‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 94 sur 183 · Jean d'Arpajon, baron d'Arpajon · texte numérisé non relu

Jean d'Arpajon, baron d'Arpajon

3. 8,000, d'après la Conqueste, étaient renfermés dans le fort, dont 6,000 sortirent; 6 à 8,000 étaient sur l'autre montagne. Salvago dit 40,000, la Prime du bastillon 2'i à 25,000.

4. Ce refus est confirmé par le rapport des ambassadeurs flo-

198 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Avril 1507

belles remonstranses qu'il leur fist, et voyant tant de drap d'or monter, heurent honte du reffus et commaincerent a sortir de leur rym ; mais, premier que vouloir monter, demandèrent des gens de cheval a leur queuhe, pour arrester les ennemys, quant ce viendroit a Texcution ; dont leur fut baillé le capitaine Fontrailles, avecques cincquante hommes a cheval, lesquelz se misrent a la queuhe d'iceulx AUemans. Et, ce faict, regardèrent amont, et, voyant grosse bataille d'ennemys en ordre, en montant baisèrent la terre et croisèrent les bras deux ou troys foys et firent longues cerymonies, tant que, pour les achemyner, ledit lieutenant du Roy fist marcher devant eulx, tout au droict du bastion, Jacques d'Allègre, seigneur de Milho ; missire Yves de Malherbe ; Peralte , espaignol ; PommerouP, et quelques aultres capitaines de gens de pié, avecques troys mille piétons^ ; aussi montèrent messire Robert Stuart, avecques quatre vingtz de ses archiers, tous a pié; Mollart, allemant, capitaine de gens de

rentins, mais non par la Conqueste, d'après laquelle les Suisses (récit olïiciel) n'auraient baissé leurs piques que pour baiser la terre. Saint-Gelais place le refus des Suisses au commencement de l'action : les Suisses auraient répondu qu'ils ne voulaient pas « gravir de montaignes, » prétention singulière pour des gens de leur pays. Devant ce refus, qui exaspéra l'armée française, les gentilshommes du roi s'élancèrent seuls à l'assaut, comme on Ta vu plus haut. C'est alors que Chaumont parvint enfin à fléchir les Suisses à force do promesses. La Priiue du haslilloji dit simplement que les Suisses firent « les serimonies acoustumées, postories en terre, les traictz en croix et les picques baissées. »

\. Joan Pommereuil, seigneur du Plossis-Briou.

1. L'assaut, d'après la Conqueste ^ comprenait 1,800 Suisses, •i,00() hommes de pied, les Albanais et grand nombre do gentilshommes de la maison. Il v avait en tout 3,r»00 Suisses.

Avril 1507] GOMUANT MBSSIRB J. DB GHÀBBÀNNES, BTG. 199

pié. Et a la queuhe de leurs gens estoient messire Anthoine Marye de Sainct Severin, aveoques quarante arbalestiers. Âusi y estoit messire Phillebert de Glermont, setgoeur de Moutoison, lequel menoit xy hommes d'armes et xxx archiers a cheval, montez legierement et armez a la bastarde.

Messire Jacques de Ghabbanes, seigneur de La Palixe, et les gens de sa bende approchèrent la maison, ou grant nombre de Gennevoys s'estoyent fortifiiez; et, pour savoir qu'ilz vouidroyent dire, leur transmist XL arbalestiers a cheval pour escarmoucher, lesquelz chargèrent bien a point, a grans coups de trect. Mais, pour ce que le lieu estoit mal a main pour gens de cheval, pour Tempeschement de la montaigne, qui estoit droicte, ne leur sceurent gueres nuyre, et, a la fin, a coups de trect et de main, furent repoussez bientost. Ausi estoient aucuns de noz gens de pié montez si hault qu'ilz avoyent trouvé leurs ennemys en barbe, qui pareillement les avoyent renvoyez bien lourdement et se retiroyent ; dont le seigneur de La Palixe, voyant aucuns d'iceulx reculler, leur escrya : c Tournez, dist il, ribaulx, tournez! car, s'il y en a ung a qui je voye desmarcher ung seul pas, je le feray tailler en pièces. » Et la fut ung gentilhomme nommé Pierre de Bayart, lequel s'adressa a aucuns de ceulx qui s'estoyent reculez, et a tour de bras commainça a charger, et tant que ilz tournèrent en avant. Tantost fut la maison ou les Gennevoys s'etoyent fortiffyez, par le seigneur de La Palixe et ses gens, a grans coups, assaillye et approchée jucques a combatre main a main. La misrent pié a terre ceulx qui avoyent chevaulx, et se joignirent tous ensemble. Geulx du dedans ne se

