Décapités pour duel en 1628, voyez les Mémoires du temps
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villo avilit recrutés lo mutin, il y aurait moyen d'urranger encore une courtoise partie mous voilà six bien comptés, et si ce n'était pus dans la dcplaisance du cavalier, notre compagnon actuel, moi et mon ami nous passerions du côté de son adversaire... C'est chose accoutumée.
— Non, messieurs, répondit l'homme à la plume blanche, il n'en sera pas de la sorte, au moins par l'elFet de mon vouloir. Puisque, d'aventure étrange, la partie convenue est en désordre, le combat se passera entre monsieur et moi seulement. Sur ce, marquis, en garde.
Les estocs se croisèrent, des étincelles en jaillirent. De Buse avait de l'habileté, mais la colère le dominait : il hasardait des coups pressés et furieux que son adversaire parait avec une présence d'esprit froide autant qu'exercée; puis il ripostait, et plusieurs de ses estocades ne tardèrent pas à porter... La chemise du marquis fut ensanglantée à trois endroits...
— Vous êtes blessé, monsieur, lui cria le cavalier inconnu, cessons de combattre, votre épée est trop courte.
— Rodomont, c'est ce que nous allons voir I répondit le blessé. — Et, l'œil étincelant, l'écume à la bouche, il continua de se consumer en efforts vains et de plus en plus affaiblis.
— C'est assez, dit l'autre champion en faisant sauter à dix pas l'épée de l'obstiné combattant.
La fureur l'avait soutenu ; à peine fut-il désarmé qu'on le vit blanchir,chanceler, tourner deux fois sur lui-même... Il tomba ; la terre rendit un bruit sourd en recevant ce corps déjà privé de mouvement... Le marquis demeura roide mort sur le gazon... C'était pour lui qu'il devait b'ouvrir...
Le vainqueur et ses compagnons se retiraient tristement^ lorsque, vers la Grève, ils crurent reconnaître, à la fenêtre d'une taverne, deux des hommes qui s'étaient enfuis avant le combat. Le chevalier, sentant combien cette circonstance devait inquiéter son ami, offrit à l'instant d'aller trouver ces inconnus, et d'obtenir d'eux, à tout prix, qu'ils gardassent le silence. Sa négociation ne fut pas
longfue ; à peiae était-il entré dans le cabaret, qu'il parut à son tour à la croisée et fît signe aux autres de monter. Les quatre fuyards se disposaient à se remettre par un copieux déjeuner de la frayeur qu'ils avaient éprouvée et dont ils firent très franchement l'aveu. Le cavalier mystérieux s'étant fait connaître à la compagnie, sur la foi d'une discrétion jurée, il fut aisément démontré qu'il n'appartenait point au sombre empire, mais bien à la terre. Convaincus sur ce point, les gentilshommes superstitieux témoignèrent beaucoup de respect à celui qui leur avait causé tant d'effroi ; ils promirent d'être ses lidèles amis et serviteurs, en paix comme en guerre :
— Car, ajoutèrent-ils, maintenant que Votre Honneur nous connaît, il sait que si nos épées sont défaillantes contre l'estoc du diable, elles brillent tôt et bravement pour combattre les hommes.
Cette conclusion se termina par d'abondantes libations. Le souvenir de l'infortuné marquis n'occupa guère les convives ; toutefois, à la fin du repas, le principal acteur des scènes de la matinée se leva en disant :
— Messieurs, je prends Dieu à témoin que j'ai, autant qu'il a été de moi, tenu la vie sauve à messire de Buse ; mais sa destinée, bien plus que ma volonté, dirigeait mon bras. Je bois cette rasade au repos de l'âme d'un si brave gentilhomme qu'à grand contre-cœur j'ai fait passer de vie à mort.
Les cinq cavaliers, en élevant leurs verres, dirent d'une voix grave :
— Qu'il repose 1 On se sépara.
Pendant quatre mois encore, le cavalier couvert d'un grand manteau, et sur le chapeau duquel se balançait une plume blanche, sortit, à peu près cliaque matin, de l'hôtel de Chevreuse. Mais il n'en sortait plus depuis quelques semaines, lorsque, le 5 septembre 1638, dix mille personnes se pressèrent devant le château de Saint-Germain-en- Laje aux premiers rayons du jour.
Une vaste croisée, arrondie par le haut, et que surmon-