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um Mnèdc Bouvêraia contM la nébaoolis, lt tristesse, la
douleur. In.: dama de la cour apprit dernièrement l.i ni >rl e sou mari, tué en Irlande : € Ah I malheureuse que je
suis ! sV.M la-t-olle, vite, qu'on m'apporte mon café » ; • 'II.' fut consolée... Voilà qui me parait démonstratif.
Les grands, les nobles, la bourgeoisie, qui les imite, et jusqu'aux marchands qui tiennent à conserver leurs bonnes grâces, passent la matinée à l'église : c'est la nécessité ambitieuse, politique, intéressée de l'époque. Quant à ce qu'on fait dans la maison du Seigneur, les gens qui prescrivent d'y aller ne s'en inquiètent guère... le décorum, toujours le décorum ; le reste va comme il peut. Les habitudes sont enchaînées, mais la conscience a toute latitude; il ne s'agit que de montrer et nullement de prouver. C'est ainsi que le plus grand nombre des lidèles va dans les églises jaser, médire, faire l'amour ou lire des ouvrages obscènes au lieu de livres pieux.
Le rendez-vous à la mode est la foire Saint-Germain, marché ouvert de tout ce qui peut flatter les caprices, le luxe et la friandise: meubles, étoffes, bijoux, vins, liqueurs, pâtisseries, confitures, sucreries, tout se trouve réuni dans ce lieu. Toute la ville y court pour se divertir plutôt que pour acheter ; ce qu'on y débite le plus communément, ce sont les agaceries de filles délurées et les propos égrillards ou doucereux de galants marchandant l'innocence qu'on n'a pas encore vendue ou donnée. La foire Saint- Germain est aussi le pays des filous, qui se montrent très habiles à profiter des distractions sur ce théâtre universel d'intrigue et de plaisir. Le roi alla longtemps à cette foire dont la physionomie variée le divertissait beaucoup ; Sa Majesté n'y va plus depuis son mariage avec Mmo de Maintenon.
Des trois théâtres de Paris, l'Opéra, la Comédie Française et les Italiens, ce dernier est celui qui fait le plus de bénéfices, peut-être parce que c'est celui où l'on trouve le moins de bon sens : le public veut des folies, de la gaieté, des bons mots, des malices ; si la raison se glisse
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dans tout cela, il faut qu'elle soit de bonne composition et fasse rire comme le reste. Retournons à Versailles.
Le roi est plus furieux que jamais contre Guillaume III ; Mm0 la duchesse, qui de plus en plus se donne son franc parler près de Sa Majesté, toujours dans le but apparent de l'amuser, n'a pas du tout obtenu ce résultat en lui disant hier que le prince d'Orange regardait les grandes actions du monarque français comme autant de grandes folies, et qu'il faisait bâtir un hôpital de fous sur le plan du Louvre. « L'insolent l s'écria Louis XIV... Eh bien 1 « dès demain je ferai construire à Marly descabinets secrets « sur le plan de Saint-James. »
Les palmes que notre marine obtint le 10 juillet devaient appartenir en partie à M. de Seignélai; mais elles ne pourront orner que son tombeau. Cet autre Golbert a rejoint dans l'éternité son illustre père, dont il continua les grandes vues et mit à fin les vastes projets. Louis XIV perd un ministre d'une haute intelligence, un conseiller sage, un homme d'État éclairé. Seignélai est mort d'une maladie de langueur à trente-neuf ans. M. de Pontchartrain le remplace à la marine. Ce ministre, dont on a pu déjà apprécier le caractère au contrôle général, est un homme dur, s'environnant à plaisir de difficultés et se délectant dans le refus d'une grâce qu'on lui demande. Jamais secrétaire d'Etat ne fut plus rude dans son cabinet; depuis qu'il a la marine, les officiers généraux eux-mêmes ne sont pas exempts de ses rebuffades... c'est un autre Louvois. Pontchartrain a le visage long, les lèvres épaisses et saillantes ; la petite "vérole a produit le plus grand ravage dans ses traits et lui a enlevé un œil; celui de verre qui le remplace achève de rendre la physionomie du ministre on ne peut plus disgracieuse... Mais ce gentilhomme est doué d'une infatigable activité, d'une application constante et d'un désir ardent de bien faire. Quel dommage qu'on ne puisse pas promener le rabot sur sa figure et sur son humeur l
