‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 37 sur 183 · Somerset · texte numérisé non relu

Somerset

Sept. 1505] LÀ COMnLAINCTS DS GENNSS. 29

lequel aoabaxadeur fat du Roy honnorablemeut reoeu et festyé a souhet et ouy sur oe qu'il vouloit dire et demaoder, qui estoit que ledit Roy d'Angleterre, qui bon pour les Françoys avoit tousjours esté et estoit, en voulant de plus en plus fort estre, et, pour acroistre l'alyenoe et ranforcer Tamytié d'entre le Roy et luy, deaiandoit avoir en mariage Marguerite d'Angoulesme, proche parente du Roy ; et, sur ce, bailla ledit ambaxadeur, par articles, l'intencion dudit Roy d'Angleterre et tout ce qu'il vouloit dire.

Le Roy veist iceulx articles et lut de point en point, et icelz mist en conseil pour en avoir l'oppinion : le cas fut debatu a plusieurs foys, et, sur ce, alléguez divers propos et mainctes choses, et, entre autres, dit que, si le Roy n'avoit aucuns hoirs masles de sa chair procréés et que si mons'' Françoys d'Angoulesme, par deffault de ce, succedoit a la couronne conune le plus proche et ausi que en hoirs masles deffidllist, au moyen du mariage de ladite Marguerite d'Angoulesme, seur dudit monseigneur, pourroyent les Angloys, en Tadvenir et contre l'ordonnance de la loy sallicque, quereller, comme par ung tel cas ont faict, le royaume de France ; ce qui pourroit a telle heure mouvoir guerre qui seroit immortelle entre les Françoys et Angloys, et a la perte de tout le royaume de France. Par quoy fut conclut, a la fin, que celuy mariage ne se feroit; dont s'en retourna ledit ambaxadeur sans autre chose faire.

Le Roy s'en estoit allé lors a une petite place nommée Madon, a deux lieues de Bloys, ou fist venir la contesse d'Angoulesme et ses enfens^ lesquelz fist loger

i. Il nous faut préciser en quelques mots les négociations aux-

30 CHRONIQUES DK LOUIS XII. [Sept 1505

au Moutis soubz Bloys, et la vint ausî la duchesse de Bourbon^, bicB acoompaignée. Souvant fut le Roy a la chace des cerfz et des sangliers en la forest de Bloys, qui près de la estoit, et passa le demeurant de la belle saison audit lieu de Madon^, ou se trouva tou»jours en bon point; puys s'en retourna a Bloys avecques toute sa seigneurie^, ou, tantost après, la Royne

quelles fait allusion Jean d'Auton et qui n'ont jamais été bien élucidées jusqu'ici. Ferdinand le Catholique demanda la main de Louise de Savoie, qui vint, à ce propos, trouver le roi à Madon ; elle refusa, en déclarant que le fiancé lui paraissait trop mûr. Un ambassadeur d'Angleterre, lord Herbert, se trouvait là, et on reparla d'un projet de mariage en Angleterre pour Marguerite de Valois, qui avait échoué en 1503; cette fois, ce n'était plus le prince de Galles, mais le vieux roi d'Angleterre, veuf depuis deux ans, qui désirait se marier. Il demandait Louise, qui refusa encore ; lord Herbert alors demanda Marguerite. Louise de Savoie ne faisant pas d'opposition, la chose parut décidée. Le roi accepta, et l'on échangea des notes diplomatiques. On alla jusqu'à fixer le chiffre de la dot. Mais Marguerite, quand on lui en parla, refusa absolument ; elle avait une passion en tête ; elle trouvait l'Angleterre éloignée et t estrange, » le roi vieux, et, malgré la présence de Louis XH, elle disait que, « quant l'aventure viendra que son frère sera roy, qu'elle trouvera lors bien josne, riche et noble mary, et sans passer la mer > (Deux notes, J. 965, n^* 28, 24 ; Sandret, Revue des Questions historiques, 1873, p. 210-211 ; Desjardias, Négociations, II, 113, 126, 130, 131, 150; Deuxième voyage de Philippe le Beau, publ. par Gachard, p. 202; J. Gairdners, Letters.,. of Richard IIJ, II, 133-142, 143, 146; dépêches de l'envoyé portugais Lopes en France, analysées dans les Archives des missions, 2« série, t. V [1868], I, no» 84, 133, 150).

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