Louis Thimont, maire ; François Lau
monier, adjoint.
1849. — Alexis Coutré, maire ; Michel Charbonneau, adjoint.
28 Mars 1866. — Alexis Coutré, fils, maire ; Michel Cl îarbonneau , adjoint .
1870 à 188... — Jacques Thireau, maire ; 1871, Alexis Coutré, adjoint, décédé le 18 juillet.
1871-1876. — Antoine Brault, adjoint.
1877. — Charles Besnier, adjoint.
1er Vendémiaire an III. — La municipalité nomme instituteur des enfants de six à treize ans le citoyen François Clément, ancien greffier du juge de paix d'Assé, et la citoyenne Renée La Mare, femme Gervaiseaux, institutrice des filles. 20 Brumaire an III. — Choix et installation de Pierre Brousset, en qualité d'instituteur.
23 Nivôse an III. — Nomination au scrutin par le Conseil municipal de Claude Gervaiseaux, instituteur, et de Renée Lamare, veuve L. Gervaiseaux, institutrice.
1803-1816. — M. le curé Galais faisait l'école aux garçons avec le plus grand désintéressement.
Au commencement de la Restauration une fe urne faisait l'école.
Après vint M. Legris, enseignant les deux sexes : son fils lui succéda.
Instituteurs :
1830-1835. M. Chambay.
1835-1859. M. Lorphelin.
Institutrices .- Avant 1815. M"e Perché, aux deux sexes.
1825.MlleRibot,feChamba\.
1859. M. P. Fouquet.
1863. M. Torchet;
1864. M. C. Brière.
1876. M. L. Trotereau.
depuis 1789 97
1835. MUe Denis qui épousa M. Lorphelin.
1865. MUe Roger.
1865-188. MUe Désirée Corbeau.
§ 2. Préliminaires de la Révolution.
En 1788, par suite delà sécheresse, la récolte avait été mauvaise ; par surcroît, la grêle dévasta plusieurs provinces et fit un dégât de 100 millions. L'hiver survint et fut presque aussi rigoureux que celui de 1709 ; à la fin de décembre, la Seine gela de Paris au Havre, et le thermomètre descendit à 18° 3/4 au-dessous de zéro. Dès le printemps de 1789, la famine était partout. En vain, le Gouvernement commandait aux fermiers, propriétaires et marchands de garnir les marchés, doublait la prime d'importation, dépensait 40 millions pour fournir du blé à la France. En vain, la charité privée multipliait-elle ses aumônes. Les indigents étaient trop nombreux : dans beaucoup de paroisses le quart des habitants mendie. Paris semble une ville affamée, rationnée à la fin d'un long siège. Plus on approchait du 14 juillet, plus la disette augmentait. Le pain était en général noirâtre, terreux, amer, donnait des inflammations à la gorge et causait des douleurs d'entrailles. Sous Louis XIV et son successeur, le peuple, dans certaines provinces avait jeûné et pâti davantage ; mais les émeutes partielles étaient rudement réprimées.
Aux deux premières assemblées provinciales provoquées par Necker 1778 et 1779, Loménie de Brienne vient, en 1787, d'en ajouter dix-neuf autres, donnant naissance'aux assemblées d'arrondissement, puis à celles de paroisse. Ces nouvelles assemblées répartissent la taille et en surveillent la perception, décident et dirigent tous les travaux publics. L'intendant, le subdélégué, l'élu perdent ainsi la plus grande partie de leur autorité. Partant, entre ces deux pouvoirs rivaux mal définis, des conflits s élèvent.
Dans chaque assemblée de paroisse, d'arrondissement et mémo
de province, des roturiers, des laboureurs, et souvent des simples fermiers siègent à côté des seigneurs et des prélats. Ils voient défiler sous leurs yeux les chiffres énormes des taxes qu'ils payent seuls ou presque seuls, taille , capitation, impôt des routes, etc.
Dès le' commencement de 1788, les assemblées provinciales demandent aux syndics et aux habitants de chaque paroisse une enquête locale ; on veut savoir le détail de leur grief, quelle part de revenu prélève chaque impôt, ce que paie et ce que souffre le cultivateur, combien il y a de privilégiés dans la paroisse. Le procureur qui remplit les fonctions de secrétaire, désigne du doigt chaque privilégié, critique son genre de vie, évalue sa fortune, calcule le tort que ses immunités font à la paroisse, invective contre les impôts et les commis.
Le villageois voit ses maux, non plus un à un, comme autrefois, mais tous ensemble ; il commence à démêler les causes de sa misère. Le Roi est bon, alors pourquoi ses mandataires paientils tant d'argent ? Tels et tels, chanoines ou seigneurs, ne sont pas méchants ; alors, pourquoi nous font-ils payer à leur place ?
Vers la fin de 1788, on commence à entendre le grondement universel et sourd d'une colère prochaine. Et, justement, voici que le Gouvernement, lâchant les rênes, appelle la nation à se conduire elle-même.
En novembre 1787, le Roi déclare qu'il convoquera les États- Généraux, et, le 5 juillet 1788, il demande partout des mémoires à ce "sujet.
La date est fixée au 8 août.
Les nouvelles idées ont filtré insensiblement de couche en couche, et après avoir gagné l'aristocratie, toute la partie lettrée de la bourgeoisie, les écoles, la jeunesse, elles^se sont insinuées dans la classe qui vit du travail de ses bras. Les grands seigneurs ont raillé le christianisme et affirmé les droits de l'homme devant'leurs valets, leurs fournisseurs et toute leur antichambre. Les gens de lettres, les avocats, les procureurs ont répété, d'un ton plus âpre, les mêmes diatribes et les mêmes théories. Ils ont
depuis 17813 99
parlé devant les gens du peuple comme s'ils n'étaient point là. Coup sur coup, éclosent par milliers des 'pamphlets révolutionnaires. Au mois de février 1789, Necker avoue « qu'il n'y a plus d'obéissance nulle part , et qu'on n'est pas môme sûr des troupes. »
L'année 1789 vit s'écrouler l'ancien ordre de choses. Sur la motion du vicomte de Noailles, soutenu par le duc d'Aiguillon et par Mathieu de Montmorency, les droits féodaux, les droits de chasse, de colombier et de garenne, les dîmes et champarts, les privilèges des ordres, des villes et des provinces, les servitudes personnelles, les justices seigneuriales, la vénalité des offices, furent abolis. Les patriciens commencèrent la Révolution, les plébéiens l'achevèrent. Le reste de l'année 1789 vit les décrets qui dépouillèrent le clergé, détruisirent l'ancienne magistrature et créèrent les assignats. L'Assemblée constituante élabora précipitamment et lança la France dans une ère toute nouvelle. Il n'y a si haute question politique qu'elle n'ait touchée et convenablement résolue. Que serait-ce, si elle s'en fut tenue aux cahiers des États-Généraux et n'eût pas essayé d'aller au-delà ! Tout ce que l'expérience et l'intelligence humaines avaient conçu et élaboré pendant trois siècles, se trouve dans ces cahiers. Les abus divers de l'ancienne monarchie y sont indiqués, et les remèdes proposés ; tous les germes de liberté sont réclamés, même la liberté de la presse, toutes les améliorations demandées, pour l'industrie, les manufactures, le commerce, les chemins, l'armée, l'impôt, les finances, l'éducation publique, le clergé, etc. Nous avons traversé sans beaucoup de profit des agitations terribles.
§ 3. — Assemblée des États-Généraux.— Bailliage de Fresnay.
« Aujourd'hui, neuvième jour du mois de mars 1789, à dix heures du matin.
« Devant nous Thomas-Alexandre Bucquet, conseiller du Roi, bailli, juge civil criminel et de police au bailliage et siège royal
de Fresnay-le-Vicomte, en présence du procureur du Roi, et assistance de Me Bonnaventure-Josepli-Georges Hatton, avocat en parlement, notre greffier ordinaire.
« En exécution de la lettre du Roi, du 24 janvier dernier, du règlement y annexé, de l'ordonnance de M. le Sénéchal du Maine, du 16 février dernier, de notre ordonnance du 23 du même mois... des notifications faites par prévôt, les 25, 26 et 27 février, aux villes et bourgs de notre ressort.
« Sont comparus les habitants de la ville et paroisse de Notre- Dame de Fresnay, stipulés et représentés par les sieurs François Hatton de La Gainière, maire, Louis Moreau-Duboulay, premier échevin ; Me Charles-Jérôme Levain, conseiller, procureur du Roi ; Me Louis Levasseurd'Érau ville et Jacques Huppier, avocats; Mes Christophe Pottieret Alex.-Charles Mouton, notaires ; Me Gabriel Garreau, huissier.
« Les sieurs Urbain Gallais, Ambroise Berger, Pierre Levrard, Me Jean-André-Constant Aveneau, président au grenier à sel de cette ville ; les sieurs Millois-Pommeray, Millois de l'Étang et Fouqué, leurs députés...
« Les habitants d'Assé-le-Boisne, représentés par Me René Peltier, procureur fiscal de la châtellenie cTAssé, Pierre Chevalier, bourgeois, et Joseph Fresnais....
Les habitants des paroisses suivantes ont leurs députés : Béthon, Bourg-le-Roi, Gesnes, Moitron, Moulins-le-C, Oisseau, Rouessé-Fontaine , Saint-Aubin-de-Locquenay , Saint-Germainde-la-Coudre, Saint-Ouen-de-Mimbré, Saint-Victor.
« Les habitants de Sougé, représentés par les sieurs François- René Guérin, René La Mare, Julien Dioré.
« Desquelles comparutions, remise de cahiers et procès-verbaux, dénomination, avons donné acte auxdits comparants
(Saint-Christophe-du-Jambet a fait défaut, n'est pas représenté), ordonnons qu'il sera passé outre à la continuation du procèsverbal. »
Je simplifie. — On nomme six commissaires pour fondre en un seul calùer ceux des différentes communes : MM. René Gué-
rin, de Sougé, Jérôme Levain, Moreau-Duboulay, Joseph Millois- Pommeray, René Pelletier, d'Assé, Riondel, de Bourg-le-Roi .
«... Et attendu qu'il est sept heures sonnées, et pour donner auxdits commissaires un délai suffisant pour procéder à ladite réduction des cahiers en un seul, nous avons remis la continuation du procès-verbal à mercredi prochain, 11 du courant...
« Et ledit jour 11 mars 1789,... sont comparus tous les députés sus établis... pour la réduction en un seul de tous les cahiers de Plaintes et Doléances, présentés par les députés de cette ville et des différentes paroisses du ressort, lesquels ont remis sur le bureau le cahier général par eux rédigé, auquel ils ont vaqué pendant quinze heures.
« Et, après avoir fait donner lecture à haute et intelligible voix dudit cahier général lesdits députés.... l'ont agréé,... Font signé... pour être remis aux députés qui seront ci-après nommés, pour les représenter à rassemblée générale de la province qui se tiendra le 16 du courant dans la ville du Mans, devant M. le Sénéchal du Maine, ou M. le Sous-Lieutenant général, et après avoir pris le serment desdits députés, promis et fait jurer, et juré avec eux de nommer pour députés les plus capables et les plus instruits d'entre eux pour porter ledit cahier à l'Assemblée générale. Ils ont à la pluralité des voix, et, après avoir recueilli les suffrages, nommé pour députés notre personne (Thomas-Alex. Bucquet), celles des sieurs Leguicheux de Langlecherre, procureur du Roi à ce siège ; Charles-Jérôme Levain, lieutenant audit siège ; Millois de Poinmeray, bourgeois de cette ville ; François- René Guérin, maître de forges de La Gaudinière ; René Pelletier notaire de la paroisse d'Assé ; Pierre Chaplain du Rocher, chirurgien au Bourg-le-Roi ; Yalentin Riondel, notaire au Bourg-le- Roi ;Clopeutre, marchand de toiles, de Gesnes; Jacques Chevallier, laboureur, de Saint-Aubin, et Nicolas Folis, fermier du prieuré de Saint-Aubin, tous lesquels députés, formant le quart de l'assemblée générale de ce bailliage, ont accepté volontairement ladite charge... et ont lesdits députés, représentant le général des habitants de cette ville et bailliage, doimé pouvoir auxdits dépu-
tés ci-dessus dénommés de se trouver à ladite asssemblée générale de la province du Maine, le 16 courant ; et de concourir en leur nom à l'élection des députés du Tiers-État, qui seront envoyés aux États-Généraux dans le nombre et la proportion déterminés par la lettre de Sa Majesté; leur donnant également pouvoirs généraux et suffisants pour proposer, remontrer, aviser et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l'État, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité du royaume et le bien de tous les sujets de S. M...
« Ordonnons que ledit cahier sera remis ès-mains desdits députés, pour le porter à ladite assemblée générale, et qu'il sera délivré par notre greffier des copies dûment collationnées du présent notre procès-verbal pour être déposées, l'une aux archives de la maison de ville de ce lieu, et l'autre remise ès-mains desdits députés en une copie collationnée dudit cahier qui sera déposé aux archives de cette maison de ville.., Fait et arrêté... »
Plaintes et Doléances du bailliage de Fresnay.
« Nous Charles-Jérôme Levain, Louis Moreau-Duboulay, Joseph Millois de Pommeray, René Pelletier, Valentin Riondel et François René Guérin, commissaires nommés par les députés du bailliage secondaire de Fresnay-le-Vicomte, suivant le procès-verbal duquel au présent mois pour la rédaction de tous les cahiers de plaintes et doléances des communautés du ressort, y avons procédé en la forme qui suit :
« Puisque la bonté du Roi non-seulement permet, mais nous invite à lui adresser nos plaintes et nos doléances. Son intention est de remédier à nos maux, et c'est avec toute confiance . que nous oserons lui remontrer et à l'Assemblée des États-Généraux :
« 1° Que le Tiers-État a été jusqu'à aujourd'hui principalement et presque uniquement chargé des impôts ; c'est lui qui en a supporté le poids accablant; qui a été la victime de la gabelle, des aides, de la taille des francs-fiefs, des corvées et des privilèges
multipliés sans nombre et sans nécessité. Dans tous les temps l'habitant des campagnes, l'utile cultivateur a été réduit au plus strict nécessaire, et au moindre revers toute sa ressource est dans la mendicité. Comme les riches préfèrent le séjour des grandes villes où ils sont à portée de multiplier leurs jouissances; il en reste peu qui soient les témoins de cette misère désolante ; les malheureux n'éprouvent de secours que de la part des personnes dont le toit avoisinent le leur. La bonté paternelle de notre souverain nous fait espérer un nouvel ordre de choses, et pour que notre confiance ne puisse être déçue, nous requérons que le Tiers-État ait, suivant l'intention du Roi, un nombre de députés égal à celui des deux Ordres ensemble, et que ce nombre soit entièrement tiré du Tiers-État, sans y admettre aucun noble ni privilégié.
« 2° Que les Ordres opinent par tôte,caropinerparordreserait un moyen assuré de rendre inutile l'avantage qu'on a accordé au Tiers d'avoir un plus grand nombre de représentants.
« 3° Sa Majesté sera suppliée d'accorder à toutes les provinces de son royaume l'avantage dont jouissent plusieurs d'elles : celui d'avoir leurs états particuliers, et que ces états soient formés de la même manière que ceux du Dauphiné.
« 4° Nos députés seront chargés de requérir que désormais les impôts soient également supportés par tous les sujets du Roi, sans distinction, sans exception, et ce, en proportion de leurs facultés et moyens.
« 5° Le désordre dans les finances de l'État et dont les suites pourraient être infiniment désastreuses pour la nation entière, si on n'y remédiait, a été porté en ces derniers temps à son comble. Cependant, si le Gouvernement ne peut, aujourd'hui, fournir à toutes les dépenses, ce n'est pas sans doute que les revenus n'aient été et ne soient infiniment considérables, mais l'eussentils été davantage, dès que la dépense était sans ordre, il était impossible qu'ils y pussent suffire ; c'est ce désordre qu'il faut attaquer, il faut reconnaître les issues par où les finances de l'État se sont écoulées et tâcher de les fermer. Ainsi nos députés
sont chargés, préalablement à tout et avant de consentir aucun impôt, de n'épargner ni soins ni peines pour établir un ordre constant, invariable, qui préserve l'État à jamais d'un pareil désastre. Ainsi, réformation des abus qui altèrent, anéantissent les finances de l'État, avant de consentir aucun impôt.
« 6° C'est une chose universellement reconnue que les abus de toutes espèces se sont introduits dans la manière dont s'administre la justice dans tous les tribunaux : il en est bien peu qui n'en ait été la victime. Mais le peuple est bien plus exposé à l'être : moins instruit, il est plus facilement induit en erreur par un procureur ou un avocat ; sans crédit, sans protection il est impunément vexé. De la moindre affaire qu'il porte devant les tribunaux on en fait un procès important, ou multiplie les écritures et toutes espèces de procédures qu'on fait payer au centuple. Que le malheureux gagne ou perde son procès, il est toujours certainement ruiné, et arrive de là que les plus sensés et les moins opiniâtres, dans cette classe, aiment mieux souffrir l'injustice que de plaider, et cela même les expose à un autre inconvénient, celui d'augmenter l'audace des malfaiteurs.
« Le besoin de finance de la part du Gouvernement l'a forcé à des opérations qui, dans la suite, excitent des plaintes légitimes : c'est à ce besoin qu'est due la vénalité des charges de judicature, l'établissement des tribunaux d'exception, avec l'avantage pour ceux qui les remplissent d'acquérir des privilèges qui deviennent des charges publiques et qui exposent souvent les parties à ne savoir à quel juge elles doivent recourir ; il faut dépenser beaucoup d'argent, perdre bien du temps à plaider sur la compétence avant d'avoir pu plaider sur le fond. C'est pourquoi nos députés sont chargés de solliciter la suppression de la vénalité des charges, la suppression des tribunaux d'exception, la réformation des abus dans la manière dont s'administre la justice dans les tribunaux ordinaires, l'arrondissement des juridictions par paroisse, qui puisse mettre les justiciables toujours à portée des tribunaux.
7° « En général nous éprouvons dans cette province l'inconvénient d'une multitude de charcres onéreuses des notaires sans
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nombre dont le ressort rétréci fournit à peine une subsistance modique, et qui se trouvent très-rarement remplies par des sujets suffisamment instruits ; des huissiers priseurs dont le privilège est onéreux aux mineurs, aux orphelins dont ils consomment en frais inutiles une partie du patrimoine.
« 8° Les biens ecclésiastiques, qui forment dans l'État une masse immensément considérable, ont cessé depuis un temps immémorial d'être employés suivant leur primitive destination. Ils devaient servir à l'instruction et l'entretien simple, modeste des ministres de la religion, le surplus devait être employé pour le soulagement des malades, la nourriture de l'indigent, la pauvre veuve et l'orphelin.
« Aujourd'hui les revenus ecclésiastiques sont accumulés sur la tête des prélats, des abbés commendataires, des moines et des chanoines, sans aucune utilité réelle pour le peuple. Il est la victime de tous les abus ; on l'oblige aujourd'hui à la reconstruction non-seulement des églises, mais même du logement des curés, et s'il n'aumônait pas les vicaires, il manquerait de prêtres pour catéchiser les enfants et administrer les sacrements.
« 9° Nous demandons avec tout le reste du royaume la liberté entière du commerce. Il est, dans cette province, gêné par toutes sortes d'entraves. Ce sont des droits de péage, des droits d'entrée et de sortie ; des impôts sur les cuirs, sur les huiles, sur les viandes, sur les fers, etc., qui arrêtent à chaque instant les opérations du commerçant. Mais un fléau plus considérable encore auquel le gouvernement paraît trop indifférent, par le peu de son qu'il a pris dans ces derniers temps, d'en arrêter les progrès, ce sont les banqueroutes ; elles sont devenues si communes qu'elles ont cessé d'être avilissantes, et les marchands peu délicats les comptent parmi les moyens de faire leur fortune.
« 10° Nous invitons nos députés ,ï employer leurs soins pour parvenir, s'il y a moyen, à décharger le peuple des campagnes des banalités de four, de moulin, de corvée envers les seigneurs, de droit de fuie et de garenne, tous beaucoup plus onéreux au peuple qu'ils ne sont utiles aux seigneurs. Nous abandonnons à
l'assemblée, qui saura respecter le droit de propriété, la manière d'indemniser les seigneurs de sorte qu'ils n'aient point à se plaindre.
« 11° Le peuple, témoin et victime de tous les abus, qui ont lieu clans la manière dont les grands chemins ont été faits avant que les administrations provinciales en aient été chargées, se rappelle encore avec douleur qu'on a employé des sommes immenses, et pendant nombre d'années, sans qu'il en résultât aucun effet proportionné, qu'on a pris les terrains des particuliers, pris la terre, la pierre pour les levées et les encaissements sans dédommager les propriétaires ; mais la manière dont la commission intermédiaire s'en est acquittée nous fait espérer une réformation générale des abus, nous chargeons nos députés d'insister pour qu'elle s'effectue.
« 12° L'attention bienfaisante de notre monarque à accorder aux campagnes une ressource pour les pauvres journaliers, c'est une distribution d'argent, connue sous le nom de travaux de charité qui devait être employée à la réparation des chemins de communication et pour procurer d'autres commodités souvent indispensables, mais les nobles toujours à portée de solliciter et d'obtenir toutes les faveurs se la sont appropriée, et l'ont employée à des travaux utiles et agréables à eux seuls et le plus souvent inutiles au public. Ça été pour des chemins d'arrivée à leurs châteaux, des avenues, des enlèvements de terre pour se procurer des points de vue ; et la plupart peu entendus dans ces sortes de travaux et trop peu appliqués pour surveiller les travailleurs, ont dépensé pour chacun des ouvrages le double de ce qui aurait dû l'être, au lieu que si l'on eut accordé ces deniers de charité aux communautés les ouvriers eussent été surveillés et on les eut employés très-utilement.
« 13° La levée annuelle et rigoureuse des soldats provinciaux est effectivement un fléau pour les campagnes. Les paysans aisés, dont les enfants sont les meilleurs sujets, la regarde, comme un malheur rachetable au plus haut prix. On ne manquerait pas de sujets n'ayant pas les mêmes raisons d'attachement au sol qui les
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a vus naître se décideront facilement, et pour de légères sommes à se faire soldats provinciaux, s'il entre dans les vues du Gouvernement d'avoir de ces espèces de milice, même en temps de paix. Il semble qu'on pourrait accorder la liberté de s'en procurer à prix d'argent, ce qui serait moins onéreux que les bourses qu'on forme pour le dédommagement de ceux à qui le mauvais billet écheoit et que toutes les précautions des subdélégués ne peuvent empêcher.
« 14° Nos députés sont chargés de requérir le retour périodique des États-Généraux, et, pour y déterminer le Gouvernement, de ne consentir la levée des impôts que pour un temps limité.
« 15° On demande la suppression de la vénalité des charges municipales et que les officiers municipaux soient choisis par les villes conformément à redit de 1764.
« 16° On demande que dorénavant les seigneurs n'aient plus la faculté de céder leur droit de retrait féodal ; que ces sortes de cessions ont occasionné des abus considérables, que les seigneurs en ont fait une espèce de commerce et qu'ils ont perçu des sommes bien excédantes à celles qui leur appartenaient pour droit d'éventer.
« 17e Demanderont encore Iesdits députés que toutes contestations en matière légère et qui n'excéderont pas la somme de 20 liv. soient jugées par les municipalités des campagnes.
« Fait et arrêté par nous commissaires, nommés par le procèsverbal de M. le bailli de cette ville, dans la séance du 9 courant, 1789. » Signé.
Le procès-verbal du bailli est passablement rédigé. Mais le cahier des Plaintes et Doléances est détestable ; il n'y a ni ordre, ni lucidité, ni orthographe. La Commission renfermait cependant deux magistrats, qui, j'aime à le croire, auraient pu dresser d'une manière plus régulière ce factura.
Les États-Généraux de 1789 s'étant déclarés, le 17 juin, Assemblée nationale Constituante ; le 15 janvier 1790, cette assemblée décréta une nouvelle division de la France en départements.
§ 4. — District.
Les administrateurs composant le Directoire du District étaient entièrement subordonnés à l'Administration départementale. Leurs fonctions consistaient dans l'exécution, sous la direction de l'autorité de l'administration départementale, de toutes les dispositions arrêtées par celle-ci, dans la vérification des différentes affaires, relatives au district, etc. Le département de la Sarthe était divisé en 11 puis en 9 districts, divisés eux-mêmes en cantons. Sougé faisait partie du canton d'Assé, compris dans le District de Fresnay. Le canton d'Assé se composait des communes d'Assé, Fyé, Sougé, Saint-Léonard-des-Bois, Saint-Paul-le-Gaultier, Saint-Victeur. La Constitution de l'an III, adoptée le 22 fructidor, 22 août 1795, supprime les districts tout en créant les arrondissements de tribunaux de police correctionnelle, une administration municipale dans les communes ayant au moins 5,000 habitants, et pour les autres, une administration municipale par canton.
Le 18 juin 1790, les sieurs René La Mare et Granger de Sougé, prirent part à Fresnay à l'élection des Membres du district. Les électeurs au nombre de 54 élurent MM. Moreau- Duboulay, Hersan, de Saint-Marceau, Levrard de La Bussonnière, Jean Pavet, de Nouans, Lermier de La Girondière, d*Arçonnay. Le lendemain, la même assemblée élut le sieur Bardou de Boisquetin procureur-syndic.
Le 19 juillet 1790, les membres du district choisirent, après les discours patriotiques de MM. Louis Moreau-Duboulay et Coupelle des Ponceaux, prieur-curé, les 'quatre membres qui devaient composer le Directoire, MM. Moreau-Duboula> , Levrard de La Bussonnière, Sauvé et Daguin.
7 février 1790. Nous RenéFortis, curé de Sougé, Pierre-Simon Grange, René La Mare, François Laumonier, Joseph Tbimont, François Desartre, Julien Rivière, Louis Gervaiseaux, François Galpin et Charles Laigneau, membres municipaux de la paroisse
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de Sougé-le-Ganelon, y demeurant, généralité de Tours, assemblée intermédiaire du Mans, district de Beaumont-le-Vicomte, soussignés, (Beaumont avait été désigné dans le principe comme district), pour satisfaire aux lettres patentes du Roi, datées des mois de décembre 1789 et janvier 1790, ensemble de l'instruction de l'Assemblée nationale du 14 dudit mois de décembre, avons adressé par MM. les officiers du bureau du district de Beaumont ; publications et affiches faites d'icelles par notre greffier, par lesquelles il nous est enjoint et ordonné de convoquer une assemblée générale de tous les habitants actifs, à l'effet de procéder conjointement avec nous à l'organisation d'une nouvelle municipalité en notre dite paroisse. En conséquence, nous avons fait annoncer au prône de la grand'messe du dimanche, 31 janvier dernier, que tous lesdits habitants actifs eussent à s'assembler aujourd'hui en l'église de Sougé, à l'effet de procéder à l'élection et nomination d'un président, d'un secrétaire-greffier, de trois scrutateurs, d'un maire, de cinq membres municipaux, de douze notables et d'un procureur de la communauté de notre dite paroisse
« Tous lesdits habitants asssemblés en ladite église,...» ont élu à la majorité des voix MM. René La Mare pour président, et Diorô, notaire, pour greffier, MM. François Desartre, Simon- Pierre Grange et François Laumonier, pour scrutateurs.
« La présente nomination des scrutateurs ainsi faite, nous président.., avons présentement reçu le serment desdits membres, ensemble celui de tous ceux qui composent ladite assemblée générale, à l'effet de nommer un Maire. Lesquels nous ont juré et affirmé de maintenir de tout leur pouvoir la Constitution du royaume, d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, et de choisir en leur âme et conscience les plus dignes d'entre eux de la confiance publique et de remplir avec zèle et courage les fonctions civiles et politiques qui pourront leur être confiées..., sur lequel nombre (177) de votants ; il s'en est trouvé 103 qui ont donné et remis leur voix en faveur de Joseph Thimont. Pourquoi nous avons, en présence de toute l'assemblée, déclaré nommé et élu
pour maire ledit Thimont, lequel a accepté ladite charge et a signé.
« La nuit étant survenue, nous président susdit avons également remis la continuation de la présente assemblée à demain, lundi 8 du présent mois de février, en ladite église de Sougé ; et ledit jour... lesdits membres... ont tous d'un commun accord...» ont élu Julien Rivière, Michel Déret, Charles Laigneau, René Sailland, Jacques Ferrand, membres de la municipalité de Sougé. Joseph Châtelain est élu procureur ; 12 notables sont élus : MM. François Jousselin, François Laumonier, François Desartre, Simon-Pierre Grange, Charles-Félix Gervaiseaux, Michel Lhuissier, François Bellanger, Jean Chevalier, Antoine Leboucher, René Deschamps, René Rondeau et Jean Edon. La prestation du serment est faite et le procès-verbal d'une orthographe détestable est signé.
27 octobre 1790. Tableau pour fixer le prix de rachat des droits ci-devant seigneuriaux... «Vu la lettre à nous adressée par MM. les Administrateurs du Directoire du département de la Sarthe en date du 1er octobre..., avons procédé à la confection des tableaux relatifs au rachat des droits féodaux ; en conséquence avons arrêté et arrêtons.
« 1° Que le tableau indicatif des journées serait fixé ainsi : homme, 1 liv.; — cheval, 1 liv. 10 s.; — âne, 15 s.; — deux bœufs, 3 liv.; — voiture attelée de deux chevaux, 4 liv.
« 2° Que le tableau indicatif des animaux qui se vendent à la pièce et à la couple, des denrées qui se vendent à la livre, à la pièce et à la mesure ainsi que les espèces de grains qui se vendent au boisseau, seront estimés d'après le prix commun, calculé sur les quatorze années précédentes, ainsi qu'il suit :
« Un oie, 1 liv. 10 s.; — un dindon, 40 sols ; — un agneau, 3 liv. 10 s.; — un chevreau, 15 s.; — un cochon, 3 liv. 10 s.; — deux poulets, 12 s.; — deux chapons, 1 liv. 10 s.; — deux pigeons, 10 s.; — deux canards, 1 liv. 5 s.; — une livre de beurre, 10 s.; — une livre de plume, 1 liv. 10 s.; — une livre de laine blanche, 1 liv. 10 s.; — une livre de chanvre, 6 s.: — une livre de miel, 3 s. ; — un fromage, 4 s.
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« Un boisseau de pois ronds, 80 livres à 3 liv. 10 s.; — un boisseau de fèves pesant 70 livres, 3 liv. 10 s.; — un boisseau de lentilles pesant 75 livres, 6 liv.; — un boisseau de pommes, 10 s.; — un boisseau de poires, 10 s.; — un boisseau de blé pesant 6Q livres, 5 liv. 19 s. 11 d.; — un boisseau de méteil pesant 70 livres, 5 liv. 5 s. 9 d.; — un boisseau d'orge pesant 52 livres, 3 liv. 18 s. 5 d.; — un boisseau de seigle pesant 70 livres, 5 liv. 1 s. 9 d.; — un boisseau d'avoine de 45 livres, 2 liv. 9 s. 2 d.; — un boisseau de sarrasin, de 50 livres, 3 liv. 5 s. 5 d.; — un boisseau de vesse du poids de 80 livres, 3 liv. 10 s.; — un boisseau de jarosses, de 80 livres, 3 liv.; — un boisseau de chenevis, de 55 livres, 3 liv. 10 s.; — Le tout mesure de Fresnay... »
Douze novembre 1790. Le district, après un relevé de dix années, fixe ainsi le prix des grains : le boisseau de blé au prix de 6 liv. 8 s. 3 d.; — un boisseau de méteil, 5 liv. 12 s. 9 d.; — un boisseau de seigle, 5 liv. 9 s. 3 d.; — un boisseau de mouture, 4 liv. 9 s.; — un boisseau d'orge, 4 liv. 4 s. 6 d.; — un boisseau de sarrasin, 3 liv. 7 s. 6 d.; — un boisseau d'avoine, 2 liv. 6 s. 6 d. Le tout mesure de Fresnay.
30 décembre. Des mesures sont prises pour afficher les biens nationaux de Sougé et de plusieurs paroisses,
10 février 1791 . Désignation de sept tribunaux où se porteront les appels des sentences rendues par le tribunal du district de Fresnay : Alençon, Le Mans, Mamers, Chàteau-du-Loir, Mayenne, Sablé et Sillé.
23 mars 1791. La journée de travail est estimée à 15 s. pour les quarante-sept paroisses qui composent l'arrondissement de Fresnay.
18 mai 1791 . Conformément à une lettre, du 1er mai, des administrateurs du département, le procureur syndic de Fresnay donne une réponse avec désir de maintenir vingt-huit paroisses et trois succursales : Sougé reste paroisse « à cause de la difficulté des chemins et de la rivière ainsi que de réloignemenl des autres paroisses. »
1er octobre 1791. L'Assemblée législative remplaça l'Assemblée constituante. Bardou-Boisquetin, procureur syndic du District de Fresnay, est député.
5 janvier 1792. Contribution foncière de la Sarthe pour 1791, 3,796,000 liv. dont 435,503 liv. pour le District de Fresnay.
4 février 1792. Sougé obtient 710 liv. pour sa part dans la répartition de 25,420 liv. en petits assignats, faite entre les paroisses du District de Fresnay.
20 mars 1792. Nouvelle répartition de 24,000 liv. en petits assignats aux communes du District.
5 avril 1792. Enregistrement au District de Fresnay d'un certificat de résidence, donné à Paris à M. Louis-Pierre-Joseph de Montesson.
6 juillet 1792. Le Directoire de Fresnay choisit pour lieu de la fête de la Fédération la prairie de Mimbré, appartenant à Mme veuve Delelée ; un autel y fut élevé.
24 juillet 1792. Enregistrement d'un certificat de résidence de dame Antoinette de Montesson, épouse de M. Gilbert de Vaux, chevalier de Saint-Louis, dans la ville de Vic-le-Comte, district de Billom.
20 août 1792. Installation de la Convention nationale.
21 septembre 1792. La Convention nationale, sous la présidence de Petion, décréta l'abolition de la royauté et proclama !a République. L'ère républicaine commença le 22 septembre.
29 octobre 1792. Les membres du District de Fresnay rédigent une adresse à la Convention pour la féliciter de l'abolition de la royauté.
27 octobre 1792. Délibération où un membre du District de Fresnay insiste sur la nécessité de mettre sous les yeux de l'administration départementale l'urgence de la construction du pont projeté de Fresnay et celui du Gué-Ory, celle de la perfection de la route de Bretagne par Mamers, Fresnay et Sillé, commencée depuis si longtemps, ainsi que l'utilité d'un embranchement de Conlieà Fresnay... et de la continuation d'un atelier de Douillet à Saint-Georges. Il insiste également pour qu'on rappelât au dépar-
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tement l'importance de faire revivre un projet, anciennement présenté au Gouvernement ayant pour objet de rendre la rivière de Sarthe entièrement navigable et de la joindre à celle de l'Orne par un canal et communiquer ainsi à la mer.
21 janvier 1793. La Convention fait guillotiner Louis XVI, âgé de 38 ans, après un règne de 19 ans.
§ 5. — Révolution après la mort de Louis XVI.
30 nivôse an II. Nomination de Charles Gervaiseaux, ci-devanl procureur de la commune, aux fonctions d'Agent national.
14 pluviôse an IL Serment du juge de paix provisoire du canton d'Assé, nommé par le District de Fresnay. Les juges de paix étaient élus tous les ans.
Recensement de l'orge, avoine, pois et sarrasin pour les semences. La Convention n'avait-elle pas chargé les Conseils généraux des communes de faire ensemencer les terres en désignant les espèces de grains. Cette mesure loin d'apporter remède à la crise du moment ne fit qu'accroître tous les maux. L'agriculture ne peut prospérer que là où le cultivateur possède le plus précieux de tous les biens, la liberté.
30 mai 1793. Les officiers municipaux de Sougé sont autorisés à enlever une grille en fer attenant au jardin du château de l'émigré Montesson, pour être convertie en piques devant servir à armer les citoyens.
18 pluviôse an II. La garde nationale reçoit l'ordre de tuer tous les chiens de la commune, à l'exception de dix-sept.
30 nivôse an IL Fête en l'honneur de la prise de Toulon : « La municipalité et le conseil général de la commune et comité dûment assemblés à la place d'armes, et la garde nationale et tout le peuple entier de cette commune, pour célébrer la fête de Décadi, conformément au décret de la Convention nationale du quatrième jour de nivôse l'an II de la République une et indivisible et de la prise de Toulon.
« Le citoyen maire a fait lecture dudit décret... après cette
publication Ton entendait de tous côtés que des cris de vive la République ! vive la Montagne ! vive la Liberté ! et mille fois répétés. Plusieurs chansons analogues à cette fête ont été chantées par les citoyens et citoyennes de cette commune. Après tous ces chants joyeux, le citoyen maire a donné lecture du décret du dix-neuvième jour de brumaire, et a invité tous les citoyens à faire des offrandes pour les défenseurs de la patrie et, au même instant, a été ouvert un livre à cet effet, où tous les bons citoyens qui ont du souvenir des défenseurs de la patrie y ont contribué. Lesquels fonds reçus seront convertis en chemises et souliers propres aux braves défenseurs de la patrie pour d'après être envoyés aux armées... » Signé: J. Gervaiseaux, maire, S.-P. Grange, Thimont, Fortis, curé, Berrier, vicaire, Laumonier, Saillant, etc.
12 ventôse an II. Nomination du comité de surveillance. Tout se passe dans l'église, René Fortis, curé, Berrier, vicaire, sont présents et membres.
30 ventôse an II. Inventaire des meubles de l'église, reproduit à l'article Église.
22 juillet 1793. Réquisition adressée au Département de la Sarthe par le général Duhoux sur la nécessité de renforcer son armée de quatre mille gardes nationaux, pour se rendre à Angers. Arrêté du Département requérant trois cents gardes nationaux du District de Fresnay. Sougé doit en fournir trois. Le lieu de rassemblement est à Angers et aux Ponts-de-Cé.
23 juillet 1793. Requête de Pierre Le Conte, de Conlie, tuteur et père de Hortense Le Conte, et d'Emilie Le Conte, femme de M. Dubois-Monthulé, émigré et d'avec lui séparée, par laquelle il espère ; 1° Que par l'effet des partages sous-seing, en date du 27 avril 1788, de la succession immobilière de Marguerite Le Silleur, décédée en 1787, ses deux tilles sont devenues propriétaires de la métairie du Gué-Ory et d'une auberge en Sougé ; 2° Que depuis les partages, ledit Dubois ayant épousé Emilie Le Conte, il aurait, en cette qualité et encore comme se faisant fort de sa belle-sœur, affermé lesdits héritages ; 3° Que ledit Dubois ayant émigré, les héritages auraient été mis sous le séquestre.
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Vu aussi que le second des partages sous-seing du 27 avril 1788, fait entre Balthazar-Michel de Monlesson, Louis-Hector de Montesson et autres, duquel il résulte que la métairie du Gué-Ory et une auberge, à Sougé, sont échues aux enfants dudit Le Conte. Vu l'acte de séparation d'Emilie avec son mari,... Le Directoire, demandantrégularisation du sous-seing dans les partages,optepour la mise en possession de la jouissance de la métairie du Gué-Ory et de l'auberge de Sougé... Le requérant n'eut pas gain de cause puisque, ultérieurement, les deux immeubles furent vendus nationalement.
2-4 juillet 1793. Le Directoire de Fresnay craignant la famine envoya Cénery Jousselin, meunier, pour acheter des farines à Chartres jusqu'à la concurrence de 6 milliers.
1er germinal an II. Distribution d'une somme de 370 fr. aux pauvres de la commune.
5 germinal an II. François Laumônier et Jean Dutertre sont nommés vérificateurs, Julien Dioré et René Lamare distributeurs des secours accordés aux pères et aux mères des défenseurs de la patrie.
17 germinal an IL La municipalité, conformément aux instructions de l'administration, prend le parti de fermer l'église, d'envoyer l'argenterie à l'hôtel des Monnaies, déclare ne plus reconnaître d'autre culte que celui de la Raison.
17 germinal an IL Le Conseil municipal établit un tarif pour les fosses et l'enterrement : 1 fr. pour les grandes fosses au-dessus de 8 ans ; de 10 s. pour les âges au-dessous. Le ci-devant sacriste, C.-F. Vallée, est désigné pour faire les fosses.
30 germinal an IL Le recouvrement des contributions foncières et mobilières, pour l'année 1793, est donné au rabais, à 1 d. par liv., à François Laumônier, marchand, commandant de la garde nationale, conjointement avec Urbain Barbé.
7 floréal an IL Nomination de quatre commissaires distributeurs des farines. On ne pouvait avoir de farine qu'en présentant un bon de la municipalité qui fixait le prix qu'elle même recevait.
Avec des entraves le commerce des blés ne peut qu'engendrer la famine, c'est ce qui arriva alors.
2 messidor an II. La municipalité règle le salaire des journaliers à 15 s. et la nourriture, 5s. déplus qu'en 1790. Elle admet le prix des charrois pour la récolte avant 1790, plus la moitié en sus ; soit, 1 fr. 10 s. par voiture, à un quart de lieue de distance et nourri ; 6 fr. et nourri par jour de harnois, pour labourer ; 4 fr. en plus, dans le cas où la nourriture ne serait pas accordée.
20 messidor an II. Autorisation accordée aux citoyens Amiard et Martin, chefs d'atelier du salpêtre, à faire toute visite domiciliaire et recherche en ce qui concerne leur mission.
25 messidor. Nomination de deux commissaires pour faire la vérification des grains les plus mûrs, « afin de pouvoir mettre en réquisition les grains les plus en état d'être coupés. » De telles mesures ne sont-elles pas vexatoires, et dans le moment, ne faisaient qu'augmenter le mal .
25 messidor an II. (14 juillet 1794;. Prix des faucilles. Le municipalité et le conseil général de la commune... en exécution de l'extrait des registres du Comité de Salut Public... « qui charge les conseils généraux des communes de fixer les prix des instruments servant aux travaux de la campagne ou ceux relatifs aux manufactures et arts et aux besoins particuliers. Le conseil, considérant qu'il est de toute impossibilité de fixer les prix des outils tranchants que de moitié en sus de 1790 ; vu l'augmentation des aciers et des meules qui sont des matières premières et qu'ils ne peuvent être tirés que des manufactures hors de la République, le conseil arrête, que les taillandiers de cette commune ne pourront vendre les faucilles que 2 liv. 10 sols, la première qualité, et ce, sur un bon d'un officier municipal, lequel sera tenu sur un registre avec un numéro correspondant. Arrêtons, en outre, qu'il sera payé 7 sols, pour le rensegiage des faucilles de première qualité ; à l'égard des autres outils tranchants, nous ne pouvons en fixer le prix, vu que nous n'avons aucune connaissance... »
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27 messidor an II. Tirage au sort parmi les garçons et les hommes veufs sans enfants afin d'envoyer douze citoyens à farinée de Vendée. C'est la seconde réquisition.
2 thermidor an II. Serment prêté par S. -P. Grange, greffier du juge de paix d'Assé.
4 thermidor an II. «...Aujourd'hui..., la municipalité étant assemblée au lieu ordinaire de ses séances où étaient les citoyens. . , s'est présentée la citoyenne Anne Garnier, habitante de cette commune, laquelle a déclaré que le 2 février 1789 elle est accouchée d'un enfant femelle, que le 7 de décembre 1793 elle est aussi accouchée d'un enfant mâle, que depuis cette époque elle les a allaités et nourris, que son intention est de continuer de le faire, mais que son état de pauvreté la réduisant à ne pouvoir leur donner les soins dont ils ont besoin, elle réclame la somme annuelle de 80 liv. par an que la loi du 28 juin 1793 lui accorde. Les officiers municipaux... considérant que ladite Garnier nourrit ses enfants depuis leur naissance... estiment qu'elle doit jouir des avantages de la loi... » signé : J. Gervaiseaux, maire, S.-P. Grange, Thimont, Louis Paris, C. Gervaiseaux, agent national, René Lemaire, greffier.
19 thermidor an II. (7 août 1794). Livraison de la laine mise en réquisition. Un commissaire accompagné d'un adjoint, vint faire son choix des laines propres à fabriquer les étamines à pavillon ; il en prit 437 liv. en suin et 17 liv. de blanche ou lavée, pour la somme de 566 liv. 14 s.
20 thermidor an II. Proclamation du citoyen Vachot faisant appel aux hommes de bonne volonté. « La municipalité étant assemblée au temple de la Raison en vertu de la proclamation du citoyen Vachot, général commandant en chef les troupes réunies contre les chouans, et en vertu de l'ordre, des administrateurs du District de Fresnay, en date du 17 thermidor. Tous les citoyens de cette commune étant réunis au temple de la Raison, nous avons ouvert un livre pour recevoir les inscriptions volontaires des citoyens qui voudraient s'armer et marcher contre les bri-
gands ou chouans. Ne s'étant trouvé personne qui ait voulu se faire inscrire volontairement, nous avons rédigé le présent pour être envoyé à l'Administration. »
21 thermidor. « La municipalité étant assemblée... et les citoyens Louis Simon et Jacques Desartre, capitaines de la garde nationale des deux compagnies de cette commune... nous ont déclaré qu'ils ne connaissaient aucun citoyen dans leurs compagnies en état de porter les armes, vu que le maniement des armes n'a jamais été appris... Cependant lesdits capitaines s'obligent de partir avec leurs compagnies à la première réquisition qui leur en sera faite, si le cas l'exige... fait et arrêté...»
7 fructidor an II. (25 août 1794). Procès-verbal dressé par les officiers municipaux, à l'effet de rendre compte de la gestion du prix des grains et farines qu'ils ont eus en leur manutention.
7 fructidor. Procès-verbal tendant à réformer la matrice du rôle de l'impôt mobilier, qui était mal reparti. Malgré quelques essais louables, les abus continuèrent.
21 fructidor an II. Nomination par la municipalité de quatre commissaires devant parcourir la commune pour vérifier les cidres de toute espèce. N'est-il pas regrettable qu'on ne nous ait point laissé de statistique.
24 fructidor an II. Prestation de serment de Jacques Gervaiseaux, ci-devant maire de Sougé, nommé juge de paix du canton d'Assé-le-Boisne, par le conseil général du District de Fresnay,
Troisième jour des Sansculottides. Installation des officiers municipaux : André Thimont, maire, et René Lamare, fils, conseiller.
Idem, Gabriel Fortis est nommé officier municipal à la place de S.-P. Grange, devenu greffier du juge de paix J. Gervaiseaux.
Cinquième jour des Sansculottides an II. (22 septembre 1794). Jacques Beslin est choisi pour sonner les cloches « donner un coup de carillon lorsqu'il naîtra un républicain sur la terre libre », et pour remonter l'horloge.
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1er vendémiaire an III. La municipalité nomme instituteurs des enfants de six à treize ans le citoyen François Clément, ancien greffier du juge de paix d'Assé, et la citoyenne Renée La Mare, femme Gervai seaux.
14 vendémiaire an III. (6 octobre 1794). « Aujourd'hui..., la municipalité étant assemblée au lieu ordinaire de ses séances, eu vertu d'un arrêté des administrateurs du Directoire de Fresnay en date du 12 vendémiaire, qui enjoint comme mesure de sûreté de faire le rassemblement de tous les citoyens depuis Tàge de seize ans jusqu'à soixante, ce même jour au temple de la Raison pour qu'ils rendent compte de leur conduite depuis le six présent jusqu'à ce moment, en présence du citoyen Leloup nommé commissaire de par le conseil du district, la municipalité ayant fait le rappel de tous les citoyens depuis l'âge dénommé ci-dessus et leur ayant fait rendre compte depuis le six du présent jusqu'à ce jour et ayant fait cer lifter leurs déclarations par un patriote à nous connu, et n'ayant trouvé personne qui n'ait justifié de sa conduite, nous avons remarqué qu'ilsavaient toujoursmené une bonne conduite...» Triste époque, l'espionnage est érigé en principe, personne ne peut dormir sans craindre la délation.
