‹ Chroniques de l'Oeil-de-Boeuf, des petits appartements de la cour et des salons de Paris sous Louis XIV, la Régence, Louis XV, et Louis XVI (volume 2)Chapitre 89 sur 91 · Louis- Auguste de Bourbon, depuis duc du Maine · texte numérisé non relu

Louis- Auguste de Bourbon, depuis duc du Maine

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neurs de sa favorite en titre. Le roi, toujours disposé à excuser les faiblesses amoureuses, a bien voulu créer pour cette beauté sensible une charge dont la désignation prête beaucoup à rire aux courtisans : M""» Dufrénoy est dame du lit de la reine, dignité qui lui vaut les grandes entrées. On débite une foule de bons mots à ce sujet. Je copie le moins mauvais de tous :

La dame Dufrénoy, dans ces belles contrées Où l'on peut aux honneurs arriver en aimant, Par l'orgueilleux Louvois a les grandes entrées,.. La belle n'avait pas moins fait pour son amant.

On s'amusait l'autre soir chez Ninon à composer des armoiries pour la nouvelle dame de cour. « Il faut, disait « la Fare, qu'il y ait un lit dans son écusson, puisque « c'est l'objet caractéristique de sa charge. — Dites donc « la base de sa dignité, ajouta Ghaulieu, abbé poète, qui « ne manque jamais de renchérir sur un propos leste, « quelque libre qu'il soit... —Vous ferez, messieurs, figu- « rer comme vous voudrez M"*' Dufrénoy au blason, dit « M"o de Lenclos ; mais M. de Louvois s'est conduit, en « la créant dame du lit, comme Caligula quand il fit son < cheval de bataille consul. »

Depuis plusieurs années le chevalier de Lorraine était le sujet de troubles souvent très graves dans la maison de Monsieur. Ce favori, qui ne pouvait souffrir Madame, parce que cette princesse le méprisait, ne laissait perdre aucune occasion de rappeler ses tendres faiblesses au souvenir de son époux. Souvent Henriette, tout en larmes, s'était jetée aux pieds du roi et l'avait conjuré d'éloigner de la cour cet ennemi de son repos. Louis XIV avait toujours répondu qu'il était désolé de déplaire à la belle suppliante, mais qu'il ne pouvait prendre sur lui de désobliger Monsieur jusqu'au point de bannir le chevalier. Enfin Madame a mieux choisi son temps cette année ; le duc d'Orléans est veuf de son favori, que le roi exila le mois dernier dans le midi de la France malgré les pleurs

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amori} do Monsieur. Le» bosquets de Saitit-Cloud rclcnlissont dcscrisdc cet amant éplor6; mais Louis XIV lient bon, otsa bellc-sirur a juré qu'elle ne mettrait point do bornes à sa roconnaissanco : codont lo roi a, dit-on, pris bonne note. J'apprends quo le chevalier de Lorraine a déjà fait parler do lui dans son exil. M"»» do Colonne l'ayant vu, lors de son passage ù Aix, s'est éprise d'un beau feu po:;r ce jeune seigneur, qui serait, il faut en convenir, un très bel homme s'il était un homme. Soudain lo sang Mancini s'est échaulTé dans la belle Laure; elle s'est mise à courir après l'exilé, déguisée en cavalier ; et sa dame d'honneur, sous un semblable déguisement, a profité de l'occasion pour se mettre à la poursuite du comte de Marsan, qui partage la disgrâce du chevalier, et dont elle brûlait d'éprouver le mérite. Le roi, en apprenant ce double pèlerinage par trop galant, s'est repenti tout haut d'avoir aimé une telle bacchante ; Sa Majesté a juré qu'elle ne lui inspirait plus aucun intérêt. Louis XIV avait jusqu'ici fermé l'oreille aux demandes réitérées du page, qui réclame M™' de Colonne au nom de son mari ; mais M. de Lionne fut chargé hier d'écrire à Sa Sainteté que la duchesse serait arrêtée et renvoyée à Rome... Convenons qu'il faut être d'une bonne trempe de mari pour rouvrir le bercail de l'hymen à une brebis si longuement et si complètement égarée.

Toute la cours'étonnait que Madame après de nombreuses et vaines tentatives pour obtenir le bannissement du chevalier do Lorraine eût réussi à le perdre au moment où l'on s'y attendait le moins. Nous avons maintenant le mot de cette énigme.

