Il s'agit ici du père du maréchal de Villars
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femme conserve tous ses attraits et toute sa santé. » Ainsi me parla la maréchale, et je ne suis pas fâchée d'avoir à consigner sur mes tablettes l'histoire singulière de M"" veuve Scarron.
Ce petit Molière est un véritable aspic, il vient de faire jouer VEcole des Femmes, comédie en cinq actes et en vers, où mon sexe n'est pas fort bien traité; aussi la pièce a-t-elle trouvé de nombreux critiques parmi les courtisans qui déshonorent volontiers les dames, mais qui ne veulent pas qu'un écrivain roturier en dise du mal. Par malheur le parterre a ri aux larmes depuis le commencement de l'ouvrage jusqu'à la fia, et lé parterre a toujours raison. Messieurs de la cour sont sortis du théâtre fort mécontents ; le duc de*** surtout est outré du succès d'une comédie rimée dans laquelle on prend la licence de parler d'une tarte à la crème. Vainement a-t-on voulu expliquer à ce noble Zoïle l'idée de l'auteur, il ne peut digérer sa tarte; elle est pour lui non pas à la crème, mais au plomb. Ce seigneur en veut à Molière la mort jurée pour cette pièce de pâtisserie. Dernièrement il le rencontra au Louvre; s'étant approché de lui avec des démonstrations amicales, il lui prit la tête et la lui frotta violemment contre ses boutons de métal en répétant : tarte à la crème, Molière, tarte à la crème... Le pauvre poète avait la figure tout en sang. De là plainte au roi, qui a fait une verte réprimande au duc. Force lui a bien été d'avaler cette semonce, moins rude encore que les boutons frottés sur le visage de Molière; mais beaucoup plus dure que la tarte à la crème, première cause de tout ceci.
A la seconde représentation de VEcole des Femmes, un nommé Plapisson, espèce de bel esprit famélique^ dont les opinions littéraires sont au prix d'un souper, avait été placé sur le théâtre, où il s'efforçait de couvrir la pièce d'un ridicule qui retombait tout entier sur lui. Ce champion des illustres cabaleurs, à chaque éclat de rire excité par les bons mots partis de la scène, haussait les épaules, regardait le parterre en pitié, et faisait des grimaces, des contorsions qui ajoutaient beaucoup à la gaieté du public.
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Malgré tout ce manège, la coinédio nouvelle a élc aux nuos : cent voix ont demandé, après la reprénentation, M"" do Brie, actrice grande, bien faite, extrêmement jolie, qui venait do jouer à ravir le rAle d'Agnès. Son triomphe s'est joint à celui de Molière, et les opposants se sont retirés honteux comme des renards auxquels on a coupé la queue.
Mais voici bien une autre comédie qui s'est jouée dans le monde, et que m'a racontée le comte de Guiche mécontent d'être devenu simple spectateur près d'un théfitre où il était acteur. « Je me rendais hier au soir, m'a-t-il dit, chez la comtesse d'Oloane, vieille connaissance de cinq à six mois, qu'on aime comme M. de Turenne aime les vieux soldats qui se battent bien. J'arrivais à la porte de sa chambre, lorsque je crus y entendre du bruit. ..mais un bruit de telle nature que je ne pus me défendre de mettre mon œil au trou de la serrure... Devinez, comtesse, ce que je vis?... Je vais vous le dire, parce que ce sont de ces choses qu'on ne peut jamais deviner ; je vis donc M™» d'Olonne caressant son mari et lui prodiguant tout ce qu'on accorde à un amant... Un maril bon Dieu! un rival domestique, un soupirant par contrat... en plein jour. Je vous demande s'il y avait moyen d'y tenir. Je suis sorti de chez la comtesse pénétré d'indignation, de mépris... » Le comte, encore transporté de colère, s'est mis à grifîonn'^r sur le coin de ma toilette les vers suivants :
Je penserais n'être pas malheureux Si la beauté dont je suis amoureux Pouvait enfin se tenir satisfaite De mille amants avec un favori ;
Mais j'enrage que la coquette
Aime encor jusqu'à son mari.