17 vendémiaire an III. Recensement général des grains et fourrages du District, en conformité de l'arrêté du représentant du peuple, Rollet.
28 vendémiaire an III. Le conseil choisit trois de ses membres pour faire la police : André Thimont, Gabriel Fortis et François Charbonneau.
12 brumaire an III. (3 novembre 1794). A cette date, le greffier municipal René Le Maire, reçoit cent livres pour traitement annuel ; mais ne pouvant « suffisamment écrire » il a eu d'abord pour commis S. -P. Grange, également greffier delà justice de paix, puis Gabriel Fortis.
15 brumaire an III. La municipalité, à la demande du Directoire du district de Fresnay, désigne le citoyen René Gervaiseaux,cultivateur,comme un des plus connaisseurs en agriculture.
19 brumaire an III. La municipalité décide, en vertu de la loi
qui met en réquisition le vingt-cinquième des chevaux et demande par douze chevaux une voiture et un conducteur, le canton d'Assô étant fixé à vingt-quatre chevaux et deux conducteurs, que Sougédoit s'entendre avec Saint-Léonard et Saint-Paul pour fournir un des conducteurs.
20 brumaire an III. (11 novembre 1794). Installation et choix de M. Pierre Brousset, comme instituteur de Sougé. Le procèsverbal est rédigé par ledit instituteur. C'est un chef-d'œuvre en son genre, aussi je me suis fait un plaisir de le copier exactement. « Aujourdhy 20 brumere Tan troys de la République françoise une et in divisible. La municipalitée est tant assamble aux temple de la Raison a la requeste de la Jean nationalle eyante remontrée an exécution de la loy du ving neu frimaire dernier qui lesté nécessaires de faire Ta nomination d'un ainlituteur au raplasement du sitoyen François Clément, de Marignée decede nommée a cette effet par procès verbail en datte du premier jour frimaire. L'a municipalitée a fait la demande a tout le conseil général en proposant plusieurs sujets qui se proposay tenir cette ain truction publicque conformément à l'a loy lequel â estée nommée par préférance par le conseil général de laditte commeune le sitoyen Pierre Brousset demeurante commeunede Douillet lequel a septée et nous ayantes donnée un sertifica de sivismes a esté proclame ain tituteur et a promis se conformer a la ditte loy an tout ce qui regarde lain truction publicque et â jurée destre fidaile à la République et d'obéir aux loy fait et arrestée aux temple de la Raison le jours et an que desus rayée cix mos nuls, aprouvée. » Il ne faut pas être étonné de l'ignorance de la génération instruite par de tels instituteurs. Le citoyen Brousset ne demeura pas longtemps instituteur à Sougé puisque le 23 nivôse an III, la municipalité, en vertu des lois, procède à la nomination « d'un citoyen et d'une citoyenne destitués à former la jeunesse du canton. Cette nomination a été faite au scrutin, et à la majorité absolue des sutfrages, en faveur du citoyen Claude Gervaiseaux et de la citoyenne Renée La Mare, veuve Louis Gervaisaux. »
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8 pluviôse an III. Distribution de pain aux pauvres de la commune pour une valeur de 398 liv. 3 s. 4 d.
1er pluviôse (21 janvier 1795). Le Directoire, consulté sur le point de savoir si les ci-devant prêtres peuvent être nommés instituteurs, « pense que les préjugés de naissance ou de profession doivent disparaître devant l'homme probe et patriote, et que tous les individus dont les principes et les opinions se seront prononcés analoguement à ceux qui sont aujourd'hui adoptés, et sur lesquels doivent être basées les instructions de la jeunesse, sont admissibles...»
13 pluviôse (2 février 1798). Le pont du Gué-Ory est emporté en partie par une débâclede glaces, dans une longueur de56 pieds.
20 pluviôse an III. « Aujourd'hui, la municipalité étant assemblée au temple de la Raison pour faire lecture des lois... un citoyen remontre qu,'il y a des brigands et des voleurs qui se permettent de parcourir les cantons voisins pour voler et enfin pour troubler l'ordre public et qu'il serait urgent pour le bien public de prendre des mesures de sûreté à cet égard, et qu'il croit qu'il serait nécessaire que les bons patriotes se rassemblent et se coalisent afin de se mettre en force pour empêcher la marche de ces scélérats. Un autre citoyen fait observer qu'il ne doit se rendre à cette garde patriotique que de vrais républicains et des hommes tout à fait dévoués à la chose publique, et que pour ce fait il sera tenu une liste de tous les citoyens qui se proposent à cet effet ; ce requérant l'agent national arrête ce qui suit : que tous les bons citoyens de cette commune vont se coaliser afin de se mettre en force pour empêcher la marche des scélérats de chouans et que la garde va être montée sans discontinuer jusqu'à ce que la tranquillité renaisse dans nos cantons, et jusqu'à ce que le dernier des scélérats des cantons voisins ait subi les peines dues à ses forfaits, arrête, en outre, qu'il va être tenu une liste de tous les vrais républicains qui voudront se réunir à cette garde républicaine, et que la présente liste va être faite sur une feuille de papier libre qui va être attachée au présent procès-verbal. Fait et arrêté...»
18 ventôse (9 mars 1795). « Tout l'arrondissement est infesté de chouans qui subjuguent les municipalités, les maltraitent, les mettent en fuite et défendent dans les communes de satisfaire aux réquisitions qui y sont faites. »
18 ventôse an III. Il ne sera plus délivré désormais, de passeports écrits à la main, la municipalité en délivrera imprimés et aux frais des citoyens.
21 germinal (11 avril 1795). Arrêté du district qui ordonne la location de toutes les églises, pour un an.
25 germinal (15 avril 1795). Arrêté qui députe le citoyen Brilland, membre du Directoire de Fresnay, auprès du représentant Dubois-Dubais, tant pour lui faire connaître l'impossibilité où se trouve le district de satisfaire à la fourniture de mille quintaux de grains qu'on lui demande, que pour lui faire part de l'entrevue que l'administration a eue avec un chef de chouans, et savoir la conduite qu'elle doit tenir.
5 fructidor an III. (23 août 1795). Directoire-Exécutif avec le conseil des Cinq-Cents et le conseil des Anciens.
22 fructidor an III. En exécution des différentes lois, la municipalité nomme douze commissaires pour faire le relevé de l'état des terres et des céréales.
14 brumaire an IV. Nombre de citoyens réclament des armes pour marcher contre les chouans, la municipalité s'adresse au district.
19 brumaire an IV. Election de Joseph Dutertre, maître des forges de La Gaudinière, agent municipal, et de François Charbonneau, adjoint.
29 nivôse an IV, (19 janvier 1796). « Aujourd'hui... Nous, Gabriel Fortis, agent municipal et François Charbonneau, adjoint, étant assemblés extraordinairement, vu les circonstances. La garde nationale faisant patrouille dans la commune tel qu'elle avait la consigne du citoyen François Gervaiseaux, commandant de ladite garde, le citoyen Jacques Lamare, officier, avec son détachement nous ont rapporté qu'ils entendaient un bruit considérable sur les communes de Saint-Paul et de Saint-
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Georges. Ce qui leur faisait croire que c'était un rassemblement de chouans, qui se faisait pour se porter sur cette dite commune de Sougé, (la frayeur est ingénieuse), après nous être transportés sur une butte appelée la Castine, hors l'enceinte de notre bourg, nous avons entendu un brait considérable sur lesdites communes de Saint-Paul, Saint-Georges. Ce qui nous a fait croire que c'était un rassemblement de chouans qui venait se porter sur notre commune, et passer par sur le pont du Gué-Ory. Considérant le danger et la fureur de ces scélérats, nous, agent municipal et adjoint, arrêtons que la première arche en bois du pont du Gué- Ory sera à l'instant défaite ; les carreaux servant de planche et les poutres qui les supportent seront tirés sur le pont de pierre autant que les circonstances l'exigeront. Arrêtons que le citoyen Charles Gervaiseaux, charpentier, partira sur le champ pour abattre ladite arche,accompagné d'un détachement de la garde nationale, au moins de vingt volontaires et d'un officier. Fait et arrêté... »
Signé : Maurice Voisin, volontaire, Granger, volontaire, F. Gervaiseaux, commandant, J. Lamare, officier, G. Fortis, agent municipal, F. Charbonneau, adjoint.
11 pluviôse an IV. La garde nationale ayant recruté un plus grand nombre de citoyens nomme ses officiers et sous-officiers : commandant, François Gervaiseaux ; capitaine, Louis Bouet ; lieutenant, Jacques Violas ; sous-lieutenant, Julien Ligot ; sergent-major, Jacques Lamare ; sergents, Pierre Roustel et Jean Quesne ; caporaux, Maurice Voisin, Etienne Leboindre, Louis Chausson et Honoré Lebreton.
Idem. Le commandant de la garde nationale donne connaissance d'un arrêté du général de division Muller, au quartier général d'Alençon, qui accorde à la garde nationale de cette commune, les vivres comme aux troupes, lorsquelle sera en activité de service. Le commandant décide que la garde sera composée de douze soldats tant le jour que la nuit.
18 ventôse an IV. Les chouans « menaçant de toutes parts » la garde est doublée : elle se composera désormais de vingt-quatre hommes.
22 ventôse an IV. «... Sur les sept heures du soir, ouï le rapport de plusieurs citoyens, que les chouans doivent nous attaquer cette nuit, et passer par sur le pont du Gué-Ory, passage qu'ils ont pris la nuit dernière pour nous attaquer, ce qu'ils ont fait ce matin, sur les cinq heures, là où ces scélérats sont venus au nombre de cent cinquante à deux cents attaquer le poste, et ont été repoussés avec vitesse, considérant que le passage du pont du Gué-Ory est le seul à craindre ; à cause des chouans qui se retirent sur Saint-Georges et aux environs, nous, agent et adjoint municipaux arrêtons que la première arche en bois sera défaite à l'instant : » signé : François Gharbonneau, adjoint ; G. Fortis, agent municipal.
13 germinal an V. Le citoyen Julien Dioré est nommé agent municipal à la place de G. Fortis, démissionnaire, qui accepte la présidence ; sont élus : Jacques Gervaiseaux, secrétaire, Jacques Ferrand, Simon Grange et Julien Rivière, scrutateurs définitifs.
25 germinal an V. «... Nous agent et adjoint de la commune de Sougé, en exécution de... avons publié et affiché à donner au rabais le Rôle de la contribution foncière de l'an V, de notre commune, et s'étant trouvé peu de personnes pour le prendre à tel titre, nous avons donné acte au citoyen François Charbonneau, adjoint, de ce qu'il a offert prendre la réception desdits rôles, moyennant 6 d. pour liv. Nous avons donné acte au citoyen René Rondeau, de ce qu'il a offert prendre et percevoir toutes les cotes portées au rôle en question, à 5 d. Nous avons en tin donné acte au citoyen Urbain Barbé, cultivateur. . . pour 2 d. par liv.... il s'oblige de faire payer sous sa responsabilité... »
25 thermidor an V. (13 août 1796.) Joseph Thimonl, cultivateur, h la Buissonnière, déclare devant l'adjoint avoir été attaqué chez lui par quatre chouans qu'il ne connaît pas. Ils l'ont menacé de le tuer pendant qu'il s'était réfugié dans son grenier en pesant sur la trappe, l'ont traité de sacré mâtin d'acheteur de biens nationaux et en se retirant ont enlevé une bourse, deux mouchoirs, une pièce de toile et une jument.
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26 vendémiaire an VI. Formation d'une colonne de soixantesix citoyens ayant pour capitaine François Gervaiseaux ; lieutenants, Julien Garnier et Jacques Lamare; sous-lieutenants, Pierre Roustel et Simon Granger, fils, à l'effet de donner la chasse aux chouans.
Dans une liste des citoyens de Sougé qui ont droit de voter aux assemblées primaires, dressée le 12 ventôse an VI, je trouve deux cent soixante-et-onze noms inscrits.
15 brumaire an VI. A l'occasion de la paix signée entre la République et l'Empereur d'Autriche, l'agent municipal et l'adjoint ordonnent : « 1° Que les tambours des compagnies de la garde sédentaire de cette commune annonceront dans ce jour, sur les dix heures du matin, l'événement heureux de cette délicieuse paix, dans tous les carrefours et rues du bourg dudit Sougé, au son de la caisse ; 2° Qu'il serait à l'instant envoyé un émissaire au commandant de la garde nationale sédentaire, lequel est chargé d'en informer sur le champ les autres officiers et sous-officiers, afin que chaque compagnie se rende sur la place de la liberté avec leurs armes à une heure précise après-midi ; 3° Qu'immédiatement après que la lecture sera faite par moi, agent, du traité de paix entre la République et l'Empereur, et de la loi du 10 fructidor dernier relative aux mesures de salut public et à la conspiration royale, il sera fait un feu de joie dans l'endroit le plus commode où nous nous rendrons avec la garde sédentaire et les républicains de cette commune. Là il sera fait des danses et, chanté des chansons républicaines ; 4° Qu'à huit heures du soir, chaque particulier, occupant une maison ou chambre particulière, sera tenu d'illuminer ses croisées jusqu'à dix heures, et qu'atin qu'il ne soit point contrevenu à cet article il sera fait une patrouille atin de dénoncer les délinquants. . . »
23 pluviôse an VI. «... Nous agent et adjoint de la commune de Sougé-le-Ganelon, canton d'Assé-le-Boisne, département de la Sarthe, en exécution de la loi du 25 thermidor dernier, sur avertissement et convocation par nous faits aux citoyens de cette commune, le 10 du présent, afin de former la garde nationale
sédentaire de cette dite commune. Les citoyens présents, d'une voix unanime, ont déclaré être prêts à former la garde en question et, à cet effet, ils se sont tous présentés pour dire ou déclarer leurs noms et prénoms, et, nous, à leur requête, en avons dressé la liste suivante. » Suivent trois cent quarante-six noms, divisés en six sections. Première section du Rigaire, 1-63 ; deuxième section de La Chapelle, 63-104 ; troisième section du Bourg, 105-154 ; quatrième section des Bois, 155-234 ; cinquième section des Brières, 235-279 ; sixième section du Gué-Ory, 280-346. Le numéro 239, section des Brières, est celui de René Fortis, ex-curé ; le numéro 240, section des Brières, est celui de Charles Berrier, ex-vicaire. La liste étant formée on procéda aux élections par scrutin des officiers et sous-officiers : capitaine, François Gervaiseaux ; lieutenants, Jacques Lamare, Julien Garnier; souslieutenants, Pierre Roustel et Simon Grange, fils; sergents, Jean de Vaux, Louis Bouet, Louis Simon et Honoré Lebreton; caporaux, René Lamare, François Lambert, René Troussard, Thomas Drond, Julien Ligot, Joseph Deslandes, Hippolite de Vaux et Maurice Voisin.
Le président de l'assemblée Simon-Pierre Grange, père, et les scrutateurs reçurent le serment des élus. Le président lit entendre à la foule qu'il fallait planter un arbre de liberté. La proposition fut adoptée à l'unanimité. L'arbre fut offert par la citoyenne Renée Lamare, veuve Louis Gervaiseaux, et planté sur le Placitre, en présence de la garde nationale et de tous les autres citoyens. « La cérémonie a commencé par des chaDts républicains et par mille cris de vive la République ! et a été terminée par un feu de joie et par un feu de peloton qu'a fait faire le capitaine à sa troupe, après quoi l'agent et l'adjoint ordonnèrent une illumination depuis sept heures jusqu'à dix heures du soir... »
30 ventôse an VI. «... L'agent et l'adjoint de la commune de Sougé-le-Ganelon, ayant pris lecture et communication de la loi du 13 pluviôse dernier et de l'arrêté du Directoire exécutif et de sa proclamation du 28 dudit mois, qui ordonne dans toutes les communes de la République la fête de la souveraineté du peuple
depuis 1789 127
en se conformant. . . vingt-sept vieillards, tous munis dechacunune baguette blanche, se sont présentés à la maison de moi agent (J. Dioré), à défaut de maison commune, qui sont les citoyens : René Lamare, père, René Rondeau, père, Joseph Châtelain, René Lebreton, Lin Paris, François Montreuil, Jean Perdereau, Jean Fontaine, Joseph Ribot, François Lebreton, Joseph Thimont, Michel Déret, Jean Chevallier, René Goyet, Jean Blossier, René Lemercier, Julien Lefèvre.. Jean Goideau, Joachim Coupard, Julien Roisneau, François Behier, Charles Lhuissier, Jean Derouet, Pierre Pelletier, Mathurin Pecate, François Echivard. Les quatre jeunes gens qui précédaient les vieillards étaient les citoyens : Etienne Mésenge, Jacques Grange, Julien Lebossé et Etienne Lebreton, lesquels portaient des écriteaux. Sur le premier desquels on lisait : La Souveraineté réside essentiellement dans l'universalité des citoyens; sur le deuxième, l'universalité des citoyens français est le souverain ; sur le troisième, nul ne peut sans une délégation légale exercer aucune autorité, ni remplir aucune fonction publique ; sur le quatrième, les citoyens se rappelleront sans cesse que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République. Ensuite ces jeunes gens et les vieillards marchèrent et se rendirent en ordre, suivis de nous agent et adjoint sur la place où est planté l'arbre de la liberté, au pied duquel il y a un autel de la patrie destiné et dressé pour la fête par nous, agent et adjoint et par le citoyen Simon Granger, composé de quatre colonnes, au haut desquelles il y avait des guirlandes et une pyramide. Le tout entouré de verdure ; de la pyramide partait une couronne qui descendait sur l'autel où était placée la Constitution, (imitation du reposoir de la Fête-Dieu). Tous les officiers et soldats de la garde nationale sédentaire formaient l'enceinte de cet autel, les écriteaux que portaient les jeunes gens furent placés aux deux côtés de l'autel ; lecture fut donnée aux assistants des lois, arrêté et de la proclamation précitée par nous agent et furent accueillis avec acclamation, et des cris de vive la République se faisaient
entendre de toutes parts, et le citoyen René Lamare, l'un des vieillards monta sur les degrés de l'autel et lut l'article neuf de l'arrêté ci-dessus. Ensuite nous agent et adjoint et le commissaire du Directoire exécutif présent entonnâmes des chansons patriotiques républicaines qui furent répondues et répétées avec joie et enthousiasme, par les vieillards, les officiers et soldats et tous les autres assistants. A leurs voix se mêlèrent celles de plusieurs femmes et filles qui, par leurs accents doux et mélodieux, rendirent la fête plus brillante. Après ces chants plusieurs fois répétés, nous donnâmes le livre de la Constitution à l'un des jeunes gens, nous marchâmes ensuite, précédés des vieillards, à la maison de nous agent. Et la troupe avec nous rangée en colonne, et là, nous donnâmes à tous les vieillards le baiser fraternel. La fête se termina par un feu de file que fit la garde sédentaire et par de nouveaux chants, et de suite il fut annoncé par nous agent que tous les citoyens du bourg illumineraient leurs maisons depuis huit heures jusqu'à dix heures du soir. Le présent procèsverbal ainsi dressé... pour être déposé à la municipalité du canton d'Assé... » Chef-d'œuvre du citoyen Dioré, ancien notaire. J'ai cru devoir réformer les fantaisies orthographiques.
11 germinal an VI. Election: Dioré, agent; Claude Gervaiseaux, adjoint.
30 ventôse an VII. Fête de la souveraineté du peuple. Même ritournelle que l'an dernier : autel de la patrie, les vieillards paraissent encore et le citoyen Dioré, agent, emploie le même style dans son procès- verbal.
Précédemment nous avons vu l'effroi occasionné par l'apparition des chouans : il n'est pas inopportun de dire deux mots sur la chouannerie. Elle prit naissance dans le voisinage de la Charnie, au camp de la Vache noire et dans la partie du département de la Mayenne, qui avoisine la Brelagne : les quatre frères Cottereau, du Cormier, à Andouillé, contrebandiers, ou faux-sauniers parce qu'ils faisaient la contrebande du sel, en furent les premiers moteurs. Ils furent surnommés chouans par le peuple, parce qu'eux et leurs partisans imitaient le cri des
oiseaux de ce nom, comme signe de ralliement. Mon compatriote, M. Duchemin-Descepeaux, dans sesLettres sur les Chouans du Bas- Maine, donne, dans une belle phrase, une définition de la chouannerie, que les personnes au courant de l'histoire des environs de Fresnay ne pourront trouver conforme à la vérité : « La chouannerie n'était point une révolte ; c'était tout au contraire la coalition de sujets fidèles, venant s'opposer à l'invasion de l'anarchie et de l'irréligion. Ils avaient pris les armes, pour défendre et conserver, non pour attaquer et détruire; et, ainsi qu'on a vu les soldats de Pelage, garder dans les rochers des Asturies un dernier refuge à la puissance espagnole, les Chouans se crurent appelés à donner dans leurs bocages un dernier asile à la monarchie française. » Comme s'il n'y avait pas quelque chose d'horrible à fusiller ses compatriotes par dessus les haies, à violer leur domicile, pour les punir de leurs opinions, et à prolonger un supplice jusqu'à l'aveu du lieu où se trouvait leur argent. Le curé constitutionnel de Gesnes-le-Gandelain, Jacques Thomeret, décéda le 16 floréal an III, à la suite des cruautés exercées sur sa personne par des chauffeurs, se donnant comme Chouans. A la date du 24 frimaire an III, l'effroi répandu parmi les patriotes fut à son comble, par le massacre du citoyen Jardin, juge de paix du canton de Courcilé, de sa femme, de son fils et de sa domestique. La terreur fut extrême dans les campagnes : un grand nombre de leurs habitants mal notés par ces prétendus royalistes, furent obligés de se réfugier dans les villes. Partout et nulle part, telle était la devise des Chouans, que ni troupes de ligne, ni gardes nationales ne pouvaient atteindre ; leur marche était secrète, car aucun paysan n'aurait osé la révéler. Souvent même, officiers et soldats des colonnes mobiles de gardes nationales, de réquisitionnaires ou de conscrits, correspondaient avec, ou, le plus souvent, s'esquivaient pour aller grossir leurs rangs. 28 nivôse an VIII. L'agent Dioré propose des mesures de sûreté contre les Chouans devant tous les citoyens assemblés. Il est question de donner asile aux citoyens des autres communes, dans le cas où ils viendraient se réfugier.
§ 6. — Napoléon Ier arrive au pouvoir.— Restauration.
An Vin. Le coup d'État du 18 brumaire (9 octobre 1799) détruisit la constitution de l'an III ; des préfectures et sous-préfectures furent créées ; on vit surgir un sénat conservateur, deux chambres législatives sous le nom de Tribunat et de Corps législatif, et trois consuls, chargés du pouvoir exécutif.
Napoléon Bonaparte, nommé, par cet acte même, Premier Consul, est successivement prorogé pour dix ans, puis à vie ; enfin, le 28 floréal an XII (18 mai 1804), le Sénat le proclame empereur. Il régna jusqu'à l'acte de déchéance, prononcé par le même Sénat conservateur, le 2 août 1814.
Après cet abrégé historique donnant les principales dates de l'apparition de Napoléon Ier, je vais continuer le dépouillement des registres de la mairie de Sougé.
20 messidor an VIII. Nomination de René Saillant, cultivateur, maire, et de Julien Dioré, adjoint ; M. Contencin est souspréfet de Mamers ; M. Auvray, préfet de la Sarthe.
6 fructidor an VIII. Le gouvernement fait une levée de 40,000 chevaux : Sougé doit en fournir 2.
15 pluviôse an IX. Le Conseil municipal est réuni a l'effet de prêter serment entre les mains du maire, et ce, par ordonnance des consuls.
28 fructidor an XI. René Saillant, maire, donne sa démission.
20 brumaire an XI. Nomination de Julien Dioré, maire, de Gabriel Forlis, adjoint.
12 germinal an XII. Nomination de Gabriel Fortis, maire. 25 germinal an XII. Le Conseil municipal nomme fabriciens :
MM. Gallais, desservant, Joseph Châtelain. Les élus prêtent le serment d'administrer fidèlement.
25 prairial an XII. Le Conseil municipal prête serment de fidélité à la constitution de l'Empire.
13 brumaire an XIII. Nomination de S. P. Grange, adjoint, à la place de François Pecate.
28 pluviôse an XIII. Fête en l'honneur de « l'Auguste Napoléon. Nous nous sommes transportés chez M. notre desservant, lequel nous avons prié de nous donner la bénédiction, et de chanter le Te Deum...»
23 prairial an XIII. Le presbytère est loué à la commune 120 fr. par Lamare.
24 messidor an XIII. Le Conseil s'occupe du danger que présente la Grande-Mare, près de la Couretterie.
13 décembre 1807. Le Conseil se décide à racheter le presbytère.
1808. A la mort de S. P. Grange, Jacques Lamare est nommé adjoint ; il fut maintenu jusqu'en 1830.
22 novembre 1810. MM. Jacques Grange, François Jousselin, Joseph Lefol, René Rondeau, François Galpin, père, sont nommés conseillers municipaux, par arrêté du Préfet de la Sarthe, en remplacement de MM. René Rondeau, père, Michel Deret, décédé, Jacques Desartre, Dutertre-Larche, sortis de la commune, et J. André, démissionnaire. Les sept autres conseillers sont : François Pecate, Jean Cosson, Ch. Gervaiseaux, Joseph Châtelain, Julien Bellanger, Jacques Lamare, adjoint, et Gabriel Fortis, maire.
15 mai 1812. Frais de bureau de la mairie, y compris le bois de chauffage et la lumière, 50 fr. ; appointement du scribe, 50 fr. ; loyer de la mairie, 40 fr.
30 décembre 1811. Vote de 759 fr. destinés à l'amélioration de la route du Pont-Béhier, dans un endroit où une mare la rendait impraticable. Les journées furent payées un franc et donnèrent du travail cà beaucoup d'ouvriers.
5 janvier 1813. Installation du maire, 31. Simon Grangé-Fontaine, fabricant, et de M. Jacques Lamare, adjoint continué. Leur nomination était du 15 décembre 1812.
.Le gros registre commençant en 1794, dans lequel j'ai puisé surabondamment, finissait en 1813. De 1813 à 1817 il y avait une lacune ; qu'était devenu le registre des délibérations du conseil municipal ? Le troisième registre commençait le 18 mai
1817 et finissait le 19 mai 1833. Le quatrième commençait en 1833 et finissait en 1858 ; mon travail d'analyse est allé jusqu'en 1838 ; de cette année jusqu'en 1858, je n'ai que des documents peu nombreux. Dans l'incendie du 24 janvier 1871, une partie des archives, notamment les registres des délibérations disparurent au milieu des flammes.
Pour faible compensation, j'avais analysé ces documents, quelques années avant, ce qui m'a mis à même de pouvoir arracher à l'oubli certaines parties importantes de notre histoire.
1817. Disette de blé. L'importation fut. dégrevée de tous les droits ; elle reçut une prime de 5 fr. par hectolitre.
1817. Un arrêté du 9 août, émanant du Préfet, ordonne la convocation du Conseil municipal, à l'effet de procéder à la nomination d'un délégué, chargé de défendre les intérêts de la commune, discuter le taux des évaluations de toutes les communes du canton... M. Simon Grange-Fontaine fut le délégué.
1819. Budget : 761 fr. 25. 60 fr. pour le greffier ; 60 fr., frais de bureau.
12 juin 1821. M. René Gervaiseaux est nommé maire à la suite du renouvellement quinquennal en place de M. Simon Grangé- Fontaine; M. Jacques Lamare est continué adjoint, par M. le comte de Breteuil, préfet. Installation, 25 juin 1821.
25 juin 1821. Inventaire des archives et des meubles de la mairie de Sougé.
16 juillet 1821. MM. Pierre Ferrand, Pierre Bruneau, Magloire Gervaiseaux sont nommés conseillers municipaux.
12 mai 1822. Assemblée du Conseil municipal et des principaux imposés à l'effet de statuer sur le budjet de 1823, qui monte à 815 fr. 90 c, Vu le grand âge du Maire, son secrétaire recevra 100 fr. ; la somme de 60 fr. étant insuffisante, 200 fr. de supplément sont votés à M. le desservant.
16 septembre 1824. Décès du roi Louis XVIII, son frère, Charles X lui succède.
12 août 1825. Le Conseil municipal et les principaux imposés
depuis 1780 133
approuvent le devis du nouveau presbytère, votent pour les travaux la somme de 7,223 fr. 04 c, imposition extraordinaire qui durera 3 ans.
19 février 1826. Chemins vicinaux et intérieurs. « Nous maire, adjoint et... réunis en vertu de la circulaire de M. le Préfet, en date du 14 janvier 1826..., et pour satisfaire au vœu de la loi du 28 juillet 1824... l'étude des chemins communaux fait l'objet d'une section ainsi que les chemins vicinaux. Les chemins intérieurs fixent également l'attention...
« Chemins vicinaux. — Les nos 1 et 2 sont les seuls que la commune de Sougé doit avoir à sa charge,à cause de leur utilité générale pour la communication avec Assé et Fresnay, où il se fait un commerce suivi. Les renseignements portés sur le tableau indiquent assez la nécessité et l'urgence du travail ; ils démontrent aussi le genre de travail dont ils ont besoin. — Celui n° 3, de Sougé à Saint-Paul et Saint-Georges, ne peut pas être à la charge seule de la commune de Sougé; le maître de forge de LaGaudinière doit y contribuer pour beaucoup, attendu que sa détérioration ne provient que du charroi des mines, de la pierre de castine, de chaux et des fers, ainsi qu'il est dit à la colonne d'observation du tableau... Quant au pont du Gué-Ory, il doit être réparé et entretenu à communs frais entre la commune de Saint-Paul, le maître de forge et cette commune....
« Cette réparation indispensable deviendrait très-coûteuse : on se procure de la pierre de castine près le bourg ; mais la pierre dure pour encaissement ne se trouve qu'à cinq ou six kilomètres et plus, selon l'endroit où on l'emploie et un chemin trèsdifficile.
« Celui n° 4, de Sougé à Saint-Léonard, ne sert, comme l'indique le tableau, qu'aux riverains et à la commune de Saint-Léonard, qui fait son commerce avec Fresnay, en observant qu'au moyen de l'élargi proposé, il deviendra plus considérable et servira d'autant plus à la commune de Saint-Léonard ; aussi serait-il juste qu'elle participât aux frais de cet élargi.
« Celui n° 5, de Sougé à Gesnes, étant inpraticable dans
dans l'hiver, et traversant la commune d'Assé pendant huit kilomètres, sa réparation serait très-coûteuse pour SougéetAssé. Alors pour éviter ces frais, il sera indispensable de suivre le chemin n° 2 et ensuite celui d'Assé à Gesnes.
« Ceux nos 6 et 7, de Sougé à Douillet, de Sougé à Moulins, servant peu à la communication de ces deux communes et n'étant dégradés, comme il est dit sur le tableau, que par les riverains et le maître de forges, ils doivent être considérés comme chemins intérieurs.
« Chemins intérieurs. — Ils sont tous d'une utilité particulière età peu près égale. Les observations du tableau indiquent leur état. Il est donc nécessaire de s'y reporter. . . » Ce tableau bien intéressant a disparu dans l'incendie du 24 janvier 1871, le double est aux archives de la Préfecture, série 0.
13 mai 1828. MM. Louis Lebossé, Michel Charbonneau, Charles Vallée, père, Jacques Ferrand et Malhurin Gaucher sont nommés conseillers municipaux à la place de Joseph Lefol, Pierre Ferrand, François Dessartre et de J. Ferrand, décédés.
§ 7. — Révolutions de 1830 et de 1848.
9 août. La Révolution de juillet renversa du trône Charles X et proclama Louis-Philippe Ier.
17 août 1830. Le Préfet Tourangin nomme maire de Sougé M. Simon Grange en place de René Gervaiseaux, démissionnaire. Par un arrêté du même préfet, à la date du 31 octobre, M. François Laumonier est nommé adjoint en remplacement de M. Jacques Lamare. Ce petit changement venait naturellement à la suite de l'exaltation politique qui se faisait sentir partout, même à Sougé. MM. Résilier Charles et Jousselin Pierre remplacent dans le conseil MM. Rondeau et Magloire Gervaiseaux, décédés.
1831. Rutljet de la mairie, 610 fr. 58 c. M. Hatton-Lagainière est percepteur de Sougé et de Fresnay ; M. Alexandre Millois lui succéda.
Août 1831. M. Grange donne sa démission ; M. Pierre Rruneau
depuis 1789 135
est chargé provisoirement de l'administration. M. Grange ne tarda pas à être nommé administrateur des biens de l'Hôpital du Mans.
18 septembre 1831. La garde nationale de Songé fait partie du bataillon qui comprend Douillet, Saint-Georges, Assé-le-Boisne, Saint-Videur, Saint-Paul et Saint-Léonard.
29 septembre 1831. Inventaire des archives et des meubles de la mairie.
18 décembre 1831. Prestation de serment de MM. Pierre Bruneau, maire, et Louis Gervaiseaux, adjoint, nommés par arrêté préfectoral du 9 décembre.
20 juillet 1833. Le Conseil municipal, assemblé extraordinairement, vote 40 fr. pour distribuer du pain aux indigents, dans ranniversaire des immortelles journées de juillet.
18 août 1833. « Le Conseil municipal..., vu la loi du 28 juin dernier sur l'instruction primaire, vu également la circulaire de M. le Préfet de la Sarthe, en date du 5 de ce mois....
« En conséquence des observations précédentes, il n'y aurait à fréquenter l'école que quarante-six élèves aisés et douze pauvres, en tout cinquante-huit.
« Sur le nombre des enfants aisés, un tiers au moins ne recevra aucune éducation, soit par incapacité, négligence des parents ou éloignement de leur domicile à celui de l'instituteur, qui ne peut être ailleurs que dans le bourg....
« Moitié environ des élèves se retire des écoles pendant six mois pour se livrer aux travaux agricoles et les deux tiers des indigents se retirent pendant trois mois pour la garde des bestiaux et le glanage, aussi l'instituteur ne pourra guère avoir, au terme moyen de l'année, que trente-cinq élèves payants et dix gratis.
« Sur quoi, après en avoir délibéré, le Conseil a été unanimement de l'avis suivant :
« Art. 1. La nécessité d'entretenir, aux frais de la commune seule, une école primaire élémentaire, conformément aux art. 1, 8 et 9 de la loi. est reconnue et adoptée.
« Art. 2. Le traitement de l'instituteur est fixé à 200 fr. par année.
« Art 3. La rétribution mensuelle, due par les parents qui sont dans le cas de supporter celle dépense, est fixée par degré et ainsi qu'il suit :
« Pour l'instruction morale et religieuse et la lecture, 75 c. ;
« Pour l'instruction, jusques et y compris les éléments de la langue française, 1 fr. 25 c. ;
« Et pour ce qui comprend l'instruction adoptée, 1 fr. 75 c.
« Observation sur cet article :
« Douze, pour un tiers des élèves, à 75 c. fera un produit annuel de 108 fr.
« Douze, pour un autre tiers, à 1,25 180 fr.
« Et onze, pour le dernier tiers, à 1,75 226 fr. 20 c.
« Total par année de la rétribution mensuelle 514 fr. 20 c. « 200 fr. de traitement fixe 200 fr.
Total 714 fr. 20 c.
« Art. 4. L'instituteur ne pourra changer ce degré d'éducation sans, au préalable, en avoir prévenu le comité communal, afin qu'il s'assure si l'élève est, par son avancement, en état de passer à un autre degré.
« Art. 5. Deux centimes trois quarts additionnels au principal des contributions foncière, personnelle et mobilière seront portés au rôle de 1834, pour faire face jusqu'à concurrence du traitement fixe de l'instituteur et du loyer de la maison d'école qui ne peut être porté ici, attendu qu'il n'a pas été possible de traiter avec les propriétaires de maisons qui pourraient convenir à cette destination, le Conseil s'occupera, ultérieurement, du choix et de la location, afin de ne pas trop mettre de retard dans l'envoi de la présente. »
10 novembre 1833. Le Conseil choisit la maison de la Fontaine, appartenant à Jacques Montreuil, pour loger l'instituteur, au prix de 100 fr. de fermage.
6 mai 1834. Le Conseil autorise le maire à revendiquer la possession du pâtis du Douet, contre M. François Laumonier.
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1835. Budget : 1,110 fr. 34 c, dépenses 908 fr. 48 c.
10 février 1835. Délibération sur le logement fourni à l'instituteur. La majorité mue par une de ces petites rancunes peu avouables, n'est pas favorable à M. Cbambay, qui dut quitter Sougé pour aller s'établir à Fresnay.
6 mai 1835. Répartition d'une somme de 200 fr. allouée par le Préfet, pour réparation et entretien des chemins communaux.
10 octobre 1835. M. Joseph Lorphelin, du Chevain, est agréé par le Conseil municipal comme instituteur et présenté au Conseil d'arrondissement .
6 juillet 1836. Le Conseil s'occupe des mesures à prendre pour arriver à l'approbation du chemin de grande communication, n° 4, de Villaines à Fresnay.
11 demande une largeur de huit mètres, vote le maximum des prestations, deux journées et les deux tiers des centimes additionnels aux quatre contributions.
25 septembre 1836. Le Conseil accepte 500 fr. formant le tiers d'une somme de 1,500 fr. donnée aux pauvres d'Assé, de Fresnay et de Sougé, par M. Dalon, ancien huissier au canton de Fresnay.
23 avril 1837. Sougé, pour l'entretien de la route de grande communication, n° 4, est imposé à 1 ,795 fr.
12 juillet 1837. Première discussion relative au tracé de la route grande communication, n° 4. Les partisans de la ligne par le Puits-Forget la défendent avec énergie.
6 février 1838. L'instituteur est logé à la maison de Bellevue, appartenant à M. Grange, administrateur des biens de l'Hôpital du Mans, moyennant 150 fr.
22 avril 1838. Le tracé de la route n°4, est toujours h l'étal d'étude.
Mon travail d'analyse du quatrième registre des délibérations du Conseil municipal s'arrête là ; ce registre a été brûlé dans l'incendie du 24 janvier 1871.
1843. Le pont de trois arches sur la Sarthe, au Gué-Ory, est livré cala circulation.
1841, février. M. Louis Thimont, maire, successeur de M. P. Bruneau.
17 novembre 1849. Décès de M. Louis-Honoré Thimont, maire. Son successeur désigné, M. François Laumonier, adjoint, jdécéda le 19 janvier 1850.
Les événements de la révolution de février 1848 ne trouvèrent pas Sougé aussi surexcité qu'en 1830. On se contenta de planter un peuplier sur le Placitre pour simuler l'arbre de la liberté. Ses jours étaient comptés, à l'arrivée de l'Empire, il fut jeté par terre.
1850. M. Alexis Coutré accepta les fonctions de maire qu'il conserva jusqu'à son décès, en 1865.
§8. — Empire 1852— 1870
1854 et 1855. Construction de la route d'intérêt commun n° 65 et du pont de Monnaie. Ce pont à cinq arches ; il rattache au territoire de Sougé la section de La Chapelle sur la rive droite de la Sarthe.
1855. La partie du cimetière, sise au midi, fut convertie en place, et plantée de tilleuls. Ce changement, très discuté dans le moment, a, il faut le reconnaître, apporté quelque embellissement et favorisé la circulation.
Je reprends mon analyse du cinquième registre qui commence en mai 1858.
12 mai 1858. Vote de 5 c. extraordinaires sur les quatre principales contributions, applicables aux réparations du chemin de Saint-Léonard ; de 35 fr. de traitement mensuel au cantonnier de la petite vicinalité, employé pendant six mois.
7 novembre 1858. Dans sa délibération le Conseil municipal abandonne à M. le comte de Polignac, propriétaire de la forge de La Gaudinière, plusieurs parcelles de terrain de l'ancien chemin qui a été élargi au moyen et aux dépens de la propriété île M. de Polignac, et ce, pour la régularisation de Tétai des lieux, le chemin de la forge devenant communal dans toute sa longueur.
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9 janvier 1859. Le Conseil demande au Préfet à prélever 25 fr. 50 c. sur le budjet, pour solder au sieur Théodore Gautier le prix d'un are cinquante centiares cédé à la commune, afin de raccorder les chemins des Pelouseaux à la route n° 65, devant servir à l'exploitation de File ou terrain faisant partie du cours trés-étendu de la Sarthe en amont du pont, rive droite, ayant été vendu au sieur Thuleau, qui depuis a enclos et terrassé cet espace de manière à en faire un pré.
6 février 1859. Délibération fixant le rôle de la rétribution scolaire des garçons à 1 fr. 25 et 1 fr. 75. Traitement de l'instituteur, 565 fr. 17 c. ; location de la maison d'école, 80 fr.
6 février 1859. Le Conseil émet le vœu, et en adresse copie à M. le Préfet, de voir établir une seconde assemblée, le dimanche après le 11 novembre, le jour du patron paroissial, attendu que la première, qui a lieu la veille de la Bonaventure, fête de Fresnay, n'a pas l'importance qu'elle pourrait avoir. Cette demande n'a eu d'autre suite que de faire remettre l'assemblée au troisième dimanche de juillet.
8 mai 1859. Le Conseil vote les ressources de la vicinalité pour 1860 : trois journées ; 5 c. applicables à l'entretien du n° 4, grande communication, au chemin de Saint-Léonard et à celui de Sougé à Douillet.
8 mai 1859. Le Conseil fixe la rétribution scolaire des filles et des garçons pour 1860 à 1 fr. 25 et 1 fr. 75, par mois ; le traitement de l'instituteur à 600 fr. ; le traitement de l'institutrice, 611 fr. 20 c. avec indemnité de logement de 80 fr. pour l'un et de 100 pour l'autre. Les ressources se composent de la rétribution scolaire, et des 3 c. additionnels au principal des quatre contributions.
24 juillet 1859. Le Conseil municipal demande au Préfet l'autorisation d'intenter une action en revendication de la propriété entière, ou de la co-propriété du puits du Ray par la commune, contre deux propriétaires ayant déjà obtenu un jugement contre un tiers qui était venu les troubler dans leurs droits. Le Conseil municipal ne fut pas plus heureux; la Préfecture envoya les
agenls-voyers de Mamers et de Fresnay sur les lieux, puis, sur leur rapport, refusa toute poursuite. Voir le refus motivé du conseil de Préfecture, à la date du 8 mars 1860.
6 mai 1860. Le Conseil, assisté des plus imposés, vote pour 1861, une somme de 1,033 fr., à la suite d'insuffisance de revenu. Les quatre contributions s'élèvent à 9,372 fr. 50.
15 août 1860. Le Conseil, sous la présidence de M. Jean Blossier, premier conseiller municipal, inscrit dans Tordre du tableau, installe le maire, M. Alexis Coutré et l'adjoint, M. Michel Charbonneau, nommés à nouveau par le Préfet, le 4 août. Ils prêtent serment en ces termes : Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur.
9 septembre 1860. Installation et prestation de serment à la Constitution et à l'Empereur des membres du Conseil municipal, élus le 19 août dernier, dans l'ordre suivant : Antoine Brault, M. Charbonneau, Alexis Coutré, Julien Rivière, Jean Blossier, Louis Leconte, Louis Piau, Charles Vallée, Alexis Douet, Joseph Lemée, Pierre Thimont, René Desartre.
5 mai 1861. Vote des ressources nécessaires au service vicinal pendant l'exercice de 1862 : trois journées, 5 c. sur les quatre contributions, applicables à la grande communication, dix-neuf vingtièmes au chemin de Saint-Léonard et un vingtième, à celui de Sougé à Douillet.
5 août 1861. Le Conseil dénonce au Préfet l'empiétement des sieurs Charles Gaucher et Pierre Leconte qui ont fait construire, sans autorisation, l'un une maison, l'autre un hangar sur l'ancien chemin de Fresnay à Vil laines, à la descente vers la rivière en quittant le village du Gué-Ory. Gaucher a empiété, est-il dit, d'un mètre trente-trois centimètres ; Pierre Leconte d'environ trente-trois centimètres. « Attendu qu'il y a eu surprise et mauvaise foi dans leurs manœuvres, le Conseil prie M. le Préfet d'ordonner une enquête par ragent-voyer... »
4 mai 1862. Le Conseil approuve le sous-seing du maire faisant l'acquisition de M. et Mma Blavette, au prix de 4,500 fr. d'un terrain et de deux maisons, pour construire une mai-
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son d'école de garçons avec mairie et pour approprier une maison d'école de filles.
8 mai 1862. Le Conseil et les plus imposés approuvent l'acquisition de la propriété Blavette, et sur le vu des plans et devis de l'architecte, M. Piau, deMamers, la dépense est ainsi répartie : 4,500 fr. à M. Blavette; 500 fr. de frais; montant du devis, 10,700 fr. Total : 15,710 fr. La commune n'a pas de réserve, il faudra prendre les ressources sur les centimes extraordinaires, pendant sept ans. Les quatre contributions montent à 9,418 fr. dont le cinquième est de 1,883 fr. 60 c. Le Conseil demanda l'autorisation d'emprunter à la Caisse des Dépôts et Consignations. Mais l'emprunt se fit à des particuliers et n'était pas encore complètement remboursé, quand eut lieu l'incendie du 24 janvier 1871.
Le Conseil invité à se prononcer sur l'opportunité du classement du chemin de Songé à Gesvres au rang de chemin de moyenne communication, reconnaît l'importance de ce classement, mais ne peut créer de ressources applicables à ce projet, autres qu'une partie des prestations ordinaires.
8 juin 1862. Le Conseil, consulté sur la nécessité de prolonger le n° 65 jusqu'à Assé, où il joindrait le n° 9, donne son avis favorable, et laisse cette dépense à la commune d'Assé, peu empressée. Cette dernière ne voyait pas l'utilité de ce travail, aujourd'hui, si profitable.
9 novembre 1862. Sur l'invitation préfectorale, relative à la création d'une bibliothèque dans l'école communale, le Conseil invoque le manque de ressources et espère que, plus tard, cette amélioration pourra se réaliser.
10 mai 1863. Dépenses de l'enseignement primaire en 1864 : traitement de l'instituteur, 823 fr. 75 c. ; son logement, 100 fr.; traitement de l'institutrice, 572 fr.: son logement, 110 fr. La rétribution scolaire est de 1 fr. 25 et 1 fr. 75.
8 février 1865. Le Conseil accueille d'un avis défavorable la demande de M. Richard, percepteur de la circonscription de Sougé, à l'effet de quitter ce bourg pour aller habiter
Fresnay. Ce changement eut lieu au grand détriment des contribuables.
31 mai 1865. Le Conseil émet un avis favorable sur rétablissement de deux foires à Mont-Saint- Jean.
6 août 1865. Installation et prestation de serment des membres du Conseil municipal, élus le 23 juillet: MM. Galpin Martin, Rivière Julien, Leconte Louis, Coutré Alexis, maire, Braull Antoine, Charbonneau Michel, adjoint, Douet Alexis, Piau Louis, Blossier Jean, Thimont Pierre, Desartre René, Lemée Joseph.
14 août 1865. Demande au Préfet de bien vouloir porter l'assemblée de Sougé du deuxième dimanche au troisième de juillet, afin qu'elle ne se trouvât pas placée entre la foire et la fête de la Bonaventure de Fresnay. Ce changement a eu lieu.
17 septembre 1865. Installation et prestation de serment, sous la présidence de M. Martin Galpin, premier conseiller, de MM. Alexis Coutré, maire et Michel Charbonneau, adjoint, nommés par arrêté du Préfet, en date du 17 août.
