î, 5, 6 et 7 avril
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petes et groax tabourins, a grant bruyt de criz et tumulte de peuple, et, avecques grant nombre d'eschelles, pavoys, manteaulx, dievretes et autres choses nécessaires pour donner assaulx, aprocherent Sainct Francisque du costé du jardrin et en plusieurs autres lieux brechez. Et la, de première advenue, droisserent en divers lieux plus de quatre cens eschelles et commaincerent vigoureusement a monter.
Messire Gallas, capitaine du chasteau, Loys de Sainct Âulbin et leurs gens, avecques ceulx de Sainct Francisque, furent tous arrengez aux brèches et lieux qu'il failloit deflfendre, garnys d'artillerye , de trect, de grosses pierres, de lances a feu, de huysles boullans, de potz plains de souffre et de chaulx vive pour ruer sur les premiers qui se hasteroyent de monter. Que fut ce? les Gennevoys, en nombre de plus de xxx mille, environnèrent tout le colliege Sainct Francisque et se misrent a grosses escoadres pour assaillir a relays, disant que, lorsque Jes ungs seront mors, lassez ou affoliez, des autres prendront leur place. Et, ainsi amonceliez comme pourceaulx, a la foulle se mirent a monter leurs eschelles. Qui eust lors veu grans coups de main donner sur ses eschelleurs, emporter testes et bras et renverser Gennevoys du hault des eschelles en bas, et l'ung sur l'autre acravanter a groulx monceaulx eust heu horreur de l'affaire. Mais, quant les ungs estoyent abbatus, les autres remontoyent très hardyment. Aucuns des nostres, estons au dedans des tours et sur les deffences, tiroyent trect et artillerye a la mouhée, tellement que grant occision en faisoyent. Mais pourtant homme ne desemparoit. Tousjours duroit le combat main a main sur les
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esdielles, qui estoyent cramponnées pour actadber a la muraille et toutes plaines de Gennevoys, qui a toute puissance s'efforçoyent d'entrer; mais les Françoys du dedans leur deffendoyent de telle force que, des ce quMiz mectoyent le pié hors l'eschelle pour voulloir entrer, ilz estoyent sans faillir renvercez du hault en bas. Tant fut sanglant ledit assault que toutes les eschelles et la muraille ou le combat se faisoit estoyent enrougyes de sang. Durant ce dur assault, comme les Gennevoys s'efiforçoyent de tous costez vouloir entrer, les Françoys adviserent ung lieu nommé la Garace^ contre Teglise Sainct Francisque, qui est une voulte ou Ton mect les mors, ou avoit ung bout de muraille rompu a passer troys hommes de front ; et, pencent que par la s'efforceroyent aucuns Gennevoys d'entrer, pour leur donner une amorce, firent la une traynée de pouldre a canon ; puys aucuns des Françoys, avecques son feu tout prest, se mist a touchant de sa traynée, et la, en actendant, vit venir ses gens et entrer par ladicte brèche, jucques au nombre de trente ; lesquelz entrez, le boutefeu fut près et emflamée la traynée, en manière que des trente en brulla xxii. Les autres, qui estoyent les plus près de la brèche, se gecterent a bas, tous affoliez, et les autres ardirent sur le lieu. Sans cesser duroit ce mortel assault, et tant que les Françoys estoyent moult fouliez et combatus; car ja en y avoit bien xx mors et quarante de blecez; et, pour ce, ne perdoyent coup a donner, car, a les voir besoigner, tant plus combatoyent, tant plus efforçoyent leurs coups. Somme, ses pauvres soul-
i. Probablement carnajo (charnior).
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dartz firent merveilles d'armes ; ausi estoit la messire Gallaas de Salluzart, qui frappoit au désespéré. Depuys deux heures après mydi jucques a la nuyt dura celuy assault, que les Gennevoys ne voulurent, pour mourir tous, habbandonner, jucques a grans lances de feu et cercles plains de souffire ardant, huisles boulant et chaulx vive, ilz fussent par les Françoys chassez de leurs eschelles, lesquelles a la parfîn habbandonnerent, dont lesdits Françoys en gaignerent bien troys cens, lesquelles depuys je viz audit chasteau de Gennes. Ainsi se retirèrent les Gennevoys, mais non pas tous ; car, par avoir ouy dire a plusieurs de ceulx qui audit assault furent, plus de quatre cens hommes mors demeurèrent au pié de la muraille, et y furent plus de six cens blecez. Mais pourtant ne levèrent leur siège; ains, le lendemain, qui fut ung jeudi après Pasques, recommaincerent la baterye de plus belle, laquelle continuèrent VIII jours sans cesser. Durant lequel temps, ung françoys, capitaine de mer, nommé Pregent le Bidoulx, avecques quatre galieres qu'il avoit, et mi de celles d'Ëspaigne, qui la estoyent venues pour servir le Roy, suyvit et chassa une fuste gennevoyse jucques dedans le tercenal^ de Gennes, qui est ung lieu au bout du moule et contre la ville ^, ou les barches et fustes qui apportent vivres a Gennes viennent aborder pour faire leur descharge. Dont voyant, les Gennevoys, ainsi approcher les galieres de France, prindrent leur
L Jguq d'Auton traduit ainsi, à ce qu'il nous semble, le mut Darscna.