De Guiche m'a quittée après avoir fait cette épigramme, assurant qu'il allait en envoyer des copies à toute la cour avec le nom de M"^* d'Olonne. Il est sorti toujours furieux, et je l'entendais répétant jusque sur mon escalier : « Un € amour conjugal l c'est une femme déshonorée. >
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L'orgueil espagnol s'est enfin humilié dans l'affaire de M. de Watteville : cet ambassadeur, qui avait si grièvement insulté le nôtre à Londres, a été rappelé par sa cour, et un envoyé du roi d'Espagne, chargé d'apporter à Louis XIV les excuses de son souverain, s'est présenté ce matin au grand lever. La réparation a été lente, très lente; cependant elle n'est point complète. L'ambassadeur extraordinaire a dit « que le roi son maître avait bien eu du « déplaisir d'abord qu'il avait appris l'attentat du baron « de Watteville; qu'il ne souhaitait rien tant que d'entre- « tenir la bonne intelligence qui était entre les deux cou- « ronnes, tellement que, comme cette action y était entiè- « rement opposée, il l'avait non seulement révoqué, mais « encore donné ordre de s'en venir à Madrid pour y ren- € dre compte de sa conduite; qu'il avait en même temps « commandé à tous les autres ambassadeurs, dans quelque « cour qu'ils pussent être, de ne point se trouver à Vave- « nir dans toutes les affaires de cérémonies où se trouve- « rait V ambassadeur de France, de peur qu'il n'arrivât « encore pareille chose pour le pas. » Il n'y a rien dans tout cela qui dise formellement que Sa Majesté Catholique cède au roi de France la préséance en litige ; la question est éludée, elle n'est point résolue. Mais, pour ne parler que de la réparation, en se rappelant les détails de l'offense, on ne peut se dispenser de reconnaître que la première est insuffisante. Les gens de Watteville avaient tranché les traits de l'attelage du comte d'Estrades, tué son postillon, coupé les jarrets de ses chevaux ; le fils de l'ambassadeur était sorti de la mêlée blessé. En apprenant ce grave attentat, Louis. XIV, qui soupait lorsqu'on vint le lui annoncer, s'était levé avec emportement. La reine mère l'invitait vainement à reprendre sa place. « Laissez-moi, je « vous prie, madame, lui avait-il répondu, je veux enten- « dre la lettre de d'Estrades; allez vous remettre à table, « et qu^on me qarde seulement un peu de fruit. » Il paraît que depuis lors le roi s'est bien calmé.
Le comte de Guiche, qui ne veut plus risquer de ren-
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conlrur duns ses guluntories une rivalité de mûri, tio s'est pas trop mal adressé pour l'éviter; mais il porto un peu haut SCS vues. Ce gentilhomme est le plus beau, le mieux fait de la cour; mais son humeur est impérieuse, son caractère haut et dédai{,'neux : il pousse quelquefois l'audace auprès des femmes jusqu'à la brutalité. De telles manières n'étaient pas propres à lui mériter l'estime d'une princesse aussi délicate que Madame. Elle n'aimait point le comte; je dirai plus, elle se sentait disposée à le haïr. Son Altesse Royale n'a donc reçu lonj^temps le duc de Guiche que pour complaire à Monsieur, qui chérit ce i< une seigneur. A force de voir les gens contre lesquels on est le plus prévenue, il arrive quelquefois qu'on leur trouve I moins de défauts qu'on ne leur en supposait ;J/at/a//je alla 'plus loin; elle découvrit dans le favori de son époux une ; grande perfection, car elle s'aperçut qu'il rendait un brû- I lant hommage à sa beauté. Un très joli homme qui devient I notre admirateur acquiert, par cela seul, de grands droits à notre indulgence si nous le haïssions. Henriette d'Angleterre, décidée à mieux examiner celui qui se montrait d'assez bon goût pour admirer ses charmes, fut tout étonnée de reconnaître