Nicolas
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teau, dedans une rue nommée la Rue du mons de pitié S en laquelle sont les ostelz dieu et les hospitaulx de la ville, avoit ung portai de verdure, tenant tout le travers de la rue, faict a pilliers et arceaulx de feuilles, et tout couvert de mesmes, le dedans semmé de armes de France et de Bretaigne ; et dessus avoit ung mont artificiel, de la haulteur d*ung homme ou environ, lequel estoit tout au tour environné a sixrangz et semmé d'escus au souleil, ou pouvoit avoir mille escus ou plus; et, dessus ledit portai, au plus hault, estoit Tymage de Nostre Seigneur, tout nu et flagellé ; au deux boutz et dedans ung eschafiault qui la estoit, avoit deux chaires, parées de drap d'or, dedans Tune desquelles estoit Tymage sainct Âmbroise, patron et protecteur de Millan, tenant ung fouhect en la main; et, en l'autre chayre, estoit l'image du Roy, ayant le ceptre au poing. Tout autour de celuy mons d'or, avoit quatre petilz enfans habillez en angelotz, tenant chascun une trompette en la main, garnye de bannerolles semées de croix rouges; et, au dessoubz de ses angelotz, quatre autres petiz enfans, portant chascun une faille ardant, en signe de feu de joye. Et au pié de celuy mons estoyent escrips ses vers :
Exiguus qui coUîs erat, nunc aureus est mons, Hoc lua Rex mirum dextera larga facit.
Ce lieu^ qui lors petit val soloit estre, Est mainctenant ung grant mons d^or couvert. Ce grant merveille a faict ta large destre. Qui aux pauvres a son trésor ouvert,
1. Via Monte di Pietà, au nord du Dôme; le magnifique a Ospcdalc Maggiore, » élevé par Filaretc pour les Sforza, se trouvait à l'opposé.
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Tantost que le Roy fut eu sa cyté de Hillan, de toutes pars y vindrent ambaxades^. Lé Yenissiains, voyant la ine[r]yeilleuse puissance du Roy et les excessiz effors d*armes des Fransoys, eurent double sur leur affiûre; mais, pour vouloir faire des bons varletz, transmirent deux ambaxades en court, nommées messire Jheronime Treviran et messire Paule de Pire, lesquelz arrivèrent a Millau le xxvi* jour du moys de raay, et s'en allèrent au chasteau^, pour vouloir la faire et dire leur charge. Le Roy, qui tantost sceut leur venue, entra en salle, ou illecques lesdis Yenissiains actendoyent pour parler a luy, ausquelz dist qu'ilz dissent leur affaire et ce qui les amenoit. Tantost se mist en chaire, pour ouyr le dire d'iceulx Yenissiains, qui s'approchèrent et commaincerent leur harangue en latin, disant : c Sire, toute la seigneurie de Yenize, sachant
i. Le 21 avril, à l*hôtel de la Croix-Blanche, à Felizzano, Gornelio Gaianti, au nom de Pandolfo Petrucci, suivant pouvoirs du 13 avril, certifiés le 14, et de la commune de Sienne, avait souscrit, en présence d'Etienne Poncher, Geffroy Caries et autres, une reconnaissance de 20,000 écus d'or soleil, payables par annuités de 5,000 écus, le !««• mai, à partir de 1508. En cas de retard, l'annuité précédente était abandonnée. Gaianti subdéléguait Louis Robertet, secrétaire du roi, et quatre magistrats français ou milanais. L'acte fut reçu par les notaires Jean May no, secrétaire du roi, Jean Huart, prêtre de Péronne (Archives de Sienne, Archivi (îei partîcolari. Carte di Ser Antonio Vitelli ; communication de M. le Directeur général du R. Archivio di Stato, in Siena). La ratification expresse et le serment de P. Petrucci devaient être envoyés, dans le mois, au cardinal d'Amboise ou à Florimoiid Robertet. Ils furent libellés par cédule du 20 avril (mêmes Archives, môme fonds).
2. Une nouvelle ambassade spéciale de félicitations. Les anibabsadeurs qu'ils avaient envoyés à Gènes avaient déjà pris part à l'entrée du roi à Milan.
