‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 66 sur 183 · Appelée Violata · texte numérisé non relu

Appelée Violata

Juillet 1506] GOMKSNT BN LA VILLE DE 6ENNES, ETC. 97

aller par la ville quérir vivres et ce qu'il luy estoit nécessaire, par quoy luy fallut a la parfin desloger et lesser sa maison , et, le plus segretement qu'il peut, issit de la ville. Si s'en alla a ung chasteau sien, nommé MontaubyouS a xn mille de Gennes, ou demeura quelque peu de temps, en actendant si le peuple ce pendant se passiffieroit; ce que ne fist, car, lors que lesdits gentishommes eurent habbandonnée la ville, ceulx du peuple entrèrent dedans les maisons d'iceulx, et, comme si de bonne guerre tout leur fust habbandonné, mirent la main au pillaige et emportèrent tout ce que dedans trouvèrent, et d'aucunes d'icelles s'emparèrent. Dont ledit seigneur Jehan Louys, de ce adverty, ne s'en oza retourner, mais s'en alla a une petite ville nommée Gavy, terre des nobles de Gennes, ou illecques s'assemblèrent tous les chassez et tindrent conseil sur leur affaire, dont la conclusion fut d'envoyer devers le Roy* pour l'advertir de l'insurrection du peuple, qui avoit ainsi tuez et chacez les nobles de sa ville de Gennes, et luy pryer qu'il luy plust y mectre bonne paix et doulce union, ou autrement sadite ville, plaine de peuple effrenné, se pouroit par elle mesmes destruyre ou faire quelque rébellion contre Sa Magesté; a quoy estoit besoing de mectre ordre somairement. Et, pour lesdites choses rapporter, envoyèrent iceulx gentishommes ung des nobles de leur party^, docteur, nommé messire

i. Montobbio.

2. La chronique du Loyal serviteui* attribue cette décision au seul Jean-Louis.

3. On répandit le bruit en Italie que cet envoyé avait emporté 100,000 ducats à distribuer à la cour (Frati, le Due spediziotii militari di Giulio II, 441).

98 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Juillet 1506

Estienne^. Geulx du peuple, sachant que lesdits gentishommes envoyoient devers le Roy pour faire plaincte d'eulx, pareillement y envoyèrent de leur part ung autre docteur, nommé messire Nycholas^, pour luy dire et remonstrer les griefves injures et continuelles extordons que les nobles par cy devant leur avoyent faictes, disant que, de leur part, il s'en vouloyent du tout soubmectre a son bon vouloir et arrestée ordonnance. Lesdits messagiers ouys par le Roy, et mise la chose en conseil, fut apoincté par ledit seigneur que messire Phelippes de Cle'ves, conte de Ravestain, retourneroit audit lieu de Gennes, et, pour assister avecques luy, deux docteurs luy furent baillez, nommez messire Ëstienne Olivier de Vienne, seigneur en parlement de Grenoble, et messire Falque d*Aurillac, pour ouyr et ordonner du différant d'iceulx Gennevoys. Et, sur ce, furent par le Roy iceulx despeschez, lesquelz s'en retournèrent a Gennes. Et, en tirant celle part, ledit conte de Ravestain prist pour sa seurté mille ^ hommes pour le conduyre audit lieu; et ausi, afïin que ladite chose fust tousjours myeulx esclarcye et consultée, envoya a Seine quérir ung docteur, qui la estoit conseiller de justice, nommé ledit docteur

1. St. Vivaldi. Il fut accueilli à la cour avec beaucoup de faveur. Symphorien Ghampier nous a conservé le texte de son discours au roi dans l'opuscule Sequitur compendiose atque sub forma epitomatis expeditio in Genuenses a domino Simphoriano Ghamperio compilata, imprimé à la suite du Tropheum Gallorum.

2. Nicolas de Oderico. Son instruction est datée du 6 août (Archives de Gênes, Istruzioni e relazioni diplomatiche , î^ 3, 2707 c). Le 7 août, Demetrio Giustiniani fut accrédité près de Ravenstein (Ibid.), Oderico reçut, le 30 août, de nouvelles instructions {Ibid.),

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