Le roi était informé depuis quelques jours par M. de Pomponne, son ambassadeur en Hollande, que cette puissance, ayant conclu une ligue avec l'Empire et l'Espagne, deviendrait dangereuse pour lui s'il ne parvenait à empêcher le roi d'Angleterre de se joindre à elle, ainsi que les nouveaux alliés espèrent encore l'y déterminer. Dans cette circonstance, Louis XIV pensa que Madame, sœur de Charles II, pourrait servir la cour de France auprès

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de ce prince ; et Sa Majesté se détermina à faire passer Henriette très secrètement dans les Etats de son frère. Le roi ne pouvait mieux clioisir son ambassadeur : Madame est spirituelle, remplie de finesse, très aimée de Charles e fort attachée à la cause de la France. Le mystère fut recommandé. Monsieur même, ou plutôt Monsieur surtout, dont l'indiscrétion était connue, devait ignorer la mission de sa femme, et celle-ci fit promettre au roi de taire la négociation projetée à M. de Louvois. Le secret d'Etat fut gardé de la part de Madame ; mais M. de Turenne, qui en était informé, plus indiscret qu'une jeune femme, eut à soixante ans la faiblesse de laisser échapper l'aveu des projets de son maître, avec les épanchements du fol amour que ce héros éprouvait pour M™^ de Coatquen. Cette dame, qui n'avait rien de caché pour le chevalier de Lorraine, courut lui répéter ce qu'elle tenait du maréchal, et le moment d'après Monsieur apprit de son favori ce qu'on voulait lui laisser ignorer. Le prince éclata en reproches sanglants contre sa femme ; il lui fit une scène affreuse; mais elle la supporta sans se plaindre. Monsieur lui offrait lui-même un moyen de perdre le chevalier de Lorraine... En effet, ce gentilhomme fut exilé dès le lendemain pour une indiscrétion qu'il n'avait fait que répéter. Telle est la cause de disgrâce qui a tant surpris la cour, et qui n'a été connue que plus d'un mois après le départ du chevalier.

Cependant on fait semblant d'ignorer la mission douL Madame est chargée ; chacun paraît croire de bonne foi, en voyant les préparatifs du voyage que le roi va faire en Flandre avec toute la cour, qu'il s'agit seulement de visiter les places conquises, lorsqu'à la connaissance de tout le monde le but de cette course est d'accompagner la princesse jusqu'au point de l'embarquement, et d'aider ainsi au prétexte qu'elle prendra du voisinage des îles Britanniques pour aller faire visite à Charles II.

Le nombreux et brillant cortège qui se rend en Flandre partit hier matin. Le roi voyage dans un magnifique car-

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rosso j\ glaces uvcc lu roino, Madame et la favorite, dont Mario-Thérèse ne pont éviter un seul instant la présence et raccablanlo rivalité. Il arrive cependant qiicWjUcfoia que M"'* (lo Monlcspan, dont les ca[)rices sont nombreux et toujours servis ù souhait, occupe seule un carrosse à elle. Quatre gardes galopent alors aux portières ; mais cette fantaisie, qui délivre un moment la reine d'une femme qu'elle hait, fait encore sentir plus cruellement à Sa Majesté la faveur scandaleuse de cette rivale abhorrée.

L'escorte du roi se compose de toute sa maison. Lauzun, à qui Louis XIV ménageait ce petit dédommagement après la grande humiliation qu'il subit Tannée dernière, commande toutes les troupes qui suivent Sa M.ijesté. Mademoiselle, cette triste veuve d'un époux d'un jour, jouit au moins de l'espèce de triomphe ménagé à celui qu'elle eût voulu voir heureux d'un bonheur qu'elle pût mieux partager.

Les plus beaux meubles de la couronne ont été envoyés dans les villes où la cour doit coucher ; partout sur la route des fêtes sont préparées, et c'est le roi qui les donne au lieu de les recevoir. Des coiffeuses, des marchands de parfums, des costumiers, des musiciens, des artificiers, partis de Paris, organisés en troupes régulières sous les ordres des officiers du roi, ont été échelonnés d'un bouta l'autre de la route ; une indemnité leur a été promise pour ce service de campagne. Il n'y a pas jusqu'à des beautés complaisantes que les attentifs ordonnateurs ont envoyées sur les divers points de station, afin que les plaisirs de nos courtisans n'aient à souffrir aucune interruption. Mon parent le gentilhomme de la chambre, me marque, en ce qui concerne cette dernière précaution, qu'elle a déplu beaucoup aux dames provinciales, qui se croient pourvues d'un fonds suffisant d'hospitalité.

