‹ Chroniques de la mer (volume 2)Chapitre 33 sur 45 · LES PIRATES AK CIUCIE · texte numérisé non relu

LES PIRATES AK CIUCIE

MX xùsàtm de ^(^ux qui t'entouraient, ei s'élantant

vers Isidore, il s'écria :

*-* X» 1919 peux nous vendre eQmma âdê eselaves, ear «iiU# iMkkin n'oserait mus «eboter. Notre langage t'a ttoffï^^ Isidore; noi^ ne fifinmes point Grecs, pous §om9^ef jûtoy^i» Ronaift» I . C^% ruoi^ prodttiw^st^Uir le« pii^m^ ur^ mj^T»^m singuU^f e. U y eut uxi preg|^^llQK>^v^ment 4^ surprise génér^^S pjps toys i§§ y^^x ^'arrêtèrent s^r Ip Car* tbaginois pour lui demander ses ordres.

Un éclair d^ b^ine nv^t traversé les traita diji corsaire \ mais 00 fut comme la lueur d'un astre à l'instant voilé par les nuages. Il fit un geste d'étonnement effrayé» se frappa la cu^ et s'écria : . ~jC;itoyQn9 roioiaMis!... Par tous les dieux supérieurs, que ii'ayez-vous pcurlé plus t6t !••• Citoyens ror if^^n^ l £t, Qi^e^reux que nous sommes, nous avon^ violé, sans le savoir, la majesté des maîtres du monde.. Que Junon , souveraine de l'Olympe, nouç obtienne 1^ pardon, ,et je promets d'aller comme les vieilles (emoies, peigner sa statue dans le tomple de Samos !

jEn parlant ainsJ> il levait les mains avec l'expression du ro|[^ptir, qt tous If^s ]jçu\(elQ.^^ ioût^ent $Qn mouve-r

ment, mais s'adressant, tout a coup, à ceux qui se trouvaient le plus près de lui :

— Qui vous retient , insensés , reprit -il ; attendez • vous que le fils de la louve n'emprunte, pour vous frapper, les foudres de Jupiter^ ou qu'un corbeau, ami de Rome , ne vienne dévorer vos prunelles ? Vite , rendez la toge à ceux que vous avez dépouillés, et repassez au petit doigt de leur main gauche Tanneau d'or afin qu'on puisse les reconnaître pour chevaliers romains.

Les Ciliciens se hâtèrent d'obéir en rapportant les vêlements des prisonniers, les chaussant eux-mêmes, et leur présentant le miroir les yeux baissés. Lorsqu'ils eurent achevé, tous tombèrent aux genoux des Romains avec de grands gémissements. I^s uns se tordaient la barbe en signe de désespoir, d'autres cour- , baient leurs fronts jusqu'à terre. Il y en avait même qui versaient des larmes !

Isidore leur fit signe de se relever.

— Rome a toujours été une bonne mère pour les Cili* ciens^ dît-il ; depuis longtemps elle les habille des tissus fabriqués pour elle en Egypte et en Phénicie ; die les nourrit du blé qu'eUo achète en Sicile, et elle leur prodi-

LES PIHATES DB GILIGIB. }t

gue les trésors fournis par toutes les nations. Espérez donc en sa clémence, et, pour la mériter, laissez ces gé« néreux patriciens retourner librement dans leur patrie.

Les pirates coururent chercher une échelle et la placèrent au bord du navire, le bout appuyé sur les vagues (1).

Isidore la montra aux prisonniers.

—Allez, reprit-il , en portant la main à sa bouche, et tournant le corps de droite à gauche, selon Tusage romain , que les frères d'Hélène vous guident heureusement, et puissiez'vous faire connaître, par votre exemple , le respect d'Isidore pour les (lis de Quirinus.