SOO CHRONIQUES DE L0UI8 XII. [Avril 1507

deffeodirent longuement; car, ainsi qu'on les assailloit, ung canonnier nommé Ferry Utel, provost de Fartillerye, estant a ung rampar entre Rivereu et ladite maison, adressa la ung coup d*ung gros canon, tellement qu'il persa ladite maison tout au travers et tua deux hommes gennevoys ; ce faict, qui peut fuyr de la ne fist autre demeure ; ainsi habbandonnerent le fort, et a mont. A ceste première rancontre, les villains qui estoient en la montaigne tirèrent artillerye a toutes mains, et tant de trect qu'il tumboyent menu comme goûtes de pluye.

Grant challeur faisoit lors, dont a grant peine montoyent les gentishommes et autres, qui estoient armez de toutes pièces et a pié. Advint que, pour la force du chault, le seigneur de La Palixe mist bas et avala sa gorgerecte, laquelle estoit double et toute eschauffée pour la challeur du souleil ; et, comme chascun s'efforçoit de monter, ung trect vint d'amont donner droict au deffault de la gorgerecte dudit seigneur de La Palixe et luy entra en devaliant bas dedans la gorge bien quatre doiz; de quoy ne tint compte, mais marcha encores en avant, disant : « Ce n'est rien, ce n'est rien ! > et arracha le trect, dont incontinent grant force de sang commainça a saillir de la gorge, et tant qu'il ne peut plus tirer avant, car ja avoit perdu moult de sang. Toutesfoys ne s'esbahist de rien, mais, tout en riant, dist : « Je n'ay nul mal, si n'est que ma douleur est seullement pour ce que je ne puys, a mon voulloir et a ce besoing, servir le Roy et me trouver a la bataille contre S(\s villains, lesquelz, sans faillir, a l'aide de Dieu et des grans coups (jue vous, messcigiieurs, donnerez aujourd'uy, seront deffaictz. Or, allez soubz

Avril i507] GOMMANT MESSIRB J. DE CHABBANNES, ETC. 201

la main de Dieu, qui vous soit aujourd'uy seoourable. Monseigneur le duc d'Âlbanye, s'il vous plaist, dist il, vous prendrez la charge de conduyre le demeurant de ceste entreprise ; et vous, messeigneurs et amys, je vous supplye que aujourd'uy vous ayez vostre honneur et les affaires du Roy sur toutes choses pour recommandées. > Ce dit, se fist enmener par ung gentilhomme nommé Anthoyne du Cartier, maistre d'ostel de messire Charles d'Amboise, et se fist pencer en une maison près de la.

Le duc d'Albanye, qui avoit la charge de ceste menée, marcha hardyment avecques tous les autres gentishommes et piétons qui chemynoient a cartier d'eulx; et tant marchèrent que, dedans une petite plaine près d'une montaignette, et a ung gect de pierre du sommet de la montaigne, trouvèrent bien cincq cens Gennevoys la râliez ensemble. Le lieu estoit assez aisé et propice pour combatre, mais avajitaigeulx pour les Gennevoys, car il failloit monter hault pour gaigner ladicte place. La se rangèrent les Gennevoys, et, a coups de haquebutes, de trect et de pierres, chargèrent noz gens bien rudement et en biecerent plusieurs; desquelz furent Audet de Foix, lequel eut ung coup de trect en la cuisse, mais pour ce ne s'arresta. Ausi y fut blecé ung gentilhomme de Gascoigne, nommé Estienne de Carnac ; et, ainsi que messire Germain de Bonneval descendoit de dessus une petite haquenée, pour vouloir combatre a pié, fut failly d'ung cop de trect, lequel sadite hacquenée receupt. Longuement fut a ce lieu combatu, et par force la place gaignée et les Gennevoys chacez et suyvis jucques au sommet de ladicte montaigne; et est assavoir que pie-

