DE LAUZANNE
La mer a eu, à toutes les époques , son histoire aussi bien que les continents. Arène ouverte aux chercheurs d'aventures, elle a passée^ comme la terre habitée, par des phases changeantes , subi des dominations nombreuses, vu se succéder des mœurs et des ressources variées. Toutes les grandes évolutions de l'humanité se sont tour à tour traduites sur ses flots et ont eu ainsi, outre leur physionomie terrestre, une physionomie maritime.
Où pourrait-on trouver, en effet, une expression mieux résumée d'une civilisation, que dans ces arches flottantes qui , comme celle de Noé, emportent avec elles un abrégé de la terre qu'elles abandonnent 7 Un navire ne concentre-t*il pas^ dans son étroit espace, toutes les industries du siècle auquel il appartient» n'a-t-on pas épuisé pour lui tous les efforts de Tintelligence, rassemblé tous les moyens de conservation ? n'est-ce pas l'image amoindrie de toute une société, un échantillon du monde détaché de la terre et lancé sur l'abime ?
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Sans doote les conditions partieiilières de Texist^Me entre letiel etreaii,«)t créé dans tous les temps, une spécialité d'habitudes et de caractères ^ c'est là précisément l'originalité de ce côté de l'histoire et ce qui bit de la navigation, à chaque époque, un chapitre particulier du récit général. Aussi i7oyons*nous fer moment que l'étude des marines chez les différents peuples et dans les diflërentes civilisations, présenterait un des sujets les plus curieux, les plus instructifs et les plus émouvants qui puisse tenter la science aidée par l'imagination.
Nous n'avons point l'audace d'une pareille entreprise. Ce que nous publions aujourd'hui sous le titre de Chroniques de la Mer^ n'est qu'un recueil d'es* quisses empruntées à des époques maritimes trop peu^ connues et dont la poésie diverse nous a tenté. Nous' avons essayé d'ouvrir dans cinq courts récits, quelques perspectives sur la mer , sous cinq rayons de soleil bien distincts : celui de l'antiquité, celui des Normands, celui de la renaissance Hollandaise, celui de l'Angleterre, celui .de la France. Si nous avons rattaché ces épisodes nautiques à l'histoire de chaque époque, c'est que la mer nous semble seulement un chemin que tout navire cingle vers une terre et que la vie des eaux n'est qu'une attente ou un passage. .