‹ Chroniques de la mer (volume 2)Chapitre 42 sur 45 · AU · texte numérisé non relu

AU

je M MMm lis «Mi i ws pniela,«ai; a €ks|fioees de le incr fcecgafcgt deleor siésele Ceel i lewertnede tiitancoatatlm fgtkiilÉê ke aoneee de r Apoealjpee : « les « dkende pleorerail, peree que penome n'i eleoiemafelieadigee* el/liearedesBeitaodaisettf^ nue, 9bm que Jean hn-mênie ra¥ait mDoatéea^ eant : « Ceox qœ ont vainca la bète s'aTanceront sor e tm oeéan de irerre mêlé de flammes avec des baijies a pour Vmef le vrai Dienl » La bête, c'est la papauté; Tocéan de verre, la m^ glacée dn Nord ; les flammea, celles des anréores boréales ; et les harpes^ qnilonent le vrai Dien, les voix des fils de ll^angile, chantant les psaumes du saint roi. Zacbarie ne parle-i-il pas d'ailleurs de « quatre forgerons qui briseront les cors nés élevées contre Judas I » Eh bien I vieux Barents, ces quatre forgerons sont le prince d*Orange, les

Disties de PBvaofi^let k» tW% géofttQi» et découvrira le nouveau passage.

^ Alfiti rdxpééiUon sfira procluitodl 81 obieivtl l« pUoto.

— iittpiiûebalae, ftpendii PlaBoiui en 9Q levaula ^m lé» d0ttx navirei qui dcuvenl partir oBk été ob€Àais ; gq sont le PigemiMm el fa Lim de Mêlldsfkê^n Jh fitmiir neau sera commandé par Jacques |{aeiQ8k.er)i et h liio» é$ Holtêniô «qni peur pilota aot¥# ^ieil ami Vil* bem.

«- Moi f s'écria Barentz en tressaillant.

^ Potivon8*4ioas donc penser i un autre? dit le docteu» qui appuya une main sur l'épaule du marin; n'est-oe point toi qui as déjà deux fdsi exploré le olie-t minvll faut que tu lui trouves une ouverture, vieux Vilbem, el que tu ailles établir les oomptoira des Provinces-Unies sur la terre des épices, afin de réaliser les promesses du prophète Amoa : « le les planterai sur la terre que je leur ai donnée. >

-— Certes, répliqua le pilote avee quelque miArras, ce serait peur mti une grande gloire^

'^ St un (H^and pre&t, aieuta Planqua \ ee qui n'eat point & mépriser dans cette vallée tf^reuyea l ear, jusqu'à présent, tu n'as point été récompenaé «uivanl tes mérites, Vilhe» I • tu as aaw^iinais tu as peu re-

160 CHROniQUES DE LA MBR.

cueilli ; tu as mangé, mais tu n*as pas été rassadé; to as bu> mais non jusqu'à la joie, et ton salaire a été mis dans un sac percé ! » Aussi ai-je voulu pour Un de meilleures conditions que par le passé ; et sais-tu ce que les États généraux ont accordé?

— Non, dit Barentz.

*- Deux cents florins par matelot, si Pon échoue : . cinq cents, si on réussit, et en tout cas, la part de vingt matelots pour toi seul !

— Dix mille florins! en cas de succès, s'écria de Veer ; sur mon âme, c'eût été une digne récompense^ si elle n'arrivait point trop tard.

— Trop lard ! répéta le docteur. ^^«,*» «— Oui, répondit Barentz avec une fermeté calme ;

je dois laisser aux autres désormais l'honneur elle profit des découvertes, car rbeure du repos est venue pour moi.

— ParleS'tu sérieusement? s'écria Plancius \ toi, le plus infatigable de nos pilotes, tu reculerais au moment du dernier effort ; tu dirais comme le paresseux de l'Écriture : c Le Ùon est là dehors, si je eots je se* rai dévoré, s

— L'âge fait en nous ces cbangements, répliqua

VILBBM BARBNTZ. 161

Vilhem ; autrefois je ressemblais à l'oiseau des tropiques ^ tant que j^apercevais devant moi de l'espace, j'avais besoin de poursuivre ^ mais aujourd'hui mon œil s'arrête aux tilleuls du canal.

— Cest-à-dire que tu ne peux quitter ta fille et son fiancé, dit le cosmographe d'un ton aigre ; leurs gazouillements d'amoureux ont amolU ton vieux cœur ; lenes sub noctem suswrri; tu as maintenant peur des longs voyages.

— - C'est la vérité, dit Barentz ; j'ai tant de joie à regarder leur bonheur que je suis comme le voisin Yanspeck» quand il revenait de Leyde avec ses vingt mille ducats; je n'ose remuer de peur d'en perdre quelque chose.