202 GHRONIQITIS OB LOUIS XII. [Avril 1507

tons françoys et allemans se misrent a la chace par les montaignes en divers lieux, après les Gennevoys, dont les Âllemans en encloussirent, près du sommet de ladite montaigne, bien deux cens, lesquelz furent tous degoillez et despoillez en l'eure. La ausi estoient a dieval Françoys de Maugyron, lieutenant de Mollart, ailemant; Jacques du Mas, seigneur de Tlsle; Huguet d'Âsnieres ; Pierre de la Boucherye ; ung nommé Tartarin et vni hommes d'armes de ceulx de Fontrailles ; messire Mercure avecques ses Albanoys ; lesquelz firent une sanglante excution de Gennevoys, qui tousjours se deffendoyent, en eulx retirant a la cyme de la montaigne, et tant de trect tiroyenl que bien rai" de ceulx des gens de pié, que françoys que âllemans, y moururent, et y eut de blecez bien quatre cens ou plus, car ausi estoyent ilz mal armez. Le seigneur deMilho, Malherbe, Peralte et PomerouH, avecques quelques aultres capitaines de leurs bendes, marchèrent tout au droict de ladite montaigne au bastion. Les Âllemans et les autres gens de pié, avecques les chevaucheurs qu'ilz avoyent en queuhe, marchèrent ausi rondement droict amont. Et, voyant iceulx Gennevoys que de toutes pars leur montaigne estoit assaillye et que les Françoys approchoyent leur bastion, habandonnerent leur fort et misrent le feu dedans leurs pouldres. La monta des premiers Jacques d'Allègre et prist Testandart de sa bende, puys tout le premier entra dedans ledit bastyon, tout plain de feu et de fumée de la pouldre qui ja estoit brusiée, et mist son estandart dessus celuy bastion 2. Les Allemens et autres gens de

1. « Mallarbe, Millaut et Pommereux » {la Bataille et assault).

2. La relation oiTicielle s'accorde avec d'Auton sur ce point

ATril i507] GOMMANT MBSSIRB J. DB GHABBANNES, BTG. 203

pié françoys tuereot la tous les Gennevoys qu'il y trouvèrent^ et donnèrent la chace aux fuyans jucques contre les portes de Gennes.

Ainsi que ce chaplys duroit et que les Françoys gaignoyent la montaigne, au bas, a l'entrée du chemin par lequel on monte droict au bastyon, a voit une forte barrière sur le gravier, ou estoyent la pour la garde d'icéUe mille ou xn cens hommes de guerre gennevoys, pensant que la venue des Françoys se feroit par la. Et, ce pendant que ceulx qui alloyent en la bataille montoyent a mont, ceulx de ladite barrière ennuyoient moult les gens d'armes, tant de trect que d'artillerye et des saillyes qu'ilz faisoyent sur le camp ; dont le lieutenant du Roy y fist mener troys grosses coullevrines et ung canon serpentin pour batre ladite barrière et une maison qui estoit au dessus ; et aussi fist marcher une bende de Suyces, lesquelz, voyant ladite barrière, dont venoît le trect et artillerye sans cesser, ne la voulurent assaillir, mais disrént qu'il yroyent voluntiers a la bataille ou estoyent allez leurs compaignons. Et lors ung nommé messire Rigault Doreille, du pays d'Auvergne, maistre d'ostel du Roy, s'en alla vers ladite barrierre, faignant escarmoucher, pour icelle adviser et la manière des Gennevoys qui la gardoyent; et, cela veu, en s'en retournant, trouva ung nommé Guyon Le Roy, seigneur de Chillou, auquel

qu'on occupa le fort presque sans coup férir. D'après Symphorien Champier, Bayard occupa le fort après avoir solidement combattu avec Maugiron. D'après la Bataille et assault, on tua 100 ou 120 hommes, on en perdit 30.