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Jo retrouve dans mes tablettes de 1661 une rapide mention de V homme au mns<juc dt fer ; ce personnage mystérieux a continué d'être détenu aux îles Sainte-Marguerite jusqu'à ce moment. Mais M. de Saint-Mars, gouverneur de Pigncrol, ayant été appelé cette année au gouvernement de la Bastille, fut chargé d'aller prendre Yhommc au ma^(jue de fer et de le conduire dans la prison dont la garde lui était confiée. Ici, comme aux îles Sainte- Marguerite, ce captif inconnu est l'objet d'une sorte de vénération, le gouverneur, les ministres mêmes lui parlent debout ; sa table est servie avec abondance, il exige et obtient du linge d'une extrême finesse, des dentelles d'un prix élevé. Jamais on ne lui entendit proférer une plainte ; mais sa voix a quelque chose de triste, de mélancolique, qui pénètre l'âme d'une singulière compassion et laisse l'idée d'une grande infortune substituée à une glorieuse carrière. L'homme au masque de fer chante en s'accompagnant du luth ; c'est alors surtout que son accent produit l'impression la plus touchante... L'imagination aime à faire tomber ce masque de velours aux mentonnières d'acier, qui sans doute dérobe des traits nobles et beaux ; elle se plaît à couvrir ces formes parfaites d'un costume brillant, et la rêverie fantastique fait draper la pourpre sur cette taille qui semble faite pour la porter.
Mme de Montespan, qui depuis quelques jours s'est retirée à Saint-Joseph, a fait dire au roi qu'elle prenait pour jamais le parti de la retraite ; elle résidera six mois dans cette maison, et six mois à Fonlevrault. La marquise est devenue sérieusement dévote : soit ferveur réelle ou imitation de Mm9 de la Vallière, cette nouvelle Madeleine porte des chemises de toile jaune, des jarretières de crin ; elle entoure à nu sa taille d'une ceinture armée de petites pointes d'acier et couche sur un matelas de cendre. Mais il est des vanités auxquelles l'humilité de Mma de Montespan ne peut commander : elle conserve au fond de sa cellule cet air de reine qu'elle avait usurpé au temps de sa faveur ou plutôt de son règne. On trouve un seul fau-
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teuil dans sa chambre, c'est le sien. Quand ses enfants viennent la voir, princes ou princesses, n'importe, ils restent debout ; elle les reçoit, non comme une mère, mais comme une souveraine qui tient sa cour, et laisse tomber de son trône les paroles dont elle veut bien honorer ceux qu'elle reçoit.
M. Catinat, continuant ses succès en Savoie, vient de prendre Villefranche ; il menace Nice, Carmagnole et Montmélian.
Louis XIV, après une apparition d'un mois en Flandre, est de retour à Versailles, vainqueur des remparts de Mons et du prince de Berg qui les défendait. M. de Bouflïers avait précédemment investi la place ; Sa Majesté le rejoignit, menant avec lui les maréchaux de Luxembourg et de la Feuillade avec Vauban,la providence de nos troupes assiégeantes ; Monseigneur, Monsieur et tous les princes du sang accompagnaient aussi le roi ; le duc de Chartres a fait sa première campagne sous les murs de Mons. Ce siège a été glorieux et suivi d'un prompt résultat : la ville s'est rendue après seize jours de tranchée ouverte. Je dois mentionner un trait où l'on retrouve l'empreinte de ce caractère français mélangé d'audace, de galanterie et de légèreté : le huitième ou le neuvième jour du siège, sur les onze heures du matin, l'artillerie cessa tout à coup: alors au bruit affreux des canons et des mortiers succéda un concert de hautbois que les officiers du régiment du roi faisaient donner aux dames delà ville, sur un ouvrage fumant de carnage dont on venait de s'emparer. Les belles Flamandes vinrent en effet sur le rempart écouter cet hommage galant, après quoi le combat reprit comme si de rien n'était.