Plancius leva les deux mains au ciel et poussa une douzaine d'interjections exprimant l'indignation ou le dépit. Les passions tendres n'avaient jamais pénétré jusqu'à cette fime cuirassée de théologie, de mathématiques et de cosm(«raphie. La vie n'était pour le docteur qu'un canevas à broder de versets, le monde visible qu'un motif d'application pour la science des nombres. L'habitude de penser avait insensiblement anéanti chez lui la faculté de sentir \ le cœur s'était

163 CHRONIQVBi DllbA «EB.

évaporé 4ans Id oeryeaUf U ne vit 4ani la rtfu» ^ rentz qu'un embarras imprévu suacité a sasi p^uet^ e( la eolèfa du aavaut a'afma te lauta l'autoriléâu pm^ tcur pour reprocher au pilata aa arimlnelie (aiUMacu Sûr que toute réplique augmanterait la vialaQae de la réprimande, Barattai }a subit ootome ce» awp» te vent devant lesquels on çargue toutes )ea vqilai, otque

l'on reçoit é la oape aana \m mimt m^ etwaaqiKi

la patience. Plancius sentant que sa ccrtàf^ greqdlîf

dans le vide en adoucit forcément les éoiataj maïs ^

ge^rda toute l'amertumo de son désappointtsaenl.

- Allez, maître, dit-îl, eq (gisant quelques pas vm l'entrée, alle^, puisque vous aves^ dit comme rins#Qi4 de r£cclésiaste : a Plein le creux de la main aveq (ly

« repQs> vaut mieu^ que plein lea d^u^^ fmwm m^

a du travail. 9 Mais ne vous plaignez point pl^atar^ al la mauvaise fortune vous rend visite \ les Provertu vous ont averti en vous disant :.« lI^ peu de loisir, un <r peu de mains pliées sous la tête pour dormi?, çt || a pauvreté viendra eommo un passant,: eUa âia0ttaaft«

a trera comme un homme arm^* «

~ i'ai fait, eomma la feu wii ma proviiiçp d'biWt oiiie^ta la Pilota, et yaapéia pauvai? «e jaiiif «

-9 M^lU^^ur suv qui se fie à la pru4ei)Cô de li^ terre \ répliqua durefmenl la dooteur ; aujourd'bui tu sacrinei tout aux désirs de ta fille ; mais tq m tarderaa paa à apprendre que a la malice de Vbomme est moins n^iq siia^ que la Gsire^sie de la femme* » l.e jugement qui VaHeimdya sera rigoureux -, car tu étais maître d^ vajp 1% lupt^ièrçi, et tu Tas refusée ^ tu pouvais saveiri e| m qs YODlu rester igqorant,

•^ 4'espère e^ça^e en la wisiéricerde de Dieu, réixoi^ditt Barents, puisque le saint rm tuhmdm^ a écrit ; CI Qù il ï 9 abo^dauce de seie^^e, i\ y ^ cibondenQe d^ <c çliagriU) et eelui qu\ s^Aooroit de la loi^Rçei |*accroU Q de la douleur, d

Pq (intendant (^ette aantre-oitationi Planeius tr^ssftUUA ^1 s'arrêta. Frapaé par une arme ampruntae à cet arsenal qu'il avait l'habitude de regarder eemme sa

pr§priélé, îl en dameura d'abard étourdi ; mais reppen«m auialt^t le aanlimeni de sci supariorUâ 1^ 4éf«m d^ p]?é»en%a d'^prit> il appuya ses deux mains au bitt r§fi«> a( ragarda Qarents ei^ faae. Ses aoureils, rapr praebôa par uqe oontraetian eanvulsive, daimiient uu§ expression indignée à ses traits alourdis. — Âb) ttt vaai m'opposer la parole du I4vra ! se-

164 CHEOniQOSS DE LA MER.

eria*t-il avec une colère mal contenue ; Técolier prétend donner la leçon au maître, la brebis montrer le cbemin au pasteur !

Barents voulut protester.

— Eh bien ! à la bonne heure I continua Plandus sans lui permettre de*répondre ; oublie ton honneur pour ta fille ; laisse comme Salomon « les femmes détourner ton cœur ! i Dieu f appelait à soutenir son règne en fortifiant la puissance de ses fils ; mais tu as peur de la ftitigueetdu danger, mieux vaut vendanger les vignes et soigner les ruches dans les jardins de Jérusalem, que de suivre au loin les vaillants Mâcha* bées!

Le vieux marin sentit son courage se redresser sous ce vulgaire aiguillon ; il s'écria que telle n'avait jamaîs été sa pensée.

— > Rappelle-toi seulement, interrompit le oosmograpbe qui ne l'écoutait point, rappelle-toi que tu avais été choisi pour conduire ceux qui doivent enlever le butin aux ennemis, et que si tes frères ne trouvent dans l'expédition que mort et ruine, ils pourront porter leur malheur à ta charge.