2 avril 1866. Installation et prestation de serment d'Alexis Coutré, fils, élu conseiller municipal le 11 mars et nommé maire après le décès de son père, par arrêté préfectoral du 28 mars dernier.
6 août 1866. Le Conseil autorise le maire à assurer les bâtiments des écoles à la Société Mutuelle-Immobilière du Mans.
6 août 1866. Le Conseil renouvelle sa demande du 14 août 1865, relative à rétablissement d'un bureau de poste à Sougé.
12 août 1866. Demande de classement du n° 4, grande communication, en chemin départemental, afin de pouvoir reporter les ressources employées à son entretien, sur le chemin n° 72, de Sougé à Gesvres. Sans résultat.
14 décembre 1866. Le Conseil vérifie les dépenses et les travaux de la maison d'école des garçons ainsi que le procès-verbal de la réception provisoire de l'architecte de l'arrondissement de Mamers, M. Piau, du 1 septembre 1866. Il constate mie augmentation de 1,051 fr. 10 c. de dépenses. Ce qui porte la construction brute à 11,300 fr. (MS c.
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3 février 1867. Avis favorable du Conseil municipal à rétablissement d'un marché ,chaque mardi de Tannée, et de deux foires, le 3e mardi d'avril et le 3e mardi de septembre, à Saint-Georgesle-Gaultier.
3 février 1867. Avis favorable relativement à l'établissement de deux nouvelles foires à Mont-Saint-Jean, les premiers lundis d'avril et de décembre de chaque année ; les deux foires déjà établies par arrêté préfectoral du 7 septembre 1865 ayant bien réussi.
7 mai 1867. Le Conseil municipal ne trouve pas les finances de la commune assez en état pour permettre l'application, dans le jardin de l'instituteur, de l'enseignement horticole. Ce jardin est trop étroit.
15 mai 1867. Le Conseil demande à M. le Préfet : 1° Le classement des rues du Puits-Forget et de La Fontaine reliant les chemins de moyenne communication, nos 65 et 72, à celui de grande communication n° 4 ; 2° l'ouverture du n° 65, dans la rue du Puits-Forget.
15 juillet 1867. Le Conseil donne son approbation au projet de contournement de Brouscouret par Roche-Moignon du chemin n°" 72 de Saint-Léonard. L'enquête a eu lieu, un seul intéressé y a apparu, Le terrain à acquérir est d'un hectare quarante-neuf ares vingt centiares, et coûtera 4,069 fr. 56 c. Le chiffre des souscriptions est de 1,200 fr. Le chemin depuis la limite de Saint-Léonard jusqu'au Pont-Béhier a été iini en 1873. Le pont (fe Roche-Moignon a été fait en 1874.
8 septembre 1867. Le Conseil demande que la commune de Saint-Georges soit comprise au nombre de celles qui forment le contingent de l'entretien du chemin de grande communication, numéro 4, le 3 novembre suivant nouvelle demande. Pas de suite ; le Conseil général refuse.
2 février 1868. Le Conseil municipal accorde 30 fr. d'indem-» nité pour l'appropriation de son logement à la distributrice de poste, Mlle Pichon, nouvellement arrivée.
3 mai 1868. Le Conseil fait la réception définitive des travaux de la maison d'école des garçons, et autorise le payement du dixième de retenu au sieur Lebreton, entrepreneur.
12 août 1868. Installation et prestation de serment de MM. Jacques-Edouard Thireau, Charles Besnier et Charles Vallée, élus conseillers municipaux, le 2 août.
18 octobre 1868. Conformément à la loi du 24 juillet 1867 sur l'achèvement des chemins ruraux, le Conseil municipal, espérant une subvention de l'État proportionnée aux sacrifices faits par la commune, reconnaît que trois centimes seraient insuffisants, et vote une quatrième journée de prestations en nature « pour toute la période décennale, sans renouvellement chaque année.» Cette quatrième journée a cessé de figurer au budget de 1874. . 3 novembie 1868. Comptes de la commission de charité. La collecte a produit 815 fr., qui, réunis aux 150 fr., envoyés par la Préfecture, forment un total de 965 fr.
7 février 1869. Vote de 80 fr. en faveur de l'instituteur, M. Brière, qui, du 1er novembre 1868 au 1er février suivant, a tenu un cours gratuit, le soir, où ont assisté 27 jeunes gens.
7 février 1869. Le Conseil, après avoir insisté sur le mauvais état de propreté des rues, prie M. le Maire d'user de toute son autorité pour arriver à une tenue plus conforme aux règles d'hygiène, et l'invite « à dresser procès-verbal contre les réfractaires... » Bon mouvement qui ne fut pas suivi d'effet.
30 mai 1869. Le Conseil, dans un long exposé au Préfet, réfute les calomnies de certains habitants de Saint-Paul et de Saint-Léonard, contre le service de la poste par le bureau de distribution établi à Sougé, au moment de son début, et prie l'administration supérieure de ne pas prêter l'oreille aux cris de jalousie de quelques meneurs. La distribution a été maintenue, Saint-Georges y a été réuni et, le 1er janvier 1874, le bureau de distribution a été ouvert comme recette.
30 mai 1869. Le Conseil nomme une commission de cinq membres devant accompagner l'agent-voyer dans la réception des pierres formant le contingent de l'entretien des chemins.
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30 mai 1869. Budget de l'instruction primaire. Rétribution scolaire, lfr.50c.et2fr. par mois ou 800 fr. : traitemenl li\e,200fr. et 50 fr. d'éventuel; pour le traitement de l'instituteur, 1,050 fr.
Celui de l'institutrice est porté au même chiffre avec les mêmes ressources.
1er août 1869. Demande d'autorisation à la Préfecture, qui exige une enquête, de louer l'enlèvement des boues des rues de Songé, afin d'en consacrer le produit à la confection de nouveaux caniveaux et de trottoirs, dans la traverse du bourg du chemin de grande communication, n° 4. Est restée sans résultat.
14 novembre 1869. Approbation de l'ensemble de l'ouverture de l'atelier du Rigaire, sur le chemin n° 6, de Sougé à Douillet. Les indemnités de terrain s'élèvent au chiffre de 446 fr. Les ressources se composent de 2,133 fr., produit de la quatrième journée en 1869 et 1870: de 1,112 fr. 61 c. de subvention du Gouvernement. Total 3,245 fr. 61 c.
8 février 1870. Le Conseil accepte avec reconnaissance le don de quarante ares de terrain à prendre dans le champ des Hêtres, fait par M. et Mme Moulard, à l'effet d'y construire un nouveau cimetière, dans le plus bref délai, sans autre réserve que celle d'un emplacement pour la construction d'une chapelle de famille. Les donateurs, en vue d'accélérer l'établissement d'un nouveau cimetière et en voyant l'impossibilité où se trouvait la commune, après les malheurs survenus par suite de la guerre, firent de plus grands sacrifices, dépensèrent plus de 3,000 fr. pour les murs de clôture.
6 juillet 1870. Le Conseil émet son avis sur l'opportunité de l'acceptation du legs du tiers de ses biens, fait en faveur de la fabrique de l'église de Sougé, par MUe Marie Lefèvre, dans son testament, reçu par Me Grignon, notaire, le 4 avril 1870.
28 août 1870. Installation et prestation de serment de MM. Jacques Thireau, Alexis Coutré, Julien-Pierre Leconte, Antoine Brault, François Percheron, Charles Besnier, Pierre Moulard, Joseph Lemée, Julien Bellanger, Charles Vallée, Auguste Renard, et François Charbonneau , membres du Conseil municipal, élus le 7 août.
§ 9. —Guerre contre les Prussiens. — République. — Incendie de Soug-é.
26 octobre 1870. «... Le Conseil municipal de la commune de Sougé-le-Ganelon, assisté de MM. les officiers et sous-officiers de la commune de Sougé-le-Ganelon (élus le 11 septembre), et convoqué sous la présidence du sieur Thireau, Jacques, premier conseiller municipal, (M. A. Coutré avait depuis peu donné sa démission), à l'effet de prendre une décision sur la marche à suivre en cas d'une invasion, a décidé, à l'unanimité, que la commune se défendra et qu'elle opposera une résistance énergique, dans la mesure de ses forces, contre toute agression. Fait et délibéré... et après lecture tous les membres présents ont signé. A Coutré, Briére, capitaine en premier, A. Léger, capitaine, C. Vallée, lieutenant, Agin, lieutenant, Guy, sous-lieutenant, C. Levillain, sous-lieutenant, J. Thireau, Couillaux, sergent, L. Suhard, sergent, Houlbert, F. Roger, Debiers, E. Gaipin, C. Roger, sergent-fourrier, Guillochon, J. Bellanger, P. Yvard, Blossier, Thimont Auguste, Pierre, P. Lemoie, Percheron Joseph, F. Ragot, F. Charbonneau, P. Leconte, Antoine Brault, J. Lemée, Neveu. »
La garde nationale ne put obtenir de fusils de l'administration ; elle s'exerça plusieurs fois la semaine avec beaucoup d'entrain avec des fusils de tous les calibres et même avec des bâtons. Quand le torrent envahisseur s'abattit sur notre pays, la garde nationale de Sougé ne put, comme celles de tant d'autres communes, que frémir dans son impuissance.
Septembre 1870. Une collecte, à l'effet d'habiller les gardes nationaux les plus nécessiteux, produisit 210 fr. L'achat de képis en absorba une grande partie.
La garde mobile de la Sarthe comprenait quatre bataillons : jes trois du Mans, de La Flèche et de Saint-Calais formèrent le 33e régiment de marche, ayant pour lieutenant-colonel M. le vicomte de La Touanne. Le bataillon de Mamers, faisant partie du
74° de marche, était commandé par M. le comte de Mailly-Châlon qui fut blessé mortellement à Varize. La plus grande partie des jeunes gens du canton de Fresnay était dans la compagnie commandée par le capitaine, prince de Lucinge-Faucigny ; MM. Bletteau et Sergent en étaient lieutenant et sous-lieutenant.
Sougé fournit son contingent de jeunes gens.
Le bataillon de Mamers assista à l'affaire du Mans ; après la prise de cette ville par les Prussiens, il se replia sur la Mayenne, prit ses cantonnements à Andouillé, Saint-Germain-de-Fouilloux, et, en février 1871, passa la Loire, résida à Chatellerault et rentra dans ses foyers à la fin de mars.
Les désastres successifs amenèrent le rappel des hommes célibataires ou veufs sans enfants jusque 40 ans, sous le nom de mobilisés. Sougé faisait partie de la 3e compagnie du bataillon de Mamers ayant pour commandant M. Blondel,du château de Vaulx, en Gesnes-Ie-Gandelain. Cette 3e compagnie, comprenant les communes de Sougé, Saint-Léonard, Saint-Paul-le-Gaultier,Assôle-Boisne et Saint-Yicteur, se rassemblait à Sougé même ; mais il n'y eut que deux réunions, puis il fallut marcher en avant.
On criait de toutes parts : à Berlin ! Le roi de Prusse, Guillaume, disait-on, avait insulté la France dans la personne de notre ambassadeur, et la déclaration de guerre avait éclatée comme un coup de foudre.
A cette nouvelle, la France, il faut l'avouer, se prononça pour la guerre. La France, si fière de sa gloire militaire, ne pouvait admettre la possibilité d'un revers.
Comment supposer que les trois quarts de notre armée n'existaieut que sur le papier? Que nos arsenaux étaient vides? Comment admettre enfin que l'Empereur, après avoir fait de grandes choses, serait aveugle ou trompé, au point de déclarer la guerre avec trois cent mille hommes, peu mobilisables, aux douze cent mille soldats allemands?
L'illusion, hélas ! fut de courte durée. La réalité apparut avec la nouvelle des désastres de Wissembourg, Vœrth, Rèichsoffen, combats sublimes de un contre dix.
Puis Sedan ! quatre-vingt mille hommes enfermés dans le fond de collines couronnées de l'artillerie al Lemande. Une armée prise d'un coup de filet, le maréchal Mac-Mahon blessé, l'Empereur prisonnier.
Le lendemain, le 4 septembre, fut décrétée la déchéance de l'Empire, la dissolution du Corps Législatif ; la troisième république fut proclamée par le gouvernement de la Défense nationale !
Les événements marchaient vite : l'armée du prince Frédéric Charles immobilisait sous les murs de Metz la dernière armée de la France ; le 17 septembre, l'investissement de Paris par l'ennemi était complet. L'armée de la Loire, formée en partie d'éléments sans cohésion, se porta devant le torrent ; il fallut battre en retraite à chaque instant, puis se grouper autour du Mans. Cette ville fut prise le jeudi, 12 janvier 1871, et, quelques jours après, presque tout le département de la Sarthe était envahi.
Le 21e corps, commandé par l'amiral Jaurès, après s'être battu à Courcebœufs, à Montfort, etc., passa la Sarthe à Montbizot et à Beaumont. Une brigade de ce corps, commandée parle général Cathelineau, s'achemina par Fresnay où elle logea en partie; elle se composait de régiments d'infanterie peu disciplinés , de trois batteries d'artillerie et d'une quarantaine de cavaliers servant ' d'éclaireurs.
Le désordre le plus grand régnait au milieu des fuyards. Sougé eut à coucher, dans la nuit du 14 au 15, un bataillon des mobiles de la Haute-Garonne.
Ces troupes se rendaient dans la Mayenne en suivant la route de Villaines-la-Juhel, couverte d'une neige très-épaisse, tombée le 9 et 10 janvier 1871.
Après, défilèrent les mobilisés de la Mayenne, dont le colonel Bournel avait fait beaucoup d'embarras à Beaumont. N'avait-il pas voulu forcer M. Dumans, maire de cette ville, à faire sauter le beau pont suspendu !
A Fresnay, il voulut organiser la défense, ce qui pouvait aine-
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ner Je massacre des habitants. A peine les mobilisés avaient-ils quitté Fresnay qu'une douzaine de uhlans vinrent en prendre possession. Ils furent suivis de soixante fantassins qui ne couchèrent pas ; mais se tirent conduire en voiture à La Hutte.
Le dimanche, 15 janvier, les uhlans rentraient à Fresnay, et dans l'après-midi, des troupes, au nombre de cinq à six mille hommes, inondèrent la ville. Une partie se dirigea versAsséet Sougé.
Sans crainte d'être prolixe, je vais donner beaucoup de détails sur l'occupation prussienne.
Dimanche, 15 janvier 1871, vers trois heures, trois uhlans vinrent prendre possession du bourg de Sougé ; ils précédaient au moins d'une heure le 3e bataillon du 89e régiment méklimbourgeois d'infanterie, avec quelques canons qui furent rangés autour de l'église. Ces six cents hommes se répandirent dans le bourg et se logèrent au hasard ou à leur convenance. Ils firent main-basse sur tout ; sans vergogne ils visitaient les meubles, brisaient ceux qui résistaient, afin de s'approprier les objets de quelque valeur.
Plusieurs habitants furent mis à contribution pour certaines sommes et, en échange, ils reçurent des chiffons de papier sur lesquels étaient tracés quelques mots indéchiffrables. Les Prussiens ne se faisaient pas faute de prendre à la gorge les récalcitrants qui, alors, s'exécutaient.
Le 16 janvier, dans la matinée, les Allemands, à la grande satisfaction des habitants, prirent la direction d'Alençon en passant par Assé où des troupes avaient également séjourné.
Voici le bon de réquisition régulière, libellé par le commandant prussien :
Der comne Sougé, par le chef — 3e bataillon — 89e régiment. Le 15 j. 71. — Requis : 250 kil. beef (bœuf) — 300 kil. avesne — 400 kl. brod. (pain). J. A. D. Z. S. — M. Matliewis.
16 janvier. Des reconnaissances partant de Fresnay passent et repassent ; une d'elles pousse jusqu'au Gué-Ory et revient avec cinq chevaux qu'un conducteur imprudent avait abandonnés.
17, 18, 19. Allées et venues de reconnaissances et de détachements vers le Gué-Ory et Saint-Léonard.
19 janvier. Le Conseil municipal s'assemble à reflet d'aviser aux moyens de faire face aux exigences des Prussiens. Partout sur leur passage, ces hommes ne savent que prononcer le mot cognac et porter la terreur par le pillage et les mauvais traitements. Ils voulaient même rendre responsable la population de la disparition de trois des leurs qu'on avait vus, la veille, saouls comme des Allemands et qui s'étaient égarés du côté d'Assé.
20. Passage d'éclaireurs et de soldats allant du côté de Saint- Paul. Dans l'après-midi, plusieurs centaines de cavaliers, avec bon nombre de chevaux non montés, viennent de la Poôté en passant par Saint-Léonard. Leur désordre annonce qu'ils sont peu rassurés.
21 janvier. Vers neuf heures, des dragons sur des chevaux gris s'avancent jusqu'à Saint-Paul.
22, dimanche. Sans cesse des reconnaissances partant de Fresnay et parcourant les routes de Villaines et de Saint-Léonard. A leur passage, retentissait leur cri de cognac ! A coups de sabres, ils arrêtaient les oies et les canes.
M. Provost, maire de Saint-Paul, qu'on voulait rendre responsable de quelques coups de fusils tirés par les Francs-tireurs, est emmené prisonnnier ainsi qu'un autre habitant de Saint-Paul.
23 janvier. Va-et-vient des reconnaissances prussiennes. Arrivée dans le bourg d'une vingtaine de Francs-tireurs, remarquables par la bigarrure de leurs costumes. Ces misérables qu'on peut classer parmi les malfaiteurs et qu'il ne faut pas confondre avec les belligérants courageux, qui se sont décorés du nom de Francs-tireurs, menaçaient, rançonnaient les habitants qu'ils terrifiaient cà l'instar des Prussiens. Ils se sont bien gardés de profiter des positions uniques que leur présentait le terrain accidenté de Saint-Paul et de Saint-Léonard, où, 25 hommes pourraient, en un moment donné, tenir en échec un régiment. Il leur fallait faire ripaille et se donner des airs de matamores,sans jamais essuyer le feu de l'ennemi.
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Ils tirèrent sur une reconnaissance prussienne, au Gué-Ory, blessèrent un cheval, mirent en réquisition les habitants du village pour construire un semblant de barricade sur le pont du Gué-Ory. Mais il est bon de remarquer qu'ils ne restèrent pas pour la défendre. Ils couraient moins de danger en établissant leur quartier dans le château de M. de Moloré,oûils surent commander et se servir de leurs mains.
Partout, on était effrayé par les menaces d'incendie et de la part des Francs-tireurs et de celle des Prussiens, agacés par les coups de feu sur leurs reconnaissances. Le bourg de Sougé fatalement devait en être victime.
24 janvier, mardi. Le repos de la nuit, si on peut donner ce nom aux heures agitées de la nuit, où chacun ne dormait que d'un œil, n'a été troublé dans la rue que par les patrouilles ennemies. A neuf heures du matin, deux escadrons de dragons et de hussards, suivis de trois ou quatre cents fantassins, passent à Sougé et se dirigent vers Saint-Paul. Leur chef signifie au maire de Sougé que, s'il était, tiré sur ses soldats un seul coup de fusil, le village serait brûlé.
Le Maire promit de faire son possible pour empêcher tout acte d'hostilité de la part de ses administrés; mais il ne pouvait répondre des coups de fusils échangés entre les belligérants. N'était-ce pas une affreuse situation, d'un côté les Prussiens, de l'autre les Francs-tireurs, proférant des menaces d'incendie !
Vers une heure, une quinzaine de Francs-tireurs débouchent par le chemin de La Croix-Fouard dans le bourg : cinq d'entre eux voyant passer une reconnaissance ennemie, courent vers la Martinière, tirent cinq ou six coups de feu, blessent un cavalier et son cheval. A la nouvelle de cette attaque, le général commandant à Fresnay, condamne Sougé à périr par le feu : des troupes armées de matières incendiaires se portent vers notre malheureux bourg, où, elles se réunissenl à la colonne passée le matin,et qui venait d'essuyer une vive fusillade du côté d'Averton.
Plusieurs habitants de Sougé qu'on avait réquisitionnés le
matin avec leurs chevaux et leurs charrettes, assistèrent vers la Verottière à une rencontre entre les belligérants.
A cinq heures, au son de la trompette, an bruit des coups de fusils, aux cris féroces de la soldatesque furieuse et avinée, commence une scène bien digne de l'enfer et qui devait durer une demi-heure.
Dans un clin-d'œil, au milieu d'un brouhaha infernal, les Prussiens se ruent dans les maisons, brisent les portes, les vitres, frappent les habitants, les chassent de leurs maisons, mettent le feu aux lits, aux rideaux, tirent même la paille des lits pour y mettre le feu, poussent la cruauté jusqu'à forcer le malheureux habitant à allumer le feu lui-même.
Dans cette effroyable panique, quel homme peut conserver son sang-froid et ne pas payer le tribut au grand principe de la conservation de la vie !
M. Thireau, maire de la commune, fut la première victime ; les soldats le saisirent brutalement et le tinrent étroitement garrotté pour remmener à Fresnay où il resta 24 heures dans un affreux corps de garde, pendant que les flammes dévoraient sa maison et son mobilier.
Dans leur invasion chez Mme Gontier, à la Castine, les Prussiens arrachèrent de son lit un jeune mobile malade, Fortuné Cailleau, du département de la Haute-Garonne, recueilli mourant par cette généreuse dame, le massacrèrent et firent piétiner leurs chevaux sur son cadavre.
Un autre, trop souffrant pour se sauver, fut étouffé dans son lit, dans la même maison.
Dans leur expédition du côté d'Averton , les Prussiens avaient saisi une trentaine d'hommes, sur la route, occupés aux travaux des champs: ils les remmenaient attachés derrière les voitures. Pendant l'incendie, un polonais de l'armée prussienne, profitant du trouble général, coupa les liens des prisonniers qui s'enfuirent. Un seul, un enfant de dix-sept ans, ne put s'échapper : le lendemain, son cadavre, perforé de coups de baïonnette, fut retrouvé dans un champ à Mort fontaine.
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Les Prussiens ayant mis leur œuvre de destruction en train se retirèrent au milieu du bruit, produit par leurs chants sauvages, la décharge de leurs armes, par les toitures dont les tuiles et les ardoises volaient en éclat sous l'action du feu. Les cris des habitants affolés, les mugissements des bestiaux ajoutaient à ce vacarme. De la Martinière jusqu'à la Couretterie, ce n'était qu'une ligne de feu.
2o-26 janvier. Les habitants s'occupèrent à éteindre le feu qui continuait ses ravages ; ils revenaient prendre possession de leurs pénates, mais avec une crainte bien naturelle. Les reconnaissances prussiennes passaient et repassaient
27. Dès le matin, un bataillon parti de Fresnay s'avance jusqu'à Saint-Paul. La panique s'empare de tout le monde, sur la fausse nouvelle que les Prussiens allaient remettre le feu, l'exode recommence de plus belle.
Vers trois heures de l'après-midi, les soldats ennemis retournent vers Fresnay, alors le calme se rétablit.
Si par cet incendie les Prussiens cherchaient à terrifier la contrée environnante, ils pouvaient se liât ter d'avoir réussi, puisqu'àplus de huit lieues l'incendie fut aperçu. Ils se vengeaient des coups de fusils reçus à Gesvres, à Chène-Poteau, à La Yeroltière, au Gué-Ory, à Saint-Léonard et enfin à Sougé.
Trente-sept habitations furent plus ou moins endommagées. Conformément aux instructions préfectorales, un inventaire des pertes générales fut dressé ; elles furent portées au chiffre trop faible de 90,000 fr.
Les victimes les plus nécessiteuses reçurent des secours consistant en orge, en graines, et en quelques sommes d'argent, dont 500 fr. de Monseigneur l'évêque Fillion.
Deux fois le Gouvernement a accordé des indemnités aux départements envahis : elles furent reparties sous le patronage d'une commission départementale. Sougé a reçu 19,500 fr. La souscription du Sou île* Chaumières a donné, en 1872, à Adolphe Léger, menuisier, 1,500 fr. et à Marin Cliailmiincau, 1,000 fr., en vue de leur venir en aille dans la reconstruction
de leur maison. Une plaque commémorative en fonte est attachée sur la façade de ces deux habitations.
28 janvier, samedi. — Froid très-intense ; dans la matinée, une quarantaine de Prussiens arrivent à Songé, se divisent en deux colonnes qui prennent, Tune, la direction de Saint-Paul, l'autre, celle de Saint-Léonard. A une heure après-midi, les habitants de Sougé aperçoivent un ballon qui va s'atterrir entre les Frettes et Paigné, dans le Rigaire. Autour de ce ballon, appelé le Général Qmbronne, parti de Paris, au matin, et monté par un marin du nom d'Aug. Tristant, en très peu de temps se réunit une foule nombreuse. Le ballon fut dépecé avec avidité, afin d'en soustraire les vestiges aux ennemis, qui couraient après dans toutes les directions. Quelques-uns vinrent jusqu'au gué de More sans oser passer la Sarthe un peu forte par suite de la fonte des neiges.
Les paquets de l'administration de la poste furent cachés ; l'aéronaute fut conduit à l'habitation de M. Moulard, archiviste adjoint de la Sarthe, séjournant à Sougé depuis le 7 janvier. Lui et sa femme étaient venus remplir des devoirs bien pénibles, imposés par la perte de leurs deux enfants.
Le marin possédait la dépêche du directeur général des postes accompagnant les paquets confiés à plusieurs personnes, à la descente du ballon ; il possédait de plus, en double exemplaire, la dépêche du ministre de l'Agriculture, M. Magnin, concernant le ravitaillement de Paris. Vu l'importance de la dépèche et sur la prière de l'aéronaute, exposé à tomber entre les mains des Prussiens, M. M.., voulut bien se charger d'un exemplaire de la dépèche portant le ravitaillement et de celle du directeur général des postes. Tristant lui confia quantité de papiers, jusqu'à son livret. Ce qui prouve combien il était peu rassuré.
M. M.., trouva, moyennant salaire, un guide qui, en passant par le pont de Monnay et par des sentiers détournés, conduisit le sieur Tristant chez le maire de Saint-Georges-le-Gaultier. Ce dernier, vers le soir, confia le marin au sieur Rousseau qui le a mduisit jusqu'à Courcilé, où des francs-tireurs le reçurent assez mal.
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A Villaines-la-Juhel, A. Tristant fut renseigné par MM. Bruneau, maire, et Moreau, conducteur des ponts et chaussées, qui lui offrirent les moyens de se rendre à Mayenne.
M. M., le retrouvait, à 7 heures, le lendemain matin, à Mayenne, 29 janvier, dans l'antichambre du général Jaurès.
Après avoir reçu des mains de l'aéronaute les dépèches susmentionnées, M. M., quitta Sougé à pied, se dirigea vers Gesvres en passant par Saint-Léonard-des-Bois.
Le colonel Bournel, commandant des mobilisés de la Mayenne et des forces militaires dans le rayon de Pré-en-Pail, le même contre lequel lutta M. Dumans, maire de Beaumont-sur-Sarthe, en voulant, le 13 janvier, conserver intact le beau pont de sa commune, reçut M. M., comme un prussien déguisé,- porteur de dépêches fausses. Aux yeux de ce partisan de la guerre à outrance, Paris devait tenir ; au reste, il se chargeait, disait-il, de son côté, de refouler l'ennemi. M. Bournel venait de souper !
Il menaça de faire fusiller l'importun ; il ne lui ménagea point les mauvais traitements, le fit acheminer, à pied, sur la neige, entre une escorte de dix soldats, vers Pré-en-Pail.
A Pré-en-Pail, M. M., dut essuyer encore les menaces du courageux colonel, qui se décida enfin à le diriger dans une voiture vers Mayenne, en compagnie d'un officier et d'un soldat.
M. M.., à son arrivée à Mayenne, s'adressa immédiatement au général Jaurès commandant le 21e corps, lui rendit compte de sa mission, puis, avec une lettre de son chef d'état-major, passait chez M. le lieutenant-général Rousseau, lui donnait les renseignements, à l'effet de diriger des cavaliers à la recherche des paquets de la poste, cachés à Sougé.
Le dimanche, 29 janvier 1871, un peloton de dragons, commandé par un officier, porteur d'une lettre de M. M.., contresignée par M. le général Rousseau, et adressée au maire de Saint-Georges, se mettait en marche vers cette commune. Le sieur Rousseau, celui même quiavail conduit en voiture le marin jusqu'à Courcité, partit immédiatement à cheval pour Sougé afin de réclamer les paquets de la poste; mais il n'avait point decom-
mission authentique et les patrouilles prussiennes se succédaient, aussi dut-il s'en retourner les mains vides.
Les dragons vinrent dans la soirée à Sougé et les paquets leur furent remis par les détenteurs. L'armistice fut signé, le 28 janvier, à Versailles ; la nouvelle officielle en fut confirmée, le 30 et le 31 janvier. Pour la seconde fois, Sougé était débarrassé des Prussiens qui, en 1815, y avaient tenu garnison.
10. — Chronique depuis 1871. — Nouveau Cimetière. — Monument sur la tombe des Mobiles.
6 août 1871. Vote du budget de la vicinalité en 1872 : quatre journées dont le produit est de 4,112 fr. 05 c. spéciaux ordinaires, 465 fr. 63 c. Total 4,577 fr. 63 c.
6 août 1871. Le Conseil approuve ie bail de la maison Touchard, servant à agrandir le logement de l'institutrice, et les travaux à exécuter dans l'école des filles.
20 septembre 1871. Le Conseil, après avoir énuméré les malheurs survenus à la suite de l'incendie du 24 janvier, implore la bienveillante intervention du Préfet auprès du Conseil général et du Gouvernement, en vue d'obtenir les secours nécessaires pour réédifier la maison d'école des garçons détruite par un fait de guerre.
Le Conseil général, dans sa séance du 8 novembre 1871, vota mille francs en faveur de notre école.
20 octobre 1871. Le Conseil approuve le dossier concernant les travaux du chemin de Sougé à Douillet, n° 6, de la partie commençant à la chaussée de Corbuzain et allant rejoindre la partie terminée en face du chemin de LaRobinière. Ces travaux ont coûté 4,191 fr. 15 c.
12 novembre 1871. La commission de charité a dépensé 752 fr. 30 c. Sont nommés membres de la commission avec M. le maire et M. le curé, membres de droit, 3LM. J. Bellanger, Moulard et J. Roger.
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4 février 1872. Le Conseil ne recevant aucune indemnité de l'État et se voyant à la veille de ne pas avoir de local où faire la classe des garçons, reconnaît l'urgence qu'il y a de relever la classe en employant les 1,000 fr. de secours accordés par le Conseil général. Ce travail fut terminé à Pâques 1872.
31 janvier 1872. Médaille d'honneur décernée par M. le Ministre de l'Intérieur à M. Moulard, Pierre, propriétaire à Sougé-le-Ganelon, avec cette mention :
« Le 28 janvier 1871, M. Moulard a fait preuve du plus courageux dévouement pour sauver des dépêches apportées par ballon. »
21 avril 1872. «....M. le Président a exposé que M. et Mme Moulard offraient en don à la commune un cimetière d'une étendue de 40 ares, clos de murs de 2m 6Q en moyenne au-dessus du sol, orné d'une croix magnifique en granit d'Alençon, fermé d'un portail en fer et renfermant leur chapelle funéraire.
« Que les donateurs mettent les conditions suivantes à leur libéralité :
« 1° Engagement du Conseil municipal de conserver, sans jamais pouvoir l'aliéner, en totalité ou en partie, le terrain de l'ancien cimetière, afin que l'église puisse se développer, si besoin se fait sentir, dans ses constructions de sacristie ou de chapelles ;
« 2° Après le délai légal, de faire enlever, aux frais de la commune, la partie surabondante des terres et(tle les transporter dans le nouveau cimetière, sans pouvoir les rendre ;
« 3° De conserver la croix bouessée qui existe ou la remplacer par une plus belle ;
« 4° D'entourer le terrain d'arbres à haute tige pour l'ornement du lieu ; Ç
« Le Conseil municipal, à l'unanimité, accepte avec les conditions sus-énoncées, le don fait par M. et M"e Moulard,
« Leur témoigne toute sa reconnaissance pour leur insigne libéralité, et invite M. le maire à recevoir, devant notaire, la donation qui n'aura son effet qu'après l'approbation de M. le préfet...» Les habitants ont fait avec un empressement digne d'éloges le
charroi de plus de cent toises de pierres, tirées des carrières de la Touasnière et de Monnaie.
21 avril 1872. Tarif des concessions de terrain, dans le nouveau cimetière, approuvé par le préfet : lre classe (perpétuelles), 40 fr. le mètre carré de superficie; 2e classe (trenlenaires), 30 fr. ; 3e classe (temporaires), 20 fr.
28 juillet 1872. Le Conseil et les plus imposés votent 20 c. extraordinaires produisant 1,830 fr., pour 1873, à l'effet de payer 1,254 fr. encore dus sur la première construction de la maison d'école des garçons, avec les intérêts d'un an et 302 fr. de déficit de l'exercice 1873, de plus 274 fr. pour dépenses imprévues.
4 août 1872. Le Conseil émet un vœu favorable au passage, par Fresnay, d'un chemin de fer d'Orléans à la mer.
8 septembre 1872. Le maire présente les plans d'ouverture de la route n° 65, au Puits-Forget, sous la forme de trois lignes. Le Conseil est divisé ; quatre voix se prononcent pour la ligne rouge, et cinq pour la verte, la moins coûteuse et venant déboucher vis-à-vis la maison d'école des garçons, dans la route grande communication n° 4. Les lignes rouge et bleue débouchaient dans la rue du Puits-Forget. Ce vote n'a point été considéré comme définitif, l'administration préfectorale a demandé une nouvelle étude, et, dans une délibération ultérieure, le Conseil se prononça pour l'adoption de la ligne bleue.
19 septembre 1872. Le Conseil se prononce en faveur des lignes bleues concernant l'ouverture, au Puits-Forget, de la route n° 6, de Sougé à Douillet, en tenant compte de l'engagement des riverains qui veulent bien à leurs frais reculer le puits.
10 novembre 1872. Commission de charité. Règlement de comptes, 1871-1872 : il a été dépensé 1,028 fr. 35 c, excédant 40 fr. 45 c. Souscriptions de 1872-1873, 908 fr. 30 c. Secours de la préfecture, 150 fr., plus 230 fr. de dons. Total 1,328 fr. 75 c,
10 novembre 1872. Le Conseil municipal émet le vœu de voir le chemin de fer de Saint-Calais à Mamers, se prolonger jusqu'à la Hutte.
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15 décembre 1872. Le Conseil autorise le maire à prélever, sur la totalité de l'indemnité de guerre, les réquisitions faites à la mairie par les Prussiens le 15 janvier 1871, en pain, avoine et viande, montant à 407 fr.
23 janvier 1874. Choix de M. R. Blanche, architecte, à Fresnay, pour diriger la reconstruction de la maison d'école des garçons.
21 décembre 1873. Comptes de la commission de charité. L'exercice 1872-1873 a dépensé 1,328 fr. 75 c. La souscription pour l'exercice 1873-1874 s'élève a 1,068 fr. 30 c. qui, avec 125 fr. donné par la Préfecture, forme un total de 1,193 fr. 30 c.
18 février 1874. Installation, sous la présidence de M. Moulard, premier conseiller inscrit au tableau, de M. Jacques Thireau, maire et de M. Antoine Braull, adjoint, nommés par arrêté préfectoral du 9 février courant, en vertu de la loi du 20 janvier 1874. Depuis le 4 septembre 1870 il n'y a plus de prestation de serment.
8 mars 1874. La médecine gratuite a coûté en 1873, la somme de 112 fr.
8 mai 1874. Création des ressources du service vicinal de l'exercice 1875 : trois journées, 2,370 fr. ; 5 c. spéciaux ordinaires, 459 fr. ; produit de 20 cent, extraordinaires, 1,834 fr. Total 4,663 fr. Dépenses : n° 4, grande communication 1,400 fr.; chemins d'intérêt commun, nos 65 et 72, 1,424 fr. Plus tard, le Conseil déterminera l'emploi des ressources sur les chemins vicinaux. Le cantonnier de la petite vicinalité, pendant 8 mois, est payé 43 fr. par mois.
7 juillet 1874. Inauguration de la nouvelle salle de mairie, sur la classe des garçons, par le Conseil municipal et le concours de plusieurs personnes invitées.
22 novembre 1874. Élections municipales. Tous les anciens conseillers sont réélus.
21 décembre. Installation du Conseil municipal.
3 octobre 1875. Émission d'un vœu favorable à la construction
d'un chemin de fer de Sillé à Fresnay, de celui de Mamers vers La Hulte.
16 janvier 1876. Le Conseil délègue M. J. Thireau, maire, et M. A. Braull, en qualité de suppléant, aux élections sénatoriales au Mans.
20 janvier . Vole du redressement du chemin d'intérêt commun de Saint-Léonard, n° 72, à partir de la Fontaine.
20 février. Élection des députés. M. le comte de Perrochel obtient 101 voix ; M. Gaston Galpin, licencié en droit, ancien conseiller de préfecture, 101 ; M. Horlensius de Saint-Albin, 29. M. de Perrochel est élu dans la circonscription.
7 mai 1876. Tombes militaires. Sur l'avis de la préfecture, le Conseil décide le transfèrement des restes des mobiles, tués en 1871, de l'ancien cimetière dans le nouveau. Le Gouvernement paye le terrain.
3 octobre 1876. En exécution de la loi du 12 août 1876, sur le renouvellement des maires et adjoints, le Conseil élit MM. J. Thireau, maire, et A. Brault, adjoint.
9 novembre. Commission de charité : MM. Bel langer, Moulard et J. Roger, membres. Produit de la souscription pour 1875-1876 : 885 fr. 40 c. et 100 fr. de secours du département. Total : 985 fr. 40 c. La souscription, pour 1876-1877, s'est élevée à 792 fr. 40 c.
25 mars 1878. Le Conseil, réuni à douze des plus imposés, s'occupe : 1° du prolongement du chemin n° 6 jusqu'au gué de More ; l'exécution coûtera 14,000 fr. pour terrassement, à cause du remblai fait en prévision du pont qui nécessitera plus de 20,000 fr. de dépense, à la charge de Sougé et de Douillet ; 2° du classement du chemin du Rocher qui aurait sa direction vers Saint-Céneric. La commune disposera de 6,000 fr. à la fin de l'année, mais il restera un déficit de 8,000 fr. ; en outre, la dépense de l'ouverture du chemin du Rocher est évaluée à 7,000 fr. Ce dernier chiffre devra être atténué par celui des souscriptions. L'assemblée, en considérant que l'imposition des 20 c. prend fin avec 1877, prie M. le Maire de contracter à
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la caisse des chemins vicinaux, un emprunt de 10,000 fr., amortissable en 30 ans par 5 c. extraordinaires.
11 novembre 1877. La commission de charité a dépensé 785 fr. pour le soulagement des malheureux, dans le cours de l'année. La collecte faite en novembre a produit 781 fr.
21 janvier 1878. Installation du Conseil municipal, à la suite des élections des G et 13 janvier. Il y adouze conseillers : MM. Thireau Jacques, Leconte Julien-Pierre, Moulard Pierre, Thimont Auguste, Percheron Joseph, Bellanger-Piau Julien, Roger Jules, Besnier Charles, Renard Auguste, Brault Antoine, Pinçon René, Bellanger-Jousselin. Sont élus: MM. Thireau, maire, à la majorité, C. Besnier, adjoint, par sept voix.
18 juin 1878. Demande de rétablissement d'une brigade de gendarmerie à Sougé. Coup d'épée dans l'eau !
30 juin 1878. Achat par la commune de la maison Thimont, moyennant 11,010 fr., pour en faire la maison d'école des filles.
14 juillet. Vote favorable à l'aliénation de soixante-trois parcelles de terrain pouvant valoir -456 fr. L'agent-voyeren a dressé le plan.
10 novembre 1878. La commission de charité recueil le 842 fr. Les dépenses ont atteint un chiffre un peu supérieur.
30 janvier 1879. M. Jules Grévy est élu président de la République en place du maréchal de Mac-Mahon, démissionnaire.
31 décembre. Émission d'un vote favorable à l'emplacement de la gare du chemin de fer de Fresnay à Sillé, sur la route départementale n° 5, à 600 mètres de Fresnay. Le 10 février 1879, le Conseil formulait un vœu favorable h l'établissement d'une ligne de chemin de fer de Fresnay à Yillaines-la-Juhel.
6 mai 1879. Le taux de la rétribution scolaire est de 1 fr. 75 c. pour les enfants jusqu'à 9 ans, et de 2 fr. 25 c. pour les enfants au-dessus de 9 ans ; celui des élèves admis gratuitement au compte du budjet est de 1 fr. Le traitement de l'instituteur pendant ladite année se compose du traitement lixe de 200 fr., de la rétribution scolaire 760, de l'éventuel 311 ; Total : 1,301 fr. Celui de l'institutrice est de 1,163 IV.
15 janvier 1877. Exhumation de l'ancien cimetière et transfèrement dans le nouveau des corps des deux mobiles, tués à la Castine, chez Mme Gontier, le 24 janvier 1871, et du jeune Roulant!, assassiné le même soir, à Morfontaine, par les Prussiens.
La cérémonie religieuse se fit par un service de troisième classe.
Le Conseil municipal, les anciens mobiles, plus de 500 personnes y assistèrent . Les deux cercueils furent déposés dans la même fosse, à l'angle gauche de la chapelle. Une pyramide en granit d'Alencon fut élevée en 1878, avec le produit d'une loterie et diverses générosités. L'État a payé l'emplacement et l'entourage.
Le journal La Sarthe donna un compte-rendu de la loterie, dans son numéro du 12 octobre 1877. « Dimanche, 7du courant, plus de 3,000 personnes se pressaient sur la place publique du bourg, afin d'assister à la petite fête organisée par M. le Maire et plusieurs personnes, en vue de créer les ressources nécessaires à l'érection d'un monument funèbre sur la tombe des mobiles, massacrés par les Prussiens, dans l'incendie de Sougé-le-Ganelon, le 24 janvier 1871.
» Lors du transfèrement de l'ancien cimetière dans le nouveau, des restes des mobiles, les exigences du casuel curial avaient notablement entamé la petite somme d'argent fournie par des parents, désireux d'établir un monument sur la tombe de leurs enfants. Les ressources se trouvant insuffisant es pour atteindre un but aussi louable, il a fallu faire appel à la bienfaisance publique.
« Une pièce, Pendant la guerre, épisode alsacien en trois actes, a été interprétée, à la chute du jour, avec un entrain véritablement artistique, par une quinzaine de jeunes gens.
« Des musiciens de Fresnay et de Saint-Georges-le-Gaultier, sous l'habile direction de M. Lunel, maître de pension à Fresnay, ont prêté leur concours à la fête, en donnant les morceaux les plus harmonieux de leur répertoire.
« Une loterie, composée des objets les plus enviables, sans oublier une chèvre et un mouton, a été tirée au milieu des rires de la foule.
« M. le maire de Sougé, heureux du résultat obtenu par la réussite de la fête, a adressé ses remerciements aux artistes et à tous ceux qui y ont contribué.
« Merci, a-t-il dit, pour ces braves de la Haute-Garonne, nobles victimes du devoir, restées sur nos collines, alors que dans les plaines de la Beauce-Orléanaise, leurs frères de la Sarthe venaient d'éclairer d'un dernier rayon de lumière les sombres revers de la patrie, en écrivant de leur sang une page consolante... Merci, pour leurs familles. Elles sauront, soyez sûrs, que ce modeste granit, élevé dans le champ du repos, par la pièce d'or du riche et l'obole du pauvre, portera à jamais les noms de ces soldats qui reposent à l'ombre de la croix.
« Tous nos remerciements à M. l'abbé Morancé, notre digne vicaire, pour ses efforts dans l'étude de la pièce que vous avez applaudie. La présence de sa personne, a-t-il ajouté avec émotion, nous fait défaut, mais son cœur est avec nous... »
« Une salve d'applaudissements a accueilli ces dernières paroles. »
27 février 1878. Érection d'une pyramide en granit d'Alençon, sur la tombe des victimes du 24 janvier 1871.
1879. M. le curé Sacier, au milieu de nous depuis six mois et M. le maire, en se prêtant au désir ardent de la population de Sougé, ont tout préparé pour donner le plus grand éclat à la bénédiction du monument. En reproduisant un article de l' Union, intitulé : Une cérémonie patriotique à Soiigé-le-Ganelon, nous ne saurions donner un compte-rendu plus fidèle à cette belle fête.
« Le dimanche 4 mai 1879, jour de la première communion des enfants de Sougé-le-Ganelon, une fête tout à-la fois religieuse et patriotique réunissait une foule considérable dans le cimetière de la paroisse. Il s'agissait de la bénédiction d'un monument. . . M. le curé et M. le maire, se conformant d'ailleurs au désir bien légitime de la population, n'avaient rien négligé pour donner à cette fête un éclat digne de son objet. Deux mille personnes accourues à leur appel, prouvaient combien les cœurs français
sont restés sensibles à tout ce qui concerne la religion et la patrie.
« Entre tous, on remarquait plusieurs ecclésiastiques (MM. Grosbois, Legendre et Gouin, directeurs au séminaire), venus du Mans, afin de témoigner par leur présence de leur sympathie pour une cérémonie entièrement inspirée par la foi chrétienne et par l'amour de la France; M. Gaston Galpin, conseiller général ; MM. les musiciens d'Oisseau, avec leur habile chef M. Le Danois, dont la présence aux fêtes de Sougé resserre les liens d'affection qui unissent les deux pays.
« A la suite des enfants de la communion, marchaient, groupés sous le drapeau national, les soldats de 1870, désireux de rendre un dernier hommage à leurs anciens frères d'armes.
« M. le maire, accompagné du Conseil municipal, MM. les conseillers de fabrique et les autres notabilités de la paroisse se faisaient gloire de représenter, en cette triste circonstance, les familles de ces pauvres enfants tombés sans défense sous le fer de l'ennemi.
« Lorsque la procession fut arrivée en face du monument, M. l'abbé Legendre exposa, dans un langage élevé et entraînant, le double caractère de la cérémonie. Rappelant la conduite de Judas Machabée qui, au lendemain d'une grande bataille, releva de ses propres mains les dépouilles de ses soldats, puis, pensant à leur âme immortelle, lit prier pour eux à Jérusalem, l'orateur félicita les habitants de Sougé d'avoir recueilli, au milieu des ruines d'un village incendié, des soldats français, morts sous le poids de la misère et les coups d'un ennemi implacable.
« Mais, non contents de leur rendre de stériles honneurs, ajouta-t-il, vous avez imploré pour eux la miséricorde divine.... Ce monument est donc le témoignage de votre charité. Il est en môme temps l'emblème de votre patriotisme. Cette colonne de granit représente l'énergie d'une volonté que rien ne saurait briser, quand il s'agit de combattre pour la France..., ce piédestal est le symbole de la foi, base inébranlable sur laquelle s'appuie le véritable courage..., enfin cette croix représente le couronnement du vrai patriotisme, c'est-à-dire le sacrifice. »
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« A la fin de ce discours, écouté avec une religieuse attention, les cœurs étaient profondément émus. Alors, dans un exposé rapide des circonstances qui avaient amené l'occupation de Sougé par les Allemands, M. Gaston Galpin se plaît à rendre hommage au dévouement de toutes les personnes qui, dans ces jours de deuil, avaient offert un asile aux débris de notre armée. Se tournant ensuite vers les enfants qui venaient, selon ses propres expressions, d'accomplir le plus grand acte de leur existence, il les exhorta à marcher, au jour venu, sur les glorieuses traces de leurs aînés. Puis, s'inspirant des dernières paroles de M. l'abbé Legendre, il ajouta : « Mes enfants, on vient de vous parler de patrie, eh bien ! sachez qu'il n'est point de vrai patriotisme pour ceux qui ont abandonné leurs croyances religieuses. »
« Ces dernières paroles trouvèrent l'écho le plus sympathique dans le cœur de tous les assistants. Ensuite M. le curé procéda à la bénédiction du monument, et tout le monde se retira sous l'empire de pieuses émotions, qui peuvent se résumer dans ces deux mots : Dieu et Patrie ! »
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§ 1. — Description et ancienneté de l'église. — Divisions ecclésiastiques.
