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CHAPELLES

BÉNÉFICES,PRESTIMONIES, CHAPELLENIES

Les chapelles étaient ordinairement fondées sans l'intervention de l'Église, et les familles avaient l'obligation d'en perpétuer les titulaires, puisqu'elles en avaient la présentation, sous la collation de l'évoque. L'acte de fondation indiquait l'église dans laquelle elles étaient desservies. Les rentes attachées à ces bénéfices n'étaient pas considérables; elles étaient affectées, le plus souvent, à des écoliers ou à des ecclésiastiques qui pouvaient en posséder plusieurs sans être riches.

La tonsure, qui n'est qu'une préparation aux ordres, suffisait pour les obtenir. Les bénéfices séculiers étaient donnés à des clercs séculiers, qui, sans être tenus à la résidence, faisaient remplir par un ecclésiastique les charges de leur prébende.

Quand il y avait chapelle pour y dire l'office, comme la Chapelle des Chardonnerets, c'était une chapelle régulière. Autrement ce n'était que bénéfice simple, legs, preslimonie, ou chapellenie... Leurs titulaires n'avaient pas charge d'àmes et n'étaient pas tenus à la résidence. Elles étaient chapelles décrétées quand elles étaient importantes et approuvées par l'évêque et le pape.

Dans la répartition sur les diocèses, par l'Assemblée générale du clergé, de l'imposition des dons gratuits et secours extraordinaires, tenant lieu de capitation, accordée au Roi par le clergé,

figurent tous les bénéfices, les chapelles, les prestimonies, comme on peut le voir en 1710.

§ lPr. — Prieuré.

Le prieuré de Saint-Martin de Sougé (de Sougeyo), membre de l'abbaye de La Couture du Mans, remonte à une haute antiquité. Odolant Desnos nous apprend (11,503), que Foulques de Sougé, en 835, donna, par moitié, au chapitre du Mans, et au prieuré de Sougé, dépendant du monastère de La Couture, le pays de Hellou, dont il était possesseur. Aussi peut-on le considérer comme fondateur du prieuré.

« Ce pays considérable dans le voisinage d'Alençon forma quatre paroisses sous la seconde race de nos rois : l'une a conservé le nom de Hellou, la seconde se nommait Sainte-James, réunie à Hellou, la troisième Saint-Germain de Corbie, et la dernière réunie à Saint-Germain . »

Dans un registre des Archives communales du Mans, nous lisons : Église du Mans. Enquête à l'occasion d'un procès entre le chapitre de l'église du Mans et l'abbaye de La Couture, page 5.

— 1245 — « Requisitusin quitus cousis et contra quoshoc

vident. Respondil Iquodfuit presensin capitulo cenom. et audirit presentialiter quod homines dicti capituli de h. loci conquesti fuerunt in capitulo, de Herberto de Sougeio, milite, qui ceperat pignora eorum in nemoribus ipsius militis, in quibus dicebant se habere usagium,et vidit testis iste quod ille miles, citatus, comparait in capitulo, et respondit tara super delicto quam super usum nemoris, et stelil judicio capituli, tam super usu nemoris quam super dampnis illatis dictis îwminibus... » — Page 121. — «... dicit etiam quod dictus Herbertus de Sougeio, miles, citatus in cpto comparuit et petit u m fuit ab eo capto quod permitteret hoes cpli in terra Herlou (Helou,) uti usagio, quod habebat in nemoribus de Herlou, qd impediebat in débite ut dicebat capilulum et idem miles negavit incapitulolitemcontestando eosdem homines habere dictum usagium, et tandem consense-

runt capitulum et dictus mile* qui iste qui loquitur el Mag. Dyonisius testis precedms reciperent testes super hoc, et ipsi receperunt eos et reddiderunt in capitulo et postea remansit diction usagium dictis hominibus, sed nescit si hoc fuit per sententiam de tempore, crédit sexdecini an nos elapsos. »

On peut affirmer sans crainte de se tromper que le prieuré a été fondé avant l'église, et pour preuve, on peut s'appuyer sur la manière de procéder des monastères dans les siècles du moyenâge. En devenant possesseurs d'un domaine, ils y établissaient un certain nombre de religieux, chargés de l'administrer, et surtout d'y entretenir l'ordre et la morale parmi les serfs qui en cultivaient les terres.