— Pourquoi cela 7 demanda vivement Barentz*^

VILHBM BARBNTZ. 165

^ Parce que chacun de nous est responsable de tout le bien qu'il pouvait faire et que d'autres ont vainement essayé, répliqua Plancius.

— * Suis-je donc le seul pilote des Provinces-Unies A qui le temps et la mer aient appris rexpérleace ? dit

Vilhem ébranlé.

-^ Tu es celui que les matelots demandent, répondit le docteur ; avec toi, ils partiront confiants, et tu sais que la confiance est le coursier qui porte le succes. Deux fois déjà tu as cherché cette route ; tous répètent que rhonneur de la trouver doit f appartenir. La voix de Dieu et celle du peuple t'appellent ; mais

tu fais comme Adam après le péché, tu feins de ne pas l'entendre.

— Que le docteur m'excuse, balbutia Barentz ; chacun ne peut-il remplir la tâche à son tour, et ne puisje donner au loisir ce qui me reste de jours et de for-* ces?

— Et de qui tiens-tu ces forces et ces jours ? s'é-cria le cosmographe, sinon de cette patrie où tu as leçu la nourriture du corps et celle de Tftme. Lui refuser la vie qu'elle t'a donnée, c'est nier un dépôt livré

A ta garde. Quand la mère appelle un de ses enfants

166 CliOUlQQSS ttK LA VER.

par «m tMMi, et lai crie de <e leTer, il D'y a qaeles lliâimdt Ite qui répondent : lé tens dormir f

BareniK tressaillit; une roogenr napide travAfa tes tndtt, puis fl deTint pUe. Trop simple pour savoir fermer son ftme à In ?èrité, parce qn'elte était donlolireuse, il vit tont^-conp la nécessité dn sàcrififce QU toi Mail demandé, et ne sonf^ea pMni a en mesurer la grandeur. Pour lui, comprendre le devoir, il'étiitoMir. n écarta tomsituement les imegés de f^oê et de tebdrtosae qni le berçaient depuis tant de nkris ) il prit tontes ses Joies rêvées, tes brisa comme 0 Mt hit ites bMAcbes lléiiriës qui lui eussèttt caché le ¥tai cbetbin, et âvi^cant la main vers la bible ouverts sur lé blii«èu du docteur Plancius, il dit lentement :

^ Mol et les miens^ nous appatteMMS A^ ProvineeiAlhies \ J(5 partirai!

lit.

lia troiilèaie «pédilion pdur le peMags du Nord partit m effet aoiie la direelieii de Barents et de Gérard de Veer^ qai voulut aceempagnet le pilote à titre de eommia. Elle avait mia à la voile te IT mai 1S96) et Ton 6teit arrivé à la fin d'oetobre 1587 lana en avoir reçu aaoone nouvelle i Ce retard ne permettait guère de mettre en doute la perte des navires conduits par Ba*renii i car les deui premiers voyages ayant duré ehaeun moins de einq moiSi il s'était éeoulé quatre fois plus de temps qu'il n'en eât ftiUuau pilote de SobelUng pour effectuer son retour en Hollande»

168 €HB01flQUB8 DB LA MBB.

Cependant Jeanne luttait contre Topinion générale ; Tardeur de sa tendresse entretenait sa foi. Il en est des malheurs extrêmes qui doivent nous briser, comme des dangers dans lesquels nous craignons de périr ; par un sentiment de conservation instinctive, nous refusons d'y croire ; nous repoussons les preuves^ nous ajournons le moment suprême en inventant des espérances qui nous permettent de vivre dans le doute.

Plancius d'ailleurs aidait à ces illusions. La confiance acharnée que l'amour nourrissait chez la jeune Qlle était entretenue chez lui par la science. 11 détaillait les circonstances qui avaient dû retenir les vaisseaux, expliquait la longueur du voyage, justifiait le manque de nouvelles. Dans le cas où Barentz n*aurait pu franchir le détroit du Weigatz, il s'était sans doute décidé à hiverner sur les côtes pour attendre les Russiens qui faisaient tous les ans ce voyage, et ap« prendre, en les suivant, si la mer située au delà du détroit était véritablement la grande mer de Tartarie. Dans le cas, au contraire, où il serait monté plus ku nord jusqu'au 82« degré, le soleil, qui, dans ces latitudes, restait six mois sur l'horizon, devait y rendre

VILflBlI BAftBlfTZ. 169

le froid moins vif, et avait pu ouvrir un passage à ses navires, mais ne lui avait point sans doute laissé le lenips d'un retour immédiat. Dans toutes les suppositions , Barentz avait donc été forcé d*attendre pour ne point se borner, comme les expéditions précédentes» à une exploration inutile. Au moment même où les ignorants désespéraient de lui, il revenait peut-être triomphant et apportant, sur ses deux navires, les destinées de la Hollande ! Il fallait seulement < ceindre a ses reins^ fortifier son cœur d'une puissante muraille a et mettre sa conQance dans le Dieu de Juda. »

Ces démonstrations cosmographiques , appuyées, selon roccurrence,de citations de Sirabon. de Pline ou de Jérémie^ Savaient qu'un sens pour Jeanne ; elles lui prouvaient que le docteur était sans inquiétude et comptait sur le retour des navires ! Son esprit n'essayait point de pénétrer plus loin. Trop heureuse d*ayoir un complice d'espérance, elle acceptait sa croyance sans discussion, et attendait avec une impa* tience tremblante.

