‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 28 sur 183 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

xxviij NOTICE SUR JEAN D'AUTON.

vers français Tépitaphe de Guy de Rochefort, chancelier de France*. Après la cessation des Chroniques, il resta poète. C'est vraisemblablement dans cette période qu'il composa pour le jour de l'an du roi', en guise de cadeau, une petite ballade dont nous donnons le texte en note^.

1. Cette traduction, ainsi que VExil de Gennes, fut imprimée en 1508, à la suite des Triumphes de France de Jean dîvry (chez Guill. Eustace, plaq. goth.).

2. L'usage païen du jour de Tan s'était perpétué au i«' janvier. Un critique de la Revue des Questions historiques s'étant mépris sur cette assertion, que nous avions formulée sans détail dans l'histoire de Louis XII, et la Revue ayant refusé d'insérer notre rectification à cet égard, ainsi que sur d'autres erreurs du même critique, nous avons donné quelques preuves à cet égard dans la Diplomatie au temps de Machiavel, t. III, p. 129, n. 3. Les poètes envoyaient volontiers une poésie pour les étrennes des grands personnages. Ainsi Bouchet (Epistres familières, ép. 15) adresse à François du Fou, pour le jour de l'an, une épître

a Escript le jour qu'on donne les estreines. »

3. Ms. fr. 1953, fol. 23. — « Ensuyt une balade composée par frère Jehan dan thon (sic), abbé dangle et historiographe du Roy Loys XII«, et audict seigneur présentée par icelluy abbé ensemble ladite epistre a ung premier jour de l'an :

« A ce bon jour, Sire, que chascun donne Nouveau Ix presens et qu'on y abandonne Divers joyaulx pour l'un l'aultre estrener. Gomme le temps se dispose et adonne, Selon coustume et l'escript qui ordonne Qu'a cestuy la qui donne il fault donner, Voulant pour vous quelque don assigner A mon souhait, soit par cueur ou par lettre, Tout au premier vous vais ores transmettre Bon jour, bon an, des milliers plus de dix Et de bon cueur ce qu'on y pourroit mettre, Santé, jeunesse, long vivre et paradis ;

« Fortune a gré, prosporité si bonno Que vous puissiez porter ceptrc ot couronne Sur tout le monde et en paix y rogner; N'avoir jamais aupre^^ de vous personne

NOTICE SUR JEAN D'AUTON. xzix

En 1509, il rima des pièces de circonstance, qui forent imprimées à Lyon, cette année même, en un petit volume, par Claude de Troys pour la librairie Noël Abraham. Le Yolume se compose essentiellement d*un petit poème, les Espitres envoyées au Roy très chrestien delà les montzpar les Estatz de France^ y que Jean Bouchet appelle

Qui TOUS ennuyé ou voix qui mot vous sonne

Dont vous deussiez marrir ou indigner;

Bon appétit a Theure de disaer

Et au soupper bon goust et bien repaîstre,

Dormir au lict a dextre et a senestre,

De beaulx enfans avoir preux et hardis,

De joye tant qu'il n'y faille a remettre,

Santé, jeunesse, long vivre et paradis ; f N'avoir le froit yver n'obscur autonne,

Pluye, ne vent, ne tempeste qui tonne,

N'autre saison subiette a yverner,

Mais doulx printemps qui les fleurs assaisonne,

Herbes et fruictz produit et affoisonne

Et terre fait embellir et orner ;

Vivre a plaisir, en honneur sesjourner,

Avoir, pour myeulx demourer en seur estre,

Amys parfaictz, les ennemys submettre.

Nom florissant sur tous ceulx de jadis,

Tous voz désirs acomplir, sans obmettre

Santé, jeunesse, long vivre et paradis ; Envoy.

« Prince, beaulx faictz veoir en prose ou en mètre,

Doulce musicque ouyr soubz voix de maistre,

Comptes plaisans entendre et joyeux dictz,

Scavoir tout ce qui est et qui doibt estre,

Avoir tout l'or de Ja myne terrestre,

Santé, jeunesse, long vivre et paradis. • 1. Les espitres envoyées au fioy très chrestien delà les montz, par les estatz de France, composées par frère Jehan Danton^ historiographe du dict seigneur, avec certaines ballades et rondeaulx par ledict Danton sur le faict de la guerre de Ve?iise composées (sur la première page, marque à l'écu royal). Petit in-4o. — Au môme moment, on imprima le petit recueil : les Excellentes vaillances,

Page 1