Bientôt l'oratoire du prieuré devenait un centre, et c'est ainsi qu'un grand nombre de paroisses ont été fondées. Les moines ne pouvaient pas établir de ces monastères grandioses qui répandirent les premiers ferments de la vie chrétienne et de la civilisation au milieu de nos campagnes, comme au vie et vir siècle ; mais les prieurés, qui étaient membres d'une puissante abbaye, continuaient la même mission.

Tandis que les abbayes cherchaient à entretenir dans les classes supérieures de la société la culture intellectuelle, les prieurés, dans les campagnes, appelèrent à la vie chrétienne et souvent à la vie d'homme les populations plongées dans l'ignorance et la misère.

Au côté nord de la grande porte de l'église, se trouvent les bâtiments du prieuré. La maison actuelle du xvie siècle est remarquable par son architecture assez bien conservée. On y voit quelques fenêtres en croix, quoique les principales aient disparu, deux lucarnes surmontées d'énormes coquilles en pierre blanche, d'une belle sculpture. Un escalier de pierre de granit en spirale, très large, avec des marches peu élevées, est renfermé dans une tour sexagone avec encoignure en pierre de roussard, placée au nord de l'édifice. Au commencement de ce siècle, le propriétaire, par raison d'économie, remplaça la flèche aiguë par une toiture basse, telle qu'elle existe aujourd'hui. Des modi-

fications plus ou moins agréables à l'œil ont été successivement apportées par des constructions accolées aux flancs de l'édifice. Les deux grands pignons ont des rampants.

Le vaste enclos emmu raillé de ce bénéfice a été divisé en plusieurs portions, les unes afférentes aux bâtiments proprement dits du prieuré, les autres, aux habitations qui se sont élevées depuis 80 ans dans le Haut Prieuré.

Le prieuré, d'après le Pouillé diocésain, valait 1,350 liv. y compris 800 liv. de pot-de-vin et les subsides, consistant clans les deux tiers des dîmes de toutes espèces, deux fermes, un gros sur la cure du Petit-Oisseau et un taillis ; à la charge de deux messes par semaine. Lepaige l'estime à 1,800 liv.

Le titulaire du prieuré ne résidait plus à Sougé, sans doute, lorsque le décret du concile de Lalran eut fait rentrer les moines des petits prieurés dans les abbayes. Ainsi voit-on çà et là son nom dans les prises de possession qui se faisaient par procuration le plus souvent.

1233. Dans une bulle du pape Grégoire IX, en faveur du couvent de La Couture, se trouvent énumérées les églises qu'il possède, entre autres ecclesia de Sogeio.

1240. Une charte de l'archevêque de Tours, portant compromis entre lui et l'abbaye de La Coulure, fait mention des prieurés de Sougeyo, de Sancto Paulo, de Fresnelo, etc.

1439. Jean Pavet, prêtre, prieur de Sougé.

1488. Frère Jehan Leroyer, prêtre, prieur de Sougé, fait une déclaration à la seigneurie dudit lieu.

1511. Le prieur et le curé de Sougé sont tenus de fournir de la paille à étendre dans ladite église, trois fois l'an, à la Toussaint, à la Saint-Martin et à Noël.

1532. D. Jehan Dampon, prieur, habite Sougé avec un clerc serviteur, Jehan Legros. Le même, en 1542, fait aveu aux assises de Sougé, à raison d'héritages, sis au Rocher-Billon, en Sougé.

GuiPeccate, né à Saint-Rem y-du-Plain, bénédictin de La Couture, auteur de poésies latines, ami de Ronsard et de La Croix du Maine, fut prieur de Sougé. Il mourut le 5 juillet 1580.