Cependant les jours se succédaient sans rien apprendre sur le sort de Barentz. Un yacht envoyé à sa recherche ne reparwMit plus. Il arriva enfin, n'ayant

110 catolitftiitt ftB iâ HBft.

ipie It moiliéde wa éqiipege ftvanty et sans avoir fiMipprto!

On M iMi éanrief coup poftè an fflntiDDs les phis taMMftt r«ftp6ttltoli avait èrideiiiineiit péri iMt «litière; lea filles et les serars des compagnons dii pilote a^avaient plus qn^è prendre le denil.

Le aonseil de tille leva les derniers dontes en sol^ dant ami llihkHIes Mi pdye dtt denk équipages, emmne IM avait coniome de Mre pottr )ès morts.

Jeanne sentit fléchir la confiance qni f éVait bugtemps sontentte. l\M)tes tes raisons Jnscpi^aiors ineonipHieé, totas les sottpçoné repousses, toutes tés teirreurs «sm^ttues eturafiifétit à la Ibis «ë cotari^ bfisê. Ce M fiMIque ehose d*autei terMrte «pilMitètidto. EA^ portée par le fiel de lA douieityi la jeafte BBe phséià, tottl èeéap^ d« calme fiietice qu'elle s'était métièBé an» Qonvuisiens d*un désespoir s«is rettiédev CeMM loiiMs les ftmeli vailiantes^ elte avait lutté fusiltt'au dernier moment et son piemieir m m m tH d'agonie. Ayant jusqu'alors repoussé la eontielion de son malheur, elle n'avait pu s'y pMparer, et ne 16 trouva point asses forte pour le regarder M faee. Abandonnée tout « eoup t&t l'Mpiranee, dte

rit (a^8, A \% vtUiUté Q^wis^^nte auccMa m^ ^^m 4e dépérii^ençieiit qui annonce quoi (e m\ a *ttm\ iH SjOur^^Qi m^mofli de la vie.

I^mm de rejoindre oeui qu'elle ne devait plua revoie ftW ia terroi ionfm m négligeait rien de e^ qni pouvait b&ier le ipoment de la véunton. GUe appelait à elle 84 douleur \ elle (a tapait éveillée et en mouvement i elle Vemplayait à user la trame de aa ^e» comme eea instruments de délivianoe avec leaquela le capur limo sqnrdeinent sa çbQine. Quiaonque a eonnn la auppémc dQvIew 4^1 «voir éprouvé oette ivresse du déaeapoiv' qui ^lier^e la aouffrance et l'appelle» eeite rage d'un

coeur meurtriaourant au devant dea eoupa oomme le vaincu d6ciâé à a^enaevelir dana aa déCaite*

La flUe de Baienta était arrivée là. Batouiëe de tons lea objets qui lui rappelaient Gèraré et son pire^ dio semblait leur demander de eontinuéla avertiaaementa et promener à plaisir son cœur déchiré à travara les images du pasaé.

Parfois mèflie elle a'eflbrçait d*y retourner en pensée, afin de mieux aenilr Tamertume du présent. Toute la maison prenait alors un air de tèie : la table

173 GHA0H1QUE8 DB Là MBE.

était dressée, tnte couverts mis comme autrefois, ellemême, parée de ses riches habits, préparait tout pour le retour de ses hôtes ; au moindre bruit, elle prêtait Poreille comme si elle eût espéré reconnaUre la voix de Gérard et du pilote ; elle accourait à la porte chaque fois qu*uD passant foisait crier le sable de l'allée de tilleuls ; elle regardait Thorloge en répétant qu'ils allaient venir! Puérile et lugubre parodie de jours à jamais perdus, et dans laquelle un espoir sans dcnd se mêlait au délire d'une mortelle douleur.

Un soir, qu'elle avait prolongé celte hallucination volontaire, la nuit la surprit près de sa fenêtre où Ton ne voyait plus que des cages vides et des fleurs mortes d'abandon. Les brouQlards de novembre enveloppaient les quais devenus silencieux, un vent humide ^ifOait à travers les arbres dépouillés, et les girouettes faisaient entendre, dans la nuit, leurs grincements plaintifs. Quelques lanternes, accrochées à la poupe des sentes de déchargement, dessinaient seules, de loin en loin, des auréoles à demi lumineuses,quilaissaient deviner Teau verdfttre et immobile des canaux.

