Cf. Saint-Gelais, p
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montaignes, comme a un gect d'arc près Tune de l'autre. Sur ladite moutaigne se misrent Gennevoys en troys grosses routes, et tout le long du sommet de ladite montaigne, venant de Pontedesme près du bastion que les Françoys tenoyent, et en ung autre lieu, a Cartier du Gastellas, a main senestre entre les montaignes, estoit la grande escoadre de leurs gens, ou pouvoyent estre en tout quarante mille hommes ou plus^; et la se misrent tous en bataille. Le seigneur de Milho et autres capitaines qui gardoyent^ le bastyon, et les capitaines des Allemans qui tenoyent la montaigne de nostre costé, mirent toutes leurs gens en deux batailles, ou estoyent de six a sept mille hommes françoys et allemans, près les ungs des autres de six vinglz pas ou envyron. Le maistre de l'artillerye avoit faict monter a force de gens et de cables, des le soir de devant, six grosses pièces d'artillerye et xxx coullevrines a croc sur chevalletz, portées par les pionniers; desquelles pièces, aucunes furent mises et assises aux lieux ou estoyent les gens d'armes françoys et allemans, estans sur la montaigne ; et la icelles pièces embouchées droictement contre les Gennevoys, et, pour icelles tirer, montèrent la vm des canonnyers du Roy.
En ce point, avoyent les ungs et les autres ordonnées leurs batailles et mys ordre en leur affaire. Les Gennevoys doncques avoyent donné l'alarme sur le Cartier de la Lanterne pour faire tirer la l'armée du Roy, et mises sur les montaignes leur grosse puis-
1. 12 à 15,000 d'après la Conqueste. Le roi envoya contre eux 4,000 hommes.
'?. Le texte porte grardoycnt .
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saoce pour dooner par le bas de ce costé sur les Françoys, qui tantost cognurent leur stragenye : a quoy pourveust le Roy, qui ja estoit armé et monté sur ung coursier, nommé Bay gracieulx, qui estoit moult adroict pour les armes; et, hors de son logis, accompaigné de plus de trente mille hommes armez, sans plus actendre, marcha tout droict ou pensoit estre le bruyt; mais, voyant la montaigne de tous costez plaine de Gennevoys, et en troys ou quatre lieux avoit grosses bat[a]illes, fist arrester toute son armée et mectre en bataille bas tout au droict du batyon. Devers la Lanterne estoit Tavangarde en bataille, pour la actendre les Gennevoys, lesquelz ne sortirent de leurs barrières, mais se retirèrent : de quoy, messire Mercure advertist le Roy, qui lors arrengeoit ses batailles et luy mesmes mcctoit ses gens en ordre, disant que luy mesmes monteroit a mont, pour se trouver a la meslée; ce qui luy fut desconceillé par tous ses capitaines. La fut tenu conseil qu'il estoit de faire, et s'il estoit bon de leur donner la bataille. La furent messire Charles d'Amboise, lieutenant du Roy, messire Robinet de Framezelles, et plusieurs autres capitaines de l'armée et sages chevaliers ; dont aucuns furent d'avys que le lieu estoit moult advantageulx pour leurs ennerays, disant : « Sire, vous voyez vos ennemys a grosse puissance a merveilles, lesquelz ont pris lieux avantageulx et choisi le plus a main de la place; et ausi que, pour les combatre, sont amont peu de nombre de voz gens, au regard de eulx ; et en oultre, sire, vous voyez que Feure est ja tarde ; » ausi estoit il sur le point de cinq heures du soir. Par quoy dirent aucuns capitaines : « Premier que ranfort peust
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estre monté a mont, la nuyt seroit venue, et les villains, qui savent et cognoissent les segretz et destroictz des montaignes, pourront la nuyt avoir avantage sur voz gens et leur donner quelque amorce. — Rien, dist le Roy, il est ancores plus de deux bonnes eures de souleil. Avecques ce, je voy mon armée joyeuse et délibérée de combatre, et mes gens d'amont près de comaincer le combat, et les villains serrez et en craincte : et suys seur que tout soubdain tourneront le doulx qui vivement les chargera. Ce say je, car autres foys les ay je veuz en meslée, dont grosse route d'iceulx, a peu de Françoys, furent deffaictz. > Ce dit, appella messire Mercure, capitaine de cent Albanoys, auquel dist : c Montez la sus avecques tous voz Albanoys, et sur la bataille des Gennovoys, que voyez plus prochaine du bastyon que tiennent mes gens, et faictes une legiere escarmouche. Et ce pendant, au derrière de la montaigne, faictes mectre quelque embûche de voz gens et autres a cheval pour vous secourir, s'il en est mestier. Et, après vostre escarmouche, faignez de vous retirer, pour les actraire jusques a l'embusche, et la leur donner quelque venue. Et ce pendant, je feray monter grosse puissance de gens de pié et a cheval, pour se joindre a ceulx d'amont et donner la bataille. »
Ce dit, messire Mercure avecques ses cent Albanoys, tous bien montez, a tout leurs bannerolles, se mectent a mont le long du chemin, tirant droict au bastion. Plusieurs françoys a cheval, et autres, se misrent après ; et entre autres, le marquys Francisque de Gonsago, marquis de Mantoue, monté et armé a
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Falbanoise avecques grant nombre d'autres. Pareillement fîst monter dés AUemans, au nombre de troys mille, desquelz troys de leurs capitaines fîst la chevaliers ; puys fîst ceulx monter, et autres de ses gens de pié, jusques a nombre de six mille : lesqueulx ne prindrent le chemin des Albanoys et autres gens de cheval, pour ce que c'estoit le plus long; mais des le pié de la montaigne, tout au droict du bastyon se mirent a gri[m]pper, et monter comme escureubc. Le Roy regardant ses gens aller ainsi allègrement, et toute son armée délibérée, estoit moult joyeulx; et si alloit de lieu en lieu, regardant son armée, avecques face joyeuse et manière asseurée, Tespée en la main, pour faire tenir chascun en son ordre. La sonnoyent trompettes et groux tabourins de Suyces, a toutes mains. Autour de luy estoyent Charles, duc de Bourbon; Anthoyne de Lorreine, duc de Callabre; Françoys d'Orléans, duc de Longueville ; Jehan Stuart, duc d' Albanye ; Alphons d' Ast, duc de Ferrare ; Charles de Cleuves, conte de Nevers; Jehan Guillerme, marquys de Montferrat; le conte de Vandosme*; Guy de Laval; le conte de Poitievre; le prince de Talmont; Jacques de Bourbon, conte de Roussillon; le seigneur Jehan Jourdan ; messire Germain de Bonneval ; messire Mery de Rochechouart , et plusieurs autres seigneurs de France et de Bretaigne, et tous ses autres gentishommes et pencionnaires, avecques tous ses hommes d'armes, la lance sur la cuisse. Ausi se trouva a ceste bataille Tristan de Salluzart, arcevesque de Sens, arme de toutes pièces, et monté sur ung bon coursier, une