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22 décembre 1563. Claude Gautier, prieur de Sougé, devient prieur de Brûlon. (Ins. eccl.)

10 juillet 1564. Devant M6 François Fontenelle, notaire à Sougé, Me Jehan Leraarchand, procureur de Me Jacques Foyn, bachelier en décret, clerc du diocèse d'Angers, pourvu par Nicolas Fumée, abbé de La Couture, du prieuré de Saint-Martin de Sougé, par résignation de Jehan Panholart ?, prend possession,en présence de Me Jehan Godemer, Pierre Saillant, Julien Gervaiseaux, Jehan Saillant, prêtres, Gatian Radouelle, procureur général des habitants et de la fabrique de Sougé. (Ins. eccl.)

9 novembre 1566. Noble et discret François de Rabodange, pourvu duclit prieuré, résigné par 31e Foyn, en prend possession par procuration.

2 mai 1568. René Lejoystel, clerc tonsuré, est pourvu comme résignataire du précédent.

22 juin 15G9. Me Pierre Taron, prieur de Sougé, obtient un délai pour rendre aveu aux assises de Sougé.

22 octobre 1575. Prise de possession d'Etienne Duchesne, prieur commendataire.

1586. Jean de Biars, écuyer, prieur de Sougé, fait une déclaration à la seigneurie duclit lieu.

7 août 1587. Prise de possession de MeLegenissel, issu d'une famille bourgeoise de Ceaucé en Passais, en présence de noble Christophe de Saint-Berthevin, demeurant à Sougé. (Ins. eccl.)

15 mars 1596. Prise de possession par frère Jacques Feron, religieux profès de Saint-Pierre de Chartres.

25 juin 1600. Fr. Christophe Bastard, religieux profès de La Couture, prend possession en présence de M. René Saillant, prêtre, curé de céans, Noël Doublet, prêtre habitué à Sougé, Me Julien Gervaiseaux, prêtre sacristain de la paroisse.

22 février 1601. Prise de possession par Eloy Périer.

22 mai 1602. Prise de possession par Ma François Le Camus, après résignation faite par M0 Jacques Feron, moine de La Couture.

2 juin 1602. Noble frère Christophe Bastard, religieux profès

de l'abbaye de La Couture, bachelier en droit canon, prend possession ; mais une femme lui ferma la porte du prieuré, en présence de Me Pierre Saillant, naguère curé de Sougé, de René Saillant, curé dudit lieu.

6 mai 1604. Prise de possession aii nom de Claude Carpentier, nommé par noble Claude de Belœuvre. Plusieurs témoins refusèrent de signer ; Me René Saillant, curé, procureur de Me Eloy Périer, écolier, soit disant prieur, demanda acte de son opposition. (Ins. ecch).

2 juillet 1605. Me Huron, au nom de Me Jacques Saulmon, bachelier en théologie, curé de Blanchy en Ponthieu, demeurant au collège de Boncourt en l'université de Paris, prend possession.

Dans l'acte il est dit : « Je me suis transporté au logis dudit prieuré, la porte duquel j'ai trouvée fermée et m'ont déclaré les témoins susdits qu'un nommé Antoine de Boispitard et sa femme y demeuraient, etc. (Ins.eccL). » Plus tard nous retrouverons les seigneurs de Sougé s'immiscer dans les nominations audit bénéfice.

30 juillet 1605. Prise de possession par Mé Jacques Deschamps, prêtre, prieur de Sougé, y demeurant.

19 novembre 1613. Devant Me Mathurin Chouin, notaire à Sougé, Me Ambroise Massue, curé de Connerré, procureur de Me François Chouin, prêtre, prend en son nom possession du prieuré, en présence de Pierre Morin, prêtre, fermier dudit prieuré, honnête homme Bertrand Bigot, marchand, Jacques Eliant, segretain de Sougé, Guillaume Chouin, laboureur, de Saint-Aubin-de-Locquenay. (Ins. eccL).