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la bonne prospérité de vostre Gristianissime Magesté et la triumphale victoire que sur voz eimemys avez glorisensément (m) obtenue, comme voz bons amys, loyaulx serviteurs et entièrement confederez, se rejoissent avecques vous, en vous donnant souveraine louange des victoriosissimes effectz de vostre invictissime puissance, par laquelle avez la redoubtée en mer et craiucte en la terre Gennes la Superbe domptée et submise. Mais, Gristianissime Roy, si le hault guerdon méritoire de glorieuse renommée avez par la victoire deservy, maindres tiltres d'honneur par la vertu de clémence n'avez aquys : dont toute la seigneurie de Yenize, en actribuant loz immortel a vostre Gristianissime Magesté, vous offre cueurs, corps et biens, et vivres de leurs pays, si mestier en avez ; en recommandant très humblement Testât de ladite seigneurie de Venize a la bonne grâce de vostre Magesté Gristianissime. » Et, ce dit, voyant le Roy que, sur sesdites recommandacions, jamais telles n'avoyent faictes, finissoyent leur propos, leur fist faire responce par maistre Estienne de* Ponchier, evesque de Paris, lequel leur dist, ausi en latin, que le Roy se rejoissoit de leur bonne Visitation, laquelle il avoit très agréable, disant que tousjours auroit leur seigneurie en singulière recommandacion comme de ses bons amys, alyez et confederez; et que, si le Turc ou autre de ses ennemys leur faisoit guerre, que sans faillir les secouriroit et aideroit de sa puissance ; et, quant au regard de la haulte louange et honnourables tiltres que pour
1. Ces deux mots sont ajoutés; le texte primitif portait : Jehan Ponchier.
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sa victoire ilz luy actribuoyent, la lessoit a Dieu seullementy de qui viennent toutes victoires et d'où procèdent toutes vertus.
Pareillement furent la les ambaxades de Flourence, demandant au Roy secours pour soubmectre les Pizains, disant : c Sire, vous savez que autresfoys nous avez dit que nous donneriez rainfort et main armée pour ce faire, et comme avons estez tousjours bons irançoys et loyaulx a vostre Gristianissime Hagesté; et en oultre de vous avez querelle contre eulx, veu que voz ennemys ont contre vous par armes favorizez et soustenuz, et donné a eulx toute Tayde qu'ilz ont peu; par quoy, si ne les chastyez a ceste foys, doresennavant ne doubleront prendre alyence contre vous et secourir voz autres ennemys : dont devez par raison estre du tout enclin a leur faire cognoistre leur deffault et reparer leur meflfaict. » Le Roy, nonobstant toutes les remonstrances des Florentins, ne se meut ; mais, conmie sage, penca que le deffault des Pizans n'estoit qu'il ne fussent a luy soubmys et que de leur franche volunté et libéral vouloir s'estoyent plusieurs foys donnez a luy, lesquelz, au moyen de quelque biemvoUence qu'il avoit eue a iceulx Florentins, ne les avoit voulus accepter ne recevoir soubz sa main et sauvegarde ; et, tout ce considéré, dist : « Si les Pizains ont priz party ou alyence contre moy, de riens ne m'ont oflencé, veu le reffuz que j'ay faict d'eulx et de leur seigneurie , et que foy , hommage ne promesse ne m'ont faict, voyant ausi que nécessité les compelle et contrainct, et que, premier que les Gennevoys meussent guerre contre moy, iceulx Pizans estoyent leurs alyez et confederez : dont aucun deffault
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n'ont contre moy commys, par quoy leur deusse faire la guerre ne secourir autruy contre eulx. > Lesquelles raisons par le Roy calculées et debatues, délibéra les lesser en leur entier, ce qu'il fist. Et me fut dit que les Florentins, devant le temps de la guerre de Gennes, avoyent promys au Roy, s'il passoit les mons, de luy bailler gent et argent et luy faire tout le secours qu'ilz pourroyent, de quoy ne firent riens : ce qui peut estre, entre autres choses, moyen de la paix des Pizans et du reffuz de la demande d'iceulx Florentins; car le droict veust que a celuy qui fault promesse que promesse luy soit faillye.