que, sous une écorce raboteuse, de Guiche avait de charmantes qualités. Le comte, voyant que M€idaine paraissait déterminée à poursuivre l'examen, crut qu'il était de son devoir de le faciliter : il lui ouvrit entièrement son cœur, et l'on assure qu'il n'eut bientôt plus rien de caché pour elle; tant il était empressé de , faire juger à Son Altesse Royale tout ce qu'il valait. ! Peut-être, en cela comme en tout ce qui excite le scandale, la renommée va-t-elle plus loin que la vérité ; mais il faut convenir que la princesse encourage un peu les médisances. M™* de Ghaumont et \r'e de Montalais, confidentes de la princesse, font entrer presque tous les jours dans son appartement M. de Guiche déguisé en fille ou bien en vieille femme disant la bonne aventure; et Madame, qui est malade, garde des heures, que dis-je, des journées entières ce masque dangereux auprès de son lit. Tout cela, disent les juges bénévoles, n'est qu'un jeu
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du^goùt de Madame pour les plaisanteries de roman... Je ne sais; mais en vérité, puisque roman il y a, cela tient de trop près à la conclusion.
Dernièrement, Madame, encore peu rétablie, s'était en quelque sorte traînée à Fontainebleau, craignant de déplaire au roi si elle se dispensait d'être du voyage. Quel a été Tétonnement de la cour lorsque, dès le lendemain, Son Altesse Royale, leste et vive, a déclaré qu'elle se rendrait le soir dans la cabane d'un ermite, située sur une hauteur, pour observer une éclipse de soleil. Des curieux ayant suivi d'assez près l'observatrice, virent le pieux solitaire et lui trouvèrent beaucoup de ressemblance avec le comte de Guiche. Quant à l'éclipsé, elle fut moins fidèle au rendez-vous que Madame : il n'y en eut point ce soir-là, si ce n'est peut-être une éclipse de sagesse.
^fme Je Soissons ne se lasse point d'attaquer la faveur de M"<^ de la Vallière; elle est parvenue, dit-on tout bas aux cercles des Tuileries, à se faire des auxiliaires de M. de Vardes, son amant actuel, et du comte de Guiche, qui doit l'avoir été, parce que tous les jeunes gens de la cour ont eu leur tour. L'adroite surintendante a l'adresse d'exciter l'ambition de ces deux seigneurs. « Il doit être « aisé, leur dit-elle, d'enlever le cœur du roi à son étique « maîtresse ; vous avez vu déjà qu'il lui fait volontiers « des infidélités, puisque vous avez pu le conduire dans le « lit de la petite d'Houdancourt : il ne faut qu'un peu de « persévérance pour le détacher de la Vallière. Si, comme « je l'espère, vous réussissez, vous voilà, messieurs, les « ministres des plaisirs du roi. Or, vous savez que la faveur « est là... Des aventures aux grandes affaires il n'y a qu'un « pas ; vous aurez bientôt captivé toute la confiance de « Sa Majesté, en politique comme en matière de galante- « rie. C'est donc un plan de haute intrigue que je vous « propose, et la réussite peut vous mener à tout, »
L'événement arrivé cette nuit chez la favorite est-il une conséquence de la conjuration que dirige M™"^ de Soissons^ c'est ce qu'il serait hasardeux d'affirmer. Quoi qu'il en
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soit, eatro deux et trois heures du matin, M"'' do la Vallière s'est réveillée aux aboiements obstinés de sa petite chienne, au moment où quelqu'un cherchait à s'introduire chez elle par une croisée donnant sur un jardin. l'^lle s'est sauvée aussitôt dans la chambre de ses femmes, et quand les gens de la maison ont visité l'extérieur de la fenêtre, ils y ont trouvé une échelle de cordes attachée au balcon. Dans la journée, M"o de la Vallière a eu des gardes ; de plus, le roi veut qu'un officier soit chargé de goûter tout ce qu'elle mangera : ce maître d'hôtel dégustateur a été installé dans la soirée.
