juillet, d'après le Mémoire dos Nobles
96 CHRONIQUES DB LOUIS XII. [Juillet 4506
nobles, tant que, au cry dudit Guillon, chascun courut aux armes, si que, en moings d'une heure, plus de dix mille villains furent armez par les rues, cryant tous : Pople/ poplef a haulte voix, adressant aux maisons des gentishommes, dont plusieurs en tuèrent. Les aultres, voyant ainsi contre eulx le peuple esmeu, habandonnerent leurs maisons et s'en fouyrent hors la ville. Or estoit demeuré celuy Visconte de Âurya en ladite place, ou se trouvèrent aucuns marchans, et luy disrent : t Ostez vous d'icy, de Âurya, ne voyez vous le peuple en armes contre vous autres gentishommes? sachez que, s'il vous trouvent icy, que vostre vie est hazardée au plus périlleux danger qu'elle fut oncques, et pour ce advisez a vostre affaire, car le plus tost ne sera pas assez. » Desquelles parolles ne fist compte ledit de Âurya S mais dist qu'il ne craignoit les villains ne toute leur puissance, et les actendit en l'eure que son maleur ne luy fuyt, car iceulx villains sans nul respit le taillèrent en pièces, et tous ceulx qu'ilz en peurent raincontrer.
Le seigneur Jehan Louys de Flisco*, oyant ce bruyt, se fortifïia en sa maison^, ou mist grant nombre de gens armez pour le garder ; mais nul de ses gens ozoit
i. D'après Salvago, Doria était au contraire rhomme le plus doux et le plus iaofTensif.
2. Jean-Louis, d'après Salvago, était le principal personnage de la ville et très populaire, malgré ses attaches aristocratiques. Il essaya en vain de calmer le peuple : la colère populaire se retourna contre lui ; on fit le siège de son palais, et il dut s'enfuir. Cependant Roquebertin avait accordé à la foule ameutée démission de tous les oiiiciers et promesse de prendre les nouveaux par tiers, dans la noblesse, dans la bourgeoisie, dans le peuple.