L'église de Sougé n'a rien de remarquable dans son architecture : son aspect, avec ses toitures inégales et couvertes en ardoise et en tuile, est des plus modestes. Il n'est pas difficile de voir que les différentes parties, surtout les plus modernes, ont été construites pour satisfaire les exigences du moment, sans s'inquiéter des régies de l'art.
Elle fut brûlée en partie par les Huguenots en 1562 ; les comptes de fabrique en font mention.
Sa longueur est de quarante métrés , ainsi répartis : dix-sept mètres de la grande porte à la grande arcade ; dix mètres de celle-ci au chœur, et treize mètres pour le chœur, de forme rectangulaire. Sa largeur, prise en dehors, est de huit mètres.
L'arcade du milieu, en granit, est belle et plein-cintre avec des moulures alternativement rondes et creuses. Celle de l'entrée du chœur, plus élevée que la première, est de forme ogivale et a été plâtrée lors du plafonnage du chœur. A sa base se trouve encastrée une magnifique table de communion, en fer battu, à huit panneaux.
Le bas de la nef a une voûte en bois, de forme cintrée, en
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assez mauvais état, avec trois tirants. La partie comprise entre les deux grandes arcades ainsi que les chapelles et les. bas-côtes, ont une voûte cintrée en plâtre sur lattes. Ce travail, économique pour le moment, nécessitera une réfection complète au bout de cinquante ans. L'emploi du bois ou de la brique est bien plus avantageux dans ce genre de travail.
Le chœur, prenant un peu moins du tiers de la longueur totale de l'édifice, est éclairé surabondamment par une croisée de forme ogivale ; son pourtour est garni de modestes bancs ou stalles en chêne. Un autel en marbre noir, à la romaine d'un effet disgracieux, en occupe le milieu. La sacristie, humide et beaucoup trop étroite, est adossée à la chapelle de Saint- Joseph et débouche au fond du cœur, du côté de l'épître.
Le bas-côté, au nord, avec trois arcades et quatre croisées, se prolonge du milieu du chœur jusque la première grande arcade de la nef. Un autel en bois, dédié à la sainte Vierge, est placé en haut. Dans ce bas-côté, au pied de la chaire, se trouve la pierre tombale de Pierre de Terville, de Caen, décédé à La Gaudinière, le 8 décembre 1773, à l'âge de 18 ans, chez sa tante, Mme Jeanne-Judith-J. de Terville, femme de M. J.-B.-René Champion de Quincé, avocat au Parlement, maître de forges. Au-dessous, du même côté, en face de la porte latérale du midi, se trouve un compartiment éclairé par une fenêtre et donnant sur la nef au moyen d'une arcade plein-cintre. C'est là que sont placés les modestes fonts baptismaux en marbre de Sablé, de forme ovale, avec couvercle de cuivre et monopédicule carré.
A quelques pieds plus bas, dans la nef, se trouvent, sous les bancs, deux pierres tombales en granit d'Alençon, portant, l'une un écusson à trois fasces qui est de Boispitard, l'autre, avec un double écusson, le précédent et celui d'une alliance.
Le côté opposé, comprenant : 1° La chapelle de Saint-Joseph. de six mètres en tous sens, avec une trop grande croisée et une porte de sortie ; 2° La tour et la chapelle de Notre-Dame de Pitié. Cette dernière est éclairée par deux fenêtres : la plus petite est insignifiante, tandis que la grande, à demi-murée, est à meneau
et se termine en haut par des compartiments en forme de trèfles. Au-dessus de l'autel est placé un tableau, peint sur bois, représentant l'Extrême-Onction, donnée à la sainte Vierge par saint Pierre, entouré des apôtres. Ce tableau porte la date de 1584. Deux belles statues sont posées, de chaque côté de l'autel, l'une est celle de saint Sébastien, en terre cuite, l'autre, en pierre, représente VEcce Homo.
Tous les bancs en chêne ont été refaits depuis 1850 : ils sont généralement étroits et incommodes. Dans le dernier siècle, le pavé de l'église fut refait, les nombreuses pierres tombales du chœur et des abords de son entrée furent alignées pour former l'allée qui descend au milieu de l'église. Les trois bénitiers des entrées sont de simples cuvettes en marbre.
La chaire, attachée au pilier de séparation des deux arcades du bas-côté du nord, est élégante ; elle fut faite en 1786.
Après la construction de l'église de Sougé, on éleva, à son centre sur la partie du midi, une tour carrée, percée sur chaque côté de baies. Son genre de couronnement est celui qu'on désigne sous le nom de bâtière, et qui est formé de deux gables, supportant un toit très-incliné à double égout avec rampants, surmontés de deux simples girouettes. Cette forme peu élégante appartient au xme siècle et est postérieure à la tour qui la porte.
M. de Caumont n'affirme pas qu'elle ait été employée dans l'architecture romane : elle lui paraît postérieure à toutes les tours du xie et xue siècle dans lesquelles il l'a rencontrée, et dater des dernières époques, sauf quelques exceptions.
La tour de Sougé peut avoir -vingt-cinq mètres d'élévation ; elle est, comme toute l'église, construite en moellon du pays, avec des angles en roussard taillé, pierre commune au nord de Sougé et en Saint-Léonard. Elle renferme deux cloches et mie horloge en mauvais état. Depuis longtemps, une lézarde trèsprononcée serpente à l'angle nord. Le Conseil de fabrique, en vue de consolidation et aussi pour surveiller le travail de cet accident, il y a quelques années, y a fait couler de bon mortier.
L'architecture romane primitive caractérise le bas de la nef à
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l'extérieur, surtout le pignon et la grande porte. On y voit le moyen appareil bien accusé dans les angles. Les fenêtres n'ont pas de colonnes à l'extérieur, et le cintre, qui les couronne, repose sur les pieds droits de la maçonnerie, leur cintre ainsi que celui de la grande porte, n'est pas décoré de moulures. Une porte carrée est ouverte au milieu de l'arcade. L'espace compris entre la porte carrée et l'arc cintré, ou le tympan, a été refait en maçonnerie qui n'a plus le style primitif. Une seule ouverture cintrée occupe le centre du fronton, à forme triangulaire. La porte a deux archivoltes sans ornements et sans colonnes. L'église est construite en moellon, comme le plus grand nombre des églises de campagne. Le granit et surtout le roussard forment les encoignures.
Autour de la nef, dans certaines parlies, nous voyons encore les traces de la litre, large bande de mortier sur laquelle on appliquait les armoiries des seigneurs de la paroisse. Deux affreux contre-forts entretiennent l'humidité dans le mur au midi de la nef.
L'église de Sougé est placée au centre du bourg ; sa grande porte regarde le nord-ouest, par conséquent, le chœur correspond au sud-est. L'édifice était naguère complètement entouré du cimetière, qui a disparu successivement pour être converti en place .
Deux pierres, la grande de deux mètres soixante-dix de hauteur sur un mètre quatre-vingt-dix de largeur, et une plus petite, sont considérées comme ayant fait partie d'un dolmen: elles sont appuyées au mur du sud de la sacristie.
L'iconographie, ce catéchisme monumental, qui parle aux yeux des fidèles un langage par les figures, n'a rien d'apparent dans l'architecture de notre église.
L'église de Sougé est dédiée à saint Martin ; saint Jacques en est aussi titulaire. Elle remonte à la plus haute antiquité dans ]'ère chrétienne, puisque du temps de Charles-le-Chauve, elle portait le titre de vicairie.
L'abbaye de Saint-Evroul obtint confirmation, vers l'an 900,
des propriétés dont elle jouissait dans le Maine, des Nouvagères Nunniagnm villam in vicaria Gaviacense, hameau au sud de Gesvres, près du bois de Chemasson, qu'elle tenait de Hugues, comte du Maine, et de sa mère, Rodhilde, de la vicairiede Sougé, in vicaria Silgiocense, composée de la paroisse de Gesnes, de différentes propriétés situées à Courtiou, Valais, Gesnes, Culiatura, Intervallis et Gisna (Voir Fart. Prieuré). Sougé fut le cheflieu d'une vicairie qui formait, avec celle de Fyé la Condita vivoniensis.
Condita Vivoniensis (Vivoin), était une des neufs conditœ civitalis cenomanorum. La contrée de Vivoin comprenait probablement les doyennés de Beaumont et de Fresnay. Le monastère de Sainte-Marie y possédait un domaine ; Villam in condita Vivoniense, quœ Taumiacus nominatur et est sita super flnvium Sartœ (Baluze) .
832. Louis-le-Débonnaire confirme, à l'église du Mans, les dîmes de Sougé; nonce et deciniœ... et silgiaco (G. A., 14, Bal., 30).
1100. Rainier, prêtre de Sougé, est présent, lorsque Félicie, femme de Robert de Saint-Célerin, confirme la donation de l'église de Gonnerré, faite aux moines de Saint-Vincent ; videront... Rainerius presbyter de Silgiaco (Ampl. coll. I, 572).
Généralement, pendant toute la période du moyen-âge, on donna le nom de bourg viens, à une réunion plus ou moins nombreuse d'habitations non environnées de murs, mais dont les abords étaient garantis par des fossés ou même des retranchements, précautions rendus nécessaires par la fréquence des guerres. Tout bourg devait avoir une église ou chapelle, fondée et desservie le plus souvent par des religieux. Sougé se trouvait dans ce cas, son moûtier ou prieuré groupa autour de lui la population.
Les églises qui se trouvaient dans les campagnes ne jouissaient pas d'une dignité égale ; les bourgs se classaient eux-mêmes selon les titres attachés à leurs églises, Il y avait des bourgs publics, des bourgs canoniaux et des bourgs épiscopaux.
Les églises des bourgs publics tenaient rang immédiatement après celles des cités; elles jouissaient seules du droit exclusif d'avoir des fonts baptismaux, et le baptême ne s'administrait jamais avec les solennités prescrites par l'antiquité que dans leur enceinte. Jusqu'au xe siècle, les habitants des campagnes furent dans l'obligation de s'adresser pour le baptême à l'église du bourg public dont relevait la région où était leur domicile.
La dignité des églises des bourgs publics était encore relevée aux yeux des populations, par la loi qui obligeait tous les chrétiens du canton à y venir célébrer les trois fêtes solennelles de l'année, Pâques, la Pentecôte et Noël (Baluze).
Pendant très-longtemps les évêques firent observer les lois qui défendaient de donner la sépulture à des chrétiens hors des cimetières attachés aux églises des bourgs publics. Ce droit de sépulture était regardé comme conséquence de l'obligation de recevoir le baptême dans ces églises.
Il y eut un long procès entre le curé d'Ancinnes et celui de Bourg-le-Roi ; le premier prétendait avoir le droit de sépulture sur les paroissiens du second. C'était bien là un souvenir des privilèges autrefois attachés aux bourgs publics.
Dans plusieurs provinces, on conserva pendant des siècles l'usage de transporter ainsi les cadavres pour leur donner la sépulture près d'une église privilégiée, longtemps après que les lois à cet égard furent abolies (de Caumont).
Les localités qui renferment ordinairement le plus de cercueils en pierre, sont celles où le culte catholique s'est établi le plus tôt. Cette observation trouve son application dans plusieurs localités du diocèse du Mans, entre autres à Sougé.
L'église est entourée d'un ossuaire considérable dans toute la partie sud ; à différentes époques on a extrait de la terre qu'on fouillait pour construire, plusieurs cercueils en pierre blanche très-friable au contact de l'air et bon nombre en grès-roussard. Aujourd'hui, 1880, j'en compte cinq ou six qui servent à abreuver les bestiaux à la porte des bâtiments de cultivateurs. Plusieurs ont été laissés sous le sol du Placitre, où ils gisent depuis des siècles.
A la vue de ces ossements, de ces cercueils nombreux, on ne peut refusera Sougé une haute antiquité, ainsi qu'un certain privilège pour son église.
Depuis le xie siècle, le diocèse du Mans se divisait en archiprêtrés et en archidiaconés, mais ces derniers ne tardèrent pas à prendre chaque jour de l'importance. Maurice , évoque du Mans (1216-1231) supprima les archiprêtrés et divisa son diocèse en six archidiaconés.
Les paroisses du canton de Fresnay dépendaient de différents archidiaconés (Passais, Sonnois, Grand-Archidiaconé).
Plusieurs documents des xvie et xvne siècles désignent vingtquatre doyennés ; mais vers la fin du xvne siècle, le nombre était augmenté. A la fin du xvme, le diocèse du Mans était divisé en vingt-huit doyennés, compris dans six archidiaconés, comptant sept cent trente-trois paroisses et neuf succursales.
Fresnay était un des vingt-huit doyennés. . Le titre de doyen était déféré indistinctement à l'un des curés du doyenné, sans être annexé à telle ou telle cure.
Anciennement, les doyens ruraux avaient aussi un caractère officiel et public, pour attester les transactions et contrats particuliers ; ils remplissaient les fonctions de notaires. On en voit des exemples fréquents dans le xi9, xue et xuie siècles. Les archives de l'église de Sougé renferment un testament de Guillaume Escureul, paroissien de Saint-Martin dudit Sougé, à la date du 19 juin 1470, dressé par Mc Jehan Poytiers, prêtre, notaire à Fresnay, avec la signature et le cachet brisé du doyen deFresnay.-
Après avoir réglé la division du territoire, révoque Maurice établit les droits de visite. Ordinairement, le bénéficier devait loger l'évêque et sa suite, leur procurer tout ce qui était nécessaire, et cette obligation constituait pour l'évêque le droit de procuration qui se rachetait par un abonnement annuel, proportionnel aux ressources de chacun.
Les archiprêtrés, puis les diacres jouissaient du droit de visiter les églises. Le dignitaire pouvait se faire accompagner de six personnes à cheval y compris le doyen rural.
Dans les comptes de fabrique, à partir du xv9 siècle, nous trouverons que les sommes qui lui sont allouées pour sa visite annuelle, ne supposent plus un cortège nombreux. L'archidiacre faisait au moins une visite à chaque paroisse de son ressort, par chacun an, afin de veiller sur la conduite des curés, des vicaires et des prêtres habitués, de régler tout ce qui concernait la police des églises, de remédier aux désordres dans les familles. Il contrôlait la gestion des marguilliers et dressait procès-verbal de sa visite. L'archidiacre, en surplis et accompagné de son secrétaire, était reçu à la principale porte de l'église par le curé, qui lui présentait l'étole, lui faisait adorer la croix et lui donnait l'eau bénite. Il en aspergeait l'assistance, montait au grand autej pour y faire l'exposition du Saint-Sacrement, chanter le Veni Sancte Spiritus, puis, après avoir visite l'église, écoutait les réclamations des habitants que le curé avait prévenus à l'avance.
Les inspections purent produire d'excellents résultats, pour la discipline, mais au point de vue financier, il n'en fut pas de même. L'archidiacre voulut, clans bien des cas, prendre le revenu d'un bénéfice pendant la vacance ; ce droit était celui du déport.
A la mort des curés, l'archidiacre avait le droit exclusif de présider à leur inhumation et d'y enlever tout le luminaire. Il allait même jusqu'à s'emparer d'une partie des meubles du défunt, de son bréviaire, son surplis, son bonnet carré, etc.
Dans les premiers siècles, la rareté de l'argent était telle, que les curés avaient droit de prendre pour les enterrements le tiers des meubles du défunt.
La visite du doyen figure également dans la comptabilité pour un chiffre invariable.
Les religieux bénédictins, possesseurs du prieuré, desservirent l'église de Sougé jusqu'à l'époque où les fonctions du ministère pastoral furent jugées par l'église incompatibles avec l'observance des règles monastiques. Alors, les moines délégués dans les paroisses, rentrèrent dans leurs cloîtres, tout en conservant leurs bénéfices. Us se firent remplacer dans les églises par des prêtres
agréés paiTévêque diocésain. La présentation à la cure de Sougé continua d'appartenir à l'abbaye de La Couture du Mans, jusqu'à la Révolution ; la collation appartenait à l'évéque.
Le premier nom de curé que nous donnent les archives locales est celui de François de Vilarceuil, en 1410 ; à partir de cette date, tous les curés de Sougé sont inscrits par ordre chronologique dans le tableau suivant. Nous y avons fait suivre le nom des vicaires, des prêtres habitués et des procureurs ou trésoriers de la fabrique jusqu'à nos jours.
§2, — Listes des Curés, Vicaires, Prêtres et Procureurs-Trésoriers de la Fabrique.
Curés.
François de Vilarceuil, 4 juillet 1410. — Robert Chrestien, 10 juin 1455. — Etienne de La Chambre, simple clerc, ayant un desservant, 1487. — Mathurin Burot, 21 octobre 1503. — de La Haye, 8 août 1507. — Jehan Leroyer, 1537-1565. — Pierre Saillant, 1565-1597. — René Saillant, 1597-1612. — François Geoffroi, du diocèse de Châlons, 1612-1622. — Mathurin Chouin, chanoine de la cathédrale de Saint-Pol de Léon, prieur commendataire de Saint-Martin de Morlaix, en Bretagne, gouverneur de Lamballe, aumônier du Roi, 1622-1657. François Chouin, neveu du précédent, chanoine prébende de Saint-Pol de Léon, 1657-1671. — René Goyet, vicaire, posséda la cure durant 8 mois, 1671. — Louis de Bonnefoy, bachelier en théologie de la faculté de Paris, 1671-1672. — Philippe Coullon, 1678-1681. — Truelle, 26 mai, 26 août 1681. — Pierre Piron, novembre 1681. — Gabriel Vérité, inhumé à Bouloire, 4 octobre 1682. — Charles Gaillard, 1682-1688, eut pour compétiteurs à la cure, Jean Baraton, appartenant à une famille noble d'Auvers-le-Hamon, Pierre Leplal, né à Saint-Pierre de la Cour, bachelier, curé de Saint-Rigomer-des-Bois, Paul Lejoyant. — De La Fosse, 1688-1697. — Michel Pinot, 1697-1701. —
Louis Coutard, 1701-1719. — Henri Chapelain, 1719-1741. — Pierre Thimont, 1741-1769.
René Fortis, principal du collège de Sougé, 1769-1803. — Urbain Antoine Gallais, ex-religieux de l'Ordre de Saint-Dominique, au Mans, 1803-1816. — Pierre Juguin, 1817-1842. — René-Louis Vannier, 1842-1844. — Jacques-Marie David, 1844- 1859. — Joseph-François Dufeu, 1859-1863. — G.-L.-M. N., 25 février 1863-1878. — J. Sacier, 26 sept. 1878.
Vicaires.
Remond de Saint-Berthevin, prêtre-vicaire, 1543. — Jehan Gaudenier, 1544. — René Saillant, 1594-1597. — Pierre Morin, 1615, devint curé de Saint-Martin de Mayenne. — Couranger, 1618. — Ribot, 1619. — Mathurin Monet, 1620. — Barnabe Chesnay, 1624-1653. — Michel Godard, 1626-1632. — Julien Massue, 1636. — Marin Vaugon, 1640-1648. — Marin Lemore, 1656-1660. — René Goyet, 1671. — Plus de traces de vicaire jusqu'en 1681. — Michel Bougler, 1681-1683. — J. Cabour, 1694. — Julien Bigot dont les notes accusent un zèle bien grand, 1699-1700. — René Le Seurre, 1701. — François Violas, 1704-1715, — Etienne Choplin, 1715-1719. — Julien-Pierre Gallais, 1719-1721. — Claude Lefaucheux, 1729- 1744. — René Pottier, 1744-1753. — Julien Rigault, 1753- 1754. — René Goyet, 1754-1757. — René-Charles Herbin, 1757-1762. — Cattois, 1762. — R. Davoust, 1762-1763. — Joachim Berger, 1763-1766. — Maret, 1766. — René Chambrier, 1766-1769. — Charles-E.-M. Berrier, 1769-1803. — François Gibon, 1837-1842. — Vital-Joseph Fourmond, 1852-1858. — Eugène Léger-Langevin, 1858-1859. — J.-B. Dufeu, ancien curé de Coulans, 1859-1863. — Edmond-Joseph-Jean Lepert, 1863-1866. — Pierre-Edouard de La Roque, 1866. — Charles- François Courtin, 1866-1875. — Louis-V. Gautier, 1875. — Léon Morancé, 1877. — Henri Rousseau, 1877-1879. — Louis- Clément Lalouze, 1879.
Prêtres habitués.
Jehan Dagron, 1521. — Kaslellon Teilleul, 1540. — Marin Letessier, François Lepelletier, 1544. — Jehan Gaudemer, Pierre et Jehan Saillant, Julien Gervaiseaux, Marin Leroyer, Jehan Chouin, 1564. — Noël Doublet, 1600. — Pierre Morin, 1611. — Jacques Deschamps, chapelain de N.-D. de Pitié, 1615-1624. —Barnabe Chesnay, 1625. —Julien, G..., chapelain de N.-D. de Pitié, 1625. — Claude Bougler, sacristain, 1633-1650. — Marin Lemore, chapelain de dame Marguerite Corbin, 1630-1660. — René Goyet de La Guyardière, 1663. — Marin Lemore, parent du précédent et son successeur comme titulaire de FÉcole-Corbin, 1672-1675. — Jean Chambrier, chapelain de la chapelle du Chesnay, sacriste, 1672-1731. — Jacques Peccate, précepteur des fils de M. Sougé, 1672-1698.
— Julien Bouttier, chapelain de N.-D. de Pitié, 1675. — René Coupé, 1675. — Charles Bougiier, titulaire de TÉcole- Corbin, 1676-1719. — Michel Bougler, 1678. — Julien Bigot, chapelain de La Guyardière, 1698. — Julien Véron, titulaire de rÉcole-Corbin, 1720-1728. — René Pottier, principal du collège, 1728-1768. — René-Charles Herbin, 1756. — René Fortis, principal du collège, 1768, et curé, Tannée suivante. — C. Dorizon,ancien curéde Saint-Christophe du Jambet, 1853-1854.
— M. Jacques-Marie David, ancien curé de Sougé, 1859-1860.
Procureurs, Trésoriers de Fabrique.
Michel Courtron, 1449. — Colin Verdaillon, 1462. — Jehan Saillant, 1475. — Jean Teilleul, 1477. — Jehan Bore, 1480. — Leroy, Aguilé, 1482. — Jehan Dagron, 1495. — Robert Dagron, 1498. — Gatien Radouelle, 1500. — Jehan Belocier, 1502. — Id. 1516. — Gefïroy Aguillé, 1511. — François Lepelletier, 1542. — Michel Cuigné et Martin Billon, 1543. —G. Radouelle, 1565. — Jean Gayet, 1573. — François Fontenelle, Id. —
Pierre Morin, prêtre, 1612. — Jacques Deschamps, prêtre, 1G16. — Jean Vignette, 1632. — Marin Lemore, prêtre, 1658. — Toussaint Gallery, 1671. — Jacques Houet, 1682. — Urbain Trousset, 1684. — Martin Galpin, 1690. — Julien Bigot, prêtre, 1699. — René La Mare, 1772. — Michel Châtelain, 1779. — Joseph Châtelain, 1790. — Dessartre, 179...— M. Gallais, curé, 1804. — P. Bruneau, 1818. — Simon Thimont, 1836-1863, démissionnaire. — Julien Rivière, 1863-1867. — Jacques Thireau, 1867-1870. — Pierre Moulard, 1871-1875. — Antoine Brault, 1875-1877. — Le 14 octobre 1877, tout le Conseil de fabrique donne sa démission. — Blossier, 1878.
§ 3. — Analyse de documents divers.
1223. Guillaume de Sougé, se voyant dangereusement malade, résolut de fonder une chapelle ; à cet effet, il institua pour exécuteur testamentaire, Herbert, fils d'Anse de Bretel, qui dédia ladite chapelle en l'honneur de l'abbaye de N.-D. de Champagne, et assigna au chapelain, en la paroisse de Sougé, trois journaux déterre, appelés l'Enche Gallel, à prendre du côté de la maison de Herbert, seigneur de Sougé, et une certaine place de Sougé, un quartier de vigne, plus 25 sous mansais de rente sur le moulin du Gué-Ory, et enfin 5 sous mansais à prendre sur la succession dudit Guillaume de Sougé, le tout franc et quitte de tous cens, service et exaction séculière. Devant Maurice, évêque du Mans, l'an 1223. A cette époque la livre tournois valait au moins 101 fr. 30 c. de la monnaie actuelle. La livre mansaise valait le double de la livre tournois. Vers 1400, une somme de 100 livre tournois équivalait à 4,938 fr.
1245. Herbertus de Sougeio, miles, Herbert de Sougé, chevalier, eut des démêlés avec l'abbaye de la Couture, relativement aux bois de Hellou, comme le prouve une citation reproduite à l'article Prieuré.
Dans les archives anciennes de la fabrique de Sougé. j'ai trouvé des renseignements précieux, je vais avec scrupule
passer en revue une à une les pièces qui composent le premier volume, de 1415 à 1595.
19 juin 1470. Testament, en latin, d'une très belle écriture, sur parchemin, de Guillaume Escureul, paroissien de S. Martin de Sougé, scellé par le doyen de Fresnay pour certifier récriture de Me Jehan Poytiers, prêtre, notaire de la cour de Fresnay. Les églises de Sougé, Assé-le-Boisne, Saint-Léonard et de Fresnay sont gratifiées de différentes sommes à prendre sur des héritages de La Lehardière, du Gué-Orin, etc.
27 novembre 1507. Vente par devant Me Pierret, notaire en la cour de Bourgnouvel, par Jehan Regnard, de la paroisse du Corbis, près d'Alençon, à Pierre Teilleul, de Sougé, du lieu et appartenance du Boys-Orin, maisons, étangs, vignes, prés, pâtures, bois taillis, etc., y compris, pour 150 livres tournois.
1510. « C'est le compte que baille Geffroy Aguillé, procureur de la fabrique de Sougé, aux paroissiens dudit lieu ou à leurs commis, pour iceux voir et visiter les recettes, mises et dépenses faites par ledit procureur, pour un an, entier et parfait, commençant au jour de Toussaint 1510... ensuivent... Jehan Teilleul et ses fraracheurs, 15 d. tournois, assis sur le champ de TOrmeau de 3 journaux, du fief de Sougé, côtoyant les Ferrequin, appartenant h noble Me Pierre Dufay ; — les mêmes doivent 17 s. tournois, assis sur le champ de la Croix-Fouard de 2 journaux, aboutant au chemin de Sougé à Mons ; — Jehan Belocier et Jehan Boutier, 6 s. sur 8 journées à homme bêcheur de vigne, au clos des Grouas, du fief de Corbuzain, côtoyant la \igne de Jehan Petiot et d'un bout le chemin tendant du Seureau à La Massuère ; — Georges Petiot et ses fraracheurs doivent 2 s. tournois à prendre sur une journée de pré, à l'écluse de Mousné, (Mormay) côtoyant la rivière de Sarthe ; — Les héritiers de Raoul et Lebedeau et les fraracheurs, 6 d. tournois, sur leurs vignes de la Courteille, aboutant d'un bout au chemin tendant de Sougé au Gué-Orin : — Jehan T%illeul et ses fraracheurs, 2 s. tournois, sur un jardin ou soûlait être une maison, près la croix du bourg de Sougé, côtoyant d'un côté le chemin
tendant du Ray au four à ban ; — Les héritiers de Michelle Lescureule doivent 12 d. tournois, sur journée à 12 hommes bêcheurs de vignes qui furent à Gatien de Narbonne, côtoyant d'un côté le chemin tendant de Sougé à La Lehardière, d'autre à la Barelle ; — Les héritiers de Guillaume Lefou, 10 d. sur deniiyournal de terre aux Groys, au-dessus du Gué de l'Aulne, côtoyant la terre qui fut Jehan Paisant et aboutant d'un bout au chemin tendant du Seureau à La Massuère ; — La veuve et les héritiers de Robin Levoyseux, 10 d. tournois, sur le champ Pincepain, lequel soûlait être en vigne, contenant 10 journées à hommes bêcheurs ; — Les héritiers de Jehan Lebedeau, 6 s. pour messire Guillaume Aguillé, prêtre, assis sur 6 journées de vigne au clos de Coullonye, du fief de Boysfroust ; — Les héritiers de Colin Fontenelle, 2 s. sur une vigne, à la Croix de Maujourneil, côtoyant d'un côté le chemin tendant de La Pannetiére à Mons ; — Les héritiers de feu Jehan Saillant, de La Bougueliêre, 18 d. tournois, pour raison d'une pièce de terre, nommée le champ de La Maladerie, contenant demi journal, côtoyant d'un côté le chemin tendant de La Bougueliêre au Gué-Orin, à la charge desdits héritiers avec lesdits 18 d. avoir une maison et jardin en icelle pièce de terre pour les malades de la paroisse, s'il y en avait ; — Les héritiers de Michel Fontenelle 18 d. sur un demi journal de terre, près des bois de Sougé, aboutant aux bois de Sougé, appelés les Mynes ; — Les héritiers de Thomas Cosnard, prêtre, et Julien Clément, 15 d. tournois, sur une maison et jardin, sis entre le prieuré et le presbytère de Sougé ; — Les héritiers de Guillaume Leroy, de Puisgné, pour feu Jehan Deshayes, 3 sous, sur une pièce de terre de 6 journaux, acquise de Loys Mènart, sise devant le Petit-Puisgné, aboutant au chemin tendant de Sougé à More ; — Les héritiers de Jehan Escureul, 2 s., sur le champ des Martineaux, sis au fief de Corbuzain, près La Frecte, côtoyant d'un côté le chemin tendant du lieu des Hayes à La Frecte, ces 2 s. pour aider à entretenir la lampe de devant saint Martin, en ladite église de Sougé : — Jehan Bore, 15 d., sur un jardin et une tasse de bois à La Robinière,
côtoyant les choses des héritiers de Jehan Lefou, et aboutant au chemin tendant de la Robinière à La Jubaudière ; — Les héritiers de Robin Fontenelle, de La Rivière, 22 d., pour 4 planches de jardin, sises au Passouez. »
Dans le compte dont je viens de citer bon nombre d'articles, il est fait mention d'une maison de refuge appelée Maladerie. Elle était située à La Trouesse, sur le chemin dudit lieu allant se souder à celui de Fresnay où se trouve la vieille croix en pierre, autrefois nommée la croix au Ladre.
Grand nombre d'établissements sous le nom de Léproseries, Ladreries, Maladreries s'élevèrent à l'envi dans les xi6, xne et xme siècles. Dès le iv° siècle, la lèpre faisait des ravages dans nos contrées ; mais après les Croisades, le rapprochement des peuples d'Orient avec ceux d'Occident amena une recrudescense du mal dans des proportions effrayantes.
Le sort du lépreux était affreux : exilé dans quelques ruines désertes, il errait dans la campagne, agitant sa crécelle pour éloigner les passants. La charité chrétienne vint en aide à ces infortunés. Elle créa de pieux asiles pour abriter ceux que le monde repoussait. Assé-le-Boisne, Bourg-le-Roi, Fresnay, Fyé eurent des Léproseries, Sougé, comme le prouve la mention précédente eut son établissement.
Dans notre pays, la lèpre devint plus rare vers le xie siècle et disparut presque complètement au commencement du xviie.
1511. « Autre recette Me par ledit procureur des legs faits au curé et à la fabrique... au jour de Pâques fleuries, pour être faite la prière à la Croix-Bouessée ! » les héritiers de Jehan Poullet doivent 10 d. ; — Macé Renault, 12 d. ; — Item, 1 écu de 37 s. pour le linge de la fabrique, etc.
1511. « Autre recette faite par ledit procureur, l'an de ce présent compte, touchant la quête par lui ordinairement faite tous les dimanches, pour les messes dites en ladite église, tant au dimanche matin qu'au lundi pour les trépassés, avec la procession et le pain et autre chose donnée à la fabrique. Le tout a été mis et employé à faire dire lesdites messes et services pour
les trépassés, à payer les chapelains, lesquels ont fait ledit service dont ledit procureur en fait déclaration... »
1511. « Autre recette faite par ledit procureur, Tan de ce présent compte, des fermes, meubles, 1° de Jehan Meunier et Guillaume Escureul pour la ferme du pré de la fabrique, sis à La Lehardière, à eux baillé, 27 s. ; — de Pierre Petiot, meunier, pour une pièce de terre, à Clairefontaine, 8 boisseaux d'avoine, vendus 12 s. 8d. ; — de Guillaume Payen, pour une pièce de terre, derrière le pré, baillée pour 8 boisseaux, vendus 24 s. ; — de Geff. Gervaiseaux pour demi journal de terre, aux Boulays, baillé pour 4 boisseaux d'orge, vendus 12 s. ; — de Jehan Lemartineau pour les noez et fruitaiges des cemytières, à lui vendus à la banne couverte desdits enchérisseurs, la somme de 14 sous. »
1511. « Ci-après ensuit les noms et pronoms des personnes qui sont tenues faire les pains à béniter en ladite église de Sougé, aux dimanches et fêtes ci-après déclarés et les assiettes d'iceux : » Au jour de Toussaint, les héritiers d'Ambroise Billon et leurs fraracheurs, doivent un pain du prix d'un boisseau de froment, assis sur les Champs-Vieux de trois journaux, au fief de Sougé, côtoyant le chemin tendant de La Rivière aux Bruyères ; — Au jour des Trépassés, Jehan Belocier, à cause de sa femme, un pain de 12 d. et 10 d. pour don et legs, sur un champ dans la Chédorière, fief de Corbuzain ; — Au jour de Saint -Martin d'hiver, les héritiers de Michel Massue, un pain de 10 d. tournois, assis sur le lieu de La Massuère ; les héritiers de Jehan Toubelet, un pain de 21 d. ; les héritiers d'Ambroise Billon, un pain de 12 d. ; — Au jour de Noël, les héritiers de M. Lagodelle, pain d'un boisseau de froment, à la messe du point du jour, assis sur une pièce de terre dans les Boulais, fief de Sougé ; — au jour de VAn, les héritiers de Guillaume Houslin, un pain de 12 d.; — au jour de VÉpiphanie,\es héritiers de Jehan Petiot, un pain d'un boisseau de froment, assis sur le champ Carré, aux Boulais, fief de Sougé ; — Les héritiers d'Ambroise Deshayes, un pain de 2 s. tournois, sur le ch. Martineau, côtoyant le che-
min de Sougé aux Roches ; — Martine, veuve de Jehan Provost et ses fraracheurs, un pain de 12 d. tournois, sur la Noë de Fiouville, fief de Sougé, ahoutant à la chaussée de Y étang de Songé, côtoyant d'un côté le chemin tendant de Mons à La Pannetière ; — Au jour de la Purification, Guillaume Dagron, un pain de 12 d., sur trois journées de vigne, nommées les Groys, au fief de Corhuzain, aboutant d'un bout au chemin tendant des Chaussées à la maison de feu Lucas Chausson : — au lundi de férié de Pâques, les héritiers de Colin Belocier, un pain de 20 d.,sur un pré près de More ; — au mardi de férié de Pâques, les héritiers d'Ambroise Deshayes, un pain de 12 d., sur une journée d'homme bêcheur de vigne ; — au jour de Y Ascension, le procureur de la fabrique, un pain de 15 d. ; — au jour de la Consécration, la veuve et les héritiers de Jehan Le Martineau, pour messire Pierre Leroy, prêtre, un pain de 3 sous, sur 2 journaux de terre, côtoyant les champs Ferrequin ; — Au jour de Saint Jean- Baptiste, les héritiers d'Et. Bouillie, un pain de 20 d. tournois, sur une pièce déterre aux Marais, côtoyant la terre des Marais et d'autre côté, la terre du seigneur de La Chapelle ; — La veuve de Jehan Lemartineau, sergent, un pain d'un boisseau de froment ; — Au jour de Saint Christophe, \zs héritiers de Michelle La Borée, un pain de 12 d.. pour feu Jehan Deshayes, assis sur toutes les choses de La Robinière ; — au jour de la Transfiguration, les héritiers de Jehan Doublet, de la Vallée, un pain de 10 d., sur une pièce de terre, à Claire fontaine ; — au jour de la Mi-août, Marc Renault, un pain de 20 d., sur la maison de la Croix, côtoyant le chemin de Paris, aboutant à l'étrage de feu Jehan Deschamps, etc. »
1511. « Autre recette faite par ledit procureur, l'an de ce présent compte, au regard des vins dus, chacun an, de rente à ladite fabrique, au jour des Grands Pâques : » Les héritiers de feu MM. Richard Aguillé et Jehan Lepeletier, du Rocher, 3 pintes de vin, au jour des Grands Pasques, assises sur une pièce de terre au Gallerand, qui soûlait estre en vigne, contenant demi journal ; — la veuve Jehan Gayet, 2 pintes de vin, sur un lote-
reau de terre, au Gallerand, contenant journée à 6 hommes bêcheurs.
L'ancien usage de donner un peu de vin après la communion, souvenir de la réception de l'Eucharistie sous les deux espèces, s'est conservé jusqu'au xYiie siècle, dans certaines paroisses de notre diocèse .
1511. Recette des rentes de farine : les héritiers de Guillaume M.. , demi boisseau de fleur de froment, rente assise sur les jardins du Gué-Orin, « pour faire le pain à administrer à Pasques. Ce qu'ils ont fait l'an de ce présent. » Ci après viennent ceux qui doivent du luminaire, chacun an, en] ladite église. Le curé de Sougô est tenu faire et entretenir en ladite église, chacun an, cierge bénit avec deux autres cierges servant au grand autel, à tous les dimanches et autres fêtes. — « Le curé et le prieur dudit lieu sont tenus fournir de chandelles aux heures à dire le service de Noël et aux ténèbres, ce qu'ils ont fait. »
« Loys Tafforeau pour feu Pasques Gouyn est tenu faire, chacun an, six chandelles de cire fournissantes aux trois ténèbres, assises sur un verger de la vallée de Bouillant. »
1511. « Le prieur et curé de Sougé sont tenus de fournir de paille à moitié en l'église, trois fois l'an, à la Toussaint, à la Saint-Martin et à Noël. Ce qu'ils ont fait, l'an de ce compte. » Le prieur d'Assé fournit également quatre fois l'an de la paille, dans l'église dudit lieu.
1511. « Mise et dépense faite par ledit procureur, l'an de ce présent compte, sur la recette pour les fêtes : 1° Pour trois messes dites pour feu Marc Aguillé et mess. Guillaume Aguillé, prêtre, aux trois vendredis des Quatre-Temps de l'année, sur 12 s. de rente que sont tenus faire, chacun an, la veuve de Robin Petiot et les héritiers de Jehan Lebedeau, l'aîné, sur les vignes de Coulonge, ainsi qu'il appert au chapitre des rentes ci-dessus. Item, pour la part dudit procureur d'une messe que le curé et procureur sont tenus faire dire, au jour Saint-Clément, pour feu Thieru, pour 5 s. tournois de rente, assis sur le pré de l'Ecluse de Moulné, etc. . . Aujourd'hui 6 février 1511, par de-
vant nous Claude de Saint-Berthevin, écuyer, seigneur de Corbuzain et Michel Leboucher, notaire en court laie, auditeurs délégués des comptes de la fabrique de Sougé. . . présentés par Jehan Teilleul, procureur... Signé : Berthevin, J. Leroyer,curé M. Leboucher... »
1518. Les honoraires d'une messe basse par semaine, toute Tannée, étaient de 4 fr.
26 avril 1521. Testament de M. Jehan Dagron, prêtre, réglant sa sépulture, les prières à dire après son décès, les legs reposant sur ses biens, sur la maison de Saint-Berthevin,prêtre, sieur de Chesnaye.
3 janvier 1532. Deux extraits des comptes des années 1515 et 1516. Dans un de ces comptes il appert que Michel Deschamps, au nom de feu Jehan Benard, comme détenteur du lieu du Bois- Orin, sis près le Gué-Orin, a versé la somme de 16 s. 6 d. tournois, moitié de 33 s. de rente, au tenue de Toussaint, la moitié pour le curé et l'autre pour dire 3 messes et vigiles, le 1er vendredi de la Passion, ainsi qu'il est porté au testament passé par Pierre Leroy, prêtre. « Aujourd'hui, tiers jour de janvier 1532..., l'examen duquel compte a été fait par devant nous, Léonard Mesnaige, prêtre doyen de Fresnay et frère Jehan Dampon, prieur de Sougé, délégués auditeurs desdits comptes, lesquels ont été examinés en présence de plusieurs des paroissiens dudit Sougé, pour ce congrégés et assemblés. Présents à ce : noble et puissant messire Christofle de Mésenge, chevalier, seigneur de Sougé, messire Jehan Lemagnen, prêtre, son receveur, Jehan Legros, clerc, serviteur dudit prieur, Jehan Saillant, sergent de Sougé, demeurant en la paroisse de Saint-Paoul, Mathurin Guyardière, Julian Seigneuret, barbier d'Assé.... Signé : Louayson. »
14 juin 1532. Constitution d'une rente de 5 s. au profit de la fabrique, par Julien Teilleul , à prendre sur le pré de La Tremblaye, par lui acquis de Vincent Massue.
12 avril 1536. Contrat sur parchemin illisible, où figurent MMe3 de Saint-Berlhevin, Castellon Teilleul, prêtre, Sébastien
Escureul, prêtre, Jacquine de Cirai, épouse de feu Messire de Saint-Berthevin, Catherine de Saint-Berthevin. Signé : Louayson, notaire.
1527-1529. Messire Christofle de Mésenge, chevalier, seigneur de La Rivière, Sougé-le-Ganeron, de Saint-Paoul et de La Chapelle des Chardonnerets, maréchal ordinaire des logis du Roi, et dame Jehanne Girard, son épouse, fondent par testament, en l'église de Sougé-le-Ganeron, une chapelle ou chapellenie qu'ils dotent de 25 livres tournois de rente, à toucher, chacun an, de Samson Fouquet, maître des grandes forges de Monnay, en la paroisse de Sougé ; dont 17, pour raison de la baillée à rente faite par lesdits chevalier et dame au sieur Fouquet (21 février 1529) du moulin du Tremblay, ses appartenances et dépendances, sis en Sougé, dans la seigneurie de La Chapelle des Chardonnerets, et 8, à raison de la baillée à rente, faite par les mêmes au même du moulin de La Gaudinière, situé fief et seigneurie de Sougé (13 mars 1529.) — (Voir V article Gaudinière, page 87) .
12 décembre 1537. Extraits des comptes et inventaire de la fabrique, rendus par Pierre Saillant, procureur sortant, et de Messire François Lepelletier,prêtre, au nom de Jehan, son frère, autrefois procureur, à honnête homme Jehan Leteilleul, procureur moderne, en présence deMc Jehan Leroyer, curé, dudil Sougé : Comptes de Pierre Jousset, procureur, 3 novembre 1495.
— « Item, pour la vendition d'un serceu (cercueil) de pierre blanche, 20 sous. » — La livre tournois pouvait valoir 28 fr. — Item les comptes de Michel Cuisgné et de Martin Billon, sur 29 feuillets, papier, pour 1489 ; — Pierre Saillant a rendu à Teilleul : « 1° Un rôle en parchemin commençant par ces mots : Recette de Jehan Jusseaulme, procureur de la forge (fabrique) de Sougé. » — Lettre, signée : Leroyer, 14 mai 1470 ; — Item, signée : Ceresay, 20 avril 1467 ; — Item, signée : de La Ronce ;
— Item, signée : Talbot, 9 janvier 1456 ; — Item, du 5 avril 1415.
— Ces lettres n'existent plus. — Quatre actes sur parchemin des pieds de la seigneurie d'Assé-le-Boysne, « entre lesquels y
en a cinq contenant indemnités de 12 sols tournois de rente, signés de Matefelon et Poyvet. » — Item, une lettre de testament en latin, signée : de Sancto Georgio, date, Sancti démentis anno Domini 1314 « et est le testament de la Robelotte. » — Item, lettre signée : Beauvoisin, 22 mars 1502 ; — Item, lettre signée : Taron, Ier décembre 1474 ; — Item, treize registres, parchemin, des plaids de la seigneurie de Sougé,du 1 juillet 1506, signés : de Mesenge et Clément, — Item, une lettre, signée : Poyvet, 17 juillet 1490 ; — Item, lettre en latin, signée : Courtoys, 1382. — Item, s'en suit ce que Messire François Lepelletier a baillé audit Teilleul, procureur : Testament de défunt Guillaume Perdreau et Marguerite, sa femme, signé : de la Chambre et Vallin, du 23 février 1518 ; — Item déclaration aux plaids de la seigneurie de Songé, par Germain Besnart, procureur de la fabrique, signée : Provost et de Mezerettes, du 13 février 1521. « Le présent inventaire fait après que ledit Teilleul, procureur moderne, a fait, dimanche dernier, dire et présenter au prône de la grand'messe paroissiale que les précédents procureurs de ladite fabrique avoir aucunes lettres, testaments, comptes et autres enseignements appartenant à icelle fabrique, eussent à les exhiber, apporter, rendre, ce jourd'hui pour en faire bon et loyal inventaire pour, au profit, augmentation et entretien des rentes, profits et revenus de ladite fabrique... » signé : Louayson. — « Aujourd'hui 17 octobre 1544, ès-présence de nous Robert Poyvet, bachelier ès-lois, ai mis la mention des comptes pour ce fait de la fabrice de Saint -Mail in-de-Sougé et ès-présence de vénérable et discret Messire Jehan Leroyer,prètre, curé dudit lieu, qui signe, et Guillaume Fourmy, maître des forges de La Gaudinière,Mess. Jehan Gaudemer, vicaire de Sougé, Mess. Marin Letessier, prêtre, Bertrand Lendoyer, etc. ■
11 février 1538. Bail passé par devant M. Jehan Louayson, notaire de la cour de Bourgnouvel, du lieu du Bois-Orin, consenti par Louis Tessier et René Teilleul, demeurant au lieu de Longueroche, en Assé, au profit de Michel Garnier, demeurant au Gué-Orin, pour trois aimées, moyennant 11 livres tournois.
Les preneurs sont tenus « d'entretenir lesdites choses de clouaison et réparation des hayes et de faussez. »
1540. Copie d'un extrait des registres du Parlement portant défense à tous « de jurer, regnier, malgréer et blasphémer le nom de notre Sauveur et notre Rédempteur Jésus-Christ, de sa très-glorieuse mère Vierge, sacrer les saincts et sainctes du Paradis, sur peine, la première fois d'estre prisonnier et mys au carcan par le temps et espace de troys heures et d'amende pécuniaire à la discrétion du juge... pour la seconde sous peine du fouet et bannissement de ce royaume à cinq ans, et pour la troysiesme fois sur peine de la hart. »
6 février 1541. « S'ensuit le nom des personnes qui sont tenues faire, chacun an, perpétuellement, en l'église paroissiale de Sougé-le-Ganeron, des pains à être bénits et distribués aux paroissiens... et aussi les dons et legs et assiettes, sur lesquelles ont été faits et assignés lesdits pains bénits.... à la messe du point du jour de la fête de Noël., un pain d'un boisseau de froment, sur une pièce de terre aux Boulays, en Sougé, contenant semence à 3 boisseaux de blé, aboultant d'un bout, la rotte desdits Boulays, tendant du bourg de Sougé au bourg d'Assé, suivant le testament de La Robelotte, passé à Saint-Georges, 1314. . Au jour et fête de saint Julian. Messires Jehan Chaillou et Castellon Teilleul, prêtres, doivent un pain du prix de 11 d., assis sur la noë de Flouville de 2 journaux de terre, départis en deux loties, côtoyant d'un côté le chemin tendant de Sougé à la Panetière (Paffetiôre), d'autre côté, la noë de la portion appartenant au prieur dudit Sougé, abouttant à la chaussée de l'étang de la seigneurie de Sougé, d'autre bout la Croix Groys. . .