De Gennes venoyent en court nouvelles ; disant les aucuns que longuement ne tiendroyent leur foy et serment les Gennevoys, si n'est autant qu'il se sentiroyent les plus feibles : ce qui estoit bien a croire, car plusieurs foys en avoyent autant faict; mais, pour obvyer a ce, le Roy a voit lessé dedans leur ville si forte main armée qu'ilz n'eussent osé toussir. Les autres disoyent que, si le Roy desemparoit Lombardye, que lesdits Gennevoys ne demeureroyent gueres de temps après sans faire quelque bruyt. Tout plain d'autres nouvelles couroyent en court; et, entre autres, quelqun des gentishommes du Roy, venant de Gennes, dist que, depuys la prise et réduction d'icelle, s'estoit trouvé la dedans, ou avoit ouy plusieurs des Gennevoys parler, entre autres ung des principaulx : et, comme ledit gentilhomme et celuy gennevoys fussent quelquefoys ensemble, parlans de plusieurs choses touchant la guerre et prise de Gennes, entrant de propos en autre, ledit gentilhomme dist audit gennevoys : « Or sa, dist il, seignor gennevoys, si fortune vous eust esté
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si douice qu'elle vous eust donné tel avantage sur les Françoys comme elle a aux Françoys sur vous, par vostre foy, quel party leur eussiez vous faict? — Par ma foy! dist celuy gennevoys, puys que de ce me voulez enquérir par serment, nous autres Gennevoys estyons tous délibérez de mectre a Tespée et a saquement toute vostre gent, avecques tous les princes et cardinaulx et autres sans en excepter ung seul, réservé la personne du Roy, que nous eussions gardé entre noz mains pour en faire a la parfin scelon l'ordonnance de nostre conseil. — Et pour quoy, dist celuy gentilhomme, heussiez vous tant mys a mort de grans princes, cardinaulx et autres personnages d'octorité, qui premier que mourir eussent peu paier de ranson sept ou huyt cent mille escus ou plus, comme le duc de Bourbon, le duc de Gallabre, le conte de Foix et autres, qui pour ung milion d'or ne fussent demeurez; ^et le légat de France et autres seigneurs d'eglize, qui eussent peu payer moult grosse somme d'argent? — Tel exploict, dist le gennevoys, voulyons ores faire, comme pour cloure le pas de noz combatz des plus haultz faictz d'armes qui furent onques faictz, et en ensuyvant les grandes victoires et triumphalles œuvres que par cy devant ont faict noz prédécesseurs ; et ausi pour arrondir noz croniques, et noz gestes magnifier d'une gloire tant louable et si honnorable victoire que eust esté ceste, disant que, après une telle victoire, nul prince du monde eust osé nous assaillir ou présumé faire guerre a nous, comme vaincueurs des vaincueurs et dompteurs de la plus forte main du monde. »
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GOUMÀNT PAULE de NOVE, DUC DE GeIVNES, FUT ESGAPITÉ DEDANS LE PALAIS DUDIT LIEU DE GbNNES.
Plusieurs des Gennevoys qui, a la venue du Roy, s'estoyent absentez et fuyz de Gennes, sachant comme, au jour que les autres Gennevoys avoyent faict le serment, leur grâce a voit esté declairée, s'en retournèrent et firent le serment, comme avoit esté ordonné. Les autres qui n'estoyent compriz en ladite remission demeurèrent ou ilz peurent : dont les aucuns furent priz, et, entre autres, le duc de Gennes, nommé Paule de Nove, lequel s'en estoit fuy en l'isle de Corse, cuydant estre la bien asseur. Mais le Roy, saichant qu'il estoit la, avoit donné charge a ung nommé Pregent le Bidoulx, capitaine de quatre de ses galleres, de s'en aller vers ladite isle de Corse et prendre ledit Paule de Nove, s'il le pouvoit trouver en lieu pour ce faire. Lequel Pregent, avecques deux de ses galleres armées, s'en alla vers ladite isle, le plus couvertement qu'il peut. Or, avoit celuy Pregent cognoissance a ung dé patrons d'aucunes barches de Gennes, son bien familyer et amy, qui souvant alloit de Gennes en Corse et de Corse a Gennes mener vivres et marchandise; auquel parla ledit Pregent et luy descouvrit son entreprise, en luy disant : « Seignor, le Roy m'a donné charge d'une chose, laquelle je vous diroye voluntiers, pourveu que me promissiez ayder en mon affaire et que tenissiez la chose segrecte; et, en ce faysant, feriez ung bon service au Roy, et a moy ung singulier