Un événement d'une autre importance arriva pendant le siège de Mons et porta le coup de grâce au crédit de M. de Louvois. Louis XIV avait placé une garde de cavalerie dans une position qui lui paraissait favorable; Sa Majesté, qui croyait s'entendre mieux que personne au métier de la guerre, se félicitait encore de ce trait d'ha-
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bile tactique, quand on vint lui dire que le ministre do la uerre ;ivail déplacé le poste si heureusement posé.. .Cette • inplioii, de la part d'un homme contre lequel le roi avait déjà de graves sujets de mécontentement, porta la fureur de ce prince au plus haut point... Il jura secrètement qu'il se vengerait, mais il se tut. Ce fut la seule contrariété quo Louis XIV éprouva dans cette courte campagne ; il félicita sur leur belle conduite tous les princes du saiii,', et même le jeune duc de Chartres, qu'il n'aime pas, mais dont le premier élan de courage venait d'être audessus de tout éloge. Le roi donna cent mille livres à Vau- !>an, qui, sous les murs de Mons, comme partout, avait été la première cause du succès ; Sa Majesté fit dîner avec elle ce savant officier, mais le bâton de maréchal fut encore oublié. Serait-il donc vrai, comme on l'a dit, que Vauban, par l'austérité de son caractère et de ses traits, repousserait la bienveillance que ses grands talents ont dès longtemps méritée ? Je vais chercher à tracer de mémoire le portrait de cet homme supérieur. Il est vrai que ses yeux sont d'une excessive dureté, mais jamais enseigne ne fut plus trompeuse : Vauban est la douceur personnifiée. Cependant sa bouche, elle-même ne révèle pas d'abord ses belles qualités ; sa franchise est brusque, ses paroles sont sèches et brèves. Mais qu'on parle à ce grand ingénieur de ses talents, de son mérite prodigieux, ce n'est plus qu'un homme modeste, timide, qui rougit comme un enfant. Avec tout cela, on se rend fort estimable : aussi le roi estime-t-il Vauban ; mais avec ces mêmes qualités on ne devient pas maréchal de France, parce que ce grade, dans les idées de Sa Majesté, doit être avant tout une dignité de cour, une broderie de l'État.
Après la prise de Mons, le roi voulant donner un nouveau témoignage de sa satisfaction aux capitaines des gardes françaises et des gardes suisses, leur a conféré le rang de colonel.
Louis XIV, à son retour à Versailles, fut reçu au bas du grand escalier par les enfants de France, Madame, Mademoiselle, Mme la princesse, toutes les dames et ce
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qui était resté à Paris de courtisans. Mais Sa Majesté, maintenue dans les bornes d'une pieuse réserve par Mme de Maintenon, refusa les harangues des différents corps de l'État. Alors l'Académie française, ne pouvant, comme de coutume, flatter ouvertement l'orgueil du monarque, donna sa modestie pour sujet du prix annuel... C'est prendre la vanité de ce prince en sous-œuvre, et la formule seule de l'adulation est changée.
Je n'ai rien dit encore sur l'intérieur de Mme de Maintenon : m'y voici. Ses domestiques sont peu nombreux, et les femmes attachées à sa personne ont un service peu fatigant, mais triste, ennuyeux ; non seulement elles ne peuvent jamais sortir, mais il leur est défendu de recevoir personne. Il faut distinguer dans ces domestiques, Nanon, cette ancienne servante de Mm9 Scarron, qui. lorsque cette dernière était à la charité de la paroisse Saint-Eustache, logeait avec elle dans une chambre unique et faisait son petit pot-au-feu si l'on pouvait se le procurer. Devenue Mm8 Balbien, Nanon est la personne la plus considérable de la maison : elle remplit les fonctions d'intendante. Dévote comme sa maîtresse, qu'elle a toujours singée dans ses travers ainsi que dans ses belles qualités, cette servante parvenue a l'œil sur les demoiselles de Saint-Cyr, qui se succèdent auprès de leur fondatrice. Nanon exerce aussi quelque surveillance sur les nièces de Mme de Maintenon, et ce n'est pas la partie la moins active de ses devoirs.
Mme de Maintenon ne reçoit et ne rend point de visites : elle voit cependant chez elle la reine d'Angleterre et va la voir à Saint-Germain. Mais parmi les courtisans, M. le duc de Richelieu, M. de Montchevreuil et sa femme sont les seules personnes que la marquise admette assidûment dans son intérieur. On y voit plus rarement Mme d'Heudicourt et M. de Villeroi.
