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les vastes (Kpvml.i ihi-s 1 1 o la couronne d'Espagne afin d'assurer le repos de L'Europe; Bail OU IMBN <|ii ÎU -e
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barlei II au profil de la maison d'Autriche, qui promet en cas de réussite de récompenser convenablement les coopérai. 'urs de cette grande entreprise, l'n préalable puait indispensable pour l'exécution de ce dernier plan: c'est de montrer aux Espagnols, parmi lesquels il existe encore un parti autrichien assez fort, l'archiduc destiné à recueillir les dépouilles de Philippe V. Le roi d'Angleterre promet de conduire le prince Charles en Espagne sur une Hotte anglaise et hollandaise; mais les préparatifs de cette expédition, ralentis par l'état maladif de Guillaume, traînent eu longueur malgré l'activité d'esprit que ce monarque conserve dans un corps épuisé.
A peine Philippe V fut-il marié, que Louis XIV et Mme de Maintenon sentirent la nécessité de prévenir l'influence que pourrait prendre sur un prince sans expérience une princesse que le duc de Savoie, dont la perfidie n'est que trop connue, aurait disposée à le servir plus que la nation sur laquelle il l'envoyait régner. Le roi et la marquise pensèrent aussi qu'il n'était pas moins urgent de mettre le jeune monarque en garde contre les insinuations d'un conseil trop essentiellement espagnol, qui tenterait de le détourner d'une union constante avec la France, union sur laquelle Louis XIV appuyait sa suprématie. Pour remplir les vues du cabinet de Versailles, il fallait un esprit délié, insinuant, propre à se concilier l'affection de ces Castillans si difficiles à tromper, et plus difficiles à séduire. Mm0 de Maintenon, qui se connaissait en subtilité, proposa un sujet de son choix : Marie-Anne de la Trémouille de Noirmoutier, veuve en premières noces du prince de Chalais,et en secondes du duc Bracciano, prince des Ursins, remplissait toutes les conditions nécessaires à la réussite des projets conçus. La vie de cette dame fut le roman le plus riche d'épisodes, le plus semé de passions et de travers. Jamais galanterie ne fut plus expansive que celle de Marie-Anne de la Trémouille, et jamais
elle ne lui manqua pour alimenter une ambition qui n'avait pas moins d'étendue. Tous les hommes qu'elle rencontra dans les moindres relations et dont elle eut besoin d'employer le crédit devinrent ses amants, ne fût-ce que durant cinq minutes. Or, comme Mm0 des Ursins sollicita toute sa vie, par esprit d'intrigue autant que par nécessité, on peut se faire l'idée de la riche nomenclature de soupirants dont elle pourrait se prévaloir, et c'est ainsi qu'elle parvint à satisfaire ses désirs cupides ou ambitieux et son insatiable tempérament. Cette autre Laïs possède encore dans un âge assez avancé toutes les séductions de son sexe. Ses traits sont enchanteurs ; ses yeux surtout vous inondent d'une volupté qui part comme un trait de leur prunelle azurée ; sa voix, plus douce que celle des sirènes, pénètre à l'âme, même chez les avares dont l'âme n'offre aucune issue ; joignez à cela une taille de nymphe, les grâces d'Hébé, la souplesse de reins attribuée à Vénus et une flexibilité de caractère et de passions qui sait se prêter à tous les goûts... Voilà de la tête aux pieds la princesse des Ursins, et Mme de Maintenon elle-même a dû répéter plus d'une fois : Si je n'étais Françoise d'Aubigné, je voudrais être Marie-Anne de la Trémouille. Par les brillantes qualités que je viens d'énumérer, cette veuve heureusement née s'attira les bonnes grâces des cardinaux d'Estrées, de Bouillon, et de cinq ou six autres membres du sacré collège, qui lui trouvèrent, dit-on, des perfections qu'on n'apprécie dignement qu'en Italie. M,u0 des Ursins eut longtemps un goût décidé pour la pourpre romaine. Je ne sais si elle osa élever ses vues jusqu'à la tiare ; mais elle en approcha bien, car le pape Innocent XI fut à même de juger que « cette vorace beauté mangeait « habituellement deux cardinaux à son déjeuner. » Le cardinal de Bouillon, tout bien vivant qu'il est encore malgré sa disgrâce, a légué par reconnaissance à la princesse des Ursins une forte partie de ses biens. Une de mes amies a lu sur le testament qui renferme ce legs : « A Mm9 de Bracciano, cardinalesse et princesse de l'Église.» Telle est la femme sur qui Louis XIV se repose pour
CHRONIQUES DE L'a H M '
soutenir son influence dans le royaume catholique, <>ù elle i-si rendue depuis an m >is. Hiche, indépendante, habituée aux coutumes de Madrid, qu'elle habita BUtn et très répandue dans la société espagnole, M"10 des l raini
a été parfaitement reçue à la cour de l'Ëscurial, d'abord grfice à son opulence, à sa politesse, à son esprit, ensuite a cause de sa complaisance. L'envoyée de M"ie de Maintenon a accepté avec humilité le titre de c&m&rera mayor auprès de la reine, charge qui lui procure, écrivait-elle dernièrement à Versailles,* l'insigne honneur de prendre « les pantoufles et la robe de chambre du roi quand il « couche avec sa femme, plus celui de disputer d'adresse « avec les duègnes piémontaises lorsqu'il s'agit de pré- « senter à la reine de l'eau pour se laver les mains, ou « bien un petit meuble dont, en sa qualité d'Italienne, « elle ignorait l'usage, que je lui ai appris. — Il était « temps que j'arrivasse, dit la princesse dans une autre « lettre. Imaginez-vous qu'à mon entrée en charge le roi « et la reine couchaient bourgeoisement dans la même « chambre. J'aurais passé sur cette coutume vulgaire, si « je ne m'étais aperçue tout de suite que la fille de Vic- « tor-Amédée se disposait à en abuser. Méditant de met- « tre à profit les besoins de Philippe V pour le dominer, « Marie-Louise avait fait poser des roulettes au lit de son « mari : lui refusait-il quelque grâce, elle poussait ce lit « loin du sien, lui accordait-il sa demande, les lits serap- « prochaient. Gomme ce manège pouvait avoir un cres- « cendo de conséquence, j'ai tant crié contre l'habitude « bourgeoise, je l'ai si bien peinte sous son point de vue « ridicule qu'enfin Leurs Majestés Espagnoles font mainte tenant chambre à part et ne se réunissent qu'avec mon « agrément. »
Ce que Mm3 des Ursins ne dit pas dans sa correspondance, c'est qu'elle est déjà la maîtresse de Philippe V ; et qu'elle ne permet pas souvent à ce prince le lit commun, dont au surplus elle lui rend l'usage superflu.