La tête appuyée contre le vitrage, Jeanne ne s'apercevait ni de la nuit qui avait tout effacé, ni de la brume

VILBBM BAEBRTZ. 173

qui mouillait ses cheveux. Retirée dans sa cbimëre, elle avait oublié tout ce qui l'entourait : elle se sentait rêver, et cependant elle croyait A son rêve ; libre d'en sortir» elle Tétait également d'y rester *, son Ame flottante entre Tillusion et la réalité pouvait choisir A volonté, bien que les voyant toutes deux. Aussi s'abandonnait-elle avec une volupté nonchalante A cette extase dont elle avait conscience* Reportée en arriére de deux années, elle se croyait A Tune des belles soirées de son jeune amour, alors que Gérard, traversant le canal pour abréger la route, annonçait son arrivée en répétant un de ces chants hébreux que la traduction des docteurs de la réforme avait popularisés dans les Provinces-Unies.

Fascinée parce souvenir, elle murmurait elle-même tout bas les premiers vers de Thymne sacrée, quand un murmure lointain s'éleva ! . • • Jeanne prête l'oreille ! c'est le même chant redit par plusieurs voix \ il vient du côté du port et s'approche lentement ; mais il n*a point l'expression vive et joyeuse que de Veer lui donnait autrefois ; les voix sont basses, sombres et comme étouffées! La jeune fille éperdue n'ose respirer $ le sang de ses veines s'e&t arrêté v tout son être fait

lU CHR0MIQ0B8 DB LA IIBR.

sUenoe, l^ute ton ftme écoute t.. . L*b]Fittiie giMulit, les voli deviennenl phi8 disllnetet. . . Toiil à emp elle pèiiBse im ori lo. elle a oui en reeennallre one l ello porte les deux mains è son front peur s^assnrer qn^te veille, à son cœur peur sentir qu^elle vit i elle penebe la télé en avant éann te vide. — C^sl la néne v^i c^est la même voix ! Éperdue, elle proncmce un nen presque bas ; un autre nom lui répond, e^t le sim, et cette ibis Paeeent ne peut lui laisser de doute! Ae même instant une barque glisse sur le canal ; élletraverse un des points vaguement éclairés. Jeanne a cru apercevoir une ombre qui s^st retournée vers elle^ el foudroyée par ta Jolei elle tombe ft genoux el s^va* nouit.

CKtiBd èUe ouvre lea yeux, tout eii leteveAi «Oeikclsttx. Elle regarde, elle éooute, elle appelle \ rien M paraît ni ne répend I A-t-elle dono été tiompéa par «ns virion? Non, elle a vu » elle a entendu I Si ea n'était le ftintôme de Gérard sorti de la mort eamafie SamueU c'était bien lid-mëme ; elle n'a pu se tremper, La vaix que l'on reconnaît avec le c(eur ne ressemble à nulle autre ! aussi Jeanne nliésite pas \ elle sori en eoorant et suit le bord du eanal que longeail la barque ; mats ,

VlVQBli BAlBUta. 17&

aua^î loin Qtte fm m) peut apeioevolr, le canal eai

I])aBa se mameiil, le souvenir de Planoiua lui re- \ml 9à les navirea aoni de retour» il ea a été la pre* mm averti ) La jeaqe fille haleianle ae ppéaifâte vers ^ mi9m 4ti'i) hahllt ) elle U%wt é aauiui ledoubléa j on ouvre enfin; mais Plaiicûua vient d^ètre mandé par m i^^embfe du eapaeil. Jeanne reprend aa course vers ^ iiiaiMn d§ ^iUe, elle Um^ \^ m\\%% ouveriea, eli^ eotre» eU^ monie eu basavd i elle anil dea OQmdera Ghto^ra» Iraverie dea aallea déieilaa et aoulève une

tfipiss^rie ; çUfi ^\ m\m^ «ai» U w w» è l-une d^e tribuuea-

Au^asûus d^elle se Bumtre la grande salle des déllbéraliona ftablemeiit éclairée par q^elquea for* ohea de cire. Lea conaëUera aoAt réuida auteur de Pianoiua qui Ut à haute vais; derrière» uu Iteupe d'auditeura caeliéa dans l'ombre ae tient ip^mebile*

Jeanee treeUée a^arréte« Cette aalle obieure) ^i boqimeA à l'asgeet aôvëre^ cette vei)! monoteee abat^ tent subitement ^ exaltation. Elle se demande si elle n'est point dans le délirç ; upe §orte de honte dQulçiureuse la glace ; elle s'effraye d'être venue sii lain \ çjlc

176 CBftOHIQOBS DB LA MER.

avance la main pour écarter de nouveau la tapisserie et retourner en arrière ; mais cette main reste soulevée, son front abattu se redresse -, quelques mots parvenus jusqu'à elle l'ont saisie. Le cosmographe fait la lecture d'un de ces livres de loch, que le père de Jeanne lui a appris à connaître. Elle se rapproche, et les paroles lui arrivent moins confuses.