Quand le cortège arrive dans une petite ville, la population est soudain émaillée des couleurs de deux mille valets de tous étages appartenant à la maison du roi ou formant le service des princes et princesses. Le luxe envahit l'espace et dore pour un instant la simplicité, quelquefois la

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misère provinciales. Les chefs d'office, les cuisiniers, les marmitons de Saint-Germain étant du voyage, on entend frire à grands frais dans les rues, le bruit des rôtissoires longtemps inactives étourdit les paisibles habitants, et le parfum délicieux des mets recherchés excite en eux un appétit qui ne sera point satisfait. C'est avec cette pompe orientale que Louis XIV visite toutes les places conquises. De belles Flamandes de Mons, Bruxelles, Gand, Namur, villes encore possédées par l'Espagne, viennent admirer la marche solennelle du roi et des seigneurs charmants qui le suivent. Peut-être se plaignent-elles tout bas de ne pas être encore conquises ; mon parent me mande au moins que plusieurs d'entre elles font des traités secrets avec nos gentilshommes français. Le roi lui-même, en excellent politique, invite à sa table ces curieuses étrangères ; presque toutes reçoivent de lui des cadeaux galants : mon cousin ne me dit pas si quelques-unes en fournissent l'équivalent à Sa Majesté.

Cependant les officiers des garnisons que le roi passe en revue pendant son voyage reçoivent tous des gratifications qui s'élèvent souvent à trente-six mille livres pour un seul régiment; les chefs des corps sont en même temps admis à de nouveaux honneurs ; ceux dont le nom est illustre mangent avec Sa Majesté ; d'autres, moins nobles ou moins favorisés, assistent seulement aux repas du roi.

Ce que tout le monde prévoyait est arrivé : la cour se trouvant à Dunkerque, et une flotte anglaise croisant par hasard dans le détroit. Madame a supplié le roi de lui permettre de profiter du voisinage pour aller voir son frère, qui par hasard aussi se trouvait à Gantorbéry. On pense bien que Louis XIV a trouvé tout naturel le désir de Son Altesse Royale; elle s'est donc embarquée sur un des vaisseaux deCharles II, emmenant avec elle M"«deKerouaille',

1. M"* de Korouaille est celte femme qui sous le nom de duchesse de Portsmouth prit un tel empire sur l'esprit de Charles II, qu'elle fut plus souveraine que Sa Majesté. La duchesse était belle, mais sa figure était massive ; son embonpoint excessif, ses formes trop prononcées, étaient précisément ce qui avait séduit le monar-

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jeuno Brotoniio oxlrômcmonl jolio, dont l'exhiljition était un do3 moyens poliliquos do la mission d'Honriette. Je ne m'amuserai point à examiner la moralité do cet oxpô. dienl ni à chercher la qualification que l'on donnerait dan» le monde au n.Mo que jouait Madame en conduisant une maîtresse à sou frùro. Le succès justifie tout, Son Altesse Royale et sa compagne ont si bien réussi, que la première est revenue avec la promesse écrite de Charles II de fermer Toreillo aux propositions des alliés, et que M"" de Kerouaillo reste en Angleterre.

Avec moins d'éléments de séduction, Henriette eût, je crois, obtenu le même résultat : Charles se fût prêté bien difficilement aux vues do la triple alliance ; il conservait contrôla Hollande un vif ressentiment de l'attentat commis par celte puissance sur les vaisseaux anglais, qu'elle vint brûler jusque dans la Tamise tandis qu'on concluait la paix à Broda.

Le beau poète Racine revient chez moi depuis quelques jours ; mais, quoique ce petit inconstant soit un grand homme, je crois que je le recevrai avec froideur, et que je renverrai sus malicieuses galanteries à la Champmeslé, avec qui je ne puis, en conscience, avoir rien de commun. Notre tragique s'est fait adroitement un motif de retour auprès de moi d'une tragédie de Bérénice qu'il a donnée récemment. Il prétend que le succès qu'elle a obtenu ne saurait le llalter si je ne le confirme par mon assentiment. En vérité, je ne sais que dire de cette pièce : est-ce justice, est-ce prévention, il me semble que Racine n'a pas d'ouvrage plus faible que celui-là. De beaux vers qui passent inaperçus parce qu'ils ne prouvent rien, des scènes fades et inutiles à l'action, un Titus qui nous ferait détester la vertu si elle s'offrait sous l'aspect niais qu il lui prête ; tout, en un mot, dans celte œuvre manque de nerf et de chaleur. Le mince intérêt de Bérénice est expliqué

que anglais, qui ne se piquait pas de délicatesse en amour et préférait la substance au sentiment.

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par celte brève critique de Chapelle ; c'est le résumé de tout ce qui se passe pendant cinq actes d'une extrême longueur : Marion pleure, Marion crie, Marion veut qu'on la marie. Disons tout : le vice essentiel est dans le sujet, qui fut choisi par Madame, et imposé en même temps à nos deux poètes tragiques. Or, s'il est possible de trouver quelques beautés dans la tragédie de Racine, c'est après avoir vu celle de Corneille, dont il fît cacher la première représentation au château de Chambord. C'est véritablement une dérision que cette production informe ; Boileau, avec une grande raison, l'a classée parmi les compositions qu'il appelle galimatias double, c'est-à-dire où l'auteur ne se comprend pas lui-même. Rien ici de plus exact que cette qualification ; car Baron, qui devait jouer le rôle de Domitien dans Tite et Bérénice, ayant consulté Corneille sur le sens de quatre vers qu'il n'entendait pas, le poète lui répondit : « Je ne les entends pas trop bien non « plus, mais récitez-les toujours ; tel qui ne les enten- « dra pas les admirera. »