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plaisir, et a \ous mesmes ung grant prof&ct ; car, si vous m'aydez a parachever mon entreprise, j'en feray tel rapport au Roy que tousjours serez envers luy pour recomandé. Et, en oultre, j'ay deux cens escus, tous prestz a vous bailler, si a ce me vouliez secourir. » Lorsque ledit Gennevoys ouyt parler de. deux cens escus, aprocha l'oreille en di^nt : c Seignor Pregent, vous savez que je suys tout au Roy et a vous. Et, touchant ce que m'avez dit, s'il y a chose en quoy je puisse servir le Roy, et a vous faire plaisir, soyez tout seur, en me tenant promesse, que, a mon pouvoir, tant seurement et a segret que faire se poura, a ce m'emploiray. » Ce dit, ledit Pregent luy dist son intencion, et commant il estoit la, par le commandement du Roy, pour vouloir prandre Paule de Nove, qui estoit dedans l'isle de Corse; ce qu'il ne pouvoit bonnement faire sans l'ayde de quelqun, disant : c S'il scet aucunement l'entreprise, il se absentera ou mectra en lieu qu'on ne le pourra trouver. — Taisez vous, dist le patron ; si vous me voulez bailler les deux cens escuz, je vous le mectray entre les mains et, pour le moings, en lieu ou le pourrez prendre sans faillir. » Ce dit, ledit Pregent promist par sa foy bailler les deux cens escus, tout incontinent qu'il auroit priz son homme. Tant fut que ledit patron s'en ala en Corse, ou trouva ledit Paule de Nove bien esbahy ; et a tant demanda audit patron, qui venoit de Gennes, commant alloit du tout. < Non gueres bien, dist le patron, car le Roy de France est demeuré maistre, et a faict banyr plusieurs des nostres et trencher la teste a Demetry Justiniain ; et croy que, s'il vous tenoit, que très mauvaise compaignye vous
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ferott. HatSy vous estes icy bien seurement, et croy qu'il cuyde que soyez fui eu Grèce. » Apres plusieurs autres pârolles^ ledit patron trouva manière de mener ledit Paule de Nove, par manière de passe temps, sur la rive de la marine, ou avoit plusieurs barches, naulx et galleres de Gennes et d'ailleurs, et, entre autres, estoynt celles de Pregent deguysées, ou ledit Pregent estoit, lequel, si tost qu'il le vist, ses gens en si beau gibier, mist hors quelque nombre de ses gens, armez soubz leur mantes, et leur monstra ledit Paule de Nove, disant que soubdainement le preinssent et menassent a bort, ou seroit prest de le croquer et mectre en sa gallere. Ce qui fut faict, car, tout en Feure, les gens dudit Pregent sortirent, comme pour vouloir aller quérir eaues doulces ou autres provisions, pour mectre en leurs vaisseaulx; et peu a peu approchèrent tellement qu'il luy misrent la main sur le collet, et a coup le guyderent devers Pregent, qui le fist mectre en sa gallere et fist bailler l'argent audit patron qui l'avoit faict prendre.
Le duc de Gennes, pauvre viellart, tout esbahy, commainça a plourer et dire : t Helas ! or voy je bien que je suys mort et que, pour la prise de mon corps, ma teste payera la ranson, combien que je ne l'aye deservy ; car ce que j'ay faict n'a esté de mon mouvement, mais pour complaire au vouloir du peuple et obvyer a sa fureur, car, si je l'eusse reflfuzé, ausi bien m'eussent ilz occys. Or bien face le Roy de moy ce qu'il luy plaira ! » En faisant ses plainctz et regrectz, fut mené a Gennes, et la faict son procès; tellement qu'il fut dit et sentencyé qu'il devoit encourir peine capitalle, comme commisseur de crime de leze magesté,
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combien qu'il ne se trouvoit point qu'il eurt proadiassé le tiltre et honneur ducal, mais que, par le motif du peuple, il eust esté esleu duc de Gennes, affin que, avecques l'autre forfaict qu'il avoit perpétré, d'avoir entretenu le peuple en sedicion et rébellion contre le Roy, il fust exemple a tous autres futurs. Âpres la sentence par la justice donnée, le Y^® jour du moys de jung, dedans la place du palais de Gennes, fut escapité, et partie de ses biens confisquez et partie lessez a sa femme : laquelle ne fut jamais consentant ne contente qu'il acceptast ledit office, mais luy avoit tousjours desloué et deffendu a son pouvoir; par quoy, le Roy voulut que sa maison et la pluspart de ses biens luy demeurassent. Laquelle exécution donna craincte a tous les Gennevoys et merveilles a plusieurs autres^.