Mm" de Maintenon s'habille et se déshabille devant le roi, qui l'appelle Madame comme il faisait de la reine. Elle est toujours assise sur un fauteuil dans l'endroit le plus commode de la chambre ; la présence du roi, celle de la famille royale et même celle de la reine d'Angleterre
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no obtngenl rien à cet Uiage. M ' da Maintenon se pour Monseigneur et Monsieur, parce qu'ils vont raremont chez elle, mais elle ne se dérange ni pour les fils de Franœ,ni pour lei princes dusaog légitimes ou légitimés, ni pour aucun grand officier de la couronne. Si la marquise veut parler aux filles du roi, elle les mande dans son appartement,où elles se rendent toutes tremblantes, attendu que c'est toujours pour recevoir quelque semonce qu'elles sont appelées : il n'est pas rare que ces princesses sortent de cette audience les larmes aux yeu\.
Quand les généraux partent pour l'armée ou pour leurs gouvernements, ils ne manquent jamais de se présenter chez Mlu9 de Maintenon comme ils se présentaient chez la reine. A ces usages il est aisé de reconnaître que le roi et la marquise ne laissent sur le secret de leur mariage qu'un voile de plus en plus clair : le fait suivant est une preuve lus forte. Mm8 de Maintenon voulait entrer un jour chez es grandes carmélites, dans le couvent desquelles les reines seules ont le droit de pénétrer. « Vous connaissez nos « usages, madame, lui dit la supérieure en se plaçant de- « vant la porte, c'est à vous de décider. — Ouvrez tou- « jours, répondit la marquise, ouvrez, ma mère. »
Le roi vient chez Mm3 de Maintenon après son dîner et après son souper: il y reste habituellement jusqu'à minuit. Tout en participant beaucoup aux affaires de l'Etat, Mm3 de Maintenon a l'air de ne point s'en occuper. Lorsque les ministres viennent travailler chez elle, ce qui arrive souvent, le roi et la marquise sont chacun dans un fauteuil, une table est placée devant eux, deux tabourets sont auprès, l'un pour le ministre, l'autre pour son sac '. Pendant que le secrétaire d'État travaille avec Sa Majesté Mme de Maintenon s'occupe à lire, à faire de la tapisserie ou à filer. Quoique l'entretien entre le roi et le ministre ait toujours lieu à haute voix, la marquise ne s'y mêle
1. A cette époque, les ministres ne portaient point avec eux un portefeuille comme aujourd'hui ; ils étaient munis d'un sac de velours noir dans lequel ils mettaient leurs papiers.
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point sans être consultée ; mais elle Test presque toujours par cette formule interrogative que le roi a adoptée : Qu'en pense Votre Solidité ? Alors M"1' de Maintenon répond, mais avec réserve, avec modestie, et cependant ses avis sont toujours adoptés.
Dans les voyages, Mmede Maintenon part la première avec M"»9» de Montchevreuil, d'IIeudicourt, de Dangeau et de Caylus. Son dessein est qu'en arrivant le roi la trouve déjà établie, parce qu'il passe ordinairement chez elle aussitôt qu'il est descendu de carrosse.
Les loteries prennent beaucoup d'empire sur le roi : il se passe peu de jours où il n'y en ait pas une après le dîner de Sa Majesté ; c'est un besoin pour ce prince que de faire des présents. Les lots se composent toujours d'étoffes précieuses, de bijoux, d'argenterie, quelquefois d'argent ; et comme à ce jeu-là tout le monde gagne excepté le banquier, il ne laisse pas d'être suivi, cher et conséquemment déraisonnable. En général, Louis XIV aime le jeu et fait cas des joueurs ; lui-même alimente ainsi la source la plus féconde de l'immoralité publique. Ce n'est pas tout : on triche à la cour dans des parties qui sont de douze à quinze cents louis, et le roi ne fait qu'en rire. Cependant quelques dévotes ayant fait à leurs confesseurs l'aveu de ces petites espiègleries et ces ecclésiastiques ne les ayant pas trouvées précisément sans conséquence, pour mettre d'accord les intérêts du ciel et de la terre il a été convenu entre les joueuses qu'en se quittant on se ferait don réciproquement, mais en paroles, de tout ce qui aurait pu être gagné plus ou moins illégitimement dans le courant de la partie. C'est escamoter assez habilement le péché.
En vérité, quand on songe à tout ce qu'on peut se permettre à la cour, à tout ce qu'on doit y dire, à tout ce qu'il faut savoir y faire, à tout ce dont on est obligé de s'abstenir, on regrette de n'avoir pas un code qui vous apprenne à rester toujours renfermé dans l'étiquette. Que d'aptitude, de mémoire et d'attention il faut avoir pour