Copie d'un jugement, à la date du 8 février 1485, en présence de noble homme Me Guillaume de la Ronce, écuyer, seigneur de La Guyardière, Geffroy Boullier, père dudit vendeur. (Extrait des notes de feu Mess. Richard, Aguillé, prêtre, notaire de la cour de Fresnay, et rédigé par Jehan Reneau, par permission de Robert Guillon, licencié ès-lois, bailli de Fresnay-le-Vicomte, 10 décembre 1512.)
1543. (Voir l'article Chapelle Saint-Denis.) Comptes de Michel Cuigné et de Martin Billon, procureurs. Au milieu de ces comptes se trouve la copie d'une enquête faite au Mans, en 1543, relative à la rente de 33 sols tournois, assise sur le Petit-Boys-Orin, dont moitié pour la fabrique et moitié pour le curé de céans. Jehan Perier et Guillaume Doublet, prêtres, vicaires de Sougé, y figurent, ainsi que messire Jehan Mollet, vicaire. Le procureur de la fabrique est Germain Besnard, laboureur, demeurant au lieu de La Pannetière, paroisse de Sougé. Apparaît discret maître « Remond de Saint-Berthevin, prêtre, demeurant au lieu de YEscole, paroisse de Sougé, âgé de 56 ans », en qualité de témoin, «'il dit que, 30 ans en arrière, il était fermier en la compagnie de défunt Mess. Jehan Boinnart et Mess. Guillaume Doublet, prêtres, de la cure et église de Sougé, que ladite rente fut payée auxdits Boinnart et Doublet et messire Etienne de La Chambre, qui servait la cure pour lui déposant, qu'il n'était encore prêtre, par Pierre Tailleul, audit temps, comme étant icelui Tailleul, seigneur du lieu et appartenance du Petit-Boys-Orin. . . » « Payé à ce témoin, messire de Saint-Berthevin, venu exprès et à cheval, et amené son lacquays de pied, pour deux causes de 8 livres. » Etienne Lamye, homme de bras, demeurant au bourg de Sougé, âgé de 45 ans, dit qu'il y a 23 ans il demeurait avec « messire Jehan Mollet, audit temps, fermier de la cure de Songé, de laquelle était alors curé un nommé de La Haye, et comme son serviteur vint en cette ville du Mans apporter une citation et autres papiers, » pour se faire payer les arrérages de la rente sur le Petit-Boys- Orin, dus par Fleury Garnier, détenteur dudit lieu.
Souvent, les curés ne se croyant pas obligés à la résidence, affermaient le temporel et le spirituel de leur bénéfice à un prêtre qu'ils établissaient leur vicaire, et qui, pour une somme qu'ils leur payaient, jouissait du reste des revenus, et se chargeait de faire toutes les fonctions auxquelles les curés sont obligés. Le concile de Trente réforma cet abus.
12 avril 1543. « Inventaire des lettres, litres et enseignements,
actes, exploits que vénérable et discret Me Jehan Le Royer, prêtre, curé de la cure de l'église de Sougé-le-Ganeron et messire François Lepelletier, procureur de la fabrique et paroissiens de Sougé, produisent par devant vous Monseigneur le Sénéchal du Maine, Monseigneur votre lieutenant et tout autre juge de la question et matière présente, à rencontre de Loys Letexier, deffendeur. . . »
5 avril 1550. Testament de Robert Pelard, époux de Michelle Maffard, beau-père d'André Rigot et de Pierre Gaudemer, demeurant au lieu de La Chapelle des Chardonnerets, passé par devant M0 Michel Trouillet, notaire, en présence de messire Letessier, prêtre, et René Gervaiseaux. Le testateur veut être inhumé dans l'église de Sougé, avec des prières désignées ; il énumère les créances à son acquit et laisse aux églises de Sougé et de Douillet, moitié aux curés et moitié aux fabriques 20 sols de rente, assise sur les champs de La Pierre, sur le chemin de La Chapelle à Monay, avec charge de dire, chaque dimanche, au prône un Pater et un Ave Maria, pour le repos de son âme et celui de ses amis trépassés.
28 décembre 1550. Testament de Bertrand Cendrier, laboureur et de Jehanne Cornilleau, son épouse, par devant M. Jehan Louayson, notaire et tabellion, juré de la cour royale du Mans, demeurant au bourg de Sougé-le-Ganeron, portant qu'ils seront inhumés en l'église de « Monsieur Saint-Martin, de Sougé, leur patron, au lieu et place où ladite Jehanne a de coutume se seoir et résider ordinairement étant au service divin ; qu'il soit dit, chanté et célébré pour chacun d'eux le nombre de six vingts messes, tant au jour de l'enterraige que septime de chacun d'eux s'il se peut faire, sinon à autres prochains jours, en suivant, desquelles messes y aura à chacun joui" desdits enterraiges, septime pour chacun desdits testateurs, trois grandes messes et vigiles à notes solennelles ; aussi ordonne qu'il soit dit et célébré pour chacun d'eux, un trentain solennel à note avec un répons des trépassés, pour chacun jour, sur leurs fosses, à la fin de chacune messe desdits trentains, lesquels seront commencés à dire dès le
lendemain de leurs septimes... Donnent iceux testateurs par moitié au curé et à la fabrique 24 d. tournois, une fois payés, pour faire la prière pour eux et leurs amis trépassés, savoir aux curés de Sougé, Assé, Fresnay, Sainl-Léonard-des-Bois, Saint- Georges et Saint-Paul-le-Gaultier ; ont donné à la Maison-Dieu, de Paris, 5 sols, une fois payés.... Demandent des prières et veulent être inscrits au tableau des défunts fondateurs et augmentateurs de ladite cure et fabrice de ladite église de Sougé.... Il sera payé pour l'ouverture des fosses desdits testateurs, dans l'église, 25 s. tournois audit curé et fabrique, par moitié... » Exécuteurs testamentaires, Me Jehan Le Royer, curé de Sougé, Jehan Lepeletier, Etienne Saillant.
Les prêtres, les seigneurs, patrons des églises, avaient le droit de sépulture dans le chanceau ou espace compris entre l'autel et la table de communion, aliàs le chœur. Les personnes notables pouvaient être inhumées dans la nef, moyennant une certaine somme que l'on voit paraître dans les comptes de fabrique ; vers la fin du xvme siècle, cet usage fut très restreint.
6 février 1554. Fondation par Me Jean Le Royer, curé de Sougé, de la Chapelle de Notre-Dame de Pitié, dite de la Chalonnière, en l'église dudit Sougé. (Voir l'article, N.-D. de Pitié.)
18 novembre 1554. Vente des prés de la fabrique à Marie Fourmy, fille de Guillaume, maître de forges, épouse de Jehan Barreau, moyennant 90 livres, par devant Me Louayson, en présence des principaux habitants de Sougé, ayant à leur têtemessire François de Mésenge, seigneur de la Buissonnière et de Sougé.
En 1563. La livre tournois représentait environ 15 fr. 15 c.
20 septembre 1555. Julien Gervaiseaux, fils deGeoftroi, reçoit la tonsure, à La Ferté-Bernard, des mains de 31onseigneur Jehan du Bellay, évêque du Mans. — 3 mars 1559. Prêtrise du même.
27 mars 1559. Testament de M. Jehan Gaudemer, dans lequel il demande une messe et vigiles à note, au jour de Sainte Catherine et donne au curé 5 s., 6 d. ; 18 d. au maître d'école ; 18 deniers aux écoliers pour avoir de la louasse ou du papier; 12 d. au procureur de la fabrique, pour le service ; 11 d. au
segretain pour sonner, le tout assis sur une pièce de terre aux Boulais.
17 février 1560. Testament de Fleury Garnier et de Marie Martineau, sa femme, devant Me Jacques Lefebvre, notaire de la cour de Fresnay, demeurant à Sougé : ils demandent à être inhumés auprès de leurs parents, laissent six vingts messes, dont deux trentains grégorians, 10 d. tournois, une fois donnés aux églises de Notre-Dame de Fresnay, Assé-le-Boisne, Saint- Léonard et Sougé, le tout assis sur leurs immeubles, sur le champ d'un journal, la Groye-Forget, joignant d'un côté le chemin tendant de l'église de Sougé à la Croix à la Clémence, (croix entre le chemin n° 4 et le vieux chemin du Chênay), d'un bout les choses de défunt Michel Forget, (le puits Forget tire son nom de cette famille). Témoins : Me Jehan Toysnier, prêtre, Guillaume Thoysnier, de Sougé.
7 octobre 1565. Devant Guillaume Hurbonde, demeurant à Fresnay, et François Fontenelle, demeurant à Sougé, notaires et tabellions de la cour royale du Mans, M. Pierre Saillant, prêtre, résignataire de Me Jehan Le Rover, ci-devant curé de Saint- Martin de Sougé, prend possession de la cure de cette paroisse, en présence de noble François de Mésenge , seigneur de Sougé et de La Buissonnière, Me François Lepelletier, Jehan Gayet, Jehan Gouin, Julien Gervaiseaux, prêtre, secrétain dudit lieu, François Clément, Jehan Saillant, Gatian Radouelle, procureur du général des habitants et de la fabrique de Sougé, Pierre Gervaiseaux, bourgeois, etc.
10 juin 1570. Testament de Jehanne Touchard, épouse de Guillaume Le Coutret, demeurant à Bérus, par devant Me Macé Cartier, notaire, tabellion en la cour du chapitre du Mans, demeurant au Hellou, fixant son inhumation en l'église de Saint- Germain-de-Bérus, et le nombre de messes à dire dans les églises de Sougé et de Saint-Léonard-des-Bois.
2 mars 1573. Déclaration au Roi des biens de la fabrique de Sougé, par François Fontenelle, procureur de la fabrique et des habitants, à la suite d'un arrêt. Suit rénumération des biens qui
doivent 2 s. 6 d. de devoir à la seigneurie de Sougé, 18 d. au fief de la Monhonnière. « Outre les charges ci-dessus, ladite fabrique est tenue..., pour raison de plusieurs héritages, prés, terres, rentes et legs dépendants de ladite fabrique, qui ont été vendus et aliénés par les paroissiens es années dernières ; les dernières venditions et aliénations ont été converties et employées à rebâtir, édifier et construire partie de l'église dudit lieu, qui aurait été brûlée et ruinée durant les troubles derniers, et est nécessaire vendre par lesdits paroissiens autres héritages ci-dessus déclarés pour parachever de bâtir et de reédifier icelle église ; aussi est chargée, par chacun an, d'entretenir douze cierges qui sont allumés, par chacun jour de dimanche et fête, chacun an, durant le divin service, de deux torches, d'une lampe qui est allumée, par chacun dimanche et fête de l'an, durant le divin service et tous les jours et nuits du jour et octave du Sacre, en l'église dudit lieu ; d'entretenir les cordes des cloches et les balais ; de pourvoir de pain et vin pour l'administration et utilité du peuple, au jour de Pasques, chacun an, et aux jours de jubilé, et déclare avoir été perdus ou égarés les titres et enseignements d'icelle fabrique, lors desdits troubles , tellement que plusieurs détenteurs et obligés aux rentes et legs d'icelle fabrice, ne veulent du jourd'hui payer ni continuer, fors seulement les héritiers de Pierre Gayet, la somme de 6 s. tournois, par chacun an. . . »
Par la citation précédente, nous voyons que l'église de Sougé eut beaucoup à souffrir dans les guerres de religion de la part des Calvinistes, qui, tout en occupant la ville du Mans, en 1562, vinrent se ruer sur Fresnay, comme en fait preuve cette note que j'ai trouvée dans les comptes de fabrique de cette église : « .. Item, 38 s. à Theureau,maczon pour avoir faict quatre journée a racoustrer les autelz de ladite église que rompirent ceulx qui tenoient la ville du Mans et entrèrent en ceste ville et y furent troys jours au moys de juillet l'an mil cinq cens soixante deux et pillèrent la dicte église. »
Les Huguenols,en 15G8, sous les ordres de Monlgommery, de
Rabodanges et de Poly, prirent leur route par Fresnay, pour aller se joindre dans le Maine au marquis de Lavardin, et de là se rendre à l'armée des princes.
Dans les comptes de Notre-Dame de Fresnay, 1583-1587, je lis : « A cause des troubles intervenus en ce royaume, lorsque la ville du Mans fut prinse par ceux de la religion prétendue réformée, quelque temps après sortirent de la ville du Mans, et passant chemin par ceste ville, entrèrent en icelle sans résistance où ils séjournèrent quelques jours, durant lequel temps entrèrent en leglise et en icelle dissipèrent, abatirent et myrent tout ce qui estoit dedans, tellement les autelz, pepitres et un petit tronc qui y estoit, lorsque pour le rétablissement, auroil esté advisé par les manans et babitans de ladite ville qu'il estoit besoin de faire une clouason au chanceau de ladite église... »
Les comptes de Pierre Ravigné, procureur de la fabrique d'Assé, dressés le 18 janvier 1564, devant Guillaume Picart, bailli de la châtellenie d'Assô-le-Boisne, renferment des notes qui ont trait à la présence des Calvinistes dans le pays : « En Tannée 1562... durant les troubles et séditions qui ont régné audit temps en ce royaume de France... parce qu'il y aurait eu garnison de soudars et gens de guerre en la ville de Fresnay, soubz la charge du seigneur de La Borderie, capitaine de cent arquebuziers a cheval, auroient esté lesdits paroissiens taxés et cottisés, par MM. les officiers du Roy, notre sire, au Mans, en la somme de 40 livres tournois, pour l'entretien et payement de trois cents arquebuziers à cheval, ordonnez par ledit seigneur Roy, pour la garde et tuition du pais. »
Les comptes de l'église d'Assé, pour 1583, fournissent des notes qui accusent la présence des calvinistes : « Pour avoir racoustré la serrure de la fenestre des reliques que les gendarmes des capitaines La Rivière et Occaigne auroient rompue, 2 s. » — « Item, 100 s. pour avoir racoustré et réparé cinq aultielz en ladite esglise avec l'aultiel de la chapelle de la Madelaine... » — « Item, 15 s. pour deux journées à Pierre Beauvez a reparer dans l'esglise la place d'une fosse faicte par les gendarmes du capitaine La Rivière. »
20 octobre 1575. Testament, par devant Me François Fontenelle, notaire à Sougé, de François Gervaiseaux et de Noëlle Gherreau, sa femme, demeurant à Sougé, portant le legs de 20 s. de rente annuelle, affectée sur un demi journal de terre dans la Gourteille, à charge d'une messe avec vigiles des morts, le jour de l'Assomption, etc. Présents : Me Jehan Saillant, prêtre, Philippe Gervaiseaux...
7 février 1583. Testament de M6 Jehan Saillant, prêtre, demeurant à Sougé : il demande à être inlïumé dans l'église et fait un legs de 20 écus. Son exécuteur testamentaire était Me Pierre Saillant, curé de Sougé.
7 février 1585. Testament de Françoise Gallery, femme de René Saillant, demeurant à La Touzardière, en Sougé, réglant son inhumation dans l'église près de ses parents et de son défunt mari, avec vigiles, deux cents messes et trentains par le curé et ses chapelains, laissant aux confrères de la confrérie de Notre- Dame de Fresnay, qui assisteront au service, à chacun 2 s. 6 d.; au curé de Sougé et à la fabrique par moitié, par indivis, un journal de terre, sis près de la Pannetière, sous le devoir de prières reposant sur le champ des Fourneaux, d'un journal, joignant d'un côté la terre de Bedeau, d'autre, la ruelle de Flouville, d'un bout, la terre de Mess. Roland de Macé, seigneur de La Bruschetière ; le pain de deux boisseaux de blé, mesure de Fresnay, au service comme au jour d'inhumation ; 12 d. une fois payés, aux curés et fabriques de Sougé, Saint-Léonard, Saint- Paul, Saint-Georges et Douillet, avec charge de faire la prière pour le repos de son âme, le dimanche après son décès, à perpétuité ; une pinte d'huile, mesure de Fresnay, pour la lampe du grand autel, la veille de la Fête-Dieu, à prendre sur les Petites- Vignes, joignant le chemin de Sougé à Moulné ; à Marie Gaudin, en œuvre de charité, afin qu'elle prie Dieu pour son âme, « une couette de lict et un traversin, six draps de lict, 4 nappes, 12 serviettes... à Pierre Foussard 10 écus, un manteau, un quasaquin, haut et bas de chausses en bon drap neuf, pour ses bons services... »• Exécuteurs testamentaires : M0 Pierre Saillant,
curé de Sougé, Mess. Roland de Marcé, écuyer, seigneur de la Bruschetière.
Dans un mandement de 1588, Claude d'Angennes, évêque du Mans, renouvelant un règlement du concile de Tours, 1583, avait décidé qu'un enfant ne devait pas être admis au baptême avec plusieurs parrains et marraines. Quelques prêtres, malgré la défense, tenaient au vieil usage qui admettait deux parrains pour les garçons, et deux marraines pour les filles.
24 août 1597. Inhumation, dans l'intérieur de l'église de Sougé, de Louis Barreau, seigneur de La Gaudinière. Il fit quelques dons à l'église et fut, après sa mort, recommandé aux prières des fidèles.
5 août 1598. Legs du champ de Flouville et d'une autre pièce à côté par Me René Saillant, prêtre, demeurant à Gourdaine au Mans, à l'effet de fonder la première messe des fêtes et dimanches.
5 mars 1597. Prise de possession de la cure de Sougé, par Me René Saillant, prêtre, à la suite de la résignation de Me Pierre Saillant, en présence de Mes Julien Massue, Noël Doublet,prêtres, Mathurin Chesnay, seigneur de La Croix, demeurant à Sougé. Me Pierre Saillant continua d'habiter Sougé jusqu'à son décès, 2 oct. 1602.
2 octobre 1601. Fondation du bénéfice de la Guyardière, par M0 Pierre Saillant, curé de Sougé. (Voir l'article).
5 juillet 1598. — « Ledit jour de dimanche cy-dessus, 5e de juillet, fut faicte procession générale dans la ville de Fresnay pour remercier, rendre grâces à Dieu de la paix qu'il avait mise et envoyée en cette France, avec le roi d'Espaigne et aulnes seigneurs étrangers, là, où assistèrent vingi processions des pan lises circonvoisines de cette ville et du doyenné, à laquelle procession y eut prédication faicte par M. Mymbré pour lors principal du collège de Sillé, là où aussy, àvespres fut faict le feu de joiye devant les halles dudict Fresnay, et chanté le Te Deum en musique par M. Bourgeois, musicien et greffier dudict Fre-na\ .
29 janvier 1601. Procuration pour résigner la cure, faite par
Me Michel Pinot, curé de Sougé, dans son lit malade, en faveur de Me Nicolas Marais, prêtre, du diocèse de Séez (Ins. eccl.). — Ces deux ecclésiastiques ne s'appuyaient que sur un droit bien éphémère, puisque René Saillant occupa réellement la cure jusqu'en 1612. Il mourut alors frappé de la peste qui faisait des ravages dans la paroisse et dans le Maine , depuis plusieurs années.
En 1602, Assé-le-Boisne avait perdu cent seize personnes, à'ia suite d'une contagion, Sougé perdit qualre-vint neuf habitants en 1611 ; cent dix-neuf, en 1612 ; soixante-sept, en 1613. Le mal disparut vers le mois de mai 1613.
On cessa pendant la durée du fléau d'enterrer dans l'église, et de plus intervint une ordonnance de M. le grand Vicaire du Mans, permettant de célébrer la messe hors de l'église, à cause de la peste. Ce fléau fit des ravages dans toute la contrée: dans les registres de Fresnay je trouve cette note : « 20 juillet 1602, jour Saint-Christophe, partit Michel Lescuier, délégué par les habitants pour aller faire le voyage de M. Saint-Sébastien, à cause de la contagion qui estoit esprise à Moustreuil et à Saint- Aulbin-de-Locquenay. Dieu nous en garde. Le dimanche 4 aoust en suivant ledit Michel Lescuier, pèlerin arrivante, et à issue de vespres alla à Saint-Ouen. »
15 mai 1601. Décès de Mgr Claude d'Angennes, évêque du Mans.
15 avril 1605. Testament de Me Etienne Galpin, prêtre demeurant au lieu du Rocher, en Sougé : il veut que son corps soit inhumé en l'église de Sougé, auprès de son père et de sa mère ; il veut qu'il soit payé 3 s. à chacun des confrères de la confrérie du Saint- Sacrement de Fresnay, qui assisteront à son service ; qu'il soit dit à perpétuité, dans l'église de Sougé, une messe le jour de Saint-Étienne. Le tout affecté sur la pièce de terre nommée les Grouas, d'un demi journal, près le lieu du Rocher-Billon. Aujourd'hui, on voit à l'entrée de l'ancienne maison du Rocher, sur le linteau de la porte, un calice surmonté d'une hostie.
21 juin 1607. Sentence du bailli de Fresnay, Jehan deChervy, écuyer, condamnant François Gayet, procureur de la fabriquede Sougé, à faire obéissance à la seigneurie de Corbuzain, d'héritages dépendant de ladite fabrique : 1° du champ des Croix, sous le devoir d'une chandelle ; 2° des champs de La Blanchetière et de La Coulinière, sous le devoir de 8 den. « Donné es pieds de la seigneurie de Corbuzain, tenus en l'auditoire de Fresnay, par territoyre emprunté par nous Jehan de Ghervy , etc. »
4 juin 1610. Le siège du Mans vacant, c'est-à-dire Charles de Beaumanoir, nommé évoque à l'âge de dix-sept ans, attendant son âge de vingt-quatre ans, pour prendre possession de son siège, les grands vicaires firent célébrer l'office des morte, pendant [rois jours, dans toutes les églises, pour le défunt roi trèschrétien, Henri IV, de bonne mémoire, mort assassiné le 14 mai.
1611. Etienne Petiot lègue à la fabrique et à la cure un journal de terre, le Clos, à charge de quatre messes annuellement, les jours de la Visitation, de saint Etienne, saint Simon et saint Jucle et de saint Sébastien ; un journal et demi de terre, à La Tuaudière, sous le devoir de quatre messes pour le testateur ; au curé, le pré de La Gastine de deux tiers d'hommée, à charge de donner, annuellement, un pain bénit du prix de 20 s., le jour de la Fête-Dieu, et dédire une messe basse, le jour de saint Martin.
27 mars 1612. Inhumation, dans l'église, de Me Julien Gervaiseaux, prêtre.
23 juillet 1612. Testament de Laurent Toreton, drapier, à Sougé, reçu par Me André Bigot, notaire, demandant grandes messes, avec diacre et sous-diacre, pour lui et pour sa femme, avec fondation de messes et d'un pain bénit, le tout reposant sur un champ et une grange, au lieu de Mons. Témoin, François Fontenelle, notaire à Sougé.
27 septembre 1612, Testament de Pierre Gallery, cordonnier, à Sougé, demandant deux messes et léguant 25 s. de rente à la fabrique, affectés sur une maison et un jardin, joignant d'un bout la rue à aller du Puits-Forgel aux halles de Sougé.
9 octobre 1612. Testament de Jacques Gaignard, marchand, « d'aultant qu'il est en danger de contagion, » portant fondation d'une messe, le jour de Quasimodo.
16 octobre 1612. René Gayet, cultivateur, et sa femme, Jacquine Lefebvre, dans leur testament, lèguent 30 s. de rente, à prendre sur demi journal de terre, aux Planches (30 s. valaient alors 13 fr. environ).
5 octobre 1612. Devant Me Julien Huet, prêtre licencié en droit canon, curé de Rouessé, chanoine de Sillé, Me François Geoffroi, clerc du diocèse de Châlons, prend possession de la cure de Sougé, vacante par la mort de Me René Saillant, en présence de Me François Peschard, prêtre, chanoine de Sillé, demeurant à Saiht-Remy, Christophe Chaignon, curé deMontreuil, Pierre Ferrand, Me Pierre Morin, prêtre, fermier du prieuré de Sougé, Me Pierre Fontenel le, prêtre, René Perdereau, Galien Lamy, Marin Loiseau.
12 avril 1613. Dans son testament, passé devant Me Mathurin Chouin, notaire, à Sougé, Julien Crison, marchand audit lieu, ayant pour exécuteurs testamentaires « ses feaulx et bons amis Me Barnabe Ghesnay, prêtre, et Laurent Chouin, marchand, veut être enterré au cimetière, auprès des bois qui sont dans le cimetière, ouest enterrée sa première femme, deux trentains, l'un grégorial à note et l'autre de functis avec regrets à l'intention de ses parents et amis trépassés... » Il lègue un pain bénit de 10 s., pour le jour Saint Julien : une messe à diacre et sousdiacre, de 12 s. Le tout à prendre sur le champ de la Vigne, nommé le Giroudet, abouttant au chemin deMons à laPannetière. Il donne 6 livres aux Filles-Dieu d'Alençon ; 15 livres à un homme de Saint-Georges, pour finir le paiement d'une vache achetée 7 écus ; la somme de 20 livres tournois à la paroisse, pour aider à faire les avances de la Taille. Testament passé aux Hayes, maison de Noëlle Chambiïer, en présence de Mc Mathurin Chesnay, sieur de La Croix, et W Barnabe Chesnay, prêtre.
7 juillet 1613. Testament de Marie Massue, femme Crison, devant Mc Mathurin Chouin, notaire à Sougé, renfermant les
legs suivants : un pain bénit de 10 s., au jour de la Chandeleur, à prendre sur ce qu'elle possède au lieu de Louche ; le pré de La Ferrière, moitié au curé, moitié à la fabrique, avec charge de dire une grand'messe et de faire une prière pour elle défunte, aux quatre bonnes fêtes de Tannée; un quart d'écu valant 16 s. à chacun de ses filleuls et filleules ainsi que de la sargette qu'elle a fait faire ; deux cournechefs et deux collerettes ; 10 écus valant 30 livres, pour aider aux collecteurs de Sougé à payer la Taille par avance, à la charge d'avoir droit aux prières accoutumées par chaque dimanche ; à Olive Aguillé, veuve de François Gerv aiseaux, un blanchet et deux collerettes ; une paire de chausses de drap à son frère Martin...
1614. Ma Pierre Morin, procureur de la fabrique, est condamné aux assises de Corbuzain, à vider ses mains de deux pièces de terre, le Clos et le demi journal légués à la fabrique, en 1611, par Etienne Petiot, et à les remettre aux mains d'homme vivant et mourant, suivant la coutume.
15 février 1615. Par devant Me Mathmïn Chouin, notaire, à Sougé, après jugement du bailli de la seigneurie de Corbuzain, à la diligence de Me Pierre Morin, prêtre, avec le consentement des paroissiens, notamment de Mathurin et Antoine Chesnay, Antoine Fontenelle, René Gayet, Bertrand, Julien et André Bigot, René Drouet, Jehan Chambrier, Mathurin Maignéé, Guillaume Legaigneux, Pierre Gervaiseaux dit Guyardière, etc., tous assemblés devant la grande porte, — vente du champ d'un demi journal de terre, de la Tuaudière, autrefois légué à la fabrique, moyennant 73 livres, sous le devoir d'une couple de chapons, à la seigneurie de Corbuzain, au jour de Noël.
26 juillet 1615. Bail, par devant Me Chouin, notaire, des biens de la fabrique, consenti par Me P. Morin, prêtre, procureur, et le général des habitants, au profit de plusieurs, pour les années 1615 à 1621.
29 mars 1616. Inventaire des titres de fabrique, dressé par Me Mathurin Chouin, notaire, à la requête de Mc Jacques Deschamps, prêtre, chapelain de l'église de Sougé et procureur de
la fabrique, succédant à Me Pierre Morin, prêtre, devenu curé de Saint-Martin-de-Maine. — « Item, un acquit de 31 livres 10 s. pour l'horloge. . . — Item , un acquit de 30 livres pour les grilles de la chapelle de la chanterie, reçu par Me Bigot; acquit de 11 livres pour raccommoder l'horloge ; acquit de 8 livres 10 s. pour la couverture de la chapelle Saint-Denis, au Gué-Ory... Fait à la requête dudit sieur Jean Deschamps, en vertu de l'ordonnance de l'archidiacre du Mans, en sa dernière visite, portée par le dernier compte que le sieur Morin a rendu. »
1622. M8 Mathurin Chouin, curé de Sougé, chanoine prébende de Saint-Pol-de-Léon, fils de Mathurin, notaire à Sougé, apparaît souvent, dès Ï622, aux baptêmes en qualité de parrain.
1628. Assé, Sougé et probablement plusieurs autres paroisses allèrent en procession à Fresnay « pour rendre grâce à Dieu de la réduction de la ville de la Rochelle en l'obéissance de notre Roy. »
30 juin 1631 . Testament de Jean Chevalier, laboureur, et de Mathurin Trouillet, sa femme, dans lequel, le mari demande à être inhumé dans l'église de Sougé, et la femme, dans celle de Saint-Georges, « avec inscription au catalogue des prières dominicales où ils seront ensépulturés ; et, pour ce faire, lèguent aux sieurs curés par moitié, un morceau de pré, nommé la Douettée, d'une hommée, aboutlant d'un bout au refoul de Courgenou. »
Dans les siècles qui nous ont précédés on avait foi et confiance dans les prières. Voilà pourquoi, tant de testaments où brille de toute sa beauté le culte des morts et de leurs tombeaux, par des fondations de messes quotidiennes, d'anniversaires à perpétuité. On prévenait sagement l'oubli de ses amis, de ses parents, si prompt, hélas ! à se glisser dans l'âme la plus tendre, la plus aimante. Le chrétien s'endormait avec moins d'effroi dans la tombe, creusée à côté ou même dans l'église, où devait retentir pour lui chaque jour les accents de la prière, et non loin de l'autel où chaque matin devait s'immoler un Dieu.
7 septembre 1631. Testament de damoiselle Marguerite Corbin, veuve deMessire Antoine de Boispitard, chevalier, seigneur de Sougé, demeurant à La Girardière, paroisse de La Pooté,
portant fondation de l'école de Sougé, où « un prestre de bonnes vie et mœurs, capable pour l'instruction et la jeunesse, tant au service et dire qu'aux lettres humaines et escripture, soitesleu, et choisy par le révérant père gardien des Capucins d'Alencon ou son viquaire et non par autre... Pour la nourriture et entretien dudit prestre, elle laisse la somme de 500 livres à prendre sur tous et cbacuns ses biens, pour achepter et ediffier une maison et un jardin pour faire ladite charge à la discrétion de ses exécuteurs testamentaires, et oultre ladicte testatrice laisse et donne la somme de 50 écus de rente qu'elle assigne sur sa part des métairies de la Grande-Chapelle et Bischetière, dépendantes de son fief de ladite Chapelle... à charge ledit prestre de bien fidellement et continuellement instruire les enfants de ladite paroisse sans prendre aucuns salaires ny recompence... oultre sera tenu de célébrer a toujours mais luy et ses successeurs deux messes par semaine, une le jeudy du Saint-Sacrement, l'autre, le samedi, de Beata,et, en oultre, sera tenu ledit prestre d'avertir les enfants et assistants de prier Dieu pour l'ame de ladicte testatrice, et de chanter aux jours et festes de Pasques, la Pentecoste, la Toussaint, Noël et à tous les jours de festes de Nostre- Dame, un Stabat avec l'oraison suivante, et afin que la fabrice de ladite paroisse ne soit surchargée pour fournir d'ornements audit prestre et maistre descolle, veult la testatrice... qu'il soit fourny d'ornements nécessaires pour la première fois seulement, qui serviront aussi aux autres prestres et à la fabrice, aux frais et despens de ladite testatrice jusqu'à la somme de onze vingts livres, scavoir un calisse d'argent doré, deux chasubles... et autres ornements a ce nécessaires... » Elle lègue à la fabrique 8 livres de rente à prendre sur ses biens, pour le luminaire ; au curé de Sougé 10 liv. de rente annuelle pour tolérer le service et chanter le Stabat. Elle demande lors de son décès un drap mortuaire de velours noir avec une croix de satin blanc... Elle désigne pour exécuteurs testamentaires : Messire Brandeliz Laigneau, curé de Saint-Léonard, Messire Gilles de Bordelay, prêtre, et Me Pierre Bourgeois, avocat au siège de Fresnay .
10 avril 1633. Par devant Jean Letessier, notaire, à Sougé, en présence des habitants réunis à la porte de l'église, au son de la cloche, de Me Matharin Chouin, prêtre, curé, Me Barnabe Chesnay, Me Claude Bougler, Me Marin Lemore, chapelain de défunte Marguerite Corbin, tous prêtres, André Bigot, Me Charles Bougler, Me René Perdereau , Laurent Chouin , Guillaume, Chouin, René Héliand, seigneur de La Grouas, Pierre Gervaiseaux-Fontaine, Pierre Gervaiseaux-Guyardière, Martin Gaipin, etc., tous manants et habitants de Sougé, ayant pourprocureur Pierre. Radouelle, qui leur représente que damoiselle Marguerite Corbin, dans son testament du 7 septembre 1631, avait légué à la paroisse deux chasubles, l'une de damas blanc, l'autre de camelot de soie rouge cramoisi, un calice d'argent doré, avec les autres ornements nécessaires pour célébrer la sainte messe et la somme de 8 liv. de rente annuelle à la fabrique, pour laisser célébrer deux messes par semaine en l'église dudit lieu, fournir à ses frais les ornements au chapelain et le luminaire lorsque le chapelain chantera le Stabat aussi pour elle..., lesquels ornements lui avaient été remis és-mains par Me Gilles de Bordelay, prêtre, sieur de La Girardière, exécuteur testamentaire de la défunte, demeurant à La Poôté. Les ornements sont reçus comme bons et valables et Behier s'oblige de payer 8 liv. de rente, affectée sur le champ des Pàtis et la Noë de La Fontaine, côtoyant la Sarthe... Fait et passé au cimetière de Sougé... »
1633. André Bigot, né à Sougé, ancien vicaire de Douillet, fit son testament le 3 mai 1633, devant Me Julien Leroy, notaire, à Mon treuil, par lequel il affecte une maison, sise au bourg de Douillet, une noë, une pièce de terre, pour la création d'un bénéfice dont jouira d'abord son neveu, Me Louis Bougler, puis ensuite un parent, dans la ligne la plus proche. Il donnait, pour vingt ans au curé de Sougé la somme de 25 s., à charge défaire pour lui la prière, chaque dimanche, pendant ce temps, et pour ce, affectait une pièce de terre, nommée la Garenne, joignant le seigneur de Sougé. Il donne à Me André Bigot, prêtre, son
neveu, une bible en français. M0 Louis Bougler, Julien et André Bigot, demeurant à Sougé, furent ses exécuteurs testamentaires.
16 janvier 1634. Partage des biens immeubles de M0 Bigot. Ils formaient cinq lois à prendre à La Chapelle des Chardonnerets, en Sougé, et au lieu duPisserot, en Douillet.
5 novembre 1636. Extraits divers du compte rendu devant les habitants de Sougé par Jean Vignette, procureur : le bail du 25 septembre 1633 produit en recette par an 272 liv. 2 s. ;
— reçu 3 s. pour demi pinte de vin sur le pré des Paviottes ; — item, des enfants de Louis Trouillet, 25 s. pour l'ouverture de l'église. — Dépenses : 47 liv. 13 s. de cire, fournie par Huvé, marchand ; — trois cents d'ardoises à 30 s. ; — 36 s. pour le vin à la fête de Pâques ; — 16 s. 6 d. pour le pain à bénir, fourni aux communiants à la fête de Pâques; — 5 s. de paiement à Me Marin Lemore pour publication d'une quérémonie; — 9 liv. à un peintre qui repeint et raccommode l'image de Notre-Dame de Pitié; — 8 s. pour deux onces d'encens; — 3 s. aux porteurs de bannière, croix et eschelette, cette année ; — 13 s. payés tant aux prêtres qu'aux porteurs de bannières, croix et eschelette lorsqu'on alla en procession à Sillé ; — 4 s. pour deux aspergeoirs; — 8 s. 6 den. aux porteurs de bannière, croix et eschelette à la procession de Notre-Dame du Val ; — 10 s. de pain, à la communion du Jubilé ; — 20 s. payés à M. l'Archidiacre ; — 3 s. à Marin Massue, pour avoir rechargé la hune de la cloche ; — 26 s. 6 den. pour les cordes et fil d'archal de l'horloge ; — 7 liv. au vitrier qui a refait les vitres de l'église ; —
27 s. pour les carillonneurs des cloches; — 7 s. de pain à bénir â la messe de minuit ; — 5 s. à M. le Doyen et 3 s. pour celui qui alla le quérir ; — 30 s. au sacriste pour fournir du pain â chant ; — 37 s. pour le vin fourni â la fête de Pâques 1635; —
28 s. payés aux prêtres et aux porteurs de la bannière, croix et eschelette lorsqu'on alla à la procession de Sillé, le 30 mai 1635 ;
— 4 s. 6 den. payés id., lorsqu'on fit la procession pour le Roy, à Fresnay ; — 3 s. également auxdits porteurs, le jour Sainte
Avoye, au Val ; — 4 s. pour avoir fait recoudre l'image du crucifix ;
— 14 s. et 2 s. pour assignation payée à André Drouet, fermier de La Monhonnière, pour la rente du poirier coupé; — 4 liv. 12 s. au peintre qui a peint l'image de saint Martin; — 5s. 6d. aux porteurs de bannière, etc., à la procession se rendant à Averton;
— 46 s. de vin à la fête de Pâques, 1636 ; — 9 s. aux porteurs de bannière, etc., à la procession de Sainte-Avoye de Saint- Remy; — 26 s. aux porteurs, id., aux processions de Sillé, de Saint-Remy; — 20 s. au fondeur de cloche; — 20 s. à Jacques Héliandjpour faire sonner l'horloge ; — 40 s. pour l'obtention et mandement de la quérémonie touchant les titres distraits a la fabrique, elc. « Le présent compte examiné, arrêté et clos par devant M" Joachim Front in, prêtre, doyen de Fresnay, et Mathurin Chouin, prêtre, curé de Sougé... en l'église, en présence de M6 Barnabe Ghesnay, prêtre, M9 Julien Massue, prêtre, René Le Silleur, écuyer, sieur de Cbeniers, demeurant en la paroisse d'Étrigé, René Drouet, André Bigot.... »
1638. Le roi Louis XIII plaça la France sous la protection de la Vierge et prescrivit une procession solennelle, tous les ans, le 15 août, fête de l'Assomption. Aujourd'hui, l'église conserve cette procession.
1638. Les maladies contagieuses firent beaucoup de ravages dans le Maine et la frayeur qu'elles inspiraient était telle, que le chapitre du Mans, assemblé le 5 juin, ordonna qu'on cesserait de faire baiser clans le chœur le livre des évangiles et l'instrument de la paix.
29 août 1640. Testament de Marguerite de Boispitart, veuve d'Arthur Le Silleur, écuyer, sieur de Cbeniers, dame de Sougé, y demeurant. Dans ce testament, passé devant 31e René Perdereau, notaire à Sougé, ladite dame désire être inhumée dans l'église, auprès de son frère, défunt Antoine de Boispitart, chevalier, seigneur de Sougé ; dans le cas où elle décéderait dans la paroisse de Lucô, de la vicomte de Domfront, sa précédente et ancienne demeure, son corps sera inhumé proche celui de feu M. de Cheniers, son mari. Les seize prêtres qui assisteront à son
enterrement recevront chacun 20 s. tournois. « Le convoi de son corps sera fait par le sieur curé, les chapelains et prêtres au nombre susdit, de la maison seigneuriale dudit Sougé ou dudit Cheniers, le cas advenant... Elle entend que treize pauvres de la paroisse où elle décédera... portent treize torches d'une livre et demie chacune ...» Ces pauvres reçurent une aulne de sarge-bure ; une somme de 150 livres fut distribuée aux pauvres lejour d'enterrement, pareille somme au jour du quarantain... Fondation d un anniversaire dans l'église de Sougé, pour lequel M. le curé et MM. les chapelains recevront 4 liv... « Donne aussi à perpétuité à la fabrice dudit lieu un boisseau de blé, de froment, mesure de Fresnay, pour l'entretien du pain à consacrer tant aux prêtres que comniunaulté de la paroisse, quel boisseau sera délivré au sacriste, par chacun an, à la fête de Notre-Dame, dicte Angevine... » Fondation de deux messes basses, une de Beatâ, le mercredi, l'autre du Saint Nom de Jésus, au vendredi de chaque semaine, avec don de 24 liv. aux chapelains et 40 sous à la fabrique pour le luminaire et le service des chapelains nommés par René Le Silleur, écuyer, seigneur de Cheniers, son fils aîné. Elle demande, pour chaque dimanche, à perpétuité, la prière, pour elle et pour feu son frère, seigneur ds Sougé, et leurs parents, moyennant 20 s. de rente. Les second dimanches du mois, à perpétuité, à l'issue des vêpres, on chantera la prose de la Vierge, Gaude et l'oraison. Elle lègue à perpétuité 60 s. tournois de rente devant être distribués à deux des plus pauvres paroissiens de Sougé ; pareille somme aux capucins d'Alençon qui devront l'assister à la mort et faire son oraison funèbre. Ladite dame affecte et hypothèque, pour exécuter ses legs et donations, son lieu de La Reculerie et une pièce de terre nommée le Pressoir ; lesdites choses acquises par la testatrice par retrait sur la veuve de feu son frère, M. de Sougé, dont elle était héritière. Ses exécuteurs testamentaires furent : René Le Silleur, écuyer, seigneur de Cheniers, son fils aîné, demeurant à Mebzon, paroisse d'Élrigé, Me Julien Percheron, avocat à Fresnay.
4 août 1641. Inventaire par René Perdereau, notaire, des comptes papiers, renies, etc., de la fabrique, à la requête de Jean Vignette, procureur, en exécution du jugement donné par M. Joachim Frontin, prêtre, curé de Saint-Ouen et doyen rural de Fresnay. « Item, une requête présentée à Mgr PÉvêque du Mans, par M* Pierre Morin et autres pour avoir permission de célébrer la messe hors l'église. »
23 février 1642. Comptes sommaires de Jean Vignette, procureur, par devant les habitants de Sougé, pour le temps de quatre années, 1636-1641. Pour extraits : reçu de Mmede Sougé, 10 liv., données pour aider à payer la fonte de la cloche ; — 25 s., pour l'inhumation dans l'église, de Gervaise Chrétien. — Dépenses : 8 liv. 15 s. pour rafraîchir l'image de l'autel de Notre-Dame et celui de Notre-Dame de Pitié ; — 37 s. 6 il. au tabellion de Fresnay pour la délivrance du testament de défunte Madamoiselle de Sougé ; — « En suit le déboursé dudit Vignette tant pour payer le fondeur qui a refondu la grosse cloche, suivant le devis qui lui avait été donné et l'accord que le général des habitants avait fait avec le fondeur que pour avoir fourni ce qui était nécessaire à la refonte... » Ledit Vignette a payé 9 s. à l'ouvrier faisant le moule ; — a fourni 2 livres de cire pour faire ledit moule avec les matières ci-après : 4 livres de suif, à
5 s. la livre : — 15 douzaines d œufs, à 3 s. la douzaine ; — 2 livres de savon, à 9 s. la livre ; — 3 livres de bourre, à 1 s. la livre ; — payé à Mathurin Beaucé une journée à maçonner le fourneau de ladite cloche, 10 s. ; — 13 journées à Jacques Héliand, employé à servir le fondeur, 9 liv. 9 s.r: — 40 liv. au fondeur, d'après les conventions : — 10 livres de chanvre à 4 s.
6 d. la livre ; — 5 s. pour avoir fait apporter et reporter la romaine de La Gaudinière an bourg de Sougé ; — 9 liv. à M., de La Grouas, pour la nourriture du fondeur et de ses ouvriers ; — 34 liv. 18 s. pour 53 livres de métal, à 14 s. la livre ; — 4 s. d'encens aromatisé, pour la fête de saint Martin, 1636 ; — 60 s. à un vitrier pour raccommodage de la vitre de derrière le grand autel ; — 3 s. pour les porte-bannière, croix et eschelette, à la
procession de Saint-Cenery, 1637 ; — 3 s. aux mêmes, pour la procession de Sainte-Anne, au Val, 1637 ; — 4 s. aux mêmes, pour la procession de saint Roch, à Averton, 1637 ; — 20 s. à M. I1 Archidiacre faisant sa visite, 1637 ; — 5 s. aux porte-bannière, croix et eschelette, dans laprocession allant à Sillé, 1637 ;
— 3 s. pour trois feuilles moulées pour lire l'instruction chrétienne, les dimanches, suivant l'instruction de M. l'Archidiacre ;
— 35 s. à Jehan Ribot qui alla faire un voyage à Saint-Sébastien, au mois d'octobre 1637 ; — 5 s. à un homme qui alla chercher les saintes huiles à Oisseau, 1638 ; — 5 s. à M. le Doyen, pour les saintes huiles ; — 60 s. pour ceux qui ont mis la grosse cloche en plein son ; — « 10 s. pour le lempar de dessous le carillon ; » — 5 s. aux porte-bannière, etc., à la procession de la Saint Jean, à Sillé, 1638 ; — 5 s. idem, à la procession de Saint Barthélémy, au bourg d'Averton, 1638 ; — 6 liards, pour un aspergeoir; — 1639, processions à Sainte-Avoie, à Sainte-Annedu Val ; — 10 s. pour une journée de maçon, 6 s. pour son serviteur ; — 5 s. à Me Bougler, pour dire une messe pour la Rogère qui avait donné une nappe à telle condition ; — 5 s. aux porte-bannière, croix et eschelette pour la procession se rendant à Fresnay à l'oraison [sic) des quarante heures ; — 3 s. une clef pour l'église ; — 16 s. pour processions au Val, à Averton ; — « 4 liv. pour les frais de l'emprisonnement de François Gallery, habitant de Sougé, faute de payement de la taxe de fabrice que le Roy a prise sur icelle. » — « Le présent compte arrêté par Me Marin Vaugon, prêtre, vicaire, pour M. le curé, absent, par MMe3 Barnabe, Ghesnay, Claude, Bougler, Marin Lemore, tous prêtres à Sougé et des paroissiens soussignés... » La recette a été de 636 liv. 10 s. ; la dépense, de 669 liv. 1 s. 6 d. —En 1640, la fabrice paye à l'État une taxe de 220 liv. — 1642, cire et cierges ; un pascal (cierge) pesant 2 livres ; — à la Pentecôte, deux cierges pesant 3 livres ; — à la mi-août, quatre cierges du poids de 7 livres, etc.— 60 s. à Mareau, libraire, à Fresnay, pour reliure d'un grand missel.