Les matelots prirent alors chaque prisonnier sous les bras , comme pour les aider à marcher, et les entraînèrent vers l'échelle qui devait les précipiter dans les flots ; mais tous quatre opposèrent une résistance inattendue» et le jeune' proscrit ayant arraché à un soldat son épée et son bouclier, s'appuya a la pavesade où il se mit en défense. Isidore saisit vivement un des javelots qui se trouvaient à ses pieds ; mais , avant qu'il eût pu s*en servir, un léger cri poussé derrière lui arrêta sa main \ il se retourna et aperçut une jeune

(1) Voy. Piutarque , Vie de Pompée.

femme qui venait de paraître a la porte de la diaadke construite sous le grand mât.

Un seul regard auffitaait pour faire connaître la matrone , Initiée de longue main à l'emploi do cet arsenal de luxe et de eoqiiett^e que Ton appelait à Rome le monde d'une femme. Ses cheveux , naturellement bruns, étaient devenus blonds gr&ce à l'emploi du savon des Gaules; de petits croissants noirs collés sur ses joues en faisaient ressortir la blancbeur* Ses pieds étaient chaussés de cothurnes de pourpre; une rica de gaze tombait de sa tête jusqu'à ses épaules ; elle tenait dans sa main droite une boule d'ambre qui, en s'échaufMt , exhalait un léger parfum i et avait autour du cou un serpent vert émeraude dont les plis glacés la rafraîchissaient. Des crotulés de perles suspendues aux oreilles ^ des colliers et des bracelets de diamants, des anneaux enrichis de pierres magiques complétaient ce costume qu'un ù.^fénéralmT$f établis aux arcades de Janus, n'eût point estimé moins de vingt millions 4e sesterces (t).

A ses côtés marchait un vieillard vêtu de la r<^ prétexte , et suivi de deux licteurs*

(1) Eavlron 3,400,000 (raacs.

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Elle s'était arrêtée k quelques pas d'Isidore, en le voyant prêt à lancer le javelot, et -avait Jeté le cri auquel le pirate 8*était retourné.

Le visAge de ee dernier s'adoMt à la vue de la belle Romaine et cependant il dit brusquement :

•» Que eberches-ttt ? Tes oreilles ont-elles si aisément reconnu l'accent des hommes de ta patrie.

— T E'-t-il donc ici des Romains ? demanda-t-elle surprise.

~ Et qui se vantent de l'être, reprit Isidore.

— Par Hercule! fls auraient besoin de trois grains d'anticyre I s'écria le vieillard à la robe bordée de pourpre; ne savent-Us pas que c'est courir à leur perte?

-*- Le fils de Pelée est parmi eux, objecta ironiquement Isidore ; armé du bouclier et de l'épée, il espère vaincre seul la (lotte des Ciliciens.

— Où est-il ? demanda la Romaine, dont les regards ehêrclitoent le inrisonnier.

•— Celui qui va mourir salue sa cousine la belle Plancia! dit le jeune homme, en écartant un peu le bouclier dont il avait couvert sa tète et sa poitrine.

A cette voix, la patricienne tressaillit; elle fit quelques pas en avant, aperçut le prisonnier, jet

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laissa tomber sa boule d'ambre en criant:

— Julius César !

— Julius ! répéta le vieillard*

— Qui n'espérait pas rencontrer, ici le prêteur ' Sextilius et sa fille, ajouta le prisonnier.

— Serait-il véritablement de tes parents? demanda Isidore à la Romaine.

— Il vient de te le dire, répliqua Plancia ; la terre et la mer ont également trahi notre famille ; Tune t'a livré César, et l'autre mon père et moi-même.

— * Oui^ soupira le vieillard piteusement ; Us m'ont enlevé, moi préteur, dans ma propre province, enlevé avec ma litière , mes bagages, mes licteurs...

-« Est*ce là ce qui t'étonne, Sextilius ! dit Isidore avec orgueil ; avant toi , Bélinus avait eu le même sort. Je l'ai vu tout un jour à la place de ce jeune Achille sans cheveux, attendant de moi la vie ou la mort.

— Mais le tout puissant Isidore lui laissa la vie i se bftta d'ajouter Plancia, et il ne sera point aujourd'hui moins magnanime I

— Qui te l'a dit? demanda le pirate dont le regard venait de heurter le regard hautain du prisonnier, et qui sentait s^ colère renaître.

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