Lajeune et belle princesse qui fournit l'idée des tragédies de Bérénice ne pensait pas, en assistant à leur représentation, devenir elle-même le sujet d'une catastrophe tragique. Jamais événement aussi imprévu que la mort de Madame ne plongea la ville et la cour dans un deuil plus sincère, plus universel. Le 29 juin. Son Altesse Royale n'éprouvait pas la moindre indisposition, et le 30 au matin elle a cessé de vivre... Comment n'eût-on pas soupçonné l'attentat d'une main ennemie en voyant cette mort si prompte, et qu'ont d'ailleurs caractérisée tous les signes d'un empoisonnement! Madame prenait une boisson amère, qui lui était ordonnée par précaution et non par maladie; le vase contenant ce breuvage était renfermé dans une armoire dont on ne retirait jamais la clef. Au milieu de la journée du 29, un garçon de chambre vit le marquis d'Effîat, l'un des gentilshommes de Monsieur^ refermant cette armoire; mais, ne pouvant concevoir aucun soupçon^ cet homme crut aisément que le marquis

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cliorchail, commo il le lui disait, do l'eau pour apaiser sa soif. Lo garçon de chambre se tut, et Son Altesse Hoyale but, commo do coutume, l'eau de chicorée qu'on lui arait préparée. A poino l'inforlunéo Henriette eut-elle avalé cette infusion, qu'elle se sentit un mal d'entrailles allreux, et s'écria dès ce moment qu'elle était empoisonnée. Bientôt son visage devint pâle et plombé. Ses yeux, ordinairement si vifs, si brillants, s'éteignirent; ils devinrent ternes et fixes. Les membres de la princesse se contournèrent; d'horribles convulsions défigurèrent ces traits si délicats, crispèrent ce corps tout à l'heure si gracieux... Lo duc d'Orléans, qui, retiré h Villers-Colterets, pleurait à chaudes larmes l'absence do son favori, fut mandé en toute hâte ù Saint-Cloud; Madame était à la dernière extrémité quand il arriva... Il ne recueillit plus auprès de Son lit que quelques paroles sans suite, parmi lesquelles le mot de poison, joint au nom du chevalier de Lorraine et à celui du prince lui-même, affligea l'oreille de cet époux sans doute innocent... Ainsi mourut à vingt-six ans Henriette d'Angleterre, l'une des femmes les plus jolies, les plus spirituelles, les plus aimables de notre temps... On croit voir tomber dans la prairie une fleur brillante d'éclat et de fraîcheur que vient d'atteindre la faulx acérée... Il n'y a qu'un instant elle se balançait mollement sur sa tige souple et pleine de vie; maintenant la voilà couchée sur l'herbe, elle ne se relèvera plus... Telle fut Madame] le 29 juin on admirait en elle un chef-d'œuvre de création... le 30 il ne restait de tant de perfections qu'une masse hideuse, infecte, que la tombe et les vers réclamaient.

Le roi apprit en frémissant la mort violente de sa bellesœur; un soupçon terrible agita sa pensée. Use fit amener au milieu de la nuit le nommé Morel, contrôleur de la bouche de Madame, sur lequel planaient quelques soupçons; cet officier fut introduit mystérieusement dans le Cabinet de Sa Majesté qui l'interrogea en présence d'un lieutenant des gardes et du seul Bontems.

Regardez-moi, dit gravement Sa Majesté à Morel, et comptez sur la vie si vous êtes sincère.

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— Sire, je dirai la plus exacte vérité.

— Rappelez-vous cette promesse; si vous y manquez, votre supplice est prêt,.. Il dépend de vous de sortir du château vivant ou mort.

— Sire, reprit avec calme le contrôleur, après votre parole sacrée, je serais un imbécile si j'osais mentir.

— Bon... répondez maintenant : Madame meurt-elle empoisonnée ?

— Oui, sire,

— Qui Ta empoisonnée?

— Le marquis d'Effîat et moi.

Le roi frémit.

— Qui vous a donné cette horrible mission, et de qui teniez-vous le poison?

— Le chevalier de Lorraine est la cause et le premier instrument de cet attentat; c'est lui qui nous a envoyé de Rome la drogue vénéneuse que j'ai préparée, et que d'Effiat a jetée dans le breuvage de Son Altesse Royale.

— Mon frère, continua Louis XIV d'une voix presque éteinte, mon frère a-t-il eu connaissance du complot?

— Non, sire.

— L'affirmeriez-vous par serment? poursuivit le roi d'un accent plus libre...

