‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 134 sur 183 · GOMMANT ... MESSIRE JEHAN CHAPPERON, ETC · texte numérisé non relu

GOMMANT ... MESSIRE JEHAN CHAPPERON, ETC

angloys s'en alla parler au capitaine Ghapperon, auquel dist commant ses gens l'estoient venu piller de nuyt et par force entrer en ses navires, ou avoyent prins et emporté ce qu'ilz avoyent peu. Sur quoy ledit Ghapperon fist inquisicion et trouva que ceulx de la barche du seigneur d'Auton avoyent faict Texploict : pour lequel avérer, ledit seigneur [d'Auton], tout en Teure, transmist quérir Andriéu Gombault, son lieutenant en la barche, et ceulx qui avoyent esté au ravage, ausquelzdist : t Et commant va cecy, Gombault? Qui vous a meu d'envoyer ou souffrir aller mes gens faire ce bruyt de nuyt et piller les navires de ce marchant angloys qui, a la seureté du capitaine Ghapperon et de moy, s'est ycy arreslé comme en nostre sauvegarde et fyence, sachant que, entre le Roy nostre maistre et le Roy d'Angleterre, n'a guerre ne division, mais paix, amitié et concorde ? Dont, nous autres Françoys, n'avons droict ne querelle contre les Angloys, ne marque sur les marchans d'Angleterre. Par quoy fault que vous respondez de cest affaire et reparez le meffaict. » Sur quoy ledit Gombault s'excusa, disant qu'il ne savoit aucune chose de l'entreprise, et que, pendant ce qu'il estoit en sa chambre, ladite cource avoit esté faicte, de quoy n'en avoit jamais riens sceu, jusques a celle heure. Voyant, le seigneur d'Auton, l'excuse de son lieutenant, demanda a ung nommé Perot d'Aujac et es autres qui avoient esté audit ravage, qui les avoit meuz de ce faire, disant : € Si nous sommes ores gens de guerre et sur mer, si n'est il pas dit pourtant ne permys que nous, en manière de pirates ou larrons de mer, devions faire la guerre a autres que aux ennemys du Roy et du duc de

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Gueldres, duquel nous disons avoir Fadveu, ne que tout nous soit de prise. A ceste fin vous fault respondre, pour quoy ne en quelle querelle avez esté courir sur les navires des Angloys, ausquelz n'avons nulle question ne deSy de guerre. > Geluy d'Aujac et ung autre nommé Aulbert de Massoignes, jeunes gentishommes, firent responce que les mathellotz de leur barche leur avoyent mys en teste et dit que iceulx Angloys estoyent de bonne guerre et de droicte prise ; disant que c' estoyent escumeurs de mer, et qu'il leur pouvoyent courir sus sans danger : par quoy, comme non usitez de la mer et nouvelliers en icelle, pencent avoir bon droict et bien faire, avoyent creuz iceulx mathelotz, et, a leur suasion, faicte ladite course, et ainsi s'en excusèrent. Dont ledit d'Auton fist rendre le pillage et bailler tout audit marchant angloys ; et, pour faire droict du tout, furent lesdits mathelotz envoyez prisonniers a ung nommé Pierre Langloys, vis admirai, estant lors a La Rochelle, pour en faire justice, comme de raison; et puys renvoyez lesdits Angloys tout a seureté.

D'aucunes courses et prises que messire Jehan Chapperon et le seigneur d'Auton firent en mer

SUR LES FlAMENS, ENNEMYS DU DUC DE GUELDRES, DUQUEL S'aVOUOYENT ICEULX ChAPPERON ET d'Au- TON.

Tantost après que les navires d'Angleterre eurent pris le vent pour eulx retirer, ung autre navire espai-

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