Voilà pour la sûreté de la favorite ; parlons maintenant de son crédit, qui n'est pas moins bien défendu par le duc de Saint-Aignaa et M'"" la marquise de Montausier, que Sa Majesté comble chaque jour de nouvelles grâces depuis qu'ils se sont faits les champions de ses amours. Les ennemis de la demoiselle n'en poursuivent pas moins avec un infatigable acharnement les attaques qu'ils dirigent contre elle : ily a trois jours, le duc de Mazarin, dont la tête est tant soit peu détraquée par des rêveries mystiques, demanda une audience particulière du roi, qai lui fut accordée. Rendu dans le cabinet de Sa Majesté, le duc a déclaré qu'il avait eu une vision, de laquelle il devait conclure que le royaume ne pouvait manquer d'être bouleversé si le roi ne renonçait à sa maîtresse, et qu'il lui en donnait avis au nom de Dieu. « Et moi, lui a répondu « Louis XIV, je vous donne avis, de ma part, que vous « feriez bien de mettre ordre à votre cerveau, qui est « dans un pitoyable état, et de rendre tout ce que « votre oncle a volé. » Le missionnaire officieux a fait une profonde révérence et s'est retiré; mais l'amant de la Vallière n'en était pas quitte. Le lendemain, le pèreAnnat, son confesseur, a sollicité, au lever, la permission de quitter la cour, insinuant avec adresse à Sa Majesté qu'il ne pouvait demeurer témoin de son commerce criminel avec une autre femme que la reine. « A votre aise, mon père, « lui a dit le roi en riant, je vous accorde la permission « de vous retirer; aussi bien, je ne veux plus consulter
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« que mon curé. » L'honnête prêtre ne s'attendait pas à cela ; il a fait demander, le soir même, la faveur de rester auprès de son illustre pénitent. « Non pas, a répondu ce « prince, je serais désolé de gêner sa conscience, et la « mienne se passera bien de lui. »
Ce second échec ne lassa point la constance des ennemis de la favorite; ils firent une troisième tentative avec aussi peu de succès. H y a près de Marie-Thérèse une bonne dame bien simple, bien franche, bien roturière, qui cependant ne laisse pas d'avoir du crédit ; c'est la nourrice de Louis XIV. Cette femme a conservé le privilège d'entrer avant qui que ce soit dans la chambre du roi, le matin, à son réveil : elle tire ses rideaux et l'embrasse dans son lit, tandis qu'une foule illustre se presse à la porte de l'appartement. Ce n'est que longtemps après M™^ Hamelin, très petite bourgeoise de Paris, que le grand chambellan et le premier gentilhomme sont introduits; les ministres, les princes, les cardinaux ont chaque jour à dévorer le chagrin de voir cette vieille, comme ils l'appellent, obtenir le premier sourire du monarque, et leur dérober souvent sa première faveur. Tel est le troisième personnage sur lequel on avait jeté les yeux pour chapitrer l'amoureux Louis et tâcher de perdre la Vallière. La jeune reine était entrée dans la conjuration, dont elle espérait recueillir tout le fruit, ne se doutant nullement que les conjurés n'agissaient point dans ses intérêts, et ne s'en servaient que pour colorer leurs intrigues. La reine transmit à Mme Hamelin la leçon qu'on avait composée pour cette dernière, qui courut tirer les rideaux du roi et la lui débiter.
— Qui vous a chargé de me raconter cela, maman nourrice ? lui répondit le prince après l'avoir écoutée sans l'interrompre.