— Sire, j'en jure devant Dieu que j'ai offensé... Monsieur ne connut point le secret... Nous ne pouvions compter sur lui... il nous aurait perdus.

— Ah! je respire... voilà tout ce qu'il m'importait de savoir... Allez, malheureux, je vous laisse la vie, mais sortez de mon royaume.

Le marquis d'Effiat et M. de Beuvron, son ami, que l'on soupçonne d'avoir connu l'attentat, sont en fuite; rien n'annonce qu'on songe à les poursuivre, et la mort de Madame arrivée il y a moins d'un mois paraît être, .pour Monsieur, pour le roi lui-même, un événement déjà ancien... Voilà les cours 1

Aux discours sur la fin tragique d'Henriette d'Angleterre ont succédé l'éloge et la critique de V ordonnance criminelle qui vient de paraître : c'est une matière trop

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grave pour trouver place sur mes fouillels lé^'ors ; je dirai seulement que cotte ordonnance fera honneur à notre époque, encore môme qu'elle puisse ôtre vicieuse. Remplissons d'abord \oi lacunes de notre législation; nous la rectitierons et l'épurerons ensuite.

Nous avons maintenant à la cour un trio Mortemart tout à faitséduisant:8avoir,M'"»deMonte3pan M™«deThiangeset l'abbosse de Fontevrault. Ce sont véritablement les trois Grâces; il est bien dommage que la plus jeune, la plus jolie decescharmantes sœurs soit une Grâce embéguinée. L'abbé Testu, qui a beaucoup plus d'esprit que de piété, a défini en peu de mots l'esprit de ces dames : « M™" de Montes- « pan, at-il dit, parle comme une personne qui lit, M"» de « Thianges comme une personne qui rêve, M'"* de Fonte- « vrault comme une personne qui pense. » Ce jugement, assez exact, mérite un certain développement quant à ^m»« (Je Thianges et à sa sœur l'abbesse. La première, qui, pour me servir de l'expression de l'abbé Testu, rêve assez souvent, a quelquefois des songes très aimables, très spirituels surtout ; mais il faut convenir qu'il lui en passe aussi dans la tète de fort singuliers. Par exemple, elle se considère comme un chef-d'œuvre de la nature, non pas seulement à cause des charmes résultant d'une heureuse organisation de sa machine, mais parce qu'elle est convaincue que la naissance a produit en elle une perfection propre à la distinguer du commun des humains. M™« de Fontevrault a des idées plus saines ; son esprit est vaste, orné, pétillant. Elle a commenté et même critiqué les Pères de l'Église; elle est adorée de ses religieuses, pour lesquelles cette supérieure instruite et sensée a rendu la vie du cloître douce, quoique régulière jusqu'à la sévérité, en la dégageant de ces pratiques d'une austérité ridicule qui diminuent la vocation en rendant la règle dégoûtante et puérile. Cette religieuse d'un nouveau patron vient souvent à la cour, où malgré son voile, son caractère et ses vœux, elle paraît fort à l'aise au milieu des amusements qu'à quelques exceptions près, elle partage avec ses sœurs

et les femmes les plus légères de la cour. Je ne sais comment cela se fait, mais l'abbesse de Fontevrault en marchant avec si peu de précaution sur le plancher glissant des petits appartements, paraît n'y avoir jamais trébuché; toujours est-il constant que sa réputation est demeurée sans tache. Louis XIV songea plus d'une fois à se donner cette beauté embéguinée, dont il raffole.

— En vérité, disait-il un jour à Lauzun,ces voiles, cette guimpe, cette jupe épaisse, me tournent l'esprit... 11 y a là je ne sais quoi de piquant qui manque à mon bonheur... Je donnerais mille faveurs de M'"» de Montespan pour un soupir de sa sœur.

— Eh bien, sire, répondit le hardi favori, il faut voir ; tout cet accoutrement de cloître n'équivaut pas aux remparts d'une place de guerre ; un amant couronné peut emporter cela au premier assaut... Votre Majesté veutelle que je prépare les voies ?

— Non parbleu 1 et conservez-moi bien le secret, si jamais la marquise se doutait.. .

— Diable ! je crois bien, en amour, la belle dame ne s'arrangerait pas de la règle appelée soustraction... passe pour la multiplication...

— Hein 1 que voulez-vous dire, Lauzun ?

— Rien, sire, rien du tout...

— C'est que je sais qu'il vous arrive quelquefois de parler mal de M'"^ de Montespan.

— Moi ! sire, gardez-vous de le croire... Je la tiens pour une femme capable de procurer le plus robuste bonheur à Votre Majesté... A cet égard, vous êtes sûr de la trouver prête à tous les instants du jour ; et quand, pour se tenir en haleine, quelques distractions...

— Taisez-vous, monsieur.

— Sire, j'obéis.