2. Prégent, avec une bravoure extraordinaire, (it trois fois le tour du port, enseignes déployées, sous le feu de la ville, puis alla jeter l'ancre à trois railles de là |Salvag(»).
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grosse artillerye et la portèrent sur le mouUe pour celuy deSendre, et sur les passaiges ou gençoyent venir les Françoys. Ainsi cessa la baterye du chasteau. Et eulx, voyant que la ne feroyent rien de leur proffit, firent ung fort bastyon sur le sommet de la montaigne de Gennes, au droict de la venue des Françoys, et la misrent grosse garnison de gens d'armes et bonne artillerye. Ausi misrent gens au Gastellat pour secourir ledit bastion et faire saillyes et allarmes sur les Françoys s'ilz approchoyent Gennes. Pareillement firent fors et barrières tout le long de la montaigne, au pié et sur la cruppe d'icelle, et empescherent tous les passaiges, et a tous costez misrent artillerye pour tirer a la venue des Françoys, et misrent xnn ou XV mille hommes en armes sur lesdites montaignes, et partye d'iceulx envoyèrent jucques a la venue du bourg de Busalle, pour la commaincer a empescher le passaige aux Françoys.
Le Roy a toute dilligence avançoyt lors son voyage, lequel arriva en Piemond ung mardi de après Quasimodo^, et, sans aucun séjour, s'en alla droict en Ast^. Au devant de luy vint Charles, duc de Savoye, comme dit est, accompaigné des seigneurs de son pays, avecques grant nombre de gentishommes et prelatz d'Eglize ; et, la, luy ofifrict de sa part service de sa personne, secours de ses gens et les clefz de ses villes, en le voulant accompaigner a son voyage de Gennes, s'il luy plaisoit. Desquelles choses le remercya le Roy bien
1. Nous avons dit plus haut qu'il arriva à Suze le samedi soir li avril, samedi de Pâques. Il alla le 12 au matin à l'abbaye de Suze, le 13 à l'église Notre-Dame d'Avigliana, le 14 et le 15 à l'église Saint-Paul de Villanuova d'Asli.
2. Il arriva à Asti le 15 avril au matin (Desjardins, II, 233).
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fort ; et puys s'en alla en sa ville et conté d'Ast» ou illeoques fut receu des seigneurs du pays et peuple de la ville a grant joye; et prist son logis cheulx ung nommé messire Allixandre Malbelle, ung de ses maistres d'oustelz, lequel estoit moult bien logé a certes. La se trouvèrent des princes et seigneurs des Italles, Alphons d'Ast, duc de Ferrare^; Francisque de Gonsago, marquis de Mantoue, lequel avoit rencontré le Roy a Veillaine* en Piemond ; Jehan Guillerme, marquis de Monferrât; le seigneur Jehan Jourdan desUrsins, lequel pareillement estoit allé au devant du Roy jucques a Grenoble ; messire Allixandre de Bientivoille , filz de messire Jehan de Bientivoille, gouverneur feu de Bouloigne la Grasse, estant lors prisonnier entre les mains du Roy; le conte Ludovic Bourronmé, et grant nombre d'autres Italliens et Lombars, estans la venus montez et armez, avecques grousse suyte de gens d'armes pour servir le Roy a son voyage et guerre de Gennes.
La séjourna le Roy par l'espace de quatre jours ^, pour ung peu se ref^eschi^^ et ce pandant fist mectre son armée a chemin, laquelle messire Charles d'Amboise, son lieutenant, conduysoit, et ordonna icelle marcher droict a bourg de Busalle : ce qui fut faict. Et voulut ausi que messire Jehan Jacques demourast en la duché de Miilan, pour faire la provision des