MOTIFS XVII
caraclôriser les hommes elles choses, obligeamment déguisés par la tourbe des servilités. Soulevons avec mesure, mais sans lâches ménagements, un voile qui nous abuse : il y a do lu loyauté à démentir les réputations usurpées, à briser les autels des faux dieux, à montrer aux grands ce que pèse, dans une juste balance, leur illustration de parchemin.
Considéré sous ce point de vue, mon sujet m'a paru démonstratif; il est d'ailleurs fécond et dramatique. Richelieu et la duchesse de Ghcvreuse soulevant, chacun de son coté, la destinée d'Anne d'Autriche avec le levier de l'intrigue ; cette princesse, tantôt subjuguée par le ministre, tantôt séduite par sa favorite ; Louis XIII, dupe de tous les trois; les nobles, accrochant leur dévouement intéressé au char de la fortune triomphante, et prodiguant leur mépris à tout ce qui succombe; enfin le peuple, subissant une longue guerre à cause des soupirs amoureux de sa belle souveraine... : voilà certainement une époque bien remplie ; surtout quand, pour dénouement de l'action dessinée à grands traits dans cette période, la France obtient ce Louis XIV, dont un valet peut dire : // est le fils de mon silence. Ces mots sont gros d'illégitimité; cependant je me suis efforcé d'y chercher une interprétation modératrice. Je n'avais point à m'emporter contre les descendants de l'enfant du silence ; j'eus le bonheur d'échapper à l'épidémie des croix polluées, des préfectures greffées de restauration, des magistratures tachées de police. J'ai donc écrit sans fiel ; j'ai même laissé une tunique de gaze à la vérité. Je sais que ma réserve ne contentera pas encore ces honnêtes panégyristes du pouvoir, toujours prêts à dire : // est l'heure qui plaira à Votre Majesté ; mais ce serait peine perdue que d'écrire pour eux. Leur pâture historique se trouve dans les œuvres complaisantes du jésuite Daniel et de l'honorable Vély. Ils la puiseront aussi.