Je ne sais si le roi donnera carrière aux désirs que lui inspire M^^ de Fontevrault, mais jusqu'ici rien n'a transpiré. Elle est de toutes les fêtes sans que l'on jase sur elle : le seul point qu'on trouve à reprendre dans sa conduite, c'est qu'elle, religieuse, bergère d'un troupeau de brebis

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sacioos, ox|)loilo uvoc urdcur le crédit do su sœur lu favorite, la coui'tisaiio du roi.

L'abbé La Rivière, évoque de Langrcs, est mort il y a huit jours. Ou a trouvé dans sa cave de quoi approvisionner celloa do trois maréchaux do France et d'un prieur do bernardins. Mais on peut être un (idèle sectateur de Bacchus et un ministre très réfçulier de la religion catholique romaine... Go double caractère est admis par les canons. Le prélat défunt a eu l'étrange caprice à ses derniers moments de laisser cent écus pour celui qui ferait son épitaphe ; je transcris des vers que pourra bien rejeter l'exécuteur du testament de Sa Grandeur :

Ci-gil un très grand personnage Qui fut d'un illustre lignage, Qui posséda mille vertus.

Qui ne trunipa jamais, qui fut toujours fort sage : Je n'en dirai pas davantage, C'est trop mentir pour cent écus.

Le roi a été très content du comte de Lauzun pendant la brillante promenade de la cour en Flandre, il le lui a dit à son retour ; et après avoir permis à ce favori de vendre la charge de colonel général des dragons, créée pour lui en 1668, Sa Majesté lui a promis celle de grand maître de l'artillerie, vacante par la démission de M. de Mazarin. Louis XIV s'était même avancé à cet égard jusqu'au point de promettre à jour fixe les provisions de cette haute dignité. Mais M. de Louvois en avait décidé autrement; le grand maître de l'artillerie marchant de pair avec le ministre de la guerre et ne déférant à ses ordres que par pure condescendance d'étiquette, le fier marquis ne pouvait consentir à voir dans un tel emploi un homme aussi altier que Lauzun. Le ministre fit détourner secrètement le roi des projets favorables au comte : ce fut M™« de Montespan qui se chargea de ce soin, M™" de Montespan qui vit dans une grande intimité avec Louvois et qui ne peut pardonner à Lauzun d'avoir cessé de servir ses lubriques

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emportements. Or, le favori étant entré au jour indiqué dans le cabinet du roi pour lui rappeler sa promesse, Sa Majesté éluda, prit ses armes et partit pour la chasse. Le jour suivant, même demande, même tergiversation dans la réponse... Lauzun résolut alors de recourir à la maîtresse en titre, se promettant de racheter ses bonnes grâces à l'aide des secrets du baigneur La Vienne *, et de se montrer au moins complaisant, puisqu'il ne lui était plus possible d'être fidèle. La marquise, en voyant entrer Lauzun, devina le motif de sa visite, elle pressentit même les oITres qu'il allait lui faire; et, quoique le comte fût remplacé avec avantage par Louvois, dont la puissance physique et le crédit excédaient ceux du favori, l'ardente beauté ne laissa pas de profiter des dispositions du volage qui lui revenait. M"»" de Montespan promit en retour à M. de Lauzun de le servir chaudement pour la grande maîtrise de l'artillerie, quoiqu'elle fût décidée à ne point lui tenir parole... Le favori sortit content... et exténué.

Plusieurs jours se passèrent et le brevet n'arrivait point; le roi changeait toujours de conversation quand Lauzun rappelait la promesse de Sa Majesté; bien plus, le comte apprit qu'on songeait à donner l'emploi si désiré au comte du Ludre,qui, selon d'autres rapports, en était déjà pourvu depuis longtemps sous le voile du secret. « Oh ! oh ! dit Lauzun, prétendrait-on décidément se jouer de moi, et veut-on mettre le comble à l'horrible humiliation de l'année dernière?,.. J'en aurai dès aujourd'hui le cœur net. » L'irrité gentilhomme se rendit sur-le-champ auprès d'une femme de chambre de la marquise, lui prodigua l'or, et obtint de pouvoir se cacher dans la chambre de cette favorite un peu avant l'heure à laquelle elle y viendrait

I.Ge baigneur avait des drogues propres à rendre la vigueur aux amants épuisés par de trop fréquents sacrifices ; il leur vendait, entre autres aphrodisiaques, une substance appelée polleville, que Ton reconnut, plus tard, être de la poudre de cantha rides mêlée avec du bois de réglisse pulvérisé. Le polleville fit fortune et La Vienne aussi. Ce baigneur devint môme valet de chambre du roi.

