‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 81 sur 183 · Seigneur de Las (voy. p · texte numérisé non relu

Seigneur de Las (voy. p

i46 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Mare 1507

et le coUiege Sainct Francisque furent pareillement garnys de souldartz, de vivres et d'artillerye, et chascun prest d'exploicter la guerre, laquelle fut comancée par les Gennevoys, qui, de première advenue, chargèrent sur ledit coUiege Sainct Francisque, et la ruèrent coups d'artillerye, a toutes mains. Geulx du chasteau, qui estoyent au dessus, comaincerent a rendre leur meute d'artillerye aux Gennevoys, et tirer droict a leurs rampars, et au travers des rues et maisons de la ville, tellement qu'il sembloit que tout tramblast. Les femmes et petitz enfens habandonnerent les haultz estages de leurs maisons, pour l'orrible bruyt et dangereulx coups que l'artillerye des Françoys donnoit autour d'eulx, et se misrent soubz les chambres basses voultées de leursdits logys. Pareileraent les Gennevoys ruoyent coups, sans cesser, contre les tours et murailles du chasteau, et le plus souvant contre les deffences de Sainct Francisque et au travers de l'eglize, pour ce que les souldartz et les frères dudit colliege tyroient aux ennemys par grans troulx et larges pertuys, qu'ilz avoyent faictz au travers de la muraille de ladite eglize, dont endomaigeoyent fort les Gennevoys. Par quoy, n'espargnoyent icelle eglize, mais tiroyent au travers, de tous costez ; et tant que, tantost après ce, je estant dedans ladite eglize, viz partye du cueur et pilliers d'icelle par terre, et les voultes percées en plusieurs lieux, et, entre autres coups estranges, vys ung ymage de crucifix, estant sur la porte du cueur dudit colliege, ayant le bras dextre percé près du coulde d'ung coup d'une pièce d'artillerye, et plusieurs autres ymages brisez et rompus. Somme, la baterye estoit merveilleuse de tous costez ; car nuyt et jour duroit le bruit.

Mare 1507] GOIOP US 6ENNBV0YS ASSIEGERENT, ETC. 147

Lorsque les Gennevoys eurent batu longuement ledit ooUiege, disrent qu'il y failloit donner ung assault pour voir la résistance des Françoys et leur manière de deffendre; et eulx a tout grosse brigade, ung lundi après la my caresme, garnys de crampons et eschelles, avecques grant bruyt de peuple et son de groux labours de Suyces, approchèrent la muraille dudit coUiege, du costé d'ung fort jardrin qui la estoit a main senestre, au dessoubz dudit colliege, près d'ung lieu nommé Fontaine Amoureuse, et la comaincerent a dresser leurs eschelles et donner le combat main a main aux Françoys, lesquelz a tour de bras receurent les Gennevoys, tellement que du hault en bas plusieurs furent renversés, a grans coups de picques et hallebardes furent renvoyez, et deux de leurs eschelles sur eulx gaignées, et xx hommes d'iceulx mors au pié de la muraille avecques grant nombre de blecez. Des Françoys y moururent deux hommes seulement et vm y furent blecez.

Ce faict, voyant lesdits Gennevoys que a ce lieu ne pouvoyent riens faire de leur advantage dirent que par ung autre costé assauldroyent le fort; dont furent quérir, par les maisons de la près, groux monceaulx de fagotz secz et autres fustes gressées d'uysle et de souflfre, et a grousse foulle approchèrent la première porte de l'entrée dudit colliege, laquelle fut deffendue des Françoys et la herce abatue, qui fut incontinent avironnée de fagotz, plains de souffre parmy, tellement que ladite herce fut tout a coup bruslée et en flamme. Ce faict, la eut combat a l'oustrance, car les Gennevoys misrent tous leur effort de gaigner celle entrée et les Françoys tout leur pouvoir pour la def-

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fendre, comme ceulx qui a ce hazart voyoyent leur honnem* branler et adventm'er leur vye ; ce qui tant les hardya que a coups immoderez respousserent les Gennevoys et malgré eulx resfortifierent leur entrée. Jucques a temps feray sillence de ce siège pour toucher d'aucunes choses que le Roy lors exploictoit en son Royaume de France.

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