‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 29 sur 183 · XXX NOTICE SUR JEAN D'AUTON · texte numérisé non relu

XXX NOTICE SUR JEAN D'AUTON

Trois épîtres « moult belles, des trois Etats contenant les querelles. » En réalité, ce sont trois harangues de chacun des États, avec un prologue. V Eglise rappelle les services des rois très chrétiens envers la foi, et toute l'histoire de Louis XII : ses aventures de jeunesse en Bretagne, qu'elle etalte; le siège de Novare (1495), à propos duquel elle le compare à Hercule et à Hector (selon le langage ecclésiastique du temps) ; puis les conquêtes de Milan, de Naples, de Gênes, enfin Agnadel. La Noblesse ^ que le roi maintient et ennoblit, dépeint le départ du prince.

Dont la Royne qui se plainct a bon droict, Et qai touejours près d'elle te voaldroit,

et les exploits de la bataille. Labeur^ enfin, se congratule. Après ce poème viennent une ballade et un rondeau, fanfares d'encouragement martial, composées avant la bataille d' Agnadel ; une ballade et un rondeau d'enthousiasme après la bataille ; une ballade et un rondeau très humains sur les malheurs de la guerre, enfin une petite épître de neuf vers sur les vainqueurs de Venise. Toutes ces poésies sont expressément signées de Jean d'Auton et suffiraient à prouver que leur auteur suivit encore le roi dans cette glorieuse campagne. L'évocation des États ne nous étonne point sous la plume de Jean d'Auton : il s'applique toujours à faire remarquer avec quel soin Louis XII tenait à la régularité des États; libéral, comme le roi, ce qu'on appellerait aujourd'hui parlementaire, il relevait de ce parti des Etats, que, depuis 1484, le roi avait personnifié comme duc d'Orléans, qui gardait en France de profondes racines,

batailles et cojiquestes du Roy delà les nions, composves par plusieurs orateurs, plaq. goth. s. d. Ce recueil contient, sans nom d'auteur, avec la ballade offerte de 1503 elle DeffauU du Garrillan, un fragment des Alarmes de Mars.

NOTICE SUB JEAN D'AOTON. xzxj

et aaquel la poésie fait souvent allusion^; une antre Com* plainte de France sur le départ de Charles VIII pour l'Italie pourrait servir de pendant à Tœuvre de Jean d'Âutoni sauf que, là, c'était la France, qui, au lieu d'être haranguée, haranguait successivement Église, Noblesse et Labeur*.

Sur la foi d'un titre hasardeux, le Bibliophile Jacob a fait encore honneur à Jean d*Auton d'un certain nombre de pièces de vers contemporaines, réunies dans deux manuscrits de la bibliothèque de Colbert, cotés aujourd'hui à la Bibliothèque nationale mss. fr. 1952 et 1953^. Plusieurs de ces pièces appartiennent à Crétin et à Jean Marot; on ne peut attribuer sûrement à Jean d'Auton que celles qui portent nommément sa signature; la ballade offerte au roi pour un jour de l'an (fr. 1953, fol. 23) et la pièce qui ouvre le premier volume : « l'Epistre du preux Hector » (fr. 1952, fol. 1). La donnée héroïque de la seconde pièce n'est pas neuve ; elle peut remonter, pour le moins, à la fameuse épître d'Othéa à Hector, écrite par Christine de Pisan pour Louis P' d'Orléans, et dont de nombreuses transcriptions prouvent la popularité persistante. L'œuvre de Jean d'Auton obtint ellemême un grand succès; elle paraît dater de 1511. Jean Le Maire composa, sous le nom du roi, une Epistre responsive^, qui trouva place, avec les Espistres des Estais ^

1. Montaiglon et Rothschild, Anciennes poésies françaises ^ t. III, p. 247-260, la Déploration des États sur Tentreprise des Anglais et Suisses (impr. en 1513); p. 80 et suiv., l'Apostrophe à l'Église, Noblesse, Labeur; p. 97, les Complaintes de dame Grestienté et des trois États.

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