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uvcc le roi.CosdisposilionsétanlfuiloSjCt voyant Louiii XIV s'uvancor vers rapparlonient do sa maîtresse, Lau7.un »o trouva sur le passage de Sa Majesté, lui remit un nouveau mémoire louchant la place ; puis, après avoir lait une profonde inclination, se glissa dans la chambre de M'"'* de Montespan par une porto détournée. A peine y était-il tapi sous lo lit que le monarque et la dame entreront. Ils vinrent se placer sur la couchette servant de refuge au curieux courtisan, qui ne se laissa point intimider par les plaintes de ce meuble, dont il avait éprouvé plus d'une ibis la solidité.

Le roi, en entrant dans la chambre, avait déposé le plaect do Lauzun sur une console ; mais comme il était préoccupé de son contenu, il y revint dès qu'il n'eut rien de mieux à faire : c'est ce que le comte avait prévu.

— Je ne sais vraiment, dit Sa Majesté, comment sortir de cette alfaire... Lau/.un presse pour que je lui donne la place, et Louvois me prie instamment de ne pas la lui donner.

— Il me semble qu'en pareil cas un ministre, et surtout un ministre du mérite de M. de Louvois, doit l'emporter sur un fade courtisan.

— La coquine I dit tout bas le comte eu serrantles dents.

— A la bonne heure; mais ma parole royale...

— Oui, sire, mais la raison d'État...

— De laquelle parlez-vous, marquise?... car je vois que vous prétendez..

— Je veux dire que si votre ministre do la guerre, mécontent d'être en rapport avec un grand maître de l'artillerie qu'il haïrait, donnait sa démission...

— Ah diable 1 j'en serais désolé ; non non, c'est peine perdue, demain...

— En ce cas, refusez nettement Lauzun.

— Tu me le payeras, catin ! s'écria plus qu'à demi-voix lo comte.

— Hein !... quelqu'un vous appelle, je crois?

— Nullement, sire, répondit la favorite, dont l'attention était trop distraite pour avoir entendu.

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— Votre avis, reprit le roi, est donc que je refuse ?

— A Lauzun sans doute... mais à moi... sire.. .en vérité vous ne m'aimez plus.

— Allons... allons, Athénaïs, vous êtes toujours comme cela. ., on ne peut pas causer sensément avec vous...

— Levons-nous donc, sire, puisque...

— Vous avez raison, levons-nous.

Et le couple amoureux alors à des degrés tout à fait différents, descendit du lit. Le roi se retira; la marquise passa dans son cabinet de toilette. Pour Lauzun, sortant furieux de sa cachette, il alla se poster à la porte extérieure de l'appartement, décidé à se venger à tout prix de la perfide Montespan.

La favorite, parée comme une châsse, ne tarda pas de sortir pour se rendre à la répétition d'un opéra qu'on devait jouer le lendemain sur le théâtre du château. Le comte, comprimant sa rage, présenta la main à M"^' de Montespan, et lui demanda du ton le plus respectueux si elle avait daigné parler en sa faveur au roi.

— Aujourd'hui même, répondit-elle.

— Ah! que de bonté, madame 1 repartit le courtisan avec un sourire affecté...

— Ne m'y étais-je pas engagée?... Et je vous assure que mes sollicitations ont été beaucoup plus loin encore que je n'avais promis.

— C'est charmant ! dit d'un air moqueur le favori, dont l'impatience ne pouvait plus être contenue...

— Mais on dirait, comte, que vous doutez...

— Du tout, madame, poursuivit Lauzun en s'approchant de l'oreille de la marquise, je suis bien sûr que vous êtes une effrontée menteuse, une coquine... Puis il répéta en peu de mots ce qu'il avait entendu étant sous le lit... M™» de Montespan se déconcerte, tremble, s'évanouit, tandis que le courtisan, toujours furieux, la quitte et se rend dans le cabinet du roi, qu'il somme audacieusement de lui tenir sa promesse. Jamais encore ce gentilhomme n'avait montré tant d'insolence. Louis XIV, outré, saute sur sa canne, la lève; mais, réfléchissant ensuite au carac-

CHRONIQUES DE L*Oi;iL-DE-H(«UF 723

tore (lo riiomnic qu'il menace, !o roi s'approche tlo l.'i cruisùe cl laisse tomber son bâton dans la cour on disant : « Sortez, monsieur, je ne me pardonnerais pas d'avoir «frappé un seigneur de ma cour. — El moi, répondit Lnu- « /.un, je ne servirai de ma vie un souverain inlidèlo à sa « parole.» A ces mots le comte s'éloigtjc de ((iici((iics pas, tire son 6p6e, en brise la lame entre son pied elle parquet et sort de l'appartement, où il laisse les débris do son arme rompue.

Doux heures après, lo comte, arrêté dans son hôtel, fut conduit à la BustilK'. C'est le maréchal de Hochefort, capitaine des gardes en quartier, qui avait été chargé de la désagréable mission d'emprisonner son collègue : tout n'est pas couleur de rose dans la carrière des ■grands.