.... a Le 5 juin, les matelots qui étaient sur le pont ont vu les vagues parsemées de taches blanches vers rhorizon, et ont crié qu'une volée de cygnes venait à notre rencontre ; mais le pilote qui regardait, du château d'arrière, a secoué la tète ; il avait reconnu les glaces du pôle qui commençaient à nager vers nous.

a Le 21 , nous avons découvert une terre qui se trouve par les 80 degrés 11 minutes, et que nous avons jugée devoir être le Groenland (1). Les rochers étaient comme tapissés par les nids de ces oies sauvages qui arrivent tous les ans par nuées dans le Zuydersée, et que Ton croyaitproduitsparlesfruitsdecertainsarbresd'Ëlcosse, qui n'avaient qu'à tomber dans la mer pour éclore (^.

(i) C'était le Spizberg.

(2) Cette croyance était (énérab cbes i«s nataraUstes du a«i»ime siècle,

VILHBM BARENTZ. 177

4 Le 23, nous avons vérifié que Taiguille de la boussole variait de 16 degrés.

Le 1«' juillet, comme on n*a pu s'accorder sur la direction à prendre^ les navires de Jean Cornelitz et de Vilhem Barentz se sont séparés, b

Ici, Jeanne ne put retenir un cri étouffé ; toutes ses incertitudes cessaient : Planeius lisait lejoumal de bord du Lion de ffoUande, et c'était Gérard lui-même qui» a titre de commis, avait dû l'écrire. Ainsi elle^n'avait point été trompée tout à Theure, l'expédition é1^>it de retour ; le docteur n*avait été appelé si tard au conseil que pour apprendre cette grande nouvelle !

Un tel bonheur était trop immense et trop subit pour que la jeune fille pût en supporter le poids ; elle voulut se lever, ses membres demeurèrent sans mouvement, elle essaya d*appeler, ses lèvres s'agitèrent sans pouvoir former un son 1 Elle ne fit, du reste, au* cun effort pour sortir de cet anéantissement. Complètement rassurée, elle avait perdu toute impatience, elle s'abandonnait avec ivresse à cet espèce d'évanouissement au milieu duquel surnageait la joie. Elle demeura même quelque temps sans rien comprendre, sans rien voir, sans rien entendre autre chose que les

178 CHmoviQUBS Bift tJ^ «pn.

iiuraeuleuie« paroles qui murmuraient en e))e : jS§venus l

Cependant son étourdissement de bonbeur se dissipa peu à peu, et la voix de Plancius commença à lui arriver de nouveau et à pénétrer jusqu'à sa pensée au traversde la torpeur. Encore incapable de se mouvo^i Oi de parler, elle recommençait déjà à comprendre. Le docteur continuait à lire, mais sa voix était plus lente et plus grave : elle écouta.

G ... Les glaçons devenaient à chaque instant plus nombreux \ on les voyait flotter aux quatre aires du vent; sur quelques-uns se promenaient des ours blancs \ d'autres portaient à leur sommet des touffes d'berbes marines dans lesquelles nichaient les oiseaux de^egoikt.Qn amarre le Lion de Hollande au plus grand» qui est d'un beau bleu de nuages-, mais bientôt nous en voyons arriver un autre dont le sommet s'élcvait aussi haut qu'un clocher, et dont la racine touchait le fond de la nier ! On file le câble et l'on recommence à louvoyer,

L^ i% octobre, les eaux se montrent ^a libres du cûté du sud : on ne doute pl4S qu'il y ail W passage ouvert*, on arbore les gi^Quette^ en signe de joie et les

ViiUfeM «AnfeHTZ* 179

équipages descendent pour prendre un peu de repod ; mais vers trois heures, ié Lion de Hollande s'arrête tout à-.éoup, et le bosseman^ qui s'était endormi sur te pont) iappeUe avec dis grands eria !.»b Le navire était j^ria dônê les glaces !

« Du 26 octobre au 10 hovétnblpe, nous essayons en %!h loUs les moyens de te dégager -, les glaçot^s continuent ti !&%inonceler ; la neige qui tothbe m eithetile run à Tautre, et le vaisseau est enfermé datis une hi«lraille .qui muntë A moitié de la bautéùi^ du petit mâtt Les càblea eaaseat, ie gouveMail est empdirM ; €11 «ilend k Zian 4^ HùUimdê i»^aqu«r dana ses membrures... Tout espoir de le sauver est perdu. On «Bt^RAbleïe eeaaeU, et il décide^ d'après ravis die 6arentz, qu'on bâtira une hutte sur la côte penr attendre le retour du printempsi . « Dès le Iendemain> on eommanae les travaux avee MNni«oup de ihtigue et de eeuffra^ce^ Le freid test si vitrent que te chàrpentiei^ ayant plaeé un dbu entre •to lèvres ne peut plus le retirer qu'en arraehant ie peau. Cependant hi hutte est vite athevée, et nous plantons stsr le tcrit un mai de neige glacée t

«LefS^le charpentier meurt; on l'enterre dans

18D cnAcniiQOVfi o« la sbb.

vue feote de ^lace, car la tene est trop g^ée pooi qoe Ton puisse creos» nue finae.