28 décembre 1643. Copie délivrée par Antoine Chauvin,
licencié ès-droits, tabellion garde scel royal pour la chapelle du Gué-de-Maulny et baronnie de Fresnay, au bureau duditlieu, du testament de Pierre Gervaiseaux dit Guyardière, marchand, et d'Anne Yvard, son épouse, demeurant au lieu de l'Étang en Sougé. Ils demandent à être inhumés au cimetière, proche le bas de l'église, au lieu des ancêtres dudit G. » Une somme de 70 s. est hypothéquée pour les prières sur le champ de deux journaux de Saint-Denis, au lieu de l'Étang, avec le jardin de la Hardronnière, semeure à 2 boisseaux de chènevis, joignant d'un côté la Bruyère du Bois-Orin. Ils choisissent pour exécuteur testamentaire « comme leur meilleur ami, M" Mathurin Chouin, prêtre, curé de Sougé, chanoine prébende de l'église cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, gouverneur de Lamballe, aumônier ordinaire du Roi, de présenta Sougé. » En présence de Me Marin Vaugon, prêtre, vicaire, Me Guillaume Guyon, seigneur des Aîtres...
18 octobre 1645. Émeric-Marc de la Ferté, évêque du Mans, donne la confirmation à Fresnay où les paroisses voisines se rendirent.
1648. Je lis dans un registre: « Du 26e jour de novembre 1648, de mon sacerdoce 27 ans, sous le pape... commencé par moi Mathurin Chouin, prêtre,curô de Sougé, ci-devant chanoine dans la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, gouverneur de Lamballe, audit évêché, et à présent, prieur commendataire de Saint-Mathieu de Morlaix, évêché de Tréguier, ce présent pour servir de registre pour... » signé M. Chouin.
27 septembre 1648. Bail des biens de la fabrique, consenti pour 6 ans, au profit de plusieurs, par François Gallery, procureur, en présence des notaires de Sougé, Mes René Perdereau et Jehan Chouin, du curé, Mathurin Chouin, prieur de Saint- Mathieu de Morlaix, Barnabe Chesnay, Claude Bougler et Marin Lemore, prêtres de Sougé, Pierre Gervaiseaux, Barnabe Héliand, secrétain, avec ratification de M9 Mathurin Chouin, curé, de Messire René Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé, etc.
1er juin 1650. Monseigneur Philibert-Emmanuel de Lavardin
présida en personne le synode diocésain. Il se plaignit des désordres qui s'étaient introduits dans le clergé, défendit aux prêtres de réitérer la bénédiction nuptiale dans le but de dissoudre les sorts jetés sur les époux.
La disette et les maladies contagieuses sévissaient, dans la province , surtout dans les parages de Ballon , Bonnétable, Brûlon et Fresnay-le-Vicomte. Le même évoque, ordonna une procession générale pour obtenir la paix et la cessation des fléaux qui désolaient le pays.
6 février 1650. Copie d'une transaction entre Pierre Lebouc, mari d'Antoinette Barreau du Souille! , et Guillaume Guyon, seigneur de La Sourderie , demeurant à Saint-Paul, concernant des immeubles situés à La Gaudinière, fief et seigneurie de Sougé, entre autres le pré de la Forge sur lequel est assise une rente de 60 s. tournois, au profit de la fabrique de Sougé.
30 novembre 1658. Déclaration des biens de la fabrique de Sougé, au regard de la seigneurie dudit lieu, par Marin Lemore, prêtre, procureur. « De vous monseigneur messire Jacques Le Silleur, cbevalier, seigneur de La Baiïllère, Corbuzain... ■ Après l'énumération des biens et des devoirs, la déclaration mentionne l'église, le cimetière clos de murs...
1660. De Noël à la Saint Jean, la France éprouva une disette affreuse.
7 mars 1660. Acquisition, par Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, demeurant en la maison seigneuriale dudit lieu, d'une petite Grouas de trois quarts de journal, sise près de la garenne dudit seigneur, appartenant à René Perdereau, notaire, à Sougé, moyennant 63 livres et une rente de 15 s. due annuellement au curé et à la fabrique.
10 juillet 1660. Extrait des partages de la succession de Guillaume Guyon, seigneur de La Sourdrye et d'Anne Barreau, sa veuve, entre François Guyon, seigneur de La Pinçonnière, aîné, Pierre Guyon, seigneur de la Liberdière et François Margerye, seigneur de La Greslière, docteur en médecine, mari d'Amie Guyon, enfants et héritiers des précités. Le lot, possédant
le pré de la forge de La Gaudinière, se trouve grevé de 60 s. de rente au profit de la fabrique de Sougé.
12 août 1662. « Fut fondue la cloche de cette paroisse, et, le 16e jour du même mois, elle fut bénite par Messire Matlturin Chouin, prêtre, prieur de Morlaix, et sur laquelle cloche se voit le nom de Messire François Chouin, prêtre, curé de Sougé, et de dame Marguerite Fournier, dame de Sougé. >
7 juillet 1670. Me Mathurin Chouin, prêtre, prieur commendataire du prieur de Saint-Math ieu-de-Morlaix et ci-devant curé de Sougé, demeurant en son lieu de La Robinière, paroisse de Sougé, dans son testament, passé devant Me Jean Gaudemer, notaire, à Fresnay , détermine les prières qu'il désire après son décès, et fonde la chapelle du Saint Nom de Jésus, en l'église de Sougé, laquelle sera possédée par un clerc tonsuré, ou un prêtre, aux conditions suivantes : de célébrer ou de faire célébrer audit autel trois messes basses, chaque semaine, à perpétuité, pour le repos de lame du testateur et celui de ses parents.
21 avril 1671. Devant M6 Jean Denis, notaire à Douillet, Me François Chouin, curé de Sougé, demeurant aux Hayes en Sougé, cède sa cure à Me René Goyet, titulaire de la prestimonie Bigot, à Douillet, en échange dudit bénéfice. Le lendemain, R. Goyet, prit possession de la cure de Sougé, devant le même notaire, en présence de René et Michel Perdereau, Mathurin Duperche, Mathurin Gervaiseaux, Barthelemi Éliant, marchands, demeurant à Sougé. (Ins. eccl.) Me François Chouin ne survécut pas longtemps à cet acte, il fut inhumé, le 24 avril 1671, dans rintérieur de l'église, devant l'autel de Notre-Dame.
Me Goyet, fut à peine curé quelques semaines, puisque dès le 7 mai de la même année, devant Pierre Hérisson, notaire royal, au Mans, M° Louis de Bonnefoy, clerc du diocèse, bachelier de la faculté de Paris, prend possession de la cure de Sougé, en présence deM° Jean Brilland, prêtre d'Assé, de Benjamin Mauduil, fermier au prieuré de Sougé. Il eut pour successeur en 1672, M' Philippe Coullon qui fui inhumé par Me Jean Siber, curé de Saint-Ouen, doyen rural de Fresnay, le 23 avril 1681.
3 juillet 1672. Bail, passé devant Me Julien Agin, notaire, pour 6 ans, des menues dîmes, des légumes, de chanvre, de lin du trait de Sougé, consenti par Me Louis Bonnefoy, curé de céans et Benjamin Mauduit, fermier du prieuré, au profit de Louis Gaingneux, moyennant les sommes de cent sous pour le premier, et de 10 livres pour le second .
Les grosses dîmes se partageaient ainsi à Sougé : les deux tiers pour le prieur et l'autre tiers pour le curé.
La perception des dîmes amena devant les tribunaux un grand nombre de procès. En dépouillant les registres de la Sénéchaussée du Mans, j'ai pu m'en convaincre. La question des dîmes, en 1770, était agitée dans presque tout le diocèse, et en particulier dans l'archidiaconé du Passais. Les paroissiens refusaient de payer la dîme du sarrazin, nommé dans le pays carabin, ou, s'ils y consentaient, ce n'était qu'à titre d'aumône, à volonté, et dans leurs greniers. Les curés de Gesvres, la Poôté, Pré-en- Pail, prétendaient que cette dîme avait été soldée de temps immémorial à leurs prédécesseurs et au prieur de Pré-en-Pail, comme curé primitif. Ces paroisses ne produisant que du carabin, en grande partie, leur condition devenait insupportable, si on leur retranchait cette dîme. C'est cependant ce qui arriva en 1765. Les débats recommencèrent en 1783.
De temps immémorial la dîme se payait dans presque toutes les paroisses à la onzième mesure ; vers 1730 les laboureurs se soulevèrent contre ce droit ; ils ne voulaient plus la payer qu'à la treizième mesure, d'autres, à la quinzième. Beaucoup prétendaient que la dîme n'était pas un droit, mais une charité, ce qui était l'anéantir en principe. Plusieurs curés se contentèrent de ce qu'on leur donnait ; mais d'autres, regardant comme un principe certain et évident que la dîme est due en conscience, suivant l'usage du pays, refusaient l'absolution à ceux qui ne voulaient pas promettre de la payer à la onzième mesure. La question fut examinée en Sorbonne le 23 octobre 1736, et les docteurs reconnurent la dirne due en vertu d*un droit strict. La Sénéchaussée du Mans reconnaissait généralement ce droit.
La dime remonte à la plus haute antiquité : elle est venue remplacer les aumônes que les fidèles faisaient aux ecclésiastiques. N'est-il pas naturel que celui qui sert à l'autel, vive de l'autel? Les prêtres ne pouvant vivre du travail manuel, les populations, de tout temps, leur abandonnèrent une partie des produits de la terre. Telle fut JL'origine de la dîme dont la quotité ne fut pas régulièrement du dixième, comme l'indique son nom. Cette institution ne manqua pas d'entraîner avec elle de nombreux abus.
La grosse dime se prélevait sur les principaux produits de la terre, tels que les grains, le vin, etc.
La petite dime s'étendait sur les légumes de jardin, pois, fèves, lin, chanvre, etc.
On appelait trait de dime celle qui ne reposait que sur une partie de fief ou même de paroisse.
Les dimes novales venaient des terres nouvellement défrichées.
Les dîmes insolites pouvaient comprendre les agneaux, les chevreaux, les porcelets, etc.
Ces dîmes étaient affermées, en général.
28 août 1672. Déclaration des biens de la fabrique de Sougé, faite aux assises tenues par le bailli Bordelay, dans la maison seigneuriale, par le procureur Toussaint Gallery, qui s'exprime ainsi : « De vous M. Monseigneur Jacques Le Silleur, écuyer, fondateur de ladite église, seigneur de Sougé, Corbuzain, Cheniers, La Monhonnière, etc., au regard de votre seigneurie, avoue tenir les choses qui ensuivent : Savoir l'église et le cimetière dudit Sougé, en un tenant, borné par une part la ruelle tendant du prieuré à Fresnay, par autre par le jardin de Mathias Duperche, à cause de sa femme, par autre par le chemin tendant d'Alençon aux Halles dudit Sougé, par autre par le chemin tendant du presbytère dudit lieu à Fresnay, et par autre votre maison et jardin par nous acquis de M. René Perdereau, notaire, (suit l'énumération) pour raison desquelles choses, je vous dois et je suis tenu faire à votre recette, au terme d'Angevine, la somme de 2 s. 6 d. de rente... »
17 juin 1678. Prise de possession de la cure de Sougé par
Me Philippe Coulon, prêtre, du diocèse, permutant avec M0 Louis de Bonnefoy, prêtre, la cure de Sainte-Marie-de-Champagne, en présence de Messire Claude Le Tonnelier de Breteuil, prieur commendataire de Couterne et de Sougé, demeurant à Paris, de Mes Chambrier et Peccate, prêtres, de Messire Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, de dame Marguerite Fournier, son épouse, André Bigot, chirurgien, Toussaint, Gallery [Ins. eccl) . 22 mai 1678. Fondation du banc de M" André Bigot. Je reproduis, en partie, l'acte dans sa teneur, afin de faire connaître les formalités qui accompagnaient ce genre d'établissement. « Sont comparus devant nous Julien Agin, notaire..., Mc Philippe Coullon, curé de Sougé, Me Jean Chambrier, prêtre, chapelain de la chapelle des Chenais, Jacques Le Silleur, écuyer, seigneur dudit Sougé et le général des habitants..., en exécution de l'avertissement à eux donné par billet publié au prône de .la grand' messe paroissiale..., au son de la cloche, le tout à la diligence d'André Bigot, maître chirurgien, sieur de Saint-Martin..., requérants, lesdits habitants étant en personne, de François Legaingneux, René Héliant, René Pottier, Mathieu Duperche, Toussaint Gallery, Denis Montaville, Pierre Leduc, Julien Gervaiseaux, Michel Hémery, Claude Ferrand, Michel Chouin, Mathurin Gaudemer, René Paris, Martin Galpin, Antoine Gayet, Jacques Beausset, Adrien Godet, etc., tous dûment congregés et assemblés audit lieu pour délibérer des affaires de la fabrice de l'église de Sougé et particulièrement sur ce que ledit Bigot leur a représenté qu'étant de naissance dudit Sougé, il y avait ordinairement pris place en ladite église en la chapelle Sainte- Anne, devant l'autel de ladite chapelle, le long d'icelui, sur main gauche au coin dudit mur sur main gauche... Il souhaitait y
fonder un banc de cinq pieds carrés les susdits ayant conféré
les uns avec les autres, après avoir vu et visité ladite place, d'une commune voix sont demeurés d'accord qu'icelle place n'était aucunement nuisible... Ce fait avons publié à haute voix ladite place de cinq pieds en carré être estimée par les susdits à 20 s. de rente au profit d'icelle église... ledit Michel Bémery a
dit qu'il en donnait 22 s. de renie... ce fait ledit André Bigot a déclaré qu'il prenait la place pour davantage... qu'il donnait à la fabrique un demi-journal de terre, L'Épinette, proche La Croix- Fouard, relevant censivement de la seigneurie de Sougé... ce qui a été accordé audit Bigot... à perpétuité, pour le service du susdit et de Marie Quisnier, sa femme, leurs enfants et successeurs..., lesquels pourront, si bon leur semble, décès arrivant, de leurs personnes, se faire ensépulturer, sous ledit banc, sans aucun empêchement... »
Les bancs n'apparurent dans les églises qu'au commencement du xvne siècle. Avant, les fidèles se tenaient debout ou à genoux, ce qui a lieu encore aujourd'hui dans les pays méridionaux.
Les comptes d'Assé, de 1629, signalent la fondation d'un banc parle bailli, Antoine Chauvin, seigneur du Sureau. Lescomptes de 1623, de l'église de Fresnay, font mention, pour la première fois, du produit des chaises et des bancs.
Depuis deux siècles et demi, on a introduit de grands changements dans les églises, tant des villes que des campagnes. On ne connaissait point les rétables ou vulgairement les contrerétables. Presque toutes nos églises se terminaient en rond point ou abside. Trois, cinq ou sept fenêtres, selon l'importance de l'église, étaient percées dans ce rond point. L'autel de bois ou de pierre, en forme de tombeau antique, était placé au fond du sanctuaire, dans les grandes églises il était au milieu du chœur.
Avant 1600, il n'y avait guère de sacristies. Elles étaient moins nécessaires qu'aujourd'hui , parce qu'alors presque toutes les églises, appartenaient à des prieurés ou monastères, dont les bâtiments étaient toujours attenants aux églises. Les ecclésiastiques sortaient tout habillés de chez eux pour célébrer l'office. L'usage était aussi que le prêtre qui devait dire la messe, s'habillât à l'autel ou dans une chapelle collatérale. Les sacristies devinrent nécessaires à mesure que le clergé se sécularisa.
A partir du commencement du xvn° siècle, on commença à bâtir des sacristies ; on destina à cet usage le fond du rond-point
des églises ; la plupart des croisées qui éclairaient l'autel furent bouchées, sans respect pour l'ancien usage.
Ce fut alors qu'on inventa l'usage des contre-tables. Un mur de réfend fut élevé dans toute la largeur du chœur, on sépara l'abside qui était le sanctuaire primitif. L'autel fut adossé à ce mur, dont la surface fut ornée de pilastres, colonnes, corniches, etc. Depuis ce moment, le type primitif, si bien harmonisé avec les mystères du culte catholique, disparut des temples ainsi défigurés, et de riches verrières furent mutilées ou supprimées.
1583. Comptes de la fabrique d'Assé : « 10 liv. 10 s. à Jehan Beauvez pour faire la fenestre qui est en la cloison de derrière le grand aultier pour mectre le sacraire..., item, 63 s. 6 den., audit Thebault pour huys de menuyserie quil auroist fourny pour clore le revestiere derrière le grand aultier et pour deux huisseries... »
19 novembre 1678. Testament de Michel Chouin, demeurant au lieu de La Massuère, en Sougé. Il demande à être inhumé, dans le cimetière, à côté de Me Mathurin Chouin, prêtre, son oncle, dans l'endroit où est enterré son fils, et lègue à la fabrique 20 s. de rente pour participer aux prières de l'église.
20 novembre 1679. Me François Gervaiseaux, prêtre depuis 1673, devint curé de Saint-Rigomer-des-Bois.
Après Me Louis de Bonnefoy, la cure de Sougé fut possédée par plusieurs titulaires compétiteurs. Ce désordre venait du mode de présentation, ou de la facilité avec laquelle un bénéfice pouvait se résigner.
Ainsi de 1672 à 1683 on voit figurer sur la liste des curés les noms de Mes Philippe Coullon, Truelle, Pierre Piron, Gabriel Vérité, inhumé àBouloire, le 4 octobre 1682.
1682. Me Charles Gaillard, curé de Sougé, eut pour compétiteurs : Jean de Baraton, appartenant à une famille noble d'Auvers-le-Hamon ; Pierre Leplat, bachelier, ne à Saint-Pierre-de-la- Cour, curé de Saint-Rigomer-des-Bois ; Paul Le Joyant. Par curiosité, je donne les actes de prise de possession des titulaires que j'ai puisés dans les Insinuations ecclésiastiques.
28 janvier 1682. Provision de la cure de Sougé, au nom de Me Gabriel Vérité, prêtre, curé de Bouloire. Possession de ladite cure, le 4 février 1682, devant M° Agin, notaire, par M° Jean Chambrier, prêtre habitué, procureur dudit Vérité, curé de Bouloire, permutant avec Mc Pierre Piron, ci-devant pourvu de la cure de Sougé. Présents : McRenéBéliard, fermier du prieuré, Me Bougler, vicaire de Sougé, Toussaint Gallery.
29 novembre 1682. Mc Gaillard, prêtre, demeurant à Sougé, résignataire de défunt M0 G. Vérité, par devant Me J. Agin, notaire, prend possession de la cure de Sougé, en présence de Me François Bondonnet, curé de Moulins-le-Carbonnel, Messire Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, Me Jean Chambrier, chapelain de la chapelle du Chênay, etc.
15 octobre 1682. Devant 31e Jean Godemer, notaire à Fresnay, Me Jean Baraton, prêtre, maître ès-arts en théologie de la faculté d'Angers, demeurant à Auvers-le-Hamon, prend possession de la cure de Sougé, vacante par le décès de M° G. Vérité, en présence de Me Jean Chambrier, faisant les fonctions curiales, mais prétendant ne pas avoir les clefs du tabernacle. Me Charles Gaillard, faisant aussi les fonctions curiales et se disant le résignataire de Me G. Vérité, s'oppose dès le 16 octobre à la continuation de la prise de possession de Me Baraton (Ins. eccl.).
1er mars 1683. Devant M" Jacques Berger, notaire, à Lavaré, Me Paul Le Joyant, prêtre, curé dudit lieu, prend possession de la cure de Sougé-le-Ganneron. M0 Charles Gaillard prêtre, pourvu de la même cure, forme opposition.
5 décembre 1683. Devant Me Mathurin Chauveau, prêtre habitué en l'église de Saint-Pierre-de-la-Cour, titulaire de la chapelle du Chênay, M" Pierre Le Plat, prêtre, né à Saint-Pierre-dela-Cour, bachelier en théologie, curé de Saint-Rigomer-des- Bois, y demeurant, pourvu de la cure de Sougé, vacante par le décès du titulaire, prend possession de ladite cure. Mc Charles Gaillard, forme opposition (Ins. eccl.).
18 avril 1682. M* Gabriel Vérité, curé de Sougé, représenté par W Urbain Lefebvre, avocat et M° Jacques Houet, procureur
syndic des habitants de Sougé, représenté par Me Jean Sémelet, avocat, obtiennent un jugement au siège de Fresnay, condamnant Catherine Tafforeau, veuve de Philippe Coullon, héritière de Mc Philippe Coullon, décédé, curé de Sougé, le 23 avril 1681, à faire les réparations du presbytère dudit lieu.
1680. De nouveaux statuts synodaux et un rituel parurent pour le diocèse du Mans. Ils éprouvèrent les mêmes oppositions que ceux de 1667, et furent maintenus malgré les réclamations des mécontents. L'année suivante, 1681, vit s'ouvrir la fameuse déclaration des principes de l'église gallicane. Mgr Louis de Tressan, évêque du Mans, y représenta la province de Tours.
28 juillet 1681. Dans un acte relatif à la refonte d'une cloche, Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, prend la qualité de fondateur de l'église. Toutefois, l'abbé de La Couture, présente à la cure de temps immémorial.
Dans la dernière année de son séjour à Sougé, Me Charles Gaillard fut souvent absent, et, au commencement de juin 1687, apparaît Me de La Fosse, son successeur, qui fut curé jusqu'en janvier 1697. Le 26 août 1694, Me Jean Cabour, vicaire, fut commis par Mgr l'évêque de Tressan, pour desservir la paroisse, pendant l'absence de Me de La Fosse, qui reparaît le 22 décembre de la même année.
16 février 1697. Première signature de Me Michel Pinot, curé de Sougé.
1697. Me Noël Gervaiseaux, curé de Saint-Victeur, est fils de Mathurin et de Marie Mouton.
16 octobre 1698. Mandat donné par les habitants de Sougé à Me Jacques Peccate, prêtre, à René Massue, procureur de la fabrique, pour la refonte des deux cloches cassées, la grosse, depuis douze ans, et la petite, depuis trois ans. La délibération porte que pour diminuer les frais, s'il convient toutefois à M. le Curé, les délégués pourront faire fondre la crosse de cuivre, placée au-dessus du grand autel. Dans les comptes de l'église de Fresnay, de 1572, je lis : « Payé 30 s. à Guillaume Troussant pour avoir faict une pièce en forme de croce où est pendue la
custode du corpus Domini. » Cette manière poétique de conserver le Saint-Sacrement a été renouvelée de nos jours dans l'église abbatiale de Solesmes. Avant 1600, il n'y avait point de tabernacles dans les églises, c'est vers cette époque qu'on en adopta l'usage.
Dans les siècles précédents, la sainte Eucharistie était conservée dans une colombe d'or, d'argent, de métal ou de bois argenté suivant la richesse des églises. Cette colombe ou autre objet destiné à cet usage, était suspendu au-dessus de l'autel principal, le plus souvent à une crosse.
A -décembre 1698. « Nous, Michel Pinot, curé de Sougé, après avoir reçu la commission de Mgr l'évèque..., en présence de quantité de nos paroissiens et assistance de nos chers et bienaimés confrères M" Jean Chambrier, Me Jacques Peccate, Me Charles Bougler et Me Julien Bigot, avons fait la bénédiction de nos cloches de la paroisse, la grosse au nom de saint Martin, patron de l'église, et la petite au nom de saint Jacques, titulaire de la paroisse, en foi de quoi nous avons signé le présent. »
8 janvier 1699. Bequète au nom de la fabrique formant protestation contre le legs de Me Agin, notaire, en date du 6 janvier 1695. Le légataire ne pouvait, est-il dit, donner ce qui ne lui appartenait pas, la prestimonie de La Guyardière était un bénéfice attaché à l'église de Sougé. Me Agin étant accusé de s'être emparé des titres de la prestimonie pour en usurper les biens et les transmettre à ses héritiers, notamment à Me Julien Bigot, prêtre son filleul, qu'il affectionnait beaucoup. — Le 19 février suivant, les héritiers de Me Agin formulent une protestation qui est bientôt suivie d'une nouvelle requête au nom de la généralité des habitants contre André Agin et les héritiers de Julien Agin. Me Jacques Peccate, prêtre, chargé de l'éducation de Messieurs de Sougé, prit en main les intérêts de l'église.
23 mars 1699. Sentence rendue au siège royal de Fresnay, condamnant Me Julien Bigot, prêtre demeurant à Sougé, légataire universel de tous les papiers de Julien Agin, à remettre au procureur de la fabrique tous les litres de ladite fabrique que
Me Agin, ancien procureur pendant dix ans, avait emportés chez lui, pour les examiner ou pour les mettre en ordre. — Exécution de cette sentence, le 4 mai ; un inventaire fut fait de tous les titres par Me Jean-Baptiste Houet, notaire, à Sougé, en présence de René Massue, procureur de la fabrique, de Me Julien Bigot et de ses cohéritiers (Voir l'article Guyardière) .
Si Me Bigot, prêtre distingué par son instruction et son zèle, eut des ennuis dans cette affaire, il sut s'en venger en mettant son dévouement et son désintéressement au service de l'église de Sougé. Les notes qui vont suivre ne permettent pas d'en douter un instant.
19 novembre 1699. Inventaire des effets et ornements de l'église, à la requête de Me Jean Chambrier, prêtre habitué, nouvellement nommé sacristain, avec Jean Bacquet, sous sacriste au lieu et place de François Bigot, dit la Saule, congédié. Suivent quelques articles : deux calices avec patènes de vermeil, un calice d'argent avec patène, portant le nom Leroyer ; — une croix de bois couverte d'argent avec la pomme et poignée de cuivre et le crucifix de vermeil ; — deux ciboires d'argent ; — un soleil d'argent avec cette inscription : Messire Charles de Courtin, abbé de Villiers, prieur de Sougé ; — deux missels manceaux et un romain ; — un petit missel manceau ; — un antiphonaire et un graduel ; — un psautier et deux rituels ; — un processionnal ancien ; — deux draps mortuaires, l'un de toile, l'autre de tripe de velours, etc. Le curé et le seigneur de Sougé assistent à l'inventaire.
1700. « Il est juste de laisser dans ce registre un monument à la postérité de la très grande grâce que Dieu a accordée cette année, 1700, aux habitants de cette paroisse de Sougé-le-Ganelon, au sujet de la Mission qui a été faite, de l'octroi favorable de Mgr l'évêque, par cinq prêtres de la congrégation de la Mission du Mans, dont le directeur s'appelait M. Crespel, et les quatre autres étaient MM. Bonnœil, Bridel, Girard et Bouin, avec un frère lai. Ces ouvriers évangéliques arrivèrent ici le jeudi, -4e du mois de février, et ouvrirent leur mission, le dimanche de la
septuagésime, 7a dudit mois, et commuèrent à prêcher, confesser et catéchiser jusqu'au mardi, 9e du mois de mars, avec un succès incroyable . L'église de Sougé ayant été tous les jours remplie non seulement de ses propres habitants, mais encore de ceux des paroisses circonvoisines qui y accoururent de toutes parts. La communion générale se fit les 7, 8 et 9 mars. Plus de huit cents âmes communièrent à la grand'messe du dimanche, 7e dudit mois de mars. Le même jour on fit après vêpres la procession générale dans le pré du Ray, près le bourg, où il faisait beau voir le Très-Saint-Sacrement porté en triomphe au milieu de plus de 4000 personnes, marchant deux à deux sur différentes colonnes, premièrement les filles, ensuite les garçons, puis le clergé avec le Saint-Sacrement, ensuite les hommes, puis les femmes. Peu de cœurs furent assez insensibles pour n'être pas attendris, à la me de la dévotion de tout un grand peuple que MM. les missionnaires contenaient en ordre. Ces prêtres zélés ont vécu à leurs frais pendant leur séjour en cette paroisse, et logeaient chez le sieur Bigot, vicaire, en sa maison de La Guyardière. » Cette note est de l'écriture de Me Julien Bigot.
« Le dimanche 27e jour du mois de juin 1700, Mgr l'évêque du Mans continuant à accorder ses faveurs à la paroisse de Sougé, y envoya Mgr Guillaume Dhaston, évêque d'Ossery en Irlande, faisant maintenant les fonctions épiscopales en ce diocèse, où le Roi l'a envoyé, à cause des obstacles que l'hérésie a apportés à la religion en ce pays là. Mondit seigneur d'Ossery arriva le samedi, 26e au soir, et cedit jour 27e il donna le sacrement de confirmation à plus de cinq mille personnes dans le cimetière dudit Sougé, où le monde venait en affluence de tous côtés. La cérémonie commença à 7 h. du matin, que mondit seigneur évêque dit la messe: ensuite M. Himbeit, supérieur de la Mission, et qui l'accompagnait, prêcha, puis on confirma. On recommença à 1 heure après midi par un second discours, puis on confirma jusqu'au soir. Le lendemain lundi, 28, après avoir encore confirmé 200 personnes, il s'en alla par Saint-Paul à
Villaines pour confirmer aussi. » Ecriture de Me Julien Bigot, vicaire.
« Le dimanche 15 août 1700, fête de l'Assomption de la Sainte- Vierge, on commença à célébrer la sainte messe à l'autel neuf de la Vierge que le sieur Bigot, vicaire et procureur fabricier, a fait ériger et orner en la chapelle, qui est au côté droit de la nef, et par où on entrait autrefois. Et ce, suivant la permission à lui donnée de ce faire, par Mgr l'évêque du Mans, en date du ...juillet dernier, en conséquence du procès-verbal des commissaires par lui nommés pour cet effet. »
Cette chapelle au-dessous de la tour, sur le côté méridional de l'église, a subi plusieurs modifications ; elle n'a de remarquable aujourd'hui, 18"9, que \e meneau de sa croisée à moitié bouchée ; les deux statues de saint Sébastien, en terre cuite, et de l'Ecce- Homo, en pierre; le tableau sur bois, portant le chiffre 1584, représentant l'Extrême-Onction donnée à la sainte Vierge par saint Pierre, entouré des Apôtres. Ce tableau venu du château de Vernie après la Révolution, a été sali par une couche de vernis jetée par un ouvrier peintre de la pire espèce. Sur l'autel de cette chapelle plusieurs statuesde la Vierge se son tsuccédées : la dernière, il y a quelques années fut réformée et posée sur la grande porte, à l'extérieur de l'église, pour s'en aller morceau par morceau sur la tête des passants ; elle a été remplacée par la statue de Notre-Dame de Pitié, venue de la chapelledu côté de l'évangile et qui, aujourd'hui, a sur son autel un chromo pierrecarton assez joli représentant la sainte Vierge, portant le divin enfant.
« Au mois de novembre 1700, le grand autel nouveau fut achevé de placer en l'église de Sougé-le-Ganelon, à la diligence de Me Julien Bigot, prêtre, ci-devant vicaire et procureur fabricier dudit Sougé et à présent curé de Montfort,et les ornements neufs par lui achetés furent portés pour la première fois, le jour de saint Martin, notre patron. » — » Le même jour Tautel a été bénit par M« Hiron, curé de Saint-Ouen de Mimbré, doyen de Fresnay. » Signé : Leseure, vicaire de Sougé.
1700. « In nomine Domini, ego Julianus Bigot, sacerdos licet indignus ecclesiœ Sancti Martini de Sougé-le-Ganelon, vicarius et procurator, hoc anno 1700, désolât ione motus in qua hœc ecclesia nostra mœrens miserrime tjtiejacebat,multis et simimis pie renixis, divino tantôt fretus uu.rilio, nec non DD. Episcopi nostri authoritate munitus, facta etiam, mediautibus missionariorum a me accersitorum concionibus, inter pios quosdam e parochianis collecta, materiisque domus hic adjacente a me destructa suppeditantibus, quinque altaria tant objecta, tum inutilia demolitussiim,diio vero nova de noro construxi, scilicet altaremajus, eut hocce labernaculum ctun figuriset imaginibus aUisque sen œneis, seu ferreis, seu ser'tceis, seu ligneis variis ornatibus apposai, et altare B. Marine V. quod in capella haie cullui deposita cunt imaginibus exornavi, dein sacristiam œdificavi, cajus ornamenta vêlera refeci, novaque multa adauxi, imprimis viridis coloris; januam adhuc triaque luminaria de noro aperui, veteribus apposite clausis, ita ut ultra materias varias, variosque operariorum multorum ultra gratis expertos labores,plusquam septuagentas empensarum libras distribaerim, hoc anno 1700, quare Deo Opt. Max. benedicamns semper, ipsique grattas sine intermissione benedicamus. Pie lector, mei miserrimini peccatoris, seu luis in orationibus, seu tais in sacrificiis mémento relim ; noslroque edisce exemplo, quod opas bonum pro Deo inceptum, ipso astante, fumanlibus licet diabolicœ contradictionis coragtnibus, semper felici perfides exila, si euim Deus pro nobis quis contra nos? nisi autem œdificaverit domain, in rauitm laboraccrunt qui œdificaut. J. Bigot, p. g. 9e decembris 1700. L'original de cet écrit, en parchemin, est déposé derrière la tapisserie qui couvre la porte du tabernacle du grand autel. »
En donnant toutes ces citations, puisées dans les archives de Sougé, j'ai cru devoir, néanmoins, n'en pouvoir omettre aucune, dans le but ambitieux, je l'avoue, de rendre à un beau caractère une faible partie de la notoriété qu'il a si bien méritée. Lorsque Me Julien Bigot obtint la cure de Montforten 1700, à l'âge d'en-
viron 27 ans, il remplissait, depuis quelques années, les fonctions de vicaire et de procureur de la fabrique de Sougé, paroisse d'où sa famille était originaire.
Louis de Bresseau, marquis deMontfoit, à l'instar de ses devanciers, détournait les revenus de L'hôpital ou aumônerie de Montfort et Pont-de-Gennes, en faveur de son frère cadet, René, auquel sa famille n'avait reconnu d'autre apanage qu'une vocation assez problématique pour l'état religieux.
Cette usurpation effrontée indignait les habitants et surtout les pauvres des deux paroisses ; mais que pouvaient-ils faire contre deux hommes puissants. Le curé de Montfort, Me Julien Bigot, cherchait par ses démarches à en arrêter l'effet. Il lui fallait lutter contre le seigneur de sa paroisse et les reproches de sa conscience. Le terrible hiver de 1709, qui ajoutait les horreurs de la famine aux calamités d'une guerre malheureuse, fit taire tous ses scrupules. Les pauvres n'avaient été secourus par l'abbé de Montfort, que d'une manière très-parcimonieuse. Le curé résolut d'engager la lutte pour faire cesser cette injustice criante. Il assigna René de Bresseau devant le Sénéchal du Maine. Le 4 décembre 1711, Me J. Bigot eut la joie de voir ses demandes accueillies. Le gain de ce procès, qui avait duré 2 ans, était un pas en avant; mais il fallait signifier le jugement au marquis et à son frère : il ne put trouver à Montfort, ni dans les environs, un seul huissier qui osât s'en charger. Il parvint à rencontrer au Mans un sergent assez courageux.
Trois longues années furent nécessaires à Me J. Bigot, pour démolir successivement un échafaudage d'intrigues, de difficultés sans nombre ; le Parlement de Paris rendit, le 30 août 1715, un arrêt conllrmatif du jugement du 4 décembre 1711. Cette fois, la lutte était définitivement terminée. Julien Bigot en remerciant Dieu put s'écrier avec le Psalmiste : Libcravit Dominas pauperem a potente, et inopem cui non erat adjutor.
Lorsqu'il fut parvenu à mettre l'hôpital de Montfort à l'abri de toute ingérence étrangère, il transporta les bâtiments auprès
du cimetière Saint-André, où les pauvres étaient plus largement et plus sainement logés, 1724.
Le 6 juin 1723, la cure de Gréez-sur-Roc, qui valait 1,100 livres, avait été résignée en faveur de J. Bigot, par Me René Javary, et le nouveau titulaire en prit possession au commencement de 1725. L'évêquedu Mans lui conféra le titre et les fonctions de doyen rural de La Ferté-Bernard qui, dans l'ancienne discipline de notre église, ne se trouvaient pas nécessairement attachés à la cure du chef-lieu du doyenné. Les registres paroissiaux de Gréez contiennent plusieurs notes écrites de sa main. Il conserva ses douhles fonctions de curé et de doyen jusqu'à sa mort, arrivée le 1er février 1741, et fut inhumé dans le chœur de son église. Il était âgé de 78 ans.
La composition et la rédaction de ses mémoires contre MM. de Bresseau avaient forcé le curé de Montfort, d'étudier non-seulement l'histoire de l'hôpital, mais aussi celle de la seigneurie de Montfort, et il avait consigné le résultat de ses recherches dans un volumineux manuscrit qui existait encore, il y a une quarantaine d'années, aux archives de la mairie. Qu'est devenu ce manuscrit ?
Le bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, septembre 1872, a publié une monographie de 21 pages, intitulée : Maître Julien Bigot, curé de Montfort. et l'hôpital de Montfort et Pont-de-Gennes. L'auteur, M. A. Bellée, archiviste de la Sarthe, avec son talent habituel, a fait ressortir l'énergie de l'homme de bien que rien ne peut effrayer.
29 janvier 1701. Procuration pour résigner la cure de Sougé, faite par Me Michel Pinot, dans son lit malade, en faveur de Me Nicolas Marais, prêtre du diocèse de Séez.
26 mars 1701. Dernière signature de 31e Michel Pinot, curé de céans ; il eut pour successeur Me Louis Coutard, et le 11 mai 1701, paraît sa première signature.
13 octobre 1706. Marie Françoise de Charlor, dame de La Chapelle des Chardonnerets, par son testament, fonde une messe basse, le vendredi de chaque semaine, moyennant une
rente de 20 livres, puis donne 20 livres de rente pour l'entretien de la première messe des fêtes et dimanches, le tout hypothéqué sur le lieu de La Chapelle. Le 26 octobre de la même année, cette dame fut inhumée dans l'église de Sougê.
1711. Taxe sur le curé de Sougé, 8 livres 4 s. ; — 1715, 51 livres 6 s. ; — 1718, 51 livres; — 1719, id.
10 juillet 1712. Comptes de gestion pour 8 années, rendus par Me René Fresnais, procureur, devant le général des habitants, signés par M. l'archidiacre de Boursault de Viantais, 3 août 1712, et par Monseigneur l'évêque de Froullay, à Saint- Victeur, au cours de ses visites, 6 octobre 1726. Dépenses, passim : 20 s. à M. l'Archidiacre pour sa visite de l'église, 17 mai 1707 ; — 9 livres à Simon Grange, menuisier, pour avoir relambrisé la voûte de l'église, marchandée en présence de M. le curé de Sougé et des habitants, 1708 ; — 20 s. à M. le Doyen, pour sa visite du 7 juin 1708 ; — 3 livres 15 s. à René Blavette, pour 13 journées passées à polir une pièce de bois mise sous la croix du crucifix avec l'ornement qui est sur ladite pièce ; — 8 livres au sieur Dubois, peintre, pour « l'étoffure et peintures du crucifix, » avec l'ornement du support : — 15 s. aux officiers des fiefs et assises de La Chapelle des Chardonnerets etc. ; — 821 livres 19 s. 6 d. de recettes ; — 692 livres 16 s. 2 d. de dépenses, pour 8 années, signé : L. Coutard, Chambrier, Emmanuel-Jacques Le Silleur, C. Bouglier, F. Nicolas, L. Bedeau, Simon Grange, J. Houet, J. Gervaiseaux, J. Reliant, etc.
20 février 1729. Me Louis Coutard, signe : ci-devant curé ; 20 mars suivant, première signature de Me Henri Chapelain, curé de Sougé.
16 janvier 1718. Monseigneur Pierre Rogier du Crévy, évèque du Mans, adresse à son clergé un mandement concernant la confrérie de Saint- Julien, dite des Grands Pardons. Ces pardons étaient publiés de temps en temps par ordre de Y évèque, dans toutes les paroisses du diocèse, surtout au commencement de l'année. Us avaient pour but la conservation et l'ornementa-
tion de la cathédrale, puis l'édification des fidèles et l'augmentation de la charité. Cette confrérie, qu'on peut faire remonter au xiii6 siècle, fut enrichie de faveurs spirituelles par plusieurs papes.
- 19 novembre 1712. Monseigneur Pierre Rogier du Crévy, dans un mandement daté du château d'Yvré, adressé à tous les curés de son diocèse, ordonne un TeDeum, à l'occasion du sacre et couronnement du roi Louis XIII.
24 avril 1724. Michel Bore lègue à la cure de Sougé un journal de terre, nommé La Briderie, à la charge d'une messe, chacun an.
1725 Mandement de Monseigneur Charles-Louis de Froullay, évêque du Mans, annonçant le Jubilé, accordé par le pape Benoit XIII, à l'occasion de son élévation sur le Saint-Siège.
11 octobre 1725. « Monseigneur l'évèque a fait sa visite épiscopale du doyenné de Fresnay et a convoqué les prêtres et habitants dudit Fresnay au château de Saint-Aubin-de-Locquenay, dans la chapelle duquel lieu il a administré le sacrement de confirmation. Les statuts delà vénérable confrérie du Très-Saint- Sacrement de l'autel érigée dans l'église dudit Fresnay, lui ayant été représentés, il en a confirmé l'approbation. »
19 juillet 1735. Mandement à tout le diocèse de MM. les Vicaires généraux de l'évèque du Mans, ordonnant, à l'occasion des pluies désastreuses, à chaque paroisse de faire une procession dans une église voisine, à tous les prêtres de dire, à dater de ce jour jusqu'au 1er octobre, la collecte à la messe ad postulandam serenitatem ou celle pro conservandîs fructibus terrœ.
2-4 juin 1738. Ch. L. de Froullay, évêque, rendit une ordonnance, par laquelle défense fut faite au clergé de recevoir dans les églises les corps des défunts, pour y demeurer exposés pendant le jour ou la nuit hors le temps du convoi et de la sépulture.
20 janvier 1738. Mandement de Mgr de Froullay, relatif à la confrérie de saint Julien.
Dès 1739 apparaît M0 Pierre Thimont, sous-diacre, fils de
Jean, notaire à Saint-Georges et de René Chapelain ; au mois de mars 1741, il devient curé de Sougé, après Me Chapelain, son oncle, qui résigne en sa faveur. Ce dernier demeura quelque temps à Sougé.
18 novembre 1739. Devant Me Jean-Baptiste Houet, notaire, comparaît Me René Pottier, prêtre, principal du collège de Sougé, chapelain de la chapelle du Saint-Nom de Jésus, curateur de Me Martin Galpin, clerc tonsuré, demeurant audit lieu, qui reçoit pour titre sacerdotal la somme de 50 liv. affectée sur le champ du Pré de 3 journaux et sur celui de la Chênaie de 7 journaux. Martin Galpin, frère de Marie, femme de Michel Charbonneau, décéda, curé de Saint-Fiacre, (Nantais) à la fin de 1782.
1740. L'hiver commença le 6 janvieretdura jusqu'au 14 mars. Il fut presque aussi rude que celui de 1709. Tous les légumes furent gelés. Mgr l'Évèque du Mans permit l'usage de la viande le dimanche, le lundi, le mardi et le jeudi de chaque semaine pendant les quatre premières semaines du carême.
1737-1739. Les pluies continuelles, suivies de chaleurs excessives, 1738, occasionnèrent des calamités; dès le mois de décembre, le blé valait 8 liv. le boisseau. Les habitants du Mans, firent venir pour 50,000 écus de blé de la Basse-Bretagne et d'Ecosse. Les pauvres allaient par troupes de vingt-cinq ou de trente, volant le pain chez les fermiers ; cent cinquante ou deux cents pauvres se présentaient à la porte de l'homme aisé, par jour.
26 mars 1743. Thèse sur la logique, soutenue dans le collège de l'Oratoire du Mans par Me Charles Gervaiseaux, clerc ; ce document est aux archives de la fabrique de Sougé, Me Thimont, curé, en avait fait une couverture de registre.
19 novembre 1745. Devant Me Mouton, notaire royal à Fresnay, Jacques Gervaiseaux, et Marie Duperche, son épouse, demeurant à Sougé, donnent pour titre sacerdotal à Me Charles Gervaiseaux, leur fils, demeurant au séminaire de la Mission du Mans, 50 liv. de rente viagère, assise sur une maison, au bourg de Sougé et des pièces de terre, en présence de Me Pierre
Thimont, curé, et de René Pottier, vicaire ÔVSougé. Me Charles Gervaiseaux fut ordonné prêtre en 1747 ; Tannée suivante il était vicaire de Mézières-sous-Ballon ; il devint curé de Connerré ou il eut pour successeur son neveu et filleul, Charles Louis Gervaiseaux, le 28 août 1779.
28 mars 1768. Sentence de la Sénéchaussée du Maine, condamnant Me Pierre Thimont, curé de céans, à payer en argent entre les mains des receveurs du luminaire, les chanoines du chapitre du Mans, les arrérages de 29 années; consistant en 12 s mansais valant 24 s. tournois, de redevance annuelle due à
I oflice du luminaire, au terme de saint Luc
30 octobre 1768. Prise de possession de l'École-Corbin, par Me René Fortis, prêtre. P
24 juillet 1769. Prise de possession de la cure de Sougé par Mj René Fortis, né à Saint-Remy-du-Plain, où il fut vicaire dès
II l p T PrinCipal dU C°1,ège de S°Ugé' aPrès la rési§™tion de Me P. Thimont en sa faveur. Présents : P. Thimont, résignant
demeurant à Bonnétable; M. Rohert-André Fossié, prêtre' bachelier en théologie, prieur-curé de Fresnay ; Charles Ger' va.seaux, curé de Gonnerré ; Mathieu Duclos, curé de Saint- Remy-du-Plain ; Mathurin Couppel Desponceaux, vicaire de Fresnay ; Charles-Etienne-Maurice Berrier, vicaire de Souoé • François-Louis Gaudemer, notaire, etc. (Ins. eccl.) Dès 176?' M« P. Thimont, était titulaire de la chapelle Sainte-Barbe de Cornoue, fondée à Ancinnes en 1533 par Martin Hervé et Marie Sedilleau,sa femme. Cette chapelle possédait la terre de Cornoue et se desservait à Sables, près de Bonnétable. Le 15 mars 1785 Michel Jupin, chanoine et grand pénitencier, noyé dans la Loire en novembre 1793 par Carrier, lui avait succédé. M° R Fortis eut de nombreux démêlés avec M- de Montesson, dame de bouge. Les notes que cet ecclésiastique a laissées sur les registres paroissiaux en font foi, et font ressortir l'énergie et l'entêtement des deux champions.