1. La perte des Génois fut en tout do 1,500 à 1,600 hommes dans la journée, celle des Français minime [Ui Conqvcsie).

204 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Avril 4507

dist : € Venez voir une barrierre que les Gennevoys tiennent, laquelle me semble assez facille a gaigner, et m'est advys, si quelque bonne bende de gens de pié marchoit celle part, que bientost seroit gaignée ; et, qui me vouldra bailler ranfort, je prendray sur mon honneur de remporter. > Celuy Guyon le Roy dist : c Pour moy, ne tiendra qu'elle ne soit assaillye, et de ma part m'y trouveray voluntiers avecques vous. > Et, sur ce point, ledit messire Rigault s'en va hastivement devers messire Charles d'Amboise, lieutenant de l'armée, lequel avoit l'ueil et la main a toute heure au besoing de l'affaire ; auquel dist messire Rigault : € Monseigneur, il y a icy près sur le gravier, a l'entrée d'ung chemin qui va droict au bastyon d'amont, une forte barrière et grant nombre de Gennevoys qui la gardent, et de la ennuyent fort l'armée du Roy a coups de trect et d'artillerye; par quoy me semble qu'il est mestier de gaigner ladicte barrière, laquelle n'abandonneront iceulx Gennevoys pour nostre artillerye, car il ont des taudys ou se garantissent. Et aussi les Âllemans que avez la envoyez pour l'assaillir ne veullent coup donner, combien qu'elle soit de prise et facille a emporter ; car j'ay veu et advisé l'entrée, qui est gaignable pour gens de pié ; pour ce, s'il vous plaist m'en bailler quelque bonne bende, il m'est advis, et me semble sans faillir, que je chaceray les villains et gaigneray ladite barrière. ^ Messire Charles d'Amboise, oyant ce propos, luy bailla les cinquante hommes d'armes et cent archiers de messire Yves d'Allègre, lesquelz fist tous la marcher a pié. Droict a ladite barrière adressa messire Rigault Doreille, avecques luy ledit Guyon Le Roy et ung

Ayril 4507] GOMMANT MESSIRB J. DE CHABBÀNNBS, ETC. 205

autre, nommé Phillebert de Beaujeu, et les hommes d'armes et archiers dudit seigneur d'Àllegre. La fut ung nommé Ânthoyne de Sainct Nectaire^, capitaine des archiers, lequel marcha droict avecques ses archiers ; et a la queuhe d'iceulx estoit ung nommé James de Saincte Golumbe, lieutenant de ladite compaignye, avecques ses hommes d'armes, tous a pié, lesquelz marchèrent droict a la barrière, dont grans coups de trect et haquebutes venoyent. Et, a rapprocher, messire Rigault Doreille dist aux gens d'armes qui le suyvoient : c Marchez hardyment et seurement, car j'ay veu l'entrée des barrières, laquelle est aisée, et ja sont les villains esbranllez. > Ce dit, se met devant l'espée au poing, et la, a grans patacz, chargèrent Françoys sur ceulx de la barrière. Les archiers commaincerent a descocher flèches au travers de la route des Gennevoys; les hommes d'armes pareillement se meslerent en la presse et chargèrent tous ensemble, en manière que la barrière fut habandonnée desdits Gennevoys et gaignée par les Françoys, lesquelz leur donnèrent la chace jusques a une maison estant sur le bort du chemin et fortiffyée de gens et d'artillerye. James de Saincte Columbe, avecques ses gens d'armes, assaillit celle maison si très vivement que les Gennevoys l'abandonnèrent et se misrent a monter la montaigne par divers lieulx.

