décembre
Dec. 4506] DU SISGB ... DB MONIGDS PAR LIS GENNEVOYS. i 15
tant tant d'argent qu*il vouidroit demander, si le tre* 8or de Gennes pouvoit suffire a ce. Lequel fist responoe qu'elle estoit au Roy et a luy, et que si bien la garderoit que ja villain par force n'y mectroit le pied dedans. Ge dit, les Gennevoys, bien marrys, firent cryer a son de trompe devant ladite place que celuy du dedans qui vouidroit tuher ledit seigneur de Monigue auroît troys mille escus, et celuy qui mectroit le feu dedans les municions de l'artillerye en auroit y cens. Et ainsi s'essayèrent par argent d'avoir icelle place, mais ce fut pour nyant. Dont assirent leur siège et misrent leur artillerye en onze lieulx, tant sur les montaignes qui autour de la estoyent que sur les coustez et au plain, ou firent onze rampars^.
Du SŒGE ET DE LA BATERYE DU GHASTEAU DE MONIGUE PAR LES GeNNEVOYS.
Du costé de la marine assiégèrent ausi ladite place, en manière que de leurs barches, carraques et galleres pouvoyent tirer contre les murailles et tours dudit chasteau de Monigue ; et tant commainça ladite artillerye a bruyre et tempêter qu'il sembloit que les rochîers esclatassent. Les cannonnyers du dedans leur rabatoyent tellement leurs coups que homme de eulx n'ousoit montrer le nez qu'il ne fust mouché jucques au sang. Somme, la baterye fut tant mortelle que a toute heure sans cesser dura plus de six jours,