1769. « Sitôt après ma prise de possession, M- de Montesson a intenté son procès touchant le droit qu'elle prétendait avoir
à la présentation de la cure. Elle a été déboulée de sa demande, et j'ai obtenu la récréance. L'affaire a toujours été continuée au siège de Fresnay, et j'ai toujours eu à plaider contre un certain Yvon, régent de quatrième à Alençon, à qui ladite dame présenta la cure, et dont il vint prendre possession à la porte de l'église, et à laquelle je fis opposition. N. B. Dans les assemblées de paroisse, Mrae de Montesson se présentait toujours comme dame patronne-fondatrice et présentatrice de la cure et de l'église de Sougé. »
20 août 1769. « Présentation de la cure de Sougé au nom du sieur Yvon, prêtre, du diocèse de Séez, professeur au collège royal d'Alençon, y demeurant, pourvu par Mgr du Mans de la cure de Sougé, sur la présentation de haute et puissante dame Marguerite Renée Le Silleur, épouse, séparée quant aux biens de mess. Louis-Pierre-Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Douillet, etc.. lequel dit sieur Yvon nous a requis, (Henri-Marie Dubois, conseiller du Roi, notaire au Maine et notaire apostolique du diocèse du Mans) de nous transporter avec lui et nos d. témoins au domicile de Joseph Paris, procureur de la fabrique de la paroisse de Sougé, à l'effet de lui demander les clefs de l'église..., auquel parlant ledit Yvon, revêtu de soutane et surplis et l'étole au col, a requis ledit procureur audit nom de lui donner les clefs de ladite église, lequel nous a répondu qu'il n'avait point lesdites clefs, et que, vu son éloignement, elles restaient au presbytère, requis de signer sa réponse, a signé. — Sur quoi le dit Yvon nous a requis de nous transporter avec ledit Paris et nos d. témoins au presbytère dudit lieu, à l'effet de requérir Me René Fortis, prêtre, du diocèse du Mans, se disant curé de ladite paroisse, de lui remettre lesdites clefs, ce que lui avons octroyé, et y étant avec moi et nos témoins, y aurions trouvé ledit Me Fortis auquel le sieur Yvon et Paris auraient déclaré le sujet de notre transport et requis de nous remettre les clefs, pour que ledit sieur Yvon puisse prendre possession corporelle, réelle et actuelle de ladite cure ; auquel effet ledit sieur Yvon lui a présenté sadite présentation, son visa et man-
dames. Sur poi ledit sieur Fortis nous a déclaré qu'il avait les de s de 1 llte é fe> mais qu,;| ne fes ^^^^ * aud.t "es
Yvon ma s qu j s oppose . mte de
dedmre les raisons de sadite opposition devant juge compé lent. Sommé de signer sa réponse, a signé... ce que Lit "eur Yvon a pns pour refus et proteste de nullité de ladite opposition et déclare qu'd va prendre possession par le refus du sieur F h de ta remettre les clefs de la porte de ladite église, p „Z nous a reqms de nous transporter avec lui et nos eux , m 7n à la porte de lad,te église de Saint-Martin de Songé, à l'effe de prendre ad.te prise de possession, ce que nous lui avons „ct0
a o ,:rr,ï e<"tSier Y™ ** mis à S-oux au-devant
de la porte et fait plusieurs autres cérémonies en tel cas requises
t accoutumées, le «ont pour marque de prise de posses 2 2
laquelle nous, nota.re, avons en vertu des d. lettres ci-aprés e"
ie Té rT "0l,S "r"5 m * J-P»*ançois Lep ,1 2 « T'on " e" thé°'0gie' «rand «**»» de l'église du Mans, le 20 août 1789... Présents : Jean-Baptiste Martineau
«ssieTf' T ' ^^ **"»?. "S^Z lain, Tessier, Simon Grange, sacriste, elc ,
M^lnJ7,7; Sentence ;,u bail,i de Fres™ï' «*«>»»«
M Fort* .dans la possession de la cure de Sougé dont il jouit
rTem r ' Tm"1 "" ^ M°meSSOn de »« -d présentatrice du sieur Joachim-Marin-Julien Yvon, prêtre au
mépris des droits de Mgr Bernardin-François Fouquet ancieû
archevêque d'Embrun, abbé commendataire de ,'aiba e de La
Couture du Mans. An bout de quelque temps Je2â £
devenu un cahot, accompagné de débats étrangers à la queln
ne s agissait que de savoir si la cure de Sougé est en présenta tion laïque ou ecclcs.astique. M» de Montesson a présenté à ce
néflce, l'abbé de La Couture y a présenté de son côté Le!
s rrrr on,! pris possessioB ; ™ mm^m ^m^
19 aoéM7«o m ? f SU'Vie d'U"e Senlence eentradictoire, le 18 août 1769. M- de Montesson fut condamnée aux dépens La
recréance fut adjugée à Me R. Fortis, maintenu dans ses droits par la sentence du 4 juillet 1777. La cure de Sougé a été de temps immémorial à la nomination de l'abbé de La Couture ; elle était sujette à l'expectative des gades. Les pouillés du diocèse fournissent des preuves évidentes ; les serments faits entre les mains des abbés, dès le commencement du xve siècle, justifient les droits de l'abbaye. Les seigneurs de Sougé n'ont point élevé de prétentions avant Mme de Montesson. Tous les titres extraits de son terrier, passés, pour la plupart, à la fin du xvne siècle, qualifiant les seigneurs de Sougé de fondateurs de l'église et du cimetière, ne peuvent établir un droit, mais seulement constater une complaisance servi le de la part des officiers à l'adresse des seigneurs. Aussi voyons-nous M. le curé Fortis, s'opposer aux prétentions de présidence de la part de Mme de Montesson, dans les assemblées générales des habitants.
1770. « La dispute touchant le lutrin s'est élevée, cette année, entre Mmô de Montesson et moi. Il était devant ma stalle et m'ôtait la vue de l'autel, je le fis mettre au milieu du chœur ; la dame le fit enlever par ses domestiques, pendant l'office même. L'affaire fut portée devant Monseigneur l'Évêque qui défendit de toucher au lutrin qu'il n'eût vu un plan du chœur, et l'affaire en resta là cette année. » Note de Me R. Fortis, curé. Boileau aurait tiré partie de cette piquante aventure ; nous aurions un poëme qui, du moins, immortaliserait nos deux personnages forts de leur dignité.
1771. «... L'église de Sougé qui manquait de réparations et de décorations, commençait à prendre une nouvelle face, malgré les oppositions : elle fut pavée en entier, blanchie et renduite aux dépens de la fabrique, dont les comptes n'avaient point été rendus depuis longtemps, et qui furent rendus alors. Les bancs furent alignés et arrangés, et le capillaire, qui tapissait l'église, disparut. René de La Mare, était alors procureur de la fabrique. Nous avons acheté le saint ciboire qui a coûté 210 livres. » Note de Me R. Fortis.
« Cette aimée (1772), les disputes ont toujours continué avec
M- de Montesson, sur le droit dans les assemblées de paroisse ou ladite dame voulait présider, prétentions auxquelles je me suis toujours opposé. Nous avons eu cette année les trois chappes vertes; il n'y en avait point dans l'église. »
3 juillet 1773. M. Fortis poursuit, devant le siège de Fresnay, son prédécesseur M* P. Thimont, relativement à l'inventaire des titres et papiers, concernant le bénéfice de la cure de Sougé.
9 décembre 1773. Inhumation, dans l'église, de Pierre de Terville, ne à Caen, âgé de 18 ans. Cette inhumation est probablement la dernière faite dans l'église, car une ordonnance de 1 archevêque de Tours, revêtue de l'autorisation du Parlement était publiée en 1774, dans tout le diocèse, pour défendre à l avenir, les inhumations dans les églises.
1773. « Cette année le pain diminua et la paroisse en fournit beaucoup. Une maladie épidémique fit beaucoup de ravages »
1774 «Cette année, le lutrin fut placé dans le chœur par ordre de Monseigneur l'évêque.M- de Montesson, qui fut outrée d avoir le dessous dans celte affaire, ne trouva d'autre consolation que d appeler comme d'abus au Parlement de l'ordonnance de Monseigneur. La grêle ravagea cette paroisse.»»
« Le quatrième jour d'août, la matinée avait été extrêmement chaude, on entendit sur les quatre heures du soir un sifflement affreux dans l'air, qui fut suivi d'une grêle sèche et très-grosse ensuite d'une grêle mêlée d'une grande abondance d'eau On pouvait juger par la grosseur de plusieurs grains qu'ils pouvaient peser une livre ou davantage. Les grains de toutes espèces, iruits, tout a été moissonné parce terrible fléau, et les habitants étaient dans une grande consternation pendant une demineure qu'a duré cet affreux orage qui a enlevé toutes les espérances de récolte. Signé : R. Fortis, curé. » Depuis, chaque année, une messe a été dite pour prier le ciel d'éloigner, à 1 avenir semblable calamité. Une croix de pierre au carrefour du Rocher, posé par R. La Mare, porte la date de cet affreux événement qui ravagea trente-neuf paroisses dans le Maine
1775. M. Fortis consigne, à la fin du registre des baptêmes de cette année, le nom des enfants des deux sexes qui avaient fait leur première communion. L'âge moyen de ces enfants est de 14 ans. A la vue de ce tableau, on est convaincu du peu de discipline qui réglait ce grand acte de la vie, et on est amené à soupçonner une grande ignorance particulièrement cliez les garçons, dont M. le curé était chargé en sa double qualité de curé et de principal du collège dont il palpait les revenus, sans se donner la peine d'enseigner lui-môme. Il confiait ce soin à une femme assez peu instruite.
1776. « Cette année, l'hiver qui a commencé aux Rois a été très-rude et égal, dit-on, à celui de 1709. Les eaux furent extrêmement hautes et de longtemps on ne les avait vues débordées. Le débâclement des glaces emporta les planches de Monay, les ponts du Gué-Ory et de Saint-Léonard. La même année, on a peint et doré le grand autel et réparé celui de la Vierge. On a eu une Vierge neuve et celle qui était à l'autel a été mise sur la grande porte de l'église. Le crucifix, qui était placé sur une mauvaise poutre qui traversait l'arcade du chœur, a été placé où il est maintenant. (Depuis, il a pris la place de la chaire qui était, en côté de l'entrée delà tour ou sonnerie. Cette chaire a été fixée au pilier supportant les deux arcades du côté de l'évangile.) On porta le crucifix en procession dans le bourg, où il se trouva une grande foule de monde ; on fit l'adoration de la croix ; on prêcha la passion. Tout le inonde donna dans cette lugubre cérémonie de grandes marques de dévotion. Michel Galpin, fermier, de La Robiniôre, était alors procureur de la fabrique. »
20 mai 1777. Titre sacerdotal de Me Charles-Louis, Gervaiseaux, clerc-tonsuré, séminariste à la Mission... lequel a présenté au syndic une copie d'acte passé devant Me Guillaume Sablé, notaire royal apostolique de ce diocèse, en date du 30 mai 1709, par lequel appert que le sieur Gervaiseaux, a pris possession de la prestimonie Bigot, fondée et desservie en l'église de Douillet. Le 13 février 1781, il prit possession de la cure de Connerré, où il était déjà vicaire, après la résignation de son
oncle, Me Charles Gervaiseaux, qui se réservait 800 livres et une habitation.
M6 Charles-Louis Gervaiseaux, ne prêta point serment à la Constitution civile. Il quitta la France après avoir couru les plus grands dangers, se réfugia en Allemagne et résida à Breslau, dans une abbaye. Inscrit sur le 3e volume de la liste des émigrés, le 10 pluviôse an X, il fut éliminé de cette liste en exécution de l'article 9 du règlement du 29 vendémiaire an IX. Me Ch. G. fut réintégré dans sa cure de Connerré où, au milieu de grandes difficultés, il se conduisit avec une grande prudence. 11 y mourut en 1807. D. Piolin, dans son Histoire de l'Église pendant la révolution, a oublié de mentionner un confesseur aussi remarquable.
1777. « La présente année, mon procès a été jugé en ma faveur à Fresnay, dans le mois d'avril. Je n'ai point délivré la sentence, et les pièces sont restées au greffe dudit siège. L'année a été très-abondante en grain et en paille. La paroisse a cependant encore été grêlée dans le Rigaire, les blés noirs et les chanvres, ont presque tous été ruinés. Les pommes quoiquabondantes étaient très-chères. On n'a presque point recueilli de vin. Les grains ont à peu près conservé leur prix. Cette année, Mgr Louis-André de Grimaldi, des princes de Monaco, a été transféré de l'évêché du Mans à celui de Noyon ; Mgr François Gaspard de Jouffroi-de-Gonssans, évêque de Gap, a été transféré à celui du Mans. René Fortis, curé. »
1778. « Le 1er novembre de la présente année, Monseigneur l'illustrissime et révérendissime François Gaspard de Jouffroy- Gonssans, évêque du Mans faisant la visite de son diocèse, donna la confirmation en cette paroisse ; environ neuf cents personnes reçurent ce sacrement. Tout le monde fut édifié de la piété exemplaire de Monseigneur qui n'occupe son siège que pour montrer l'exemple des plus rares vertus. La cérémonie se fit avec tout l'ordre, la piété et la modestie possible. Monseigneur honora de sa visite MM. les curés, chez qui il fut toujours logé; préférant la maison et la compagnie des prêtres à toute autre. II
coucha au presbytère de Sougé, et il en partit le lendemain après y avoir dîné, laissant tous les habitants transportés de joie d'avoir vu un prélat qui mérite à si juste titre le respect et l'admiration de ses diocésains par sa bonté naturelle, sa piété exemplaire, son zèle infatigable. R. Fortis, curé de Sougé. »
Noie du même. « L'année 1778 a été assez bonne, les grains ont tenu leur prix. Il y a eu très-peu de blé noir, à cause de la sécheresse qui fut très-grande pendant trois mois. Le temps des semailles a été très-mauvais, il a tombé de l'eau continuellement, ce qui a empêché plusieurs d'ensemencer leurs terres en froment, et il ont été obligés de faire des retours en orge. La paille valait 20 livres le cent. »
Le 29 octobre 1778, Mgr l'évêque avait donné la confirmation à mille personnes réunies à Mou lins-le-Carbonnel, des paroisses de Saint-Léonard, d'Assé-le-Boisne, de Gesnes-le-Gandelin, en présence de M. l'abbé Dumourier, grand vicaire, de M. l'abbé Dugas, chanoine du Mans et promoteur, de M. l'abbé Bonnet, secrétaire, de M. le Supérieur du séminaire du Mans, etc. Arrivé le 28 octobre, Monseigneur partit de Moulins le 30 pour se rendre à Sougé en passant par Saint-Léonard-des-Bois.
1779. « Le 28 juin, veille.de saint Pierre, nous essuyâmes ici le plus violent orage. Il commença à une heure après midi et finit après sept heures du soir. La pluie la plus abondante , les éclairs fréquents, les éclats de tonnerre les plus terribles jetaient la frayeur dans les cœurs les plus courageux. Tout cela joint à une grêle violente, causa les plus grands désordres dans une grande partie de la paroisse. L'eau entrait avec violence dans les maisons du bourg, de gros arbres furent entièrement déracinés, d'autres cassés et brisés, les chemins rompus, des haies entières entraînées, plusieurs bestiaux noyés dans leurs étables, les jardins absolument détruits, des champs entraînés avec la moisson. La grêle détruisit les orges, les chanvres, les blés noirs et la plus grande partie des froments. Cependant cet orage ne ravagea pas toute l'étendue de la paroisse. Le trait du bourg et celui du Rigaire furent les plus maltraités, et la perte est inestimable et plus
considérable que celle que nous souffrîmes le 4 août 1774 que Ton peut voir dans le registre de la même année. Que ceux qui liront cet article dans la suite prient Dieu de n'être pas témoins d'un si triste spectacle. R. Fortis, curé de Sougé. »
En 1879, jour pour jour, à la même heure, un orage formidable, accompagné de grêle, ravagea plusieurs communes. Les pertes de Sougé, dans le trait du Bois-Ory, de La Bussonnière et de la Rivière, s'élevèrent à 15,000 fr.
1779. « Sans la grêle Tannée aurait été bonne ; mais le grain échappé à l'orage ne fut que d'une mauvaise qualité... Mon procès avec Mme de Montesson est resté, cette année, languissant. »
1780. « La sécheresse du mois d'août a fait que l'on a récolté très-peu d'orge, avoine, seigle et blé noir ; mais il y a eu beaucoup de froment qui, à cause de la guerre a été à un pr ix modique. Mgr de Gonssans, notre évêque, a remis quelques fêtes qui avaient été supprimées par Mgr de Grimaldi, son prédécesseur. Le prieur titulaire de Sougé étant mort, un autre religieux bénédictin est venu prendre possession, à laquelle Mme de Montesson, toujours zélée pour ses droits prétendus et chimériques, et toujours possédée du démon de la chicane, a fait opposition et ses protestations, comme elle m'a fait quand j'ai pris possession delà cure (Voir V article Prieuré). Elle a refusé la foi et hommage dudit prieur, refusé l'année de rachat, en reconnaissant ni fief, ni prieuré dans ses fiefs. Ainsi nouvelle matière à procès, ce qui va faire beaucoup de plaisir à ladite dame qui va finir ses jours dans le plaisir, la joie, la satisfactien de plaider jusqu'au dernier jour de sa vie. — Nota. Que le prieur a pris possession comme d'un bénéfice simple, sans rien de contraire aux droits du curé, n'étant nulle mention du titre de curé primitif que mes successeurs ne reconnaîtront pas, comme je le crois. » Notes de M. R. Fortis, curé.
1781. « Cette année a été généralement abondante en toutes sortes de grains, surtout en pommes. La moisson s'est faite par le plus beau temps qui a été très sec pendant longtemps. Pendant la semence le temps a été toujours pluvieux, venteux et jusqu'à présent, tin de janvier (1781), nous n'avons point eu encore de
gelée. Cette année, la paix a été faite entre Mme de Montesson et moi, par transaction passéeentre nous. Ladite transaction se trouvera dans mes papiers et titres. »
1782. Pouvoir donné à Charles Laigneau, procureur de la fabrique, de procéder aux différentes réparations, surtout à celle d'un pilier de la chapelle de Notre-Dame de Pitié ou de La Chalonnière, menaçant ruioe. Il est chargé, le 3 mars, parle général des habitants ayant à leur tête Mme de Montesson, dame propriétaire des fiefs et seigneuries de Sougé et de Corbuzain, dame patronne, fondatrice et présentatrice de la cure et église de Sougé, M6 René Fortis, curé, de réclamer, d'une part, à Michel Galpin, ex-procureur de la fabrique, la somme de 603 liv., plus quatre années d'arrérages de ladite somme, provenant du remboursement de la rente de 30 liv. 3 s. placée le 25 juillet 1743 ; d'autre part, de poursuivre le procès intenté contre Me Julien, M. Hervé, clerc tonsuré, au diocèse du Mans, titulaire de la chapelle de Notre-Dame de Pitié ou de La Chalonnière, depuis le 1er octobre 1771, demeurant à Moulins-le-Carbonnel, tendant à forcer ledit Hervé à concourir, pour sa part, aux réparations de ladite chapelle. Dès le mois de juillet 1783, il y eut entente entre les habitants de Sougé et M" Hervé, pour les réparations de la chapelle de La Chalonnière.
1782. « Toute cette année a été pluvieuse ; on a encore été grêlé le 12 juillet. La récolte aurait été très-abondante sans les pluies ; on n'a pu recueillir les grains qu'absolument germes, ce qui a fait le tort le plus considérable. Le temps des semences a été le même, pluies continuelles ; et une grande partie de la terre n'a pu être ensemencée en froment. Les chemins ont été entièrement rompus et dégradés; aucun fruit ; le vin de la plus mauvaise qualité. Point d'hiver, et les pluies continuelles jusqu'aujourd'hui 1er février 1783. »
1782. L'église de Sougé doit 24 s. pour le luminaire du Chapitre de la cathédrale.
1783. « Cette année la paix a été faite entre la France et l'Angleterre ; les insurgeants américains ont été déclarés et re-
connus peuples libres. La Calabre a été ruinée par des tremblements de terre : le soleil pendant un mois a paru pâle et d'une couleur jaunâtre ; on le regardait très-fixement. L'année a été très-modique pour toutes espèces de grains et de fruits. Nous avons acheté, cette année, une bannière. »
15 juin 1784. Charles Laigneau présente une requête au juge royal de Fresnay, pour obtenir le paiement d'une somme de 1,286 liv. 11 s., dont Michel Galpin était redevable, comme ex-procureur de la fabrique. Le 10 janvier 1785, jugement par défaut audit siège, condamnant Michel Galpin au paiement de la somme sus-mentionnée. Le 18 mars, les habitants de Sougé obtiennent du lieutenant-général de la Sénéchaussée au siège présidial de La Flèche, pouvoir d'assigner le récalcitrant.
25 mai 1785, en conséquence, une requête est adressée à M. le Lieutenant particulier de la Sénéchaussée du Mans, contre Michel Galpin. Le 8 juin suivant, ledit tribunal prononce sentence par défaut contre Galpin, et en vertu d'icelle, les parties sont renvoyées au Présidial pour y être jugées en dernier ressort.
1er juillet. Jugement rendu au Présidial du Mans, condamnant Michel Galpin à verser à la fabrique la somme de 1,286 liv. 11 s. Il eut à payer 118 liv. 13 s. 4d. de frais.
1784 « Cette année l'hiver a été très-rude ; les neiges qui ont été extraordinairement hautes ont couvert la terre deux mois entiers. La récolte a été moitié moins abondante que l'année précédente. Il n'y a presque point eu de menus grains, point de paille, ce qu'on attribue à la très-grande sécheresse de l'été. Les pommes cependant ont été abondantes ; le pain a été cher. » Note de M. R. Fortis.
17 septembre 1784. Bail des biens de la fabrique, devant Me René-Étienne Lechanteur, notaire royal au Maine, pour la résidence de Champagne, demeurant à Sougé, au profit de plusieurs, pour six ans. Composition du temporel : 1° unjournal et. demi dans la plaine des Boulais, et demi journal dans le Giroudet, loués 37 liv. 10 s. ; — 2° unjournal et demi dans la plaine des Lon-
grais, les Ardrillers et demi journal dans les Évantoués, 30 liv. ; — 3° La Poulinière, un journal, 9 liv. ; — 4° Quatre journaux en deux pièces, les Ruelles et Plardières, 38 liv. ; — 5° champ de La Fosse ou de l'Église, demi journal, 3 liv. ; — 6° pièce de La Havardière, un journal, 19 liv. 19 s. 7 d. ; — 7° un journal et demi à prendre dans le champ François, 22 liv. ; — 8° Deux portions de terre dans le champ de La Croix et dans le champ Moranne, 25 liv. ; — 9° la pièce de La Blanchère, 12 liv. ; — 10° le Minerai, demi journal, 13 liv. ; — 11° la pièce de Langotière, demi journal, 5 liv. à charge de fournir du pain à chanter ; — 12° neuf sillons de terre à prendre dans les Épinettes, 37 s. ; — 13° la pièce de La Broussette, en Assé, près du Molland, 32 s.; — 14° demi-nommée de pré, au gué de Brive, 3 liv., mais laissées au sacriste pour sonner. Total : 218 liv. 18 s.
20 août 1785. Devant Me Etienne Lechanteur, notaire, bail consenti par le général des habitants, au nombre desquels se présente Mme de Montesson, des terres de La Guyardière en faveur de la fabrique, ayant pour procureur François Desartre. La noë au-dessus du pâtis de La Monhonnière, louée 15 liv. 1 s.; — le pré de La Mare, 25 liv. 5 s. ; — le champ de La Guyardière, 18 liv. 10 s. Total 58 liv. 16 s.
1785. « Cette année a été des plus tristes; la sécheresse a été de la plus longue durée, et personne n'en avait vu une semblable. La récolte manquée, point de pain, aucune herbe ni espèce de foin; point de fruits du tout. Il a cependant été du vin en abondance, mais de très-mauvaise qualité. Lé peu de grain qu'on a recueilli était mauvais, et presque tout foudre et pourri. Ce qui dédommage un peu c'était le blé noir dont on a eu une récolte passable. Le bestial a surtout beaucoup souffert par la disette de foin qui é Lait à un prix excessif. Les chanvres ont été entièrement manques. Nous avons acheté trois chappes. »
1786. « L'année, malgré la sécheresse qui a toujours continué pendant l'été, a été assez abondante et infiniment supérieure à la récolte dernière, en toute espèce de grains, excepté les avoines qui ont manqué. Beaucoup d'herbe, bonne récolle de
vin, d'assez bonne qualité. Nous avons fait faire la chaire de notre église. » — En 1872, l'escalier en a été refait plus large»; elle a été peinte et dorée.
1787. Dimanche 9 décembre, location aux enchères, pour neuf années des cinquante et un bancs et des treize bancelles de l'église, Les bancs ne touchaient pas tous aux murs, ce qui était très-disgràcieux au coup d'œil ; il fut décidé que les adjudicataires de ces derniers se chargeraient de les allonger, à leurs dépens. Dix bancs subirent cette addition. Le prix des bancs était minime : le banc de M. Guérin, maître des forges de La Gaudinière, quoique le plus cher, n'était affermé que 3 liv. par an. Le prix le plus élevé des bancelles était de 15 s.
1787. « Cette année a été très-abondante en gros grains ; le temps de la récolte très-favorable ; mais il y a eu ensuite des pluies continuelles et très-abondantes qui ont fait grand tort à la récolte des blés noirs et des chanvres. Les eaux de longtemps n'avaient été aussi grandes ni de si longue durée. Les restes des planches de Monnay ont été entièrement emportées, et nous n'avons plus de communication avec le village de La Chapelle. Les pluies continuelles ont été cause qu'on a eu beaucoup de peine à labourer et à semer, et plusieurs terres n'ont point été ensemencées ; il n'y a eu aucun fruit, et le vin s'est trouvé de la plus mauvaise qualité. »
9 juillet 1789. Comptes rendus par François Desartre, procureur delà fabrique pour quatre années. Dès 1786, Jacques Ferrand reçoit 240 liv. pour le bois, clous et pour son travail à faire la chaire; — M. Guérin, maître de forges, fournit pour 42 liv. de fer, nécessaire à la chaire ; — Louis Bedeau, serrurier, travaille ce fer, et reçoit 21 liv. ; — 84 liv. pour six mille d'ardoises, fournis à l'église par Julien Dolbois et Jacques Gervaiseaux ; — 271iv. 12 s. pour le charroi desdites ardoises tirées de S. Georges. Une dépense assez considérable fut faite en 1788 pour réparer la charpente et la toiture de l'église. — Recette pour les quatre années : 2,591 liv. 18 s. ; dépenses : 2,070 liv. 3 s. ; reste en caisse 521 liv. 15 s. Signé : R. Fortis, curé, C. Laigneau, Joseph
Châtelain, F. Desartre, S. -P. Grange, Dioré, François Jousselin, Michel Galpin, L. Bedeau, René Suard, J. Ferrand, J. Gervaiseaux, Louis Gervaiseaux, R. La Mare.
3 novembre 1789. Bail consenti par Joseph Châtelain, procureur, au profit de plusieurs, devant Me Julien Dioré, notaire, des biens de la fabrique produisant annuellement la somme de 209 liv. 10 s.
1788. « Dans le mois de juillet de la présente année, dit Me R. Fortis, dans ses notes, Mgr l'Évêque a tenu un synode qui fut très-tumultueux, surtout à l'occasion de l'âge des servantes. Il paraît qu'il n'y a rien eu de décidé, à cause de l'opposition de MM. les Curés, et que les statuts qui devaient être imprimés ne le sont point encore... » Ce synode fut l'événement le plus marquant de l'épiscopat de Mgr de Gonssans, l'année suivante, les actes en furent publiés, mais à peine y retrouve-t-on les scènes scandaleuses qui se produisirent dans cette réunion, dont le souvenir naguère était encore vivant dans la mémoire de quelquesuns de nos contemporains.
Le synode de 1788 fut suivi, quelques mois après, de la convocation des États-Généraux, par Louis XVI. Le clergé se réunit au Mans, et sous le souffle de nouveauté qui agitait la nation, fit entrer dans ses réclamations des demandes assez hardies. Sur cinq députés, quatre furent choisis parmi les curés ; Mgr de Gonssans fut le cinquième, lorsque la noblesse menaça de faire ressortir l'inconvenance d'un tel oubli, en représentant au clergé que s'il ne le choisissait pas, les gentilshommes allaient le choisir.
Mgr de Gonssans, dans les circonstances de plus en plus difficiles qui vinrent l'assaillir, dans ces jours d'épreuve, s'attacha fortement à son devoir; revint dans son diocèse, au moment où le volcan révolutionnaire commençait à jeter ses laves (1791). Après avoir refusé le serment à la Constitution civile du clergé, il ne lui restait plus qu'à quitter la patrie où ses jours étaient menacés. Il gagna l'Angleterre puis la Hollande. Il erra longtemps en Allemagne dans le dénûment le plus grand, se fixa à Paderborn où il mourut, le 23 janvier 1799.
1788. Notes de M. Fortis. «... L'année a été très-peu abondante en gros grains, et on eut bien de la peine à récolter les menus à cause des pluies ; il y eu beaucoup de fruits, assez de vin de bonne qualité, mais très-cher. Le grain a augmenté considérablement. Le 24 novembre a commencé ce fameux hiver qui a duré jusqu'au 25 janvier, sans discontinuation. Il a surpassé sur le thermomètre celui de 1709 de trois degrés. Les grains faits auparavant ont péri, en partie; mais ceux faits sur la fin de janvier et en février sont meilleurs. Cependant on craint une trèsmauvaise récolte, qui, jointe à celle de Tannée dernière, augmentera la misère excessive des pauvres, si le grain augmente, comme on a tout lieu de craindre. Le froment est aujourd'hui à lOliv.; l'orge à 5 liv.; le seigle, à 7 liv. ; le blé. noir, à 4 liv.; l'avoine, à 3 liv. le boisseau. »
Le prône était un moyen légal de donner de la publicité aux actes civils. Dans la plupart des paroisses existait l'usage de recommander aux prières les bienfaiteurs de l'église, et, grâce à la charité, peut-être aussi à la vanité, la liste s'allongeant d'année en année, devenait quelquefois formidable.
1789. « Le 2o janvier de la présente année, l'extrême rigueur du froid a commencé à diminuer, on a commencé à ensemencer des blés ; mais la récolte a été très-mauvaise. Il y a eu passablement d'orge, des blés noirs de mauvaise qualité, par la difficulté de les récolter, à cause des pluies. Le temps des semences pour l'année suivante a été assez favorable. Il y a eu beaucoup de fruits, point de vin. Dans toute l'année, le grain a été d'un prix excessif, causé par la disette et par les accaparements, ce qui a causé les plus grands désordres. Révoltes et émeutes dans la plus grande partie du royaume ; beaucoup de sang répandu ; quantité de gentilshommes massacrés, du nombre desquels a été M. de Montesson, seigneur de cette paroisse et M. Cureau, son beaupère. Plusieurs châteaux brûlés, titres et chartriers incendiés ; des seigneurs obligés de se réfugier et de se cacher. Les Français avaient oublié leur douceur naturelle. Le 23 juillet, il y eut une alarme générale dans tout le royaume, et presque à la même
heure ; tout le monde s'arma pour résister à de prétendus brigands qui sont encore à paraître. Tout le monde fut alors obligé d'arborer la cocarde nationale, et tout le clergé séculier et régulier fut obligé de suivre cet exemple. On a établi dans toutes les villes des milices nationales. La postérité aura peine à croire les excès où se sont portés les Français, cette année. Il faut espérer que les États-Généraux, qui sont assemblés, remédieront à une partie des maux. »
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13 août 1790. Inventaire de tous les titres et papiers de la fabrique de Sougé, par Me J. Dioré, notaire, qui prit pour cette opération 129 liv. 12 s. 6 d.
1790. Notes. « L'année a été très-fertile en toute espèce de grains, et le plus beau temps a régné pendant la récolte et pendant les semailles, ce qui a fait beaucoup diminuer le grain. Il n'y a eu aucune espèce de fruits, peu de vin et de mauvaise qualité. Les insurrections de la part du peuple ont continué : les pillages, les meurtres, les incendies, même la guerre civile en plusieurs villes méridionales. L'assemblée continue ses séances. Distribution du royaume en quatre-vingt trois déparlements, et autant d'évêchés; ainsi beaucoup sont supprimés; suppression et abolition des dîmes, le clergé salarié, vente des biens ecclésiastiques, suppression des religieux et religieuses. Prestation de serment pour la Constitution civile du clergé. Le refus est sensé une démission de la part des titulaires, et point de pension. Suppression des cathédrales et collégiales et du titre d'ecclésiastique, excepté ceux d'évôque, curé et vicaire; abolition entière de la noblesse. Voilà pour- cette année les opérations de l'Assemblée nationale. »
1791. Notes. « L'année a été fertile en toute espèce de grains: temps sec pendant la récolte et les semailles ; grain à un prix
médiocre, beaucoup de fruits et de vin qui était cependant cher, parce que les puissances étrangères l'enlevaient. L'hiver assez doux et mouillé. Les troubles de France ont continué ; mais avec moins de violence. Fuite du Roi, sa prise à Varennes. . . »
Le 26 janvier 1791, l'Assemblée nationale rendit un décret pour le remplacement des évêques et des curés privés de leurs fonctions, à la suite de leur refus de serment. Le diocèse du Mans se trouvait divisé en deux parties comprenant les départements de la Sarthe et de la Mayenne. Celui de la Sarthe procéda au choix d'un évêque : le 13 février, le corps électoral, composé de quatre cents membres, réuni dans la cathédrale du Mans, élut à la majorité le célèbre Henri Grégoire, curé d'Embermesnil ; mais les électeurs de Loir-et-Cher l'ayant élu, il opta pour ce département. Jacques-Guillaume-René-François Prud homme de La Boussinière, curé du Crucifix, dans la cathédrale du Mans, fut élu le 17 février, et son sacre eut lieu, le 13 mars suivant, dans l'église de l'Oratoire, à Paris.
La loi qui exigeait le serment, déclarait les ecclésiastiques qui le refusaient incapables de remplir les fonctions de leur ministère ; mais comme l'église constitutionnelle n'était pas entièrement établie, comme il aurait été dangereux de priver les populations des secours religieux ; et enfin, comme les registres de l'état civil étaient tenus par les ecclésiastiques ; loin de vouloir obliger le clergé fidèle à renoncer à son ministère, la loi lui ordonnait de rester à son poste.
Me René Fortis, curé de Sougé, prêta serment ainsi que son vicaire Me Berrier. Comme tant d'autres, ils étaient entraînés par le torrent ; ils ne soupçonnaient même pas les énormités auxquelles il leur fallut souscrire.
Me R. Fortis trace ainsi ses impressions en 1791 : «... La première législative a fini, la Constitution est sortie et a été publiée avec toute la joie des vrais patriotes. Plusieurs princes du sang et de l'ancienne noblesse ont quitté le royaume, se sont retirés au delà du Rhin, sous le nom d'émigrants, et nous menacent de guerre que nous ne craignons pas. La prestation du serment pour
la Constitution civile du clergé a causé les plus grandes divisions-, les non assermentés ou refractaires ont fait schisme dans l'église avec les prêtres assermentés ou conformistes. Troubles à cette occasion dans presque toutes les paroisses ; les évêques et les curés non assermentés, privés de leurs places, et remplacés par des prêtres conformistes. M. de Gonssans, notre évêque, est remplacé par M. Prudhomme, curé du Crucifix. La paix et l'union ont toujours régné dans cette paroisse parce que le clergé était conformiste et n'a pas été remplacé. »
5 mai 1791. Réquisition du procureur syndic du district de Fresnay contre « un libelle incendiaire, » signé F. -G., évêque du Mans. Le Directoire « considérant qu'il n'y a pas un instant à perdre pour prévenir les malheurs dont le peuple est menacé par la publication criminelle d'un écrit incendiaire, respirant l'erreur et le fanatisme, présageant la guerre civile... préparant le renversement de la Constitution et de la liberté française, » dénonce à l'accusateur public, les sieurs Jardin, curé de Saint- Léonard-des-Bois, Boutros, curé de Saint-Germain-de-la-Coudre, Prudhomme, curé de Juillé, qui ont lu cet écrit épiscopal en chaire.
Les 29, 30 et 31 mai 1791, eut lieu à Fresnay l'élection des curés assermentés pour remplacer ceux qui n'avaient pas prêté le serment. Les électeurs du district furent convoqués à cet effet dans le chœur de l'église paroissiale de Fresnay. On y vit paraître les deux corps administratifs du district et de la municipalité, le tribunal, le juge de paix, ses assesseurs, la garde nationale et un détachement de gendarmerie nationale de Beaumont. Après les élections, le clergé de la ville, réuni à tous les curés nouvellement élus, le président prononça un discours relatif à la cérémonie, puis proclama en présence d'un peuple innombrable, MM. les curés élus. Il y eut messe solennelle avec accompagnement de musique, suivie d'une procession dans la ville et d'un Te Deum en actions de grâce.
Les paroisses reçurent comme curés beaucoup d'hommes nouveaux, dont le nombre est intéressant à constater par compa-
raison des listes de 1792 et 1793 avec celles des années précédentes.
En 1792, M. Fortis fit encore quarante-six baptêmes, quarante-six sépultures et vingt mariages, comme l'accuse le dernier registre signé par lui, le 1er janvier 1793. A partir de cette année, André Thimont, élu le 23 décembre 1792, premier officier municipal, tint l'état-civil de Sougé, conformément à la loi du 20 septembre 1792.
Le domaine de la cure de Sougé, composé de 17 journaux et demi de terre et de prés, estimé par les sieurs Galpin et Grange, experts, les 20 et 21 novembre 1791, à la somme principale de 3,506 liv. 9 s. 10 d., est vendu, le 2 mars 1791, à François Fresnais et autres adjudicataires, pour 30,300 liv. — La maison presbytérale fut vendue le 16 niv;ôse an V à Pierre Paulmier, du Mans, au prix de 2,981 liv. ; M. R. Fortis, curé, la racheta, 17 nivôse an V, puis la revendit, le 2 vend, an VII, à R. Lamare.
La fabrique possédait 18 journaux et demi de terre, le champ de Langotière, trois quarts, abandonné au sacriste pour la fourniture du pain d'autel. Le lieu ou bénéfice de La Guyardière était loué au profit de la fabrique, en 1792. Tous ces biens furent vendus, à différentes époques de la Révolution, au profit de la nation.
Le revenu de l'église consistait d'abord dans le fermage des biens qu'elle possédait, dans les offrandes, puis dans la location des chaises et des bancs.
La cure de Sougé valait, selon Lepaige 800 liv. de revenu ; la paroisse, selon le même auteur, 1777, avait 800 communiants. En 1877, il n'y a pas plus de 380 communiants, ainsi repartis : 255 femmes, 45 hommes et 80 enfants.
Dès le 29 sept. 1789, l'Assemblée invita les êvêqaes, curés, chapelains et supérieurs de communauté, à faire porter à la Monnaie toute l'argenterie des églises qui n'était pas nécessaire pour la décence du culte divin ; et, dès le 8 octobre, révoque du Mans recommandait à son clergé d'obéir à ce vœu des dépu-
tés. Le clergé avait déjà sacrifié, de gré ou de force, ses dîmes qui formaient la partie la plus importante de ses revenus ; bientôt après les biens fonds lui furent enlevés.
En vertu de la loi du 29 germinal an II, l'église de Sougé fut dépouillée de tout ce qu'elle possédait, par un envoi aux hôtels des monnaies : un soleil, un ciboire, deux calices, deux patènes, un vase aux huiles, une feuille d'argent extraite de dessus une croix debois, le tout d'argent ou argent doré, pesant 14 marcs, 1 once, 4 gros.
Le Directoire écrit à ce sujet au citoyen Garnier de Sainte, le 2 floréal an II. — « Bientôt la raison triomphera du fanatisme, Bientôt le peuple saura que sans prêtre et sans calice on peut adorer la divinité. — Nous prenons toutes les mesures pour l'exécution de la loi du 13 pluviôse, qui veut que les hochets du fanatisme s'épurent au creuset monétaire... comme nous devons toujours nous mettre en garde contre la finesse sacerdotale, nous avons cru indispensable de le consulter sur la présente question. Beaucoup de prêtres dont les églises sont fermées, mais qui n'ont pas donné leur démission, ni remis leurs lettres, se font délivrer des certificats de civisme. On nous les a présentés au visa, et, en les passant au scrutin, le vœu a été de suspendre le visa jusqu'à ce que tu aies été consulté... signé : Dufour. »
Dans le mois d'octobre 1793, on mit en vigueur un arrêté du représentant du peuple qui ordonnait de faire disparaître les croix sur les routes, sur les places publiques, défendait à tous les prêtres de paraître ailleurs que dans leurs temples avec leurs costumes religieux. D'après le même arrêté, les citoyens morts, de quelque religion qu'ils fussent, devaient être conduits au lieu destiné pour la sépulture commune, couverts d'un voile sur lequel sera peint le sommeil, accompagnés d'un officier public, entourés de leurs amis revêtus de deuil. Le lieu commun devait être planté d'arbres, à l'ombre desquels s'élèvera une statue représentant le sommeil. Tous les autres signes seront détruits. La porte de ce champ portera cette inscription : « La mort est un sommeil éternel. »
En vain cherchait-on à effacer les traces de Fimmortalité de
ni'
l'âme. Ce fut l'un des signes les plus profondément tristes de cette époque, sans tenir compte de la liberté des citoyens, on étalait au grand jour le dessein prémédité de substituer à la religion révélée le matérialisme le plus brutal.
Le commencement de l'ère de la République française fut définitivement établi par un décret de la Convention-nationale, du 5 octobre 1793. Il fut fixé au 22 septembre 1792, jour de l'équinoxe d'automne, où cette assemblée décréta l'abolition de la Royauté et l'établissement de la République.
L'année fut partagée en 12 mois égaux, de chacun 30 jours, ainsi nommés :
1° Vendémiaire, du 21 septembre au 20 octobre. 2° Brumaire, du 20 octobre au 19 novembre. 3° Frimaire, du 20 novembre au 19 décembre.
4° Nivôse, du 20 décembre au 18 janvier.
! <J 5° Pluviôse, du 19 janvier au 17 février.
^ f 6° Ventôse, du 18 février au 19 mars.
7° Germinal, du 20 mars au 18 avril. , 8° Floréal, du 19 avril au 18 mai.
!" f 9° Prairial, du 19 mai au 18 juin.
10° Messidor, du 19 juin au 17 juillet. . 11° Thermidor, du 18 juillet au 16 août. 12° Fructidor, du 17 août au 20 septembre.
Ces dénominations étaient en rapport avec les phénomènes de la nature dans quelques parties du globle terrestre, mais un non sens pour certaines régions.
Quant aux noms actuels des 12 mois de l'année, commençant par janvier et finissant par décembre, avouons qu'il y a une irrégularité choquante, qui ne pourrait se corriger que par une entente internationale . Elle prendrait pour le classement des mois les 12 chiffres ordinaux, 1er, 2e, 3°, 4e, etc.
Les mois de l'année républicaine furent divisés en périodes de 10 jours ou décades, comme chez les Grecs. Le jour du repos était le 10e jour, appelé le décadi.
Pour compléter Tannée, on ajouta 5 jours à la fin du mois de fructidor, chaque année, sous le nom de sans-culottides, plus un 6e jour dans les années bissextiles, qui furent maintenues comme dans le calendrier grégorien. Cette ère, mise en usage le 6 octobre 1793, fut abolie sous Napoléon Ier par un sénatus-consulte, du 9 septembre 1805, et le calendrier grégorien, rétabli, à partir du 1er janvier 1806.
Le calendrier julien, ainsi nommé de Jules César, faisait Tannée trop longue de onze minutes, ce qui produisait un jour d'erreur par 104 ans. Avec les siècles, depuis le concile de Nicée, en 325, jusqu'à la réforme du calendrier, en 1582, il s'était glissé dix jours de trop dans les éphémèrides, en sorte que Téquinoxe du printemps, qui avait été fixé, en 325, au 21 mars, arrivait le 14 en 1582, bien que le calendrier ('-annonçât toujours au 21.
Le pape Grégoire XIII forma une commission où entrèrent les hommes les plus célèbres dans les études astronomiques, en vue de réformer le calendrier. On supprima dix jours dans le mois d'octobre, de sorte que le 5 compta pour le 15. Les Russes et les Grecs n'ont point suivi cette réforme, aussi sont-ils en retard de 12 jours. Ils appartiennent au vieux style.
15 nivôse (5 janvier 1794.) Comptes de Joseph Châtelain, procureur de la fabrique. Depuis plusieurs années ces comptes étaient négligés. Les recettes sont de 2,969 liv. 8 s. ; les dépenses de 2,876 liv. 5 s. Châtelain redoit 93 liv. 3 s. Il porte en dépense la somme de 38 liv. 8 s. pour pain fourni le jour du tirage de la levée des volontaires du mois de mars. Les revenus de la fabrique, dans le cas présent, étaient considérés comme communaux.
MM. Fortis et Berrier continuèrent l'exercice public de leur ministère jusqu'au 17 germinal an II, 6 avril 1794, jour où le culte religieux fut interdit dans l'église. On ne trouve plus d'acte ni de baptême ni de mariage par MM. Fortis et Berrier, jusqu'au 1er juillet 1797. Nous possédons deux actes de mariage, le premier du 14 novembre 1794, et le deuxième du 21 auïl
1795, rédigés de la main de M. Jacques François Boutros, curé non assermenté de Saint-Germain de la Coudre, ancien aumônier des Bénédictines de Montsort. Ce prêtre courageux se multiplia pendant la révolution dans les environs de Fresnay et de Beaumont ; il mourut curé de Bonnétable en 1822. M. Bocard prêtre approuvé de Mgr de Gonssans fit aussi à Sougé plusieurs baptêmes.
Il y eut un inventaire estimatif des ornements provenant des églises du district de Fresnay, des 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29 thermidor de Tan II, (9 au 17 août 1794) comme le prouve ce procès-verbal : « Nous administrateur du Directoire du District de Fresnay, soussigné, (Petibon) en exécution de l'arrêté dudit district, en date du 17 courant (29 thermidor an II), conformément à l'arrêté du comité de Salut public, du 30 floréal dernier, relatif aux linges provenant de la dépouille des églises... nous nous sommes transporté, accompagné des citoyens Clopûtre, de Gesnes, et Galpin, de Douillet, membres du Conseil général dudit district, en la maison ci-devant presbytérale de la commune de Fresnay, où étant, il a été en notre présence procédé à l'inventaire descriptif et estimatif des linges et ornements provenant des dépouilles des églises, et pour cette opération nous avons choisi la personne du citoyen Simon-Pierre Grange, marchand, appréciateur ordinaire des meubles, demeurant à Sougé, lequel a prêté serment... »
30 ventôse an II de la République française une et indivisible (21 mars 1794). « A la requête et diligence de l'agent national de cette commune et suivant une lettre à nous présentée, maire et officiers municipaux, où étaient les citoyens... du citoyen Arnoul, régisseur des droits d'enregistrement au bureau de Fresnay... et pour obéir aux lois... avons été dans l'église de cette commune pour faire l'inventaire des meubles et effets, comme suit, appartenant à la fabrique :
« 1° Deux calices avec leurs patènes. Le tout d'argent doré ; 2° un soleil ou ostensoir doré ; 3° un saint ciboire d'argent avec une petite custode ; 4° un autre vase d'argent pour les saintes
huiles ; 5° deux croix de cuivre, dont une couverte d'une feuille d'argent; 6° deux encensoirs de cuivre avec leur navette ;7° deux bénitiers dont l'un en cuivre l'autre en métal ; 8° huit chandeliers de cuivre ou potin avec une croix ; 9° deux lampes de cuivre; 10° cinq petites clochettes en métal; 11° cinq burettes avec plateau, le tout d'étain ; 12° huit chandeliers et une croix, le tout en bois doré; 13° cinq lanternes ou falots en fer blanc; 14° une cuvette avec son couvercle en cuivre servant aux fonts ; 15° un vase en étain pour les huiles servant aux fonts ; 17° une niche en bois doré avec sa boite en sapin ; 18° deux bannières avec leur bâton ; 19° trois livres sous le nom de graduel et antiphonaire, trois processionnaux, trois rituels, trois cahiers mortuaires, deux missels, le tout servant à l'usage de l'église ; 20° un buffet pour renfermer les ornements ; 21° un prie-Dieu et un fauteuil en bois ; 22° trois mauvais coffres en bois de chêne fermant à clé ; 23° un pupitre avec trois selles ou tabourets en bois de chêne ; 24° une chappe de différentes couleurs ; 25° huit aubes, tant bonnes que mauvaises avec leurs amicts et cordons ; 26° quatre rochets ; 27° trois soutanes rouges et trois surplis pour les enfants de chœur ; 28° trente-cinq corporaux ou purificatoires ; 29° dix nappes d'autel ; 30° dix-huit chasubles avec leurs étoles et manipules en faux galons, avec leurs voiles ; 31° sept bourses avec leurs pales ; 32° quatre nappes pour la communion ; 33° un drap mortuaire avec son tombeau et quatre chandeliers de fer ; 34° un mauvais dais ; 35° deux couvertures d'autel ; 36° un tapis en damas avec coussin ; 37° quatre mauvaises tuniques ; 38° Onze devants d'autel de différentes couleurs tant bons que mauvais ; 39° dix-huit bords d'étole ; 40° environ six livres de cire en bouts; 41° deux confessionnaux ; 42° un petit voile en damas rouge bordé en faux galons ; 43° un panier, et qui sont tous les
meubles de notre église Fait et arrêté dans l'église de
Sougé...» Signé.