Alors que ses exploictz se faisoyent, les gentishommes et autres, qui estoyent montez des premiers, combatoyent en plusieurs lieux par ladite montaigne, dont lesdits Gennevoys, qui s'enfuyoient de ladite

l. En Auvergne.

206 CHRONIQUES DB LOUIS X\L [Ayril 1507

barrière a mont, furent la pluspart ranoontrez des Âllemans et gens de pié françoys ; et Dieu soet quelle composicion ilz eurent ! Jusques au sommet de ladite montaigne montèrent les Françoys qui avoyent gaigné la barrière d'embas, et la trouvèrent grant excution de mors, dont il y en eut, scelon Fextimede plusieurs, environ deux mille cinq cens Gennevoys, et des Françoys et Allemans bien cent, et de quatre a cinq cens blecez.

Tandis que les Françoys donnoyent la chace et tuoyent les Gennevoys par les montaignes, a l'autre costé de la montaigne, sur main dextre, au dessus d'une abbaye de sainct Benoist, avoit grant nombre de Gennevoys armez. Et, ce voyant, le lieutenant du Roy, qui avoit Tueil par tout, appella ung nommé Gossains, capitaine de cinq cens laquays, lequel fîst monter, avecques ses piétons, droict ou estoyent les Gennevoys. La, sur le gravyer, estoit toute l'armée de France en ordre sans se mouvoir nullement, dont aucuns regardoyent monter ledit Gossains et ses pietons, disant que sur la montaigne avoit moult grant nombre de gens armez, et que c'estoit bien peu de envoyer cinq cens hommes seulleraent, et que bon seroit de marcher après (quelque nombre de gens a cheval sur la qucuhe pour les secourir si besoing en estoit. Et, sur ce, ung nommé Guillaume GouflFyer, de la maison de Boisi, lieutenant des cent hommes d'armes du marquys de Mantoue, et aucuns autres gens d'armes de diverses compaignyes, estant jusques au nombre de xx hommes d'armes et archiers, sortirent de leur ordre et iesserent leur enseigne, tirant après ledit Gossains et ses piétons, qui s'esloit ja

Avril i507] COMMANT MBSSIRS J. DB GHÀBBÀNNBS, BTC. 207

assemblé aveoques les Gennevoys, et donné dessus si rudement que la place luy estoît demeurée. Les Gennevoys, qui estoyent des villains de Pouloevre, se misrent en fuyte par le bas de ladite montaigne, lesquelz furent arrestez par les gens de cheval et rechacez amont. Les laquays de Gossains parreillement les rambarrerent, en manière que grant partie d'iceulx forent encloulx. Et eulx, cuydanà gaigner ung chemin au dessus d'une abbaye qui est au bas de ladite montaigne pour tirer a Sainct Pierre d'Areine et a Gennes, forent la arrestez , chapplez et assommez bien cinq cens^ conmie fot dit par aucuns de ceulx qui avoyent esté a Texploict.

Ainsi fot gaigné la montaigne nonrmiée la montaigne des Deux Frères ^^ pour une desconfiture que firent la autres foys deux frères gennevoys sur leurs ennemys; et ausi fot gaigné leur bastyon par Jacques d'Allègre, seigneur de Milho. Ghascun de ceulx qui forent a ce faict honnourable s'i aquicterent tellement que pour eulx y aquirent louange inmortelle et renom florissant. Et entre autres fot donné le bruyt a messire Jacques de Ghabbannes, conduyseur de la première charge, et aux gentishommes de sa bende, lesquelz eurent le premier hurt, soustindrent le plus grant faix et en portèrent plus de peine ; car eulx, armez de toutes pièces et a pié la pluspart, monsterent ladite montaigne haulte a merveilles et tant droicte qu'en plusieurs endroictz d'icelle failloit gripper les buissons et monter a quatre piedz. Somme, ce fot ung œuvre

Page 1