Des articles contenans la manière d'ung tournay faict a millan ; faictz lesdits articles par ung Roy d'armes françoys, nommé Daulphin.
« A l'onneur et louange de Dieu le créateur, de la glorieuse vierge Marie, de monseigneur sainct Michel l'ange, de sainct George et de toute la court celestielle! Pour donner plaisir au Roy, et excecuter le noble faict des armes, et pour esche ver oisiveté, huyt chevaliers ou gentishommes de non et d'armes,
i. Le roi ût aussi raser à Gênes la maison de Paolo Batista Giustiniano, un des chefs de l'insurrection (Sanuto, VII, Wi),
304 GHR0NIQUK8 DB LOUIS XII. [Mai i&07
serviteurs dudit seigneur, sont délibérez de tenir ung pas dedans la cyté de Millau , contre tous gentishommes de nom et d'armes, a ehevai et a pié, en la manière qui s'en suit :
c Et, premièrement. Lesdits chevaliers ou gentishommes tiendront a cheval en harnoys de guerre, a quatre oources de lance a fer esmoulu, en lice. Et fourniront lesdits tenans de lances, de quoy les assaillans en auront le choix.
c Item. Apres avoir parfaict lesdites quatre cources de lance, tiendront a une course de lance sans lice, a fer esmoulu, et combatront a l'espée d'estoc et de taille, sans nombre, tant que sera le bon plaisir du Roy.
c Item. Tiendront lesdits tenans en harnoys de joxte a VI cources de lance, a tous venans, a lances, a rochet, et porteront, tant assaillans que defiEsindans, telles lances que bon leur semblera, lesquelles seront présentées a ung officier d'armes, pour estre merchées et estre mises d'une longueur.
€ Et, pour le combat de pié, se trouveront xn tenans, c'est assavoir : vin tenans et ini aydes, pour la première foys seuUement, a une barrière, a ung gect de lance, et combatront a la picque d'allement, et a l'espée, tant que sera le bon plaisir du Roy. Et, le combat desdits xn parachevé, tiendront lesdits VIII tenans, a ladite barrière, contre tous assaillans.
« Item. En ensuyvant lesdites armes de pié, tiendront sans barrière, a la picque et a l'espée de tail, au bon plaisir du Roy.
« Item. En après, combatront a la hache sans barrière, comme dessus.
Mai 1507] LA MANI8RB D'UNO TOURNAY FAIGT A MILLAN. 305
c Puys, combatront a Tespée a deux mains, sans barrière, au plaisir du Roy; et fourniront lesdits tenans tous basions nécessaires pour lesdites armes accomplir, fors seullement de lances a rochet.
€ Item. Pour tenir ordre desdits combatz, tant de cheval que de pié, il y aura deux escus pendus a ung perron, gardez par ung officier d'armes : desquelz escuz l'ung sera d'argent, auquel ceulx qui vouldront accepter le combat de cheval viendront toucher ; et l'autre escu sera d'or, auquel ceulx qui vouldront accepter le combat de pié toucheront; et seront enrôliez par ledit officier d'armes, affin de garder a chascun son ordre et la manière du combat qu'ilz accepteront.
c Et, s'il en y a aucuns qui veullent toucher les deux escus, pour parfaire les deux emprises, c'est assavoir a cheval et a pié, en tout ou en partie, il leur sera respondu, et seront^ reçeuz par lesdits tenans. Ausi seront tenus lesdits assaillons de porter leurs escus, armoyez de leurs armes, audit officier d'armes, pour les mectre audit perron ; autrement, ne seront plus receuz.
« Item. A esté ordonné par le Roy, nostre sire, depuys ses articles publiez, que le jour que commaincera le combat de cheval a mi courses de lance, a fer esmoulu, sera le premier jour de jung prochainement venant, et la chascun sera receu selon ordre, comme dessus est dit. »
Cesdits articles baillez et publiez, les lices furent faites de deux cens pas de long, dedans la grant place de devant le chasteau. En entrant dedans ladite place