« Aujourd'hui 17 germinal an II de la République française une et indivisible, (7 avril 1794), la municipalité, le conseil général, le comité de surveillance et plusieurs autres citoyens de cette
commune étant réunis au lieu ordinaire de nos séances, l'agent national de cette commune a remontré à l'assemblée qu'il était de pressante nécessité de fermer notre église; et ne devant plus désormais connaître d'autre culte que celui de la liberté et de l'égalité, et qu'il était absolument nécessaire d'envoyer les argenterie, cuivre et étain provenant de l'actif de notre église pour être convertis comme il est expliqué par la loi du 13 brumaire an II de la République française une et indivisible.
« La municipalité, le conseil et comité de surveillance, et après avoir demandé l'avis de l'Assemblée, ont délibéré ensemble qu'à partir de ce moment ils ne connaissaient et ne voulaient connaître d'autre culte que celui de la Raison, de la Liberté et de l'Égalité et, que dans le courant de cette décade, toute l'argenterie, les cuivre et étain provenant de l'actif de notre église seraient envoyés à l'administration du district de Fresnay pour être envoyés à la Convention nationale ou aux dépôts qui leur seront indiqués, et en donner décharge, laquelle sera transcrite, couchée et attachée au présent registre ; arrête en outre qu'il ne sera plus fait aucune fonction dans notre église d'autre culte que celui de la Raison, la Liberté et l'Égalité, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné par un décret de la Convention nationale, et félicitons la Convention nationale sur ses travaux et la prions instamment de rester à son poste jusqu'à ce que nous soyons à la plus paisible paix (sic), et prions en outre la Convention nationale de nous accorder notre ci-devant église pour le temple de la Raison et y tenir nos assemblées. Fait et arrêté séance tenante les jour, mois et an que dessus. Signé : ... »
On voudrait oublier que Sougé, naguère religieux, se fit un devoir dans sa frayeur, pendant la Révolution, de renier tout son passé. Les esprits forts, ce mélange de poltronnerie morale et d'ineptie intellectuelle, trahis d'abord par la faiblesse du curé et du vicaire, pour toute prouesse, décrétèrent le culte delà Raison. Les officiers municipaux intimèrent l'ordre à leurs prêtres constitutionnels de s'éloigner et d'abandonner l'église aux clubistes ou aux réunions quelconques.
« Cinquième jour sans-culottide de la République française une et indivisible... Le Conseil général étant assemblé et dûment convoqué, le jour de la décade dernière, à l'effet de nommer un citoyen intelligent pour faire le rappel des citoyens de cette commune pour entrer se reposer et sortir de leur ouvrage, à la charge aussi de sonner toutefois qu'il en sera requis par la municipalité; de remonter l'horloge, la fournir d'huile et la tenir en règle le plus qu'il lui sera possible, et enfin de donner un coup de carillon lorsqu'il naîtra un républicain sur la terre libre.
La Municipalité et le Conseil général nomme le citoyen Jacques Beslin... »
Pauvre population rurale, on t'a enlevé ton Dieu avec son culte si beau, si simple ; tu ne peux te séparer de tes cloches ; tu sens combien il y a de poésie dans leur voix. La cloche sait chanter et gémir : elle s'associe au bonheur du chrétien et semble partager sa peine ; elle chante sa naissance, elle célèbre le beau jour de sa première communion ; elle unit ses accents aux chants de son mariage, et, à son trépas, elle gémit sur sa tombe.
26 brumaire an III. La municipalité avise dans notre ci-devant église 23 liv. de cire en cierges et souches placées à l'autel de la Vierge et provenant de la quête qui se faisait tous les ans, à la Chandeleur ; ces 23 liv. de cire sont converties en chandelle pour éclairer le lieu des séances et le corps de garde.
10 messidor an III (29 juin 1795)... « La Municipalité étant assemblée au lieu ordinaire de nos séances, est comparu le citoyen René Fortis (en qualité de curé) lequel a déclaré qu'il se propose d'exercer le ministère du culte catholique, apostolique et romain, dans l'étendue de cette commune et a requis qu'il lui en soit décerné acte de sa soumission aux lois de la République, de laquelle déclaration il lui en a été décerné acte, conformément à la loi du 11 prairial de l'an III. Fait et arrêté... » Signé : R. Fortis, curé de Sougé, Fortis, off. m., A. Thimont, maire, C. Gervaiseaux, procureur, R. Lamare, off. mun., René Lemaire, greffier. Le même jour, M. Cli. Berner, vicaire de Sougé, fait la même démarche.
10 brumaire an IV (11 nov. 1795)... « Devant nous, officiers municipaux de la commune de Sougé-le-Ganelon, est comparu René Fortis, habitant de ladite commune lequel a fait la déclaration dont la teneur suit : Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le souverain, et je promets soumission et obéissance aux lois de la République. Nous lui avons donné acte de sa déclaration ; il a signé avec nous... » Le même jour M. Berrier fait la môme déclaration.
10 brumaire an IV... « Nous, habitants de la commune de Sougé-le-Ganelon, soussignés, désirons que le culte soit observé dans la ci-devant église de ladite commune, et sur ce, et en conséquence, le citoyen René Lamare, adjudicataire de la susdite église, la cède et abandonne auxdits habitants pour la célébration de leur culte. Fait et arrêté à la maison commune dudit Sougé. Signé : R. Fortis, J.Belin, J. Neveu, R. Lamare, S. P. Granger, F. Charbonneau, M. Galpin, Ferrand, C. Gervaiseaux.
Comme on le voit par ce qui précède l'église avait été mise en vente avec les autres propriétés ecclésiastiques ; mais l'adjudicataire était un homme généreux, il en avait fait l'acquisition a\ec l 'arrière-pensée de rendre au culte l'église,où il avait été baptisé, dans des temps meilleurs. On ne saurait trop louer cette belle action qui fait encore aujourd'hui l'honneur des petits enfants de René Lamare. Tu decus omne tuis.
L'église,dès les premiers jours du mouvement révolutionnaire, avait servi de lieu de réunion pour toutes les assemblées ; sous la terreur, elle servit même de magasin, comme le prouve une permission écrite de l'agent municipal d'enlever deux mille d'ardoises se trouvant dans l'église. Le bas de la tour servit de corps de garde, et les gardes nationaux montaient dans la partie la plus élevée pour surveiller les mouvements des Chouans.
23 pluviôse an VI. Dans la liste de formation de la garde nationale sédentaire, sous les nos 239, 240, section des Brières, figurent René Fortis ex-curé, («te) et Charles Berrier, ex-vicaire [sic) .
3 fructidor an VI. Le président du canton d'Àssé-le-Boisne écrit au commissaire du Département : « La grande majorité est bonne et aime son ancien culte. Les fêtes nationales et décadaires ne sont point fêtées ; les administrateurs n'ont aucun moyen à leurs dispositions ; il faudrait pour la célébration des fêtes des livres de chansons et d'hymnes propres à célébrer la fête et donner de l'ouverture au peuple. Les anciennes fêtes et dimanches sont fêtés comme par le passé. Les signes extérieurs du culte sont disparus. »
L'église ne servit plus de lieu de réunions après le 11 germinal an VI (31 mars 1798) ; elles furent transférées, à défaut de maison commune, dans le domicile de l'Agent, ainsi qu'on le voit par un compte du 15 pluviôse an IX (-4 février 1801), sur lequel figure 30 liv. payées au sieur Dioré, notaire, pour 6 mois de loyer d'une chambre destinée aux réunions municipales.
1797. Le registre des baptêmes, mariages et sépultures ne se compose que d'une feuille; il commence au 1er juillet et finit le 2 novembre.
17 nivôse an V (6 janvier 1797) M. Fortis, curé, achète le presbytère du sieur Paumier, acquéreur. — 2 vendémiaire an VII (23 septembre 1798) M. Fortis revend le presbytère aux époux René Lamare et Marguerite Beaucé. Cette dernière, plus tard, le cédera à la commune pour le prix d'acquisition.
1798-1799. Les actes de baptêmes, mariages et sépultures sont consignés sur le même cahier.
La révolution du 15 brumaire (9 novembre 1799) eut pour la religion d'importantes conséquences. Dès le 28 novembre, les consuls prirent un arrêté relatif aux prêtres condamnés à la déportation sous le Directoire ; mais ils ne révoquaient ces sentences que pour- les prêtres qui avaient prêté serment, ou qui s'étaient mariés. Un bomme, arrivé comme par enchantement et par la force de sa volonté au souverain pouvoir, sentit le besoin de nous rendre,dans toute sa pureté, le culte de nos pères. Bonaparte passa un concordat avec le pape, et s'il ne rendit pas à l'Eglise ses richesses temporelles, il la rétablit du moins dans ses droits et dans ses libertés.
Michel-Joseph dePidol von Quintenbach, né à Trêves en 1734, évêque de Dioclétianople, coadjuteur de l'archevêque de Trêves, fut désigné par le premier consul, le 9 avril 1802, pour occuper le siège du Mans, oi'r il arriva le 7 juillet.
La plupart des prêtres qui étaient tombés dans le schisme rentrèrent de bonne foi dans la communion de l'Église. M. Fortis et son vicaire, M. Berrier, furent du nombre.
1802. La santé de M. Fortis n'était pas lionne : son dernier acte, consigné sur les registres, est du -4 oclobre 1801. Il appela pour le remplacer, jusqu'à l'époque de sa mort, M. Balavoine, ex-curé constitutionnel d'Hambers, résidant à Fresnay.
11 pluviôse an XII. Décès du citoyen René Fortis, curé de cette commune, à l'âge de 75 ans, fils de René et d'Elisabeth- Catherine Jeursent, décédés à Fresnay. Sa sépulture eut lieu le 1er février 1803, en présence de MM. les curés d'Assé, Saint- Ouen, etc., présidée par M. Ralavoine.
M. Ch. Berner, vicaire, devait remplacer M. Fortis, comme curé ; mais il décéda le 11 ventôse an XII, au presbytère, âgé de 67 ans; il était fils de Jacques et de Marie Végorien. Sa sépulture eut lieu le 3 mars 1803 par M. Jollivet, curé d'Assé, en présence de M. Dulerlre de l'Arche, de Jacques Relin, sacriste, etc.
Le dimanche, 3 avril, M. Urbain-Anloine Gallais, ex-religieux de l'ordre de Saint-Dominique (Jacobin), né à Fresnay, le 29 septembre 1760, de Urbain et de dame Renée-Charlotte Maignée, desservait déjà la paroisse de Sougé, comme le prouve un baptême fait ce jour-là. Si l'on s'en rapporte à son acte de sépulture, dressé par M. Balavoine, le 4 juin 1816, M. Gallais, ne fut installé comme desservant que le 22 juin 1803.
M. Gallais avait prêté serment, ce qui lui avait permis de passer tranquillement à Fresnay les mauvais jours de la Révolution.
21 août 1792. Comparution devant le Directoire du District de Fresnay de Urbain Gallais, prêtre, demeurant en cette ville depuis plus d'un an, et auparavant en celle du Mans, dans le couvent des Jacobins, a déclaré être dans l'intention de prêter le serment exigé par la loi.
Il fut zélé pour son ministère et très-dévoué à l'instruction de la jeunesse qu'il laissait entrer chez lui dès le matin. J'ai entendu plusieurs vieillards parler avec enthousiasme de leur instituteur. M. Gallais avait de l'ordre et était amateur de statistique, il a laissé des sermons manuscrits ; un registre où sont consignés tous les baptêmes, faits à Sougé depuis 1793 jusqu'au 25 mars 1803, tant d'après les registres qu'il trouva que d'après les déclarations qui lui furent faites par les parents et parrains et marraines des enfants, au défaut d'enregistrement ; des extraits des registres des baptêmes, mariages et sépultures de 1803 à 1816 ; en tout 10 ou 12 registres.
Conformément à la convention passée entre le Gouvernement français et le pape Pie VII, portant qu'il serait établi des fabriques pour veiller à l'entretien et à la conservation des temples et à l'administration des aumônes, Mgr de Pidol dressa un règlement pour régir les fabriciens, qui fut approuvé et adressé, le 12 mai 1804, aux curés et desservants du diocèse. — 5 germinal an XII (26 mars 1804), nomination par la préfecture de trois fabriciens : MM. Gallais, desservant de la commune ; Joseph Châtelain et Charles Gervaiseaux. Deux autres fabriciens, MM. François Peccate et François Desarthe furent nommés, le 7 juillet suivant par Mgr l'évêque.
20 juillet 180i. Location des places de l'église avec un produit de 462 fr. 19 s.
15 thermidor an XII (3 août 1804) le Conseil réclame auprès du Préfet son autonomie en disant que l'église est en bon état, que le presbytère peut facilement être racheté le prix qu'il a été vendu ; Sougé a une population assez considérable ; qu'il ne faut pas songer à réunir Sougé à Assé puisqu'il n'y a point de rapports d'habitude et moins encore de sympathie.
9 brumaire an XIII (31 octobre 1804). Le Conseil de fabrique, « trouvant l'église dénuée deschoses les plus nécessaires par le malheur des temps, vote l'achat de 3 chapes pour la somme de 180 fr.
2 février 1805. Conformément à l'invitation de Mgr l'évêque, M. le desservant de Sougé fera une quête, tous les dimanches et fêtes, à la grand'messe, en faveur des pauvres, consignera sur un registre le produit. Mais trois mois après le Conseil de fabrique constate que 42 fr. 7 s. sont insuffisants pour son loyer, les pauvres qui n'ont reçu que cinq sols chacun !
3 prairial an XIII (23 mai 1805), le Conseil municipal effectue le paiement de deux années de location du presbytère, échues le 10 floréal (30 avril), à raison de 120 fr. par an, dues au sieur Lamare, propriétaire.
1805. Achat par la fabrique d'un soleil ou ostensoir, 50 fr. chez Didier ; d'un saint ciboire et d'un encensoir, 70 fr. chez
M. Lavallée, orfèvre à Alençon ; trois chapes vertes pour 138 fr. chez Janvier, fripier, au Mans ; une chasuble 36 fr. du sieur Crangé.
1806. Achat de quatre processionnaux au prix de 24 fr. 2 s. ; d'une lampe argentée, 93 fr. Recette : 476 liv. 15 s. ; dépenses : 475 liv. 5 s.
19 avril 1807. Le Conseil de fabrique vote une allocation de 20 fr. en faveur de Jacques Beslin, pour l'entretien de l'horloge. Recettes 486 fr.; dépenses 450 fr 10 c.
1807. Achat, chez Didier, au Mans, d'un calice, du prix de 86 fr.; chez Janvier, fripier, au Mans, d'une chasuble rouge, 75 fr. 2 s.— 2 août, location des bancs produisant 442 fr. 16 s.
13 décembre 1807. Conformément à l'invitation de M. Auvray, préfet, engageant la commune à aviser, dans le plus bref délai, aux moyens d'acquérir un presbytère, le Conseil reconnaît que l'ancien presbytère, occupé actuellement par le desservant, moyennant un loyer de 120 fr. et appartenant au sieur Lamare, était le plus convenable à remplir cette destination. En conséquence, des démarches seront faites auprès du propriétaire à l'effet de connaître ses intentions.
24 mars 1808. La commune est consultée pour l'achat du presbytère: Mme Lamare demande 3,000 fr., prix qu'elle l'a payé autrefois à M. René Fortis; le 22 mai, l'acquisition est consentie.
1809. Achat par la fabrique d'une croix d'argent avec son bâton et de six: bouquets pour 142 fr. 14 s. ; d'une bannière 80 fr., à galons or faux, chez Janvier, fripier.
1810. Achat d'une chasuble violette et d'une étole pastorale, 72 fr.
25 juin 1810. Par arrêté préfectoral, la fabrique de Sougé est envoyée en possession et jouissance des rentes qui avaient été transférées à la caisse d'amortissement et qui, pour partie vendues, au District de Fresnay le 8 août 1791, à François Charbonneau, acquéreur de huit parties de rente montant à 105 liv. pour le prix de 1,825 liv., avaient été consenties par ignorance
ou par scrupule des acquéreurs des immeubles sur lesquels elles reposaient.
Voici les rentes en question :
1° Une rente de 8 f. due par René Lebreton,de Songé, affectée sur le champ des Pâtis, à Sougé, suivant titre du 7 mai 1806, au rapport de Me Jardin, notaire à Saint-Georges;
2° Autre rente de 12 fr. due par Paris, de Sougé, affectée sur tous les biens du débiteur, suivant un titre du 18 mai 1784 devant Me Lechanteur, notaire à Sougé ;
3° Autre rente de 21 fr. due par Jacques Tbireau, de Douillet, suivant reconnaissance sous seing privé du 14 avril 1808.
5 août 1810. La location des bancs de l'église produit 479 fr. 15.
7 avril 1811. Après la reconstitution du conseil de fabrique, conformément au décret du 30 décembre 1809, faite parl'évêque et le préfet, il fut procédé à l'élection d'un président du conseil de fabrique: Joseph Châtelain fut élu. Le même jour, formation du bureau des marguilliers. Conseil de fabrique : Joseph Châtelain, président, François Peccate, François Dessarle, René Saillant, Charles Gervaiseaux ; assistants de droit : le curé et le maire. Le bureau des marguilliers : René Saillant, président, Charles Gervaiseaux, François Dessarle.
10 août 1812. La commune de Sougé, achète l'ancien presbytère de Mrae Marguerite Beaucé, veuve René Lamare, venderesse, tant en son nom qu'au nom de ses enfants, moyennant 3,000 fr.
1814. Le 6 octobre, paiement effectué par le trésorier delà fabrique à M. Piquet, fondeur de cloches, de 1,222 fr. sur 1,622 fr. qui lui sont dus pour la fonte de la grosse cloche et la fourniture de tout le métal pour la seconde.
Voici l'inscription de la petite cloche qui n'a pas été refondue jusqu'à ce jour, 1880: « L'an 1814, j'ai été bénite par Mathurin Coupel Des Ponceaux, curé deFresna>, et nommée Élisabelh- Jacquine-Françoise, par maître Jacques Gervaiseaux, marchand, époux de dame Elisabeth Charbonneau et par dame Elisabeth
Corbin, épouse de François Dessarte, propriétaire, fondue par les soins de MM. Urbain-Maurice Gallais, curé ; Simon Grangé- Fontaine, maire, Jacques Lamare, adjoint; François Peccate, Cbarles Gervaiseaux, Jacques Gervaiseaux, René Saillant et François Dessarte, marguilliers. (Piquet, fondeur). »
3 juin 1816. Décès de M. Urbain-Antoine Gallais, desservant de Sougé, âgé de 56 ans. L'intérim de la cure dura jusqu'au 13 février 1817 ; il fut fait par M. René Fresnais, desservant d'Assé. M. Pierre Juguin apparaît le 13 février 1817 à unbaptême.
M. Juguin, loin de suivre l'exemple de son prédécesseur qui écrivait beaucoup et mettait beaucoup d'ordre dans les affaires de fabrique, se contenta de tenir les registres de baptêmes, mariages et sépultures. Il n'a point laissé de délibératiens du conseil de fabrique. Le premier compte sous son administration fut rendu le 15 septembre 1825 par M. P. Bruneau, trésorier. Il commença un registre de délibérations de la fabrique, le 20 mai 1839 ainsi qu'un registre du bureau des marguilliers, en date du même jour, sur lequel il n'y a qu'une seule page écrite, le reste est en blanc !...
1817. Supplément de 250 fr., accordé par la fabrique à M. Juguin.
23 novembre 1819. Mort de Mgr Mi cbel- Joseph de Pidoll, âgé de quatre-vingt cinq ans, évêque du Mans, depuis 1802; il eut pour successeur Mgr CI. Madeleine de La Myre-Mory, le 20 mai 1820.
Le Conseil municipal, dans ses délibérations du 17 décembre 1819, 10 décembre 1820, du 26 février 1821, 14 mai 1824, s'occupa des moyens d'entrer en jouissance du presbytère, d'en faire l'achat et de s'imposer extraordinairement à cet effet jusqu'à la concurrence de 5,000 fr.
12 août 1825. Le Conseil municipal et les principaux imposés approuvent le devis du nouveau presbytère, dressé par le commissaire-voyer d'arrondissement, votent pour sa construction la somme de 7,223 fr. 42 c. en imposition extraordinaire qui durera trois ans.
Le traitement du desservant était plus que modeste; le casuel était peu productif, aussi le Conseil municipal fut-il amené à lui voter un supplément : en 1822, de 200 fr. ; en 1824, de 100 fr. : en 1825, de 300 fr. ; en 1826, de 300 fr.
1826. Construction du presbytère actuel après la démolition de l'ancien, aux frais de la commune. — Achat d'un calice d'argent, chez Lavollée, orfèvre à Alençon. Achat de trois chapes, pour 460 fr.
8 septembre 1829. Décès de Mgr de La Myre, évêque du Mans, âgé de 74 ans ; il eut pour successeur Mgr Ph. -Marie- Thérèse-Gui Carron, le 8 novembre 1829.
1830. La location des bancs produit 561 fr. 20; en 1831, 602 fr. 50; en 1832, 627 fr. 50. — 1830. Façon du portail du presbytère payée à Jacques Vallée, menuisier, 139 fr. 65.
La révolution de 1830 apporta à Sougé, peut-être plus qu'en aucune autre commune, une exaltation politique qui engendra des divisions : on se qualifiait de blanc ou de révolutionnaire selon qu'on était ami du curé ou son adversaire. Jusqu'à ses dernières années, M. Juguin eut à souffrir ce genre de guerre qui ne fit que s'aggraver par la présence du vicaire, M. l'abbé Gibon.
27 août 1833. Décès de Mgr l'évèque Carron, âgé de 44 ans ; il eut pour successeur Mgr Baptiste Bouvier, sacré le 21 mars
1836. Refonte de la grosse cloche par M. Louis Cancel, suivie de la bénédiction par M. Juguin. Elle fut nommée Marie Geneviève par M. Pierre Bruneau, maire de Sougé et par Mme Anatole-Geneviève Belle, épouse de M. Edouard-François Buon, maître des forges de La Gaudinière et membre de la ehambre des députés, lequel fit cadeau de l'ostensoir actuel en bronze argenté .
24 juin 1837. Apparition de M. l'abbé François Gibon, en qualité de vicaire. Sougé n'en avait pas eu depuis M. l'abbé Ch. Berrier.
1839. Par arrêté de Mgr l'évèque, en da'.e du 12 avril, et de
M. le Préfet, en date du 9 mai, le Conseil de fabrique fut renouvelé et composé des membres suivants : Simon Thimont, Michel Charbonneau, Mathurin Beaucé, Julien Rivière, Charles Besnier. L'installation eut lieu le 20 mai.
10 février 1842. Décès de M. Pierre Juguin, prêtre, desservant de Sougé, âgé de 52 ans, né à Mayenne de Mathieu et de Jeanne Mettin. Cinq jours après la mort de M. Juguin, M. René- Louis Vannier, nommé par Mgr l'évêque, venait prendre possession en se présentant devant le bureau des marguilliers, 15 février 1842. M. l'abbé Gibon dut quitter Sougé où il n'y eut pas de vicaire.
1842. Produit des bancs 752 fr. 25. — Achat d'un dais, 111 fr. ; d'un ciboire, 80 fr.
14 avril 1844, le Conseil de fabrique décide que l'église et le presbytère seront assurés contre l'incendie à la Mutuelle du Mans.
24 juin, après consultation de Mgr J.-B. Bouvier, M. Vannier supprime, comme contraire aux prescriptions liturgiques, l'office votif de S. Martin, patron de Sougé. II se faisait avant lui, dans le mois de juillet, le jour de l'assemblée ou fête civile.
7 juillet, le Conseil de fabrique vote pour sûreté de l'habitation du presbytère, contre lequel il y avait eu tentative de vol avec effraction, 1° des grilles, 2° des contrevents, 3° consolidation des portes et des croisées.
M. Vannier, ayant éprouvé des contrariétés de la part de quelques personnes, avait demandé son changement à l'autorité ecclésiastique qui le nomma desservant de S. Ulphace, canton de Montmirail, où il est mort fort estimé pour son zèle et les legs précieux qu'il a faits à cette paroisse. M. Vannier, devant la manifestation de regrets et d'estime de la part de presque toute la population de Sougé qui savait apprécier sa charité, ne fut pas, dit-on, sans regretter sa détermination .
28 juillet 1844. M. l'abbé Jacques-Marie David, premier vicaire de N.-D. de Laval, présenté par son ami, M. Bontemps, curé de Fresnay, prend possession devant le bureau des marguilliers.
1844. Achat des fonts baptismaux et des bénitiers en marbre qui sont actuellement dans l'église, 137 fr. ; de deux chasubles, l'une rouge, l'autre violette avec le cordon d'aube 132 fr. 20 ; d'une chasuble pour les fêtes avec un vase pour l'huile des infirmes, 88 fr.
22 janvier 1845. M. David sollicite et obtient de l'évêque, la permission de donner la bénédiction du T. S. Sacrement, à perpétuité, le premier dimanche de chaque mois. — Le 25 décembre, il propose d'abattre et de vendre au profit de la fabrique, deux gros ormeaux qui étaient dans la partie sud du cimetière et privaient les fenêtres de l'église de leur clarté. Leurs racines frayaient à travers les murs de l'église.
Ces arbres étaient de ceux qu'on appelait Rosny ; ils avaient été plantés par ordre de Sully, duc de Rosny, ministre de Henri IV, qui, craignant déjà le déboisement du pays, avait ordonné de planter des ormeaux et autres essences sur les routes et dans les cimetières. Les fabriciens y consentirent en affectant le produit de la vente à la construction d'une chapelle à ajouter à l'église, qui était devenue insuffisante pour les besoins religieux de la population.
Le 8 septembre 1846. Le Conseil de fabrique se réunit pour décider la construction d'une nouvelle chapelle, dont le devis estimatif montait à 1,200 fr. Cette dépense doit être couverte par le produit des bancs et celui des deux ormeaux, abattus dans le cimetière.
1847. Le puits du presbytère est couvert ; — achat d'un drap mortuaire et d'une étole, 40 fr. ; — de trois chapes de velours noir, 130 fr. ; — six chandeliers en bois pour les sépultures, 12 fr. 75.
1848. Acompte de 1,000 fr. à M. Blanche, entrepreneur à Fresnay, pour la construction de la chapelle, parallèle à celle de S. Pierre (aujourd'hui saint Joseph), dont le devis, dressé par M. Laurent, architecte, à Mamers, avait été approuvé par Mgr l'évêque, l'année précédente.
15 avril 1849. Dimanche de la Quasiniodo, le Conseil de fabrique vote 600 fr. pour l'acquisition d'un autel à la romaine. Cet
autel en marbre est trop haut et mal conditionné, il fut fourni par Suzanne, marbrier, à Alençon, au prix de 440 fr. Le tabernacle du même autel fut fourni par Paul-Mathieu Courapied, moyennant 127 fr.
Le retable en bois qu'on mit de côté ainsi que l'autel aussi en bois, étaient au fond du chœur et dataient de 1700. Ils n'ayaient pas grande valeur, il est vrai, mais ils ont été remplacés par des œuvres de mauvais goût.
7 avril 1850. La fabrique vote la confection de dix bancs dans la vieille chapelle, par Roger, menuisier, au prix de 150 fr. ; le plafonnage, par M. Blanche, de Fresnay, 157 fr. 30, dans la vieille et la nouvelle chapelle.
27 avril 1851. M. Louis Leconte, de la Forge, remplace M. P. Bruneau, malade et mourant, en qualité de marguillier. Achat d'un autel en bois sculpté pour la nouvelle chapelle, au prix de 605 fr. ; d'une chasuble blanche, pour 60 fr.
1852. Construction d'un confessionnal, 111 fr. 25. Sougé eut l'avantage de recevoir un vicaire, M. l'abbé Vital Fourmond qui, par son zèle et ses vertus seconda son curé déjà atteint d'infirmités.
1853. Plafonnage du chœur et réparation des statues, moyennant 700 fr.. A la suite de cette opération, la vieille physionomie du chœur disparaissait complètement ; mais je me demande si l'autel ancien avec son modeste retable, n'était pas mieux que ce qui existe aujourd'hui. La table de communion, magnifique travail en fer battu, fut descendue au bas du chœur et encastrée dans les piliers qui supportent la grande arcade.
8 avril 1854. Décès, dans la maison neuve, dite la Petite- Guyardière, à La Fontaine, de M. Louis-Bonaventure Dorizon, ancien curé de Saint-Ghristophe-du-Jambet. Après trente-sept ans de ministère dans cette paroisse, étant devenu infirme, il vint se fixer à Sougé en 1853. Ses neveux, MM. Hervet, en 1873, ont fait relever ses restes ensevelis à la grande porte de l'église, et les ont fait transporter dans le cimetière de Montreuil.
1854. A la réunion de la Quasimodo, M. David obtient du
Conseil, pour la vieille chapelle, alors appelée Saint-Augustin, un autel du prix de 400 fr., tout pareil à celui de la nouvelle chapelle deNotre-Damede Pitié.
24 août, M. l'abbé Vital-Joseph Fourmond, né à Aaron, (Mayenne), le 17 mars 1828, vicaire de Sougé depuis 1852, prend possession devant le bureau des marguilliers par suite de l'érection du vicariat, reconnu par décision ministérielle du 31 juillet 1854.
1855. Achat d'une statue de saint Pierre, haute de cinq pieds, en terre cuite, chez Gourapied, d'Alençon, et peinture du nouvel autel dressé Tannée précédente, moyennant 100 fr. — En mars 1868, Mme veuve Gontier, née Gervaiseaux, donna une statue de saint Joseph, en pierre-carton, d'un bel effet, pour remplacer celle de saint Pierre, qui fut transportée dans l'enceinte des fonts, de plus, orna l'autel de chandeliers et fit poser une petite lampe de forme gothique.
29 décembre 1854, décès à Rome de Mgr l'évoque Jean-Baptiste Bouvier. Sous son épiscopat, le diocèse du Mans comprenait les départements de la Sarthe et de la Mayenne. Laval obtint l'érection d'un évêché, en 1855, pour lors, le diocèse du Mans se composa de la Sarthe seulement. Mgr Jean-Jacques Nanquette, prenait possession du siège du Mans, le 28 novembre 1855.
1856. Le diocèse du Mans ayant abandonné son rit propre pour adopter la liturgie de Rome, les églises eurent des dépenses de livres à faire. La fabrique de Sougé acheta des livres romains pour 128 fr. 85 c. : graduel et antiphonaire, 91 fr. —L'horloge nécessita 100 fr. de réparations. — Achat de six aubes avec leurs garnitures, 212 fr. 25; — d'une écharpe pour porter le Saint-Sacrement 30 fr.
1857. Allocation de 50 fr. au sacriste pour le soin de l'horloge et le chant du dimanche.
1858. Confection de vingt-huit bancs, au prix de 680 fr.
15 août. Prise de possession, en présence du bureau des marguilliers, de M. l'abbé Eugène Leger-Langevin, né en 1827, vicaire, en remplacement de M. l'abbé Fourmond, nommé vicaire à Auvers-le-Hamon. Dans la suite, ce dernier fut appelé à la cure
du Luart qu'il abandonna pour devenir missionnaire, 1868, dans l'Amérique du Nord, sous la direction de Mgr l'évoque Grandin.
1859. A la Quasimodo, sur la proposition de M. David, la deuxième partie des bancs fut votée ; elle comprenait trente-quatre bancs qui coûtèrent 680 fr.
8 juillet 1859. M. l'abbé Joseph-François Dufeu, né en 1812, nommé curé de Sougé, en remplacement de M. David, démissionnaire pour cause de santé, prend possession en présence du bureau des marguilliers. Le même jour, M. l'abbé Jean-Baptiste Dufeu, né en 1792, ancien curé de Coulans, frère aîné du nouveau curé, nommé vicaire, prit possession en remplacement de M. l'abbé Langevin, envoyé à Connerré, à Marigné, puis curé d'Auvers-sous-Montfaucon, de Tresson, de Champaissant. Il ne confessa point, ne fit que dire la messe, sans exercer le ministère. Il est décédé à Ségrie en 1879.
A l'arrivée de M. Dufeu, le produit des bancs était de l,030f., mais il y eut une location générale à l'occasion des bancs neufs ; elle produisit, je crois, au-delà de 1,500 fr. Le récrépissement d'une partie du presbytère coûta 126 fr. 45. — Tapisserie et peinture de la chambre curiale, 199 fr.
M. David, dont la position, relativement à une pension sur la caisse des retraites, demeura par trop longtemps sans solution, trouva Un abri dans ma maison pendant près d'un an; il séjourna un an à Saint-Paul-le-Gaultier et l'administration ecclésiastique le nomma curé de la petite paroisse de Livet, en 1861. C'est là qu'il mourut le 11 mai 1862, âgé de soixante-deux ans, après une cruelle maladie. Il était né à Saint-Hilaire-de-Briouze,(Orne.) Mgr de Quelen, archevêque de Paris, lui donna, à la suite d'un examen brillant, au séminaire du Mans, un prix spécial, marqué de ses armes. Il fut professeur à Précigné ; vicaire à Nuillé-sous-Vicoin, quatre ans ; vicaire à Notre-Dame de Laval, douze ans, et curé de Sougé, près de quinze ans. Il n'est point oublié par ceux qui l'ont connu dans ces divers postes. 11 s'y distingua par toutes les œuvres du zèle sacerdotal. Il était instruit
dans les choses de l'esprit et de Fart. Le secret de sa vie fut d'aimer Dieu, d'être humble et de se dévouer aux pauvres.
1861. Plafonnage de la portion de la nef qui s'étend de la Sainte Table à l'arcade de la petite porte, y compris la voûte de la chapelle de N.-D. de Pitié, moyennant 1,200 fr.
4 juin. Autorisation octroyée par Mgr Fillion à M. le curé de Sougé, d'ériger un chemin de croix, dans l'église. M. Lemoine, curé-doyen de Fresnay, fut délégué pour cette érection qui eut lieu le 15 juin. Le chemin de croix en figures coloriées sur papier, encadré de baguettes dorées, avait été offert par la générosité de plusieurs personnes pieuses de la paroisse.
1863. 13 janvier, M. Dufeu obtint une nouvelle faveur qu'il avait sollicitée de Mgr l'Évêque, celle de l'érection dans l'église, de la confrérie du Rosaire vivant. Suit une délégation de M. Toury, vicaire général, attribuant aux curés de Sougé, à perpétuité, le titre de directeurs du Rosaire vivant, avec tous les privilèges annexés à ces fonctions.
25 février 1863. Prise de possession du successeur de M. Dufeu, transféré ainsi que son frère à Ségrie.
27 avril 1863. M. Simon Thimont se démet des fonctions de trésorier ; il est remplacé, séance tenante, par M. Julien Rivière.
18 juillet 1863. M. Edmond-Joseph- Jean Lepert, né en 1840 à Sillé-le-Guillaume, est nommé vicaire de Sougé.
1865. Vente d'une parcelle de terre, nommée les Brousses, en Assé, appartenant à la fabrique, moyennant 225 fr., au sieur Angevin, du Fresne.
1865. M. l'abbé Lepert, nommé à Saint-Calais, fut remplacé le 3 janvier 1866, par M. l'abbé Pierre-Edouard de La Roque, qui eut pour successeur, le 1er juillet de la même année, M. Charles François Courtin.
23 septembre 1866. Bris de la grosse cloche. La nouvelle, sortie des ateliers de M. Bollée, au Mans, pèse 507 kil. à 3 fr. 30 le kil., total 1,673 fr. 10, plus un battant en fer de 17 kil., 34 fr.
Le total des dépenses a été de 1,833 fr. 84 c; mais il faut retrancher le prix de la vieille cloche, 437 kil. à 2 fr. 40, le kil. c'est-à-dire 1,044 fr. de 1,833 fr.84 c. Alors la dépense réelle fut de 789 fr. 84 c. Elle fut couverte par le produit d'une quête faite au commencement de 1868, et les ressources de la fabrique.
Inscription de la cloche : « L'an de grâce 1868, sous le pontificat de Pie IX, Mgr Fillion, évêque du Mans, j'ai été bénite par M. Joseph Lemoine, curé doyen de Fresnay, assisté de M. Gustave-Louis-Marie N., curé de la paroisse et nommée Martine par M. Pierre Moulard et Mme Jules Roger, née Félicité- Rose Roger. M. Alexis Coutré, maire. A la suite d'un conflit, au commencement de mars, entre M. le curé et le conseil de fabrique qui n'avait point été consulté dans le choix du parrain et de la marraine, ces derniers démissionnèrent, et leurs noms avec celui du maire furent détachés de dessus la cloche.
21 mai 1868, jour de l'Ascension, bénédiction de la cloche par M. le curé de Sougé, en présence des paroissiens et de deux marguilliers. La cloche resta dans un coin de l'église ; elle ne fut montée dans là tour qu'à la fin de l'année.
Après des récriminations nombreuses devant le ministre, le préfet et l'évoque, de guerre lasse, les esprits se calmèrent, les difficultés s'aplanirent. Avec la prudence la plus élémentaire tous ces embarras auraient été évités.
13 mai 1872. Bénédiction du nouveau cimetière : M. Deslaie, archiprêtre, vicaire général, curé de La Couture du Mans, fait un discours très-senti après l'évangile de la messe célébrée par M. Chanson, curé-doyen de Fresnay. Le même, assisté de plusieurs ecclésiastiques, entre autres de M. l'abbé Moreul, premier vicaire de la cathédrale du Mans, fait la bénédiction du cimetière et de la chapelle dédiée à Notre-Dame. Une foule immense assistait à la cérémonie, malgré le mauvais temps.
Au bas du cimetière s'élève la chapelle funéraire de la famille Moulard, elle forme l'objectif, sur un plan incliné, du portail d'entrée, dans l'axe de la belle croix, d'une hauteur de 7 m. 30.
Celte chapelle éclairée par deux croisées géminées de chaque côté et un oculus sur la porte, occupe avec son entourage près de 100 m. carrés de superficie ; elle est toute en granit d'Alençon et appartient au style roman primitif. Son abside n'a pu être orientée selon l'usage traditionnel de l'antiquité chrétienne, à cause des difficultés de terrain.
L'ensemble du plan fait honneur à l'architecte, M. Rodier. Ajoutons que pour l'exécution, il a été secondé d'une façon intelligente par M. R. Blanche, entrepreneur à Fresnay.
14 mai 1872. Cérémonie, présidée par M. l'abbé Moreui, de l'inhumation, dans le caveau de droite, en entrant dans la chapelle, des corps exhumés de l'ancien cimetière, de Mlle9 Moulard, Élisabeth-Marie-Joséphine, décédée à Sougé, le 31 mai 18G8, à l'âge de 13 ans, et Marie-Rose-Charlotte-Louise, décédée au Mans, le 19 janvier 1870, à l'âge de 12 ans.
1872. La chaire, faite en 1786, est repeinte ainsi que son escalier qni a été remanié avec des tâtonnements qui ont amené des dépenses considérables.
18 décembre 1872. Décret du Président de la République approuvant le legs de Mlle Lefebvre en faveur des fabriques de Sougé et de Fresnay. Le bordage de la Trouesse est compris dans ce legs d'une valeur d'au moins 60,000 fr., dont deux tiers pour Fresnay et l'autre tiers pour Sougé.
30 avril 1873. Visite de Mgr l'évêque Charles Fillion. Empruntons un compte-rendu de cet événement :
« Les apprêts sont achevés ; la foule se porte sur la route de Fresnay, à la rencontre de Mgr l'évoque. Sa voiture marche au pas entre deux haies de personnes dans une attitude respectueuse.
« Au pied de l'arcade grandiose, dressée au-dessous de l'entrée de la rue aux Gelines, Monseigneur descend de sa voiture avec M. Chanson, son grand vicaire, et M. lecuré-doyen de Fresnay. Là, le clergé, le maire de Sougé et une partie des Conseils municipal et de fabrique entourent Monseigneur qui baise lacroLx qu'on lui présente, puis se met à genoux. Le maire lui adresse un discours ;
Sa Grandeur y répond d'une manière gracieuse. Les chantres entonnent le répons, Ecce Sacerdos Magnus ; la porte de l'arcade s'abaisse sous les pas du Pontife, et la procession se met en marche. De chaque côté du parcours se dresse une ligne de sapins, et les enfants de plusieurs paroisses forment la haie. Les femmes se précipitent au-devant du vénérable évêque et sollicitent sa bénédiction pour leurs petits enfants.
« Le prélat souriait et accueillait tout le monde avec bonté.
« A l'entrée de l'église, M. le curé prononça un discours de circonstance ; la réponse, pleine d'à-propos, faite par Monseigneur, respirait la charité et l'aménité.
« Monseigneur dit la messe et donna une instruction sur le sacrement de confirmation. Ce sacrement fut administré à environ 800 enfants appartenant aux paroisses d'Assé-le-Boisne, Saint-Georges-le-Gaultier, Saint-Léonard-des-Bois, Saint-Paul-le- Gaultier et de Sougé-le-Ganelon.
« Après la cérémonie, Monseigneur rentra au presbytère pour déjeuner et se reposer des fatigues de la matinée. Les convives n'étaient pas nombreux : une dizaine d'ecclésiastiques, le maire, son adjoint et un conseiller de fabrique.
« Dans l'après-midi, le prélat, accompagné d'une partie des convives a visité les deux maisons d'école et M. le maire. Il s'est rendu au nouveau cimetière, est entré dans la chapelle, où, Mme Moulard lui a présenté l'eau bénite. De là, le cortège est descendu à la demeure de M. Moulard. Puis, Sa Grandeur s'est dirigée vers Assé-le-Boisne à l'effet de visiter M. le curé, âgé et infirme.
« Monseigneur, de retour au presbytère de Sougé, après avoir dîné, oubliant les fatigues de la journée et le mauvais état de ses jambes, voulut bien sortir dans la rue principale, adresser des remerciements, parler aux enfants, donner à tous des témoignages de sa gratitude et de sa bonté.
« Voilà une journée qui laissera de précieux souvenirs dans la mémoire de tous ceux, qui ont eu le bonheur d'assister à cette fête de famille. »
Août 1873. Acquisition, au moyen de virements, d'un calice en vermeil dont se sert exclusivement M. le curé. Le vieux calice d'argent d'un poids assez considérable a été changé et remplacé par un petit en argent.
23 octobre 1873. Dans une réunion du Conseil de fabrique il est exposé que le mur du jardin du presbytère, à pierre sèche, recouverte d'enduit à chaux et à sable, a coûté 513 fr.
1er novembre 1873. Quête en vue d'ériger sur Montmartre, à Paris, une église dédiée au Sacré-Cœur.
8 mars 1874. Commence une retraite donnée par M. l'abbé Mussard, jeune missionnaire de La Chapelle-du-Chêne ; elle fut très-suivie et se termina à Pâques.
28 juillet 1874. Décès de Mgr Charles-Jean Fillion, évêque du Mans, né le 1er mai 1817 à Saini-Denis-d1 Anjou, (Mayenne). Cet excellent prélat eut pour successeur Mgr Hector-Albert Chaulet d'Outremont, né à Tours, le 26 février 1825, évêque d'Agen depuis 1871, désigné pour le siège du Mans par décret du 14 septembre 1874. Il prit possession le 2 février 1875, au milieu d'une ovation.
1874. Produit des bancs et des stalles, 1,596 fr. 80.
25 avril 1875. Nomination de M. l'abbé Courtin, vicaire, 1866- 1875, à Sougé, né à Segrie, à la cure de Montaillé. Il est remplacé par M. Louis-Victor Gautier, jeune prêtre, né à Mansigné. Son installation eut lieu le 30 juin 1875. Dès le 23 février 1877, il quittait Sougé et permutait avec M. l'abbé Léon Morancé, vicaire à Savigné-l'Evêque.
22 mars 1876. Messe pour attirer les bénédictions du ciel sur la forge de la Gaudinière qui rallume ses fourneaux, sous la direction de M. Guérin-Beaupré. Une statue de Saint-Éloi est bénite par le prêtre.
22 avril 1877. Visite de l'évêque du Mans, Mgr d'Outremont, dans le canton de Fresnay. Sa Grandeur, accompagnée de M. Chevereau, grand vicaire, venait d'Assé où elle avait confirmé, la veille et passé la nuit ; elle arriva à 8 heures 1/2 par un temps pluvieux. Le clergé et les Conseils municipal et de fabri-
que reçurent le prélat à l'entrée de la rue aux Gelines, sur le chemin n°4 ; M. le maire lui adressa un petit discours. La réponse fut gracieuse. A rentrée, dans le chœur, M. le curé prononça aussi un discours. Monseigneur fit en chaire une allocution, dit une messe basse et administra le sacrement de confirmation aux enfants de Sougé. Après la cérémonie, les mères présentèrent à la Sainte Table les petits enfants : Monseigneur les a tous bénis, leur a tapoté les joues, les a amusés avec sacroce ou son anneau. Bref, les mères étaient émerveillées de la bonté du pontife. On fit les prières pour les morts, Monseigneur, en chape noire, avec mitre blanche, présida la procession qui s'achemina vers le cimetière. Les prières se terminèrent au pied de la croix boissée, Mgr l'évoque, pendant que M. le curé se hâtait de diriger le clergé vers la porte du cimetière, descendit, accompagné des autorités et de la foule, dans la chapelle de la famille M..., y donna sa bénédiction.
Après les cérémonies religieuses eurent lieu, la visite des deux écoles, la réception, dans le salon du presbytère, des deux Conseils. A une heure le déjeuner était terminé et Monseigneur partait pour Saint-Ouen-de M... et Saint-Germain de la C...
14 octobre 1877. Tous les conseillers de fabrique envoient leur démission à Mgr l'évêque et protestent contre la conduite de M. le curé.
30 novembre 1877. M. l'abbé Léon Morancé, qui a su gagner l'estime de tout le monde par ses talents, ses procédés pleins de distinction, quitte Sougé pour aller à Vibraye.
2 décembre 1877. Apparition de M. l'abbé Rousseau, vicaire.
7 janvier 1878. Mort de S. S. Pie IX, né le 13 mai 1798. Dès le 20 janvier, il est remplacé par le cardinal Pecci, né le 3 mars 1810, qui prend le nom de Léon XIII.
14 avril. Pas de procession au cimetière, le dimanche des Rameaux, le jour de Pâques, etc. Le mécontentement est général.
27, 28 et 29 mai. M. le curé ne fait pas les processions des Rogations. Sougé n'a pas de procession aux deux dimanches de la Fête-Dieu.
26 septembre. M. Chevereau, grand vicaire, notifie au maire de Sougé la nomination à la cure de Sougé de M. l'abbé Sacier, curé de Ruaudin. Le 4 octobre, à la satisfaction des habitants, M. N... quitte Sougé, pour se rendre à la cure de Connerré.
Le nouveau curé a recomposé sans difficulté un nouveau conseil de fabrique, dont font partie MM. Bouet, Blossier, Mallet, P. Renard, Yvard et Blossier, nommé trésorier.
11 mars 1879. M. Fabbé Henri Rousseau, vicaire de Sougé, est nommé en cette qualité à Malicorne et n'est remplacé qu'au commencement du mois de juillet par M. l'abbé Louis-Clément Lalouze, jeune prêtre, né à Saint-Georges-le-Gaultier.