‹ Chroniques de l'oeil-de-boeufChapitre 31 sur 34 · XV · texte numérisé non relu

XV

«amp MC f 1 bnisqiM •« prolonger 1q bruH» cria 4u liaut d«« oieux ^ ■urfenoisclle Clairoii : « La voules^vous long, mtdemoUelle ? '•^ H Gasma celui 4e «ia4eiaoiieUe Dumëiûl» » répondit ractric««

Voici qnalqiMS chosa da plus «ériaux ; mais qu'il est affligeant d*avoir una sanblabia patitassa à reprendra dans un bonme iliu;ilre i On sait que Yoltaire n'e«t point aimé à la cour \ il est bien facile de Ty de»servir y surtout depuis qu'il s'en est fait éloigner à cause du malan* eontreux niadrigal adressé à madame da Pompadour. Lçs comédiens italiana «voient donc lait agréer sans peine au roi une parodie de Sémiratniff qm devait être jouée sur le théâtre -de FonUinebleau. Voltaire, la susceptihla, Tirritable Voltaire, informé de cette circou* stance, faillit en perdre l'esprit ; s'affranchissant de toute mesure, de tonie sagesse, il écrivit h Maria LecMnska la lettre suivante, qui entachera pour jamais et la célébrité et le caractère de ce poète i

« Madame ,

» Je ne jette aux pieds da Votre Majesté. Vous n'assistez au spec«

• tacle que par condesoendanee pour votre auguste rang ; et c'est un » aacrilice que votre vertu (kit aox bienséances du monde. J'implore a cette vertu même, et je la conjure avec la plus vive douleur de ne » pas souffrir que ces spectacles soient déabonorés par una satire » qu'on veut faire contre moi à Fontainebleau, sous vos yeux. La tra-

• gédie de Sémiramis est fondée d'un bout k l'autre sur la morale la

• pins pnre, et par là du moins elle peut* s'attendre à votre protec* 9 tion. Daignez considérer, madame , que j$ suts domestique du rot, ■ et par ctmeéqumU le «dire. Mea camarades les genlilsbommea ordi- » naires du roi , dont plusieurs sont employés dans les cours étran* 9 gères et d'autres dans des places très^-bonorables, m'obligeront à me » défaire de ma charge si j'essuie devant eux et devant toute la famille

• royale un avilissement aussi cruel. Je conjure Votre Majesté , pai » la bonté, par la grandeur da son âme et par sa piété, de ne pas me «livrer ainsi à mes ennemis ouverts ou cachés, qui, après m'avoir » poursuivi par les calomnies les plus atroces, veulent me perdre par » une flétrissure publique. Daignes envisager, madame, que ces para* » dies satiriques ont été défendues à Paris pendant plusieurs années. « Faut41 qu'on les renouvelle pour moi seul sous les yenx de Votre » Majesté ? Elle ne souffre pas la médisance dans son cabinet, l'auto» a toriaera«4-eUe devant touu la cour? Non, madame, votre cœur est

3BS CHBOniQUES DE L*ŒIL-1>C-IKECF.

» trop juste pour ne pas se laisser toucher par mes prières et pour (aife » mourir de douleur et de honte un ancien serviteur, le premier sur » qui sont tombées vos bontés. Un mot de votre bouche, madame, à » M. le duc de Fleurjr, suffira pour empêcher un scandale dont \e8 » suites me perdraient J'espère de votre humanité qu'elle sera tou- Mchée, et qu'après après avoir peint la vertu je serai prot^ par » elle. »

La reine eut sans doute pitié du poète éperdu : la parodie ne fût point représentée. Mais que de bassesse, que de servilité à propos d'une critique dont tout autre se serait égayé le premier! On voit avec chagrin une telle abnégation de dignité de la part d'un si beau talent.

Cette année Sémiramis commence à prendre faveur : on s'babîCiie mèmek louer cette tragédie sans maù restrictifs. Comme Voltaire se fait admirer dans plus d'un genre , on craint de le tuer en lui rappelant ses défauts.

Sous l'influence de ce crescendo de succès d'une pièce qui lui causa tant de chagrin , ce poète fit jouer cette année iVanine ou le Pr^tigé vaincu, comédie tirée du roman de Pamila par Richardson. Lachanssée traita malheureusement ce sujet en 1748 : on ne se rappelait de l'ouvrage que ce vers ridicule :

Vous prendrez moo carrosse afin d'aller plus vite;

et ce mot d'un mauvais plaisant à qui l'on demandait comment allait Paméla : Elle pâme, hélas !

Voltaire a mieui arrangé pour la scène le roman anglais : sa pièce est régulière , intéressante, quoique froide ; elle est d'ailleurs versifiée comme tout ce que cet auteur vereifie, c'est-à-dire admirablement. La réussite a été brillante ; aussi Voltaire , croyant triompher de Piron , s'approcha de lui en sortant de la première représentation et lui demanda avec un sourire malicieux ce qu'il pensait de sa comédie, «c Je pense, répondit l'auteur de la Métromanie^ que vous » voudriez bien que Piron eût fait Nanine, — Pourquoi? on n'y a pas » sifflé. — Âh ! monsieur, peut-on siffler quand on bâille ? »

Un homme en place classé parmi ces marionnettes de cour que

tout fil fait mouvoir, profondément touché par la morale de Nanine,

rentra l'un de ces jours chez lui avec précipitation pour ordonner à

-aon suisse de ne refuser sa porte à personne , pas même aux gens à

-sabots. « En vëritë, dit l'honnête Helvétien a un valet de chambre » qui se trouvait près de lui , ce discours me surprend si fort de la » part de monseigneur, que si je n'avais pas aperçu mademoiselle » Délie dans son carrosse je croirais qu'il vient de confesse. »

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