‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 30 sur 183 · Montaiglon et Rothschild, t. VUI, p · texte numérisé non relu

Montaiglon et Rothschild, t. VUI, p

3. Deux volumes reliés aux armes de Colbert, avec le titre inexact de Poésies d'Authon.

4. Epistre responsive du Roy très chrestien. Le Maire dit qu'Hector parle une langue « de lait et de miel : o

f Certes tu as ung truchement bien dextre, »

XXXij NOTICE SUR JEAN D*AUTON.

dans une des productions de l'art contemporain, le recueil de poésies, vraisemblablement fait pour la reine, qui se trouve à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg*. Le même recueil contient encore deux morceaux de Jean d'Auton, une traduction d'une épître au roi de Jean-Francisque Soardi, auteur italien (de Bergame) qui produisit aussi un éloge de Louis XII, et surtout VEpistre elegiaque pour V Eglise militante^ de Jean d'Auton, « historiographe, » allusion aux démêlés avec Jules II; cette pièce est ornée de la célèbre miniature, reproduite par dom Bernard de Montfaucon, qui représente une femme désolée (l'Église) assise dans une basilique, dont Dissolvrtiofiy coiffée de la tiare, ébranle une colonne et fait tomber la voûte; une troisième figure, Charité, tout en embrassant de la main gauche une autre colonne, pour la soutenir, pose la main droite sur un chevalier en cotte d'armes fleurdelisée (le roi de France), qui semble venir au secours*. Jean Bouchet mentionne encore une autre œuvre de Jean

ajoute-t-il (épître publiée en tète du III» livre des Illustrations de Gaule, éd. de 1515). VEpistre d^ Henri VII à Henri VIIl, par Jean Bouchet (1512) fait aussi un grand éloge de TÉpître de J. d'Auton (Montaiglon et Rothschild^ Anciennes poésies, III, p. 26 ; J. Bouchet, Epistres familières du Traverseur, ép. 1).

1. Poésie, in-fol., vélin, 8 D, ms. de 112 feuillets et 11 miniatures. Voy. la Notice sur le Musée de l^ Ermitage, publiée en 1860, p. 93 (l'auteur attribue au ms. une date erronée, 1509). Ce ms., provenant des bibliothèques Séguior, de Harlay, Coislin évèque de Metz, Saint-Germain-des-Prés, fut pillé sous la Révolution et, alors, acheté à vil prix par M. Dombrowsky, attaché à l'ambassade de Russie, qui le revendit, en 1805, au tzar. Deux de ses miniatures ont été reproduites dans Touvrage de M. Dancel sur Jean Perréal, une autre dans Mœurs, usages et coslumes au nioi/cn âge, par Paul Lacroix, p. 87.

2. Ce factum (que nous n'avons pu voir encore) a beaucoup de similaires à cette époque. Il y a toute une littérature consacrée à exposer

NOTICE SUR JEAN D'AUTON. XXxiij

d'Âuton, dont il ne nous donne pas la date : une Ballade des Dix vertus K

Ces poésies mirent le comble à la renommée littéraire de Jean d'Âuton panni ses amis et dans le monde officiel. Crétin, s'adressantà Macéde Yillebresme, valet de chambre de Louis XII, traite leur auteur d' « armonieulx, suave et doux*. > Jean Le Maire, le nouvel historiographe, veut bien admettre Jean d'Auton comme son égal 3. Jean Bouchet

les vices de TÉglise et l'urgence d'une réforme. On peut en rapprocher notamment Tamer poème de Jean Bouchet : la Beploration de l'Eglise militante, imprimé chez Gulli. Eustace, le 15 mai 1512.

1. Thème classique que Jean Perréal développa sur le tombeau de François U à Nantes. L'œuvre de Jean d'Auton date peut-être de 1506.

2. c n te plaira supporter les defifaulx, Et si Tescript, comme on le voit yssu De moy, n'est tel que se Tavoit tissu Ce révérend abbé le bon Dauton, Merveille n'est, car il abonde en ton D'armonieulx, suave et doulx langage, Et ne scauroys y mectre de l'an gage Correspondant, mais me fault soubz luy taire Pour demeurer remys et solitaire

Gomme recluz en ce boys de Vincennes. »

(Fr. 1711, fol. 13 V. Épître de Crétin à Macé de Yillebresme.)

3. « Abbé Danton et maistre Jean Le Maire, Qui en nostre art estes des plus expers. Ouvrez l'archet de vostre riche aumaire Et composez quelque plaincte sommaire...

... Secourez moy. Digne et Villebresme, Jehan de Paris, Marot et de la Vigne. »

(Plaincte sur le trespas de feu messire Guillaume de Byssipat.) De la Bigne, cité ici, était un écuyer du roi et du duc de Bourbon, auteur du récit de la mort de Pierre de Bourbon ; Macé de Yillebresme, valet de chambre du roi, poète, correspondant de Crétin; Jean de Paris n'est sans doute pas le peintre de ce nom, valet de chambre du roi, mais plutôt un Jean Le Roy de Paris,

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