anne d'Autriche était l'auteur, et qu'il avait semée d'allusions amères sur les galanteries de la reine, ainsi que sur ses intrigues avec l'Espagne. Le principal ministre brûlait de livrer cette œuvre envenimée à la malice d'un public nombreux : il jouissait par anticipation de la rougeur de sa souveraine, humiliée d'entendre cette claire allégorie de son amour pour Buckingham :
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.le mo sont criminelle, aimant un étranger Qui met pour mon amour cet Étal un danger.
La petite salle de comédie du Palaia-Cardiniil devait ttre abandonnùo aux comédiens venus d'Italie. Ils représentaient en attendant leurs farces de mauvais goiH, mais où scintillaient quelques parcelles d'esprit, dans un galetas situé N'^ieillo-Hue-du-Temple*. c'était là que les amateurs de la grosse gaieté allaient voir Arle(f vin, Pantalon, Mezelin, le beau Làandre, Tn'velinje Docteur, Isabelle, Colonibine, etc., échangeant force Iaz7.i grossiers, souvent obscènes, dans l'émission desquels les jeunes demoiselles ne le cédaient guère aux autres personnages.
On admirait dans la galerie tout ce que le cardinal avait . pu se procurer des chefs-d'oeuvre do peinture produits par les écoles italienne, flamande, française et espagnole. Vers le milieu do cette riche collection était attaché un portrait de Son Éminence sous lequel le vaniteux prélat avait soulTert qu'on écrivit ; Ilic sfanle, cuncta moventar\.. Un jour ou trouva ces mots, tracés au crayon blanc, au-dessous de l'inscription apologétique : Ergo cadente, omnia quiescent *. En lisant cette spirituelle boutade, Richelieu dit avec un mouvement convulsif de dépit : « Je donnerais dix mille pistoles pour connaître l'auteur < de ce mot. — Je m'assure, monseigneur, répondit le « jovial Boisrobert, qu'il en donnerait vingt mille pour « le motif opposé. »
Cependant l'inimitié d'une femme trop imprudemment bannie portait ses fruits. Louis XIII faisait la guerre à Philippe IV, qui, d'après les insinuations de sa maîtresse, la belle duchesse de Chevreuse, avait fait égorger une garnison française dans Trêves, et s'était emparé de l'électeur, notre allié. Marie avait aussi déterminé l'empereur à prendre le parti du prince lorrain, son autre amant, dépossédé de ses Etats pour avoir marié sa sœur à Gaston contre