mai. Il entendit la messe à Busalla
2. Il emmena avec lui quatorze jeunes génois, dont Pierre Sauli et Gabriel Adorno, sur la foi d'une sauvegarde qui leur fut donnée le li mai (Sanuto, VII, 79. Bibl. de FUniversité de Gènes, ms. Vc, fol. 216).
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autres, qui avoyeot de quoy le faire et leur seurté pour recommandée. Que fut ce? plusieurs mal montez et sommiers trop chargez s'en allèrent a vau Teau. Et tant advint que, combien que au desloger , et jusques près de Pontedesme, qui est environ my voye de Gennes et de Busalle, ladite rivière ne fust ancores trop impétueuse, tant s'efforsa de plouvoir que, avecques rimpetuosité de l'eau, elle devint si très enflée que elle couvroit toute la grave, si qu'on ne pouvoit tenir voye ne aller droict. La, fallut a plusieurs mal montez et autres demeurer contre les rochiers, pour actendre a vuyder l'eau ou se mectre en péril de boire d'autant. Je n'en diray plus, si n'est que je n'eu onoques si grant peur; car j'en viz plusieurs, par ou me failloit passer, estant a la mercy des vagues, et entre autres ung nommé maistre Pierre Charron, des segretaires du Roy, lequel fut noyé entre Busalle et bourg, sans ce que jamais homme le peust sauver; combien que plusieurs des allemans du Roy, qui la estoyent passez a grant danger, et autres a cheval, se missent en leur devoir de le secourir, mais ne sceurent qu'il ne fust mort.
Le Roy, qui s'estoit mys des premiers a chemin et avoit chevauché roydement, a voit gaigné le bourg de Busalle, cuydant aller jusques a Gavy, six mille près de la ; mais la rivière fut tant périlleuse a passer qu'il demeura pour ce jour audit lieu de bourg. Les autres qui peurent passer allèrent oultre. Sur le soir commainça le beau temps, et dura toute nuyt, tant que les fleuves furent du tout asséchez et escoullez. Par quoy, le Roy deslogea lendemain, et prist son chemin a Gavy, a Nove, a Tourtonne et a Voguere, tirant a Pavye,
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dedans laquelle arriva le xym"^* jour dudit moys de may*.
Au devant de luy furent les seigneurs de la ville et les docteurs de Tuniversité, jusques a l'entrée du pont du Tisin. Et la fut entre autres ung docteur, nommé Jazon Maynus, docteur en tout droict', estimé Tung des plus excellens de toute crestienté, lequel fist une harangue au Roy en latin, tant retoric que tous ceulx qui Tentendirent peurent bien cognoistre qu'elle procedoit du plus profond ruisseau de la fons caballine^; auquel fut respondu par ung nommé maistre Jehan Ponchier, evesque de Paris, qui pareillement en très hault et retoric latin luy fist sa responce^.
Âusi sortirent de Pavye cent jeunes gentishommes a pié, tous habillez de blanc et en pourpoint, lesquelz se misrent le plus près du Roy qu*ilz peurent ; disant que la costume estoit, quant leur prince venoit la pour faire son entrée ou de quelque victoire, que les gentishonunes de Pavye devoyent estre tout autour de luy, en tel habit qu'ilz estoyent, et ainsi le conduyre jusques
i. Il entendit la messe le 15 à • Luthaize » (Voltaggio?), le 16 à Tortona, le 17 à « Téglise Saint-Laurent » (Pontecurone?), le 18 à Voghera.
2. Jurisconsulte célèbre, plusieurs fois ambassadeur sous les Sforza.
3. La Fons Castalie, qui défraie les poètes du temps (consacrée aux muses, Castalides),
4. Dans sa vie de Jason Maino, Paul Jove, qui était présent à la réception, raconte que Louis XII était entouré de cinq cardinaux et de cent grands personnages. Il demanda à Jason Maino, devant Paul Jove, pourquoi il ne s'était pas marié : « Ut te, commendante, Julius pontifex ad purpureum galerum gestandum me habilem sciât, • répondit Maino avec beaucoup de sang-froid. Maino mourut fort âgé et fort riche ; il était fils d'une concubine ; il parlait et écrivait très bien.
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a soD logis; a ceste fin se presentoyent a faire le devoir qu'ilz estoyent tenus; a quoy le Roy les receupt.
La, devant l'entrée du pont du Tisin^ avoit ung tabernacle de verdure, a l'entrée duquel estoyent amont eslevées les armes du Roy ; et, au plus bas, a costé destre, les armes du cardinal d'Amboise, et a senestre les armes de messire Charles d'Amboise, lieutenant du Roy delà les mons. Au dedans de celuy tabernacle, estoit ataché ung rollet, ou avoit en escript les deux mectres qui s'ensuyvent :
Non maris lonii sont lictora nostra Ticini, Rex, libi sed lelos porrigit unda sinus.
Ce qui est a entendre et a dire :
0 Roy, noz ryves et entrées ne sont pas tant impetwuses que celles de la mer lonye, mais sont les undes doulces du Tisin, qui te baillent sonjoyeulx port.
Des l'entrée de celuy fluve, tout au travers, jusques a la porte de la ville, avoit ung pont couvert, long de deux cens pas ou environ, au millieu duquel estoyent actachez les mectres dessoubz escriptz :
Victor ad Eoum sic, Rex, traaabis Arâxem, Tigris et Euffrates sub tua castra fluent.
Roy très puissant^ ainsi vaincueur, navigueras le fluve Araxe, oriental, jusques aux parties du Levant; Tigris, avecques Euffrates, ainsi soubz tes fors ruycelleront.
A l'entrée de la porte de la ville, estoyent en escript ses mètres :
Gonspice, Rex, proprias arces, qui celsa Capharei Jam perfracta tuo cacumina {sic) marte tenes.