!; — Sire, c'est le ciel qui m'en a donné le courage. 'f: — Le ciel paraît avoir à cet égard inspiré bien des gens à la fois ; mais comme l'origine céleste de tout ceci ne West pas bien démontrée, je vous prie, maman nourrice, Me vous taire à l'avenir sur ce sujet.
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— Copondant j'oserai représenter à Votre Majesté...
— Bonne femme, vous m'obligerez à vous interdire ma porte.
— Ah 1 sire, j'en mourrais sur l'heure.
— Sachez donc mieux contenir votre langue.
— Si je pouvais seulement déterminer N'otre Majesté à descendre un moment dans sa conscience.
— Madame Ilamelin, je vous ferai chasser...
— Non, sire, Votre Majesté ne chassera pas celle qui l'a nourri du plus pur de son sang.
— Ah ! que je vous en veux de m'avoir obligé de vous parler ainsi 1 N'y revenez pas, vos lisières sont depuis trop longtemps rompues... N'oubliez plus que, si j'aime à vous tenir compte des soins que vous avez donnés à mon enfance, il y aurait do l'imprudence de votre part à prétondre exercer le moindre empire sur ma volonté... On ne me doit des avis que lorsque je les demande, et votre devoir est do vous taire jusqu'à ce que je vous interroge sur les soins à donner à mes enfants. Voilà vos limites, maman Hamelin ; n'en sortez plus... Allez.
Enfin la reine mère crut être plus heureuse ; elle succéda à tous ceux qui avaient hasardé sur l'amour du roi des représentations, si mal accueillies; Louis XIV n'écouta qu'avec impatience la semonce, en forme de sermon, que lui adressa la dévote princesse. « Finissons, madame^ « interrompit-il enfin, ou vous m'obligerez à vous man- « quer de respect... Votre Majesté oublie trop complète- « ment le passé quand elle me conseille le sacrifice de € mes affections ; et comme je n'ai jamais glosé sur les « affaires des autres, il me semble qu'on en devrait user « de même pour les miennes. »
La reine se tut et se retira. Mais hier au soir le roi, piqué des obsessions qu'on s'était permises auprès de lui^ est revenu sur ce sujet en présence d'une nombreuse assemblée. « En vérité je ne conçois pas, a-t-il dit, com- « ment les créatures qui ont vécu avec la plus grande « liberté du monde peuvent censurer les actions des « autres ; parce que les plaisirs s'éloignent d'elles, elles
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« enragent qu'on soit en état d'en goûter... C'est ainsi •« que le monde est fait : quand nous serons las d'aimer, « nous deviendrons à notre tour dévots et sermonneurs.» Le roi ne s'en est pas tenu là ; et comme s'il eût voulu appuyer ses faiblesses des exemples qu'il reçoit, il s'est mis à médire de toutes les femmes de la cour. « Voyez, « M™e de Ghevreuse, a-t-il continué, personne n'est plus « hardi qu'elle à parler contre la galanterie des femmes, « et personne n'en a plus qu'elle... Encore une duchesse * d'Aiguillon, une princesse de Garignan, et tant d'au- « très... Ma foi, la galanterie a toujours été, elle sera tou- « jours. S'il y a des femmes dont on ne parle point, c'est
< qu'elles font leurs affaires plus secrètement avec des « hommes sans conséquence. » Puis le roi a cité encore des noms : « M™® de Châtillon et M. le prince, a-t-il
< poursuivi ; M™» de Luynes et le président Tambon- « neau ; la princesse de Monaco et Péguillin * ; M™es d'An- -c goulême, de Vitry, de Vienne, deSoubise, de Vivonne, « le Tellier, d'Humières... » Et le roi, que cette longue kyrielle de noms pécheurs avait mis d'une humeur charmante, riait de tout son cœur. Cependant les dames de la cour, qui ne pouvaient pas deviner où s'arrêteraient les citations médisantes de Sa Majesté, s'étaient toutes retirées, à l'exception des femmes que leur âge mettait à l'abri des souvenirs du roi.