€ La Bôge coauDenee à tomber avec tant d*aboDdance 40*00 ne poorrait sortir sans être étoulK. Lp bière et le vin deviennent solides. Les ours noos attaquent sans œsse jnsqœ dans la hotte dont ils s'efforcent de briser la porte. Le soleil, dont la vue est notre senl bi» et notre seul plaisir, commence à disparaître.

€ Le i** décembre, on voit la Ioiie.se lever k Fest, tandis qne le solal se montre encore snr rborison.

c Le 3» on n'aperçoit plus que le baut de son disque.

« Le 4, il disparaît ! La nuit de six mois commence pour nous.

t La ration est réglée k une demi-livre de peôn et deux petites fluBses de vin par jour.

c La neige qui obstrue la porte ne permet plus de sortir ; le froid augmente ; la pendule s'arrête, et Ton ne peut calculer le temps qu'avec Fampoulette de douze heures. La glace tapisse les murs de la hutte ; elle pénètre Jusque dans nos lits; nos habits se couvrent de verglas devant le feu. Les souliers prennent

VlLHSU BARENT2. ISl

la dureté de la corne ; il faut les remplacer par le feuire de nos chapeaux. En voulant se chauffer les pieds, quelques-uns de nous se brûlent sans rien sentir. Nous sommes tous pris de vertiges qui nous empochent de nous lever. Chaque jour un de nos compagnons cesse de se plaindre, et nous apprenons ainsi qu'il est mort.

c On entend sans cesse le craquement des glaces^ du côiè de la mer : les derniers débris du Lion de Hollande doivent avoir été engloutis. Le décourage^ ment rend les plus braves silencieux ; mais Barents réussit à nous distraire en racontimt ses voyages et des histoires de la Bible.

€ Le S4 janvier 1597. — L'air se trouve radouci. Gérard de Yeer sort de la hutte, et voit le soleil qui monte à l'liori»»i. il court en avertir ses compagnons, et quelques-uns s'enhardissent alors à le suivre jusqu'àr la mer. En arrivant» ils trouvent uu petit oiseau qui plonge à leur approche ; ce qui les rend tous joyeux> car ils comprennent que l'eau est d^â ouverte.

c Malheureusement on ne peut songer à remonter sur le navire, qui est à demi fracassé par les glaces. Barents déclare qu'il fmt retourner en Hollande sur

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la chaloupe el aur h^ icult» à moins qu'on ne veuille If fmr$ htmgmU éê la N^m^elle-Ztmbh^ et y pr^MfCf M sépàltwre. U fût conatruire une pettteareaase i laieufe^ i|ui étaii une bûehê à poupe aiguë» erdonac d'iliouter qoelquea botdages pour l'élever m deseua 4ea flota; puia t^i dialribuer dans ka deux barqnea tout ce que nous pouvons emporter. U écrit aussi trùa lettres dana lesqudlea U raooiile ce qui noos est airivé*t confia l*une an caj^taina de le^SGÊh^ garda raBtra anr la cbakmpe, et auqpend la trcteidoie i la cheminée de la hnlte dans une 'charge de meosquel. Enfln^ le i^ jnia 1597, à aiz beorea du nattn, noos levons l'ancre pour entreprendre un voysfe de foatra cents Ueuea dana denx barques décwverica et èdenû viaSvea*

• Le IS, tout va bien; le 16 quriqnea gteçoita lloltania mettent les embareatiems en duigir) la 17^ ne«a «i acmimea entoarta. Ibiia lea eflbils pour t?Wr vfir in passage sont inulitoe. Lea maMsl» 4p«àsé9 se couchent sur leurs bancs et se ftot bma a^tan* Oep^idant Barents, qui est re^ debout à Fantèie. leur montre nn gbiçon imtôobile auqort îl suAr^t de fixer me corde foxkt touer iea deux barques et h»

VILBBII BAIVNTZ. 183

mettre à l'abri ; mais nul ne veut tenter une pareille entreprise. Alors de Veer embrasse Barents, et, s'éjangant de glaçon en glaçon , il arrive au banc, y aUache la corde et crie à ses compagnons que leur vie est en sûreté.