Pour dérider le roi après l'alFaire do Lauzun,il ne fallait pas moins que le Bourgeois gentilhomme , la plus spirituelle, la plus gaie, la plus critique, quoique la plus folle, des comédies de Molière. Sa Majesté n'avait encore vu cet ouvrage qu'à Chambord, où il fut joué cet automne devant la cour. Je dois noter une anecdote qui caractérise bien les courtisans : Louis XIV n'ayant vu le Bourgeois gentilhomme qu'une fois, n'en dit point son avis; la cour se hâta d'en conclure que ce prince était mécontent, et voilà mes gens déchaînés contre l'reuvre du pauvre Molière, qui n'osait sortir dosa chambre, craignant d'être lapidé. Enfin, après un espace de six jours, le poète comique hasarda une seconde représentation de sa pièce; cette fois il fut complimenté par le roi, qui lui dit hautement qu'aucune de ses précédentes productions ne l'avait autant diverti et que le Bourgeois gentilhomme était une comédie excellente. Ce jugement inattendu devenait embarrassant pour les nobles critiques qu'on avait entendus déchirer à belles dents et Molière et M. Jourdain; mais ils rusèrent, biaisèrent, se retournèrent si bien qu'ils parvinrent à prouver au roi qu'ils avaient toujours été de son avis. Tout Paris court au Bourgeois gentilhomme, joué avec beaucoup d'ensemble sur le théâtre du Palais-

Royal : Sa Majesté y était hier; jamais, je croisj elle n'avait ri d'aussi bon cœur.

Mais M™» de Montespan, qui accompagnait notre gracieux maître, ne riait que par acquit de complaisance ; l'orgueilleuse marquise a le cœur ulcéré des grosses injures que Lauzun s'est permis de lui dire. L'emprisonnement de l'audacieux ne suffit pas à la vengeance de cette favorite humiliée; elle craint toujours un retour de faveur, conquis sur la faiblesse du roi; il lui faut le bannissement du comte, ou tout au moins l'ordre de le faire transférer dans une prison d'Etat éloignée de Paris. Louvois est prêt à seconder la vindicative beauté; mais il lui conseille d'alléguer un motif moins personnel que les qualifications injurieuses dont elle se plaint. Lauzun est lié avec les plus grands personnages de la cour; il est capitaine des gardes; on ne peut lui ravir pour longtemps la liberté qu'en réparation d'un attentat à l'autorité royale.

La marquise de Montespan est satisfaite; à force de recherches, de subtilités, de sacrifices, et M. de la Reynie aidant, les agents de la favorite ont découvert qu'au mépris de la défense faite à M. de Lauzun d'épouser Made~ moiselle, le mariage a été conclu secrètement, dans le temps même oCileroi en interdisait la conclusion... Ainsi, le comte se trouve convaincu du crime irrémissible d'avoir transgressé la plus souveraine des lois que Louis XIV connaisse, sa volonté. Ce monarque eût pardonné peut-être h son ancien favori un mouvement de vivacité brutale, excusé par un motif dont il reconnaissait secrètement la justice; mais il n'a pu pardonner à sa désobéissance... Louvois n'avait pas négligé toutefois d'envenimer par précaution Li conduite et les intentions de Lauzun : il s'était appliqué à le peindre au roi comme un ambitieux qui voulait se faire adorer de la troupe ; ses aventures galantes avec M™' de Soissons avaient été présentées sons l'aspect d'intrigues dirigées contre les plaisirs de Sa Majesté ; le ministre s'était enfin aventuré jusqu'à dire que le comte conspirait avec la Hollande et l'Espagne pour nuire aux affaires du roi.

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l,.in/uii s, MM conduite la fortorosso do Pi^'ncrcjl, ou l'on I lit prôp.'iroi' |)(iiir lui, dit-on,- un cachot souh unu UaMo

• ùli;; sa di'IontioM est iiliniiléo... Le règne de LouisXIV st tachù d'un uclo tyranni(|uo do plus.

Mademoiselle, un pou plus veuvo encore celte année quo l'an dernier, n'a cependant pas osé élever la voix contre cet emprisonnement. Si l'on n'avait pas les détails les plus circonstanciés sur l'union secrète que Son Altesse Hoyalo a conlracléo, cette indilTérence seule prouverait que Luu/un est son mari.

Pondant que Louis XIV était en veine d'arbitraire, il a voulu tout de suite en finir avec le duc de Lorraine, dont la cour de France ne pouvait cesser d'avoir à se plaindre, attendu quo sa principauté touche nos frontières. On n'avait pris encore que les places fortes de Charles IV ; le maréchal de Gréqui vient do recevoir l'ordre d'occuper sa capitale. Il s'est retiré à Cologne.

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