Chassez le naturel, il revient au galop.
On doit croire que le duc de Savoie est entré sincèrement dans notre cause, puisqu'il donna ses deux filles à des petits-fils de France ; mais ce prince est naturellement capricieux, mobile, perfide. Le droit chemin le fatigue et l'ennuie: il faut qu'il se jette tôt ou tard dans les sentiers détournés et couverts. Les infidélités de Victor-Amédée sont pour l'ordinaire des effets spontanés de son caractère : on le vit souvent changer de parti sans motif, sans provocation ; mais il serait injuste de taire que cette fois son inconstance fut jusqu'à un certain point motivée. Quelques généraux de Louis XIV, autorisant leurs dédains de la puissance bornée du duc, le traitaient avec une hauteur, un mépris que les ministères de Versailles et de Madrid semblaient partager. Mécontent de ses gendres, qui souffraient son abaissement, cet allié trouva que les deux cent mille livres par mois que la France lui payait ne suffisaient plus au rachat de tant d'humiliation. Comptant pour rien le vain titre de généralissime, il laissa entrevoir des prétentions sur le Montferrat et sur une partie du Milanais... La cour s'indigna des exigences de Victor-Amédée, qui, se flattant de les faire mieux accueillir par l'empereur, s'engagea secrètement à lui vendre son bras et ses troupes au prix des possessions que les Bourbons lui refusaient, et dont il promit de favoriser la conquête aux armes de Léopold.
Le conseil de Louis XIV a donc été plus surpris qu'il ne devait l'être en apprenant que le duc de Savoie, au moment même où il combattait vaillamment à la tête de nos troupes, traitait en secret avec l'empereur. L'incrédulité fut le premier sentiment que cette nouvelle produisit à la cour, pays cependant fécond en déceptions. Catinat, qui, suivant l'inspiration de sa franchise antique, avait porté sans hésitation le flambeau dans ces menées ténébreuses, ameuta d'abord contre son faible crédit toute la coterie Maintenon, bien plus occupée de plaire à la duchesse de Bourgogne et d'endormir Louis XIV dans la douce quiétude de sa puissance que du soin de prévoir les dangers de l'État. Le roi lui-même, au lieu de s'assu-
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mm- si le rapport du maréchal était ronde ou calomnieux, commença par disgracier le rapporteur lam ■'arrêter un
instant à l'intonl ion e\ nlcmmcnt louable qui l'avait fait agir. Sa Majesté as vit dans cette circonstance qu'une occasion d'abaisser un général expérimenté qu'elle n'aime point pour en placer un sans talents honoré de toutes ses affectious. On dirait qu'une étrange fatalité éloigne ce souverain de tous les hommes qui le servent bien et lui fait rechercher les sujets peu dignes de sa confiance : Vauban vit sans faveur, Vendôme languit longtemps dans les grades subalternes, Gatinat déplut toujours, on ferme les yeux sur le mérite éclatant de Villars, et Villeroi touche au faite des grandeurs.
Tandis qu'on expédiait au vainqueur de Staffarde et de M arsaille l'ordre de servir sous le général vaincu près de Namur, et que celui-ci se disposait à aller prendre le commandement des troupes françaises en Italie, il fallut pourtant se rendre à l'évidence de la défection du duc de Savoie, annoncée par tous les officiers de l'armée et prévue par les généraux. Le serviteur loyal n'en était pas moins remplacé ; le courtisan n'en fut que plus félicité sur son commandement par les bourdons louangeurs du grand lever, mais les gens sensés haussèrent les épaules. Le duc de Duras alla plus loin : un matin que douze ou quinze gentilshommes faisaient doublement leur cour en complimentant Villeroi devant Louis XIV, le duc s'approchant du maréchal et lui prenant le bras dit très-haut: » Monsieur, tout le monde vous fait des compliments d'al- « 1er en Italie ; moi, j'attends votre retour pour vous faire «c les miens. » Nous verrons qui des flatteurs ou de M. de Duras aura raison ; il n'est pas impossible, après tout que M. de Villeroi ne devienne précipitamment un grand général... Du reste, qu'il gagne un simple combat de fourrageurs et ce sera un héros... à VŒil-de-hœuf.
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