a On navigue encore deux jours avec beaucoup d^ peine ; mais vers le milieu du troisième on s'aperçoit qu'on est sorti des glaces, et que la mer est libre par^ tout. A celte vue, les hommes de Véquipage poussent des cris de joie en agitant leurs bonnets de fourrure» j quelques uns pleurent , d'autres s'embrassent ; puis tous entourèrent Barentz en répétant que c'est lui qui les a soutenus, conduits et sauvés. Mais le pilote interrompt leurs remercîments pour se faire apporter les cartes sur lesquelles il pointe la foute à suivre, en recommandant par-dessus tout de ne point remonter vers le nord. Comme plusieurs s'étonnent de ces précautions et répètent à haute voix qu'il sera toujours là pour maintenir les barques dans le vrai chemin, le maître de la scute arrive et dit qu'un de ses hommes, nommé Nicolas Andritz, est à l'agonie.

— Alors nous partirons ensemble^ répondit Barentz tranquillement.

iSt CHaORIQUBS DE LA MCn*

— VouS; pilote! s'écriaient les matelots ; êtes-vous donc si malade sans avoir rien dit ?

— A quoi bon parler, reprend Bareniz -, ce qu'il fallait, c'était vous mettre sur la route de Hollande, et vous y voilà, s'il plalt a Dieu ! Le reste est peu de chose.

— Non pas, non pas, reprennent plusieurs voix ; notre vie ne vaut pas celle de maître Vilhem ; que répondrons-nous au conseil d'Amsterdam quand il nous demandera ce qu'est devenu le meilleur pilote des Provinces Unies 7

— Vous lui répondrez, dit Barentz, qu'il a fini comme vous devez souhaiter tous de Qnir , en faisant ce qu'il avait promis !

a Après ces mots, il a laissé sa tête retomber en arrière« et il a fermé les yeux. Gérard de Yeer s'est penché vers lui, croyant qu'il tombait en défiûUance; mais presque aussitôt il s'est relevé tout pâle : Barents était mort ! s

Ici la lecture fut interrompue par un cri terrible* Jeanne égarée venait de se redresser aux bords de la tribune comme si elle eût voulu s'élancec v^s Plançius.

VlLHfiM BARENTZ. 185

On vit ses bras s'étendre, sa tête flotter, puis elle s'affaissa sur elle-même et tomba évanouie.

Tout ce qu'elle avait entendu était vrai. Guidés par les instructions du pilote, les équipages de la scute et de la chaloupe avaient atteint le Weigatz, puis l'em* bouchure de la mer Blanche, qui les avait conduits au port de Colla. Un hasard providentiel leur avait fait rencontrer là le navire de Jean Cornélitz , sur lequel ils venaient d'arriver à Amsterdam au nombre do douze. Parmi eux se trouvait heureusement le seul consolateur qui pût redonner à Jeanne le goût de vivre.,

Quelques mois après, selon le dernier vœu de Ba« rentz, Gérard de Yeer la conduisit au temple, encore revêtue de ses habits de deuil. Le pilote mourant avait compris^ dans son dévouement de père, que les douleurs de l'orpheline ne pouvaient être plus sûrement étouffées que par les enivrements de la jeune épouse !

) Le soir même du mariage , comme les deux jeunes mariés se rendaient au jardin du Pampus, qu'ils faisaient disposer d'après les plans de Barentz, afm que

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le projet qu'il n*avait pu accomplir pendant sa. vie le fût du moins religieusement après sa mort , ils aperçurent une flotte ancrée devant le rivage et presque à leurs pieds : c'était rexpëdition de Corneille Routman, qui revenait de la terre des épices, après avoir heureusement doublé le cap de Bonne-Espérance 1 Tous les étendards flottaient au vent, l'artillerie tonnait en signe de réjouissance, et les clairons retentissaient sur les tlllacs couverts de matelots. Mais à une encâ-

blure des vaisseaux pavoises et victorieux^ les regards de Jeanne aperçurent, tout-à-coup, un petit navire délavé par les vagues^ dont les voiles déchirées pendaient a des mâts de fortune , et elle reconnut la barque qui avait ramené du pôle nord les derniers compagnons de son père.

A cette vue , elle ne put retenir un cri, et ses yeux se mouillèrent.

Alors de Veer, qui avait surpris son r^ard, rattira doucement à lui, et la pressant contre son cœur :

-* Je te comprends, pauvre fille, dit-il doucement; tu ne peux accepter les parts inégales que Dieu fait aux efforts de ses créatures ! Tu compares ces vaisseaux triomphants à ce navife dclcull, et la victoire de Cor-

VILHEtf BABENTZ. 187

neille Houtman à la mort de Yilhem Barentz *, maïs ne t'afflige pas outre mesure, car cette flotte opulente est moins belle à voir que cette faible barque brisée : si la première est la représentation bruyante du succès , la seconde est le sublime symbole du devoir accompli.

Jf

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