20 août 1619. Prise de possession par Me François Peschard, prêtre, fermier du prieuré de Sauit-Remy-de-Sillé, y demeurant, au nom de noble Nicolas Courtin, prieur des prieurés de Saint- Remy et de Sougé.

11 juin 1643. Transaction devant les notaires du Chàtelet de Paris au sujet d'un procès entre noble Charles de Courtin, prieur de Sougé, aumônier du Roi, et René Le Silleur, écuyer, sieur de Chevières, tant pour lui que pour dame de Boispitard, veuve

d'Arthur Le Silleur, écuyer, sieur de Chevières, sa mère, seigneur et dame de Sougé, sur leur refus de faire les déclarations dues aux assises du fief du prieuré.

1678 Me Claude Le Tonnelier de Breteuil, demeurant à Paris, est prieur commendataire de Couterne et de Sougé.

16 décembre 1679. Prise de possession, au nom de frère Jean Blusson, prêtre, religieux profès de La Couture.

17 mai 1681. Poursuites devant le siège de Fresnay, au nom de la fabrique de Fresnay, contre frère Dom Jean Blusson, prieur de Sougé, dont dépendait le lieu du Rocher, en Sougé, à l'effet de lui faire payer les arrérages d'une rente de 12 s. assise sur ledit lieu.

29 octobre 1694, Transaction du chapitre du Mans avec le curé du Hellou. François Lecomte, qui payera aux sieurs du chapitre, à Me René Robelot, chanoine, pour le gros de la prébende dans la collation de la paroisse du Hellou, à D. Jean Blusson, prieur du prieuré de Sougé-le-Ganelon, à chacun 60 liv., pour les droits de deux tiers de dîmes de la paroisse du Hellou {G. 23.)

1728. Bail du prieuré de Sougé, donné par Barthélemi Loubat de Caries, ou de Charlor, chevalier de justice de l'Ordre de Saint-Lazare, prieur {H. 82.)

25 mai 1773. Sentence du siège royal de Fresnay maintenant D. Jean-Baptiste Petit, prêtre, religieux de la congrégation de Saint-Maur, dans la possession et jouissance du prieuré simple et régulier de Saint-Martin de Sougé, contre les prétentions de Mme de Montesson, dame de Sougé, voulant le faire condamner à exhiber devant Me Martineau, commissaire à terrier des fiefs de Sougé et de Corbuzain, les titres en vertu desquels il jouit du prieuré et des domaines et fief en dépendant. Mme de Montesson fut condamnée aux dépens, à 338 liv. 7 s. 4 d.

19 décembre 1780. Prise de possession du prieuré, résigné par Ed. Jean-Baptiste Petit, au nom de Claude Carton, prêtre, profès en l'abbaye de Saint-Pierre de Longueil, diocèse d*Angers, en présence de Louis-Remy Sarazin, prêtre, religieux de La

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Couture, François-Louis Laumonier, fermier général du prieuré, François-Louis Gaudemer, notaire, Simon-Pierre Granger. {Ins. eccl.)

7 octobre 1782. Ce religieux passe au Mont-Saint-Michel, diocèse d'Avranches.

10 décembre 1670. Bail du prieuré. « Devant nous Julien Agin, notaire au Maine, résidant en la paroisse de Sougé-le- Ganelon, fut présent en sa personne Benjamin Mauduit, marchand fermier du prieuré dudit Sougé, y demeurant, lequel a ce jourd'lmi baillé... pour le temps de sept années, à commencer le jour de Pâques prochain... à Françoise Chouin, veuve Mathurin Gervaiseaux, Mathurin Gervaiseaux, marchand, promettant faire ratifier d'agréer ces présentes à Marie Mouton, sa femme... et encore Michel Gervaiseaux, laboureur, tous demeurant au lieu des Chauvières, paroisse dudit Sougé... acceptant et prenant pour ledit temps de sept années audit titre de ferme : savoir est le temporel et domaine dudit prieuré, ainsi qu'il se poursuit et comporte... à charge de payer de ferme, par chacun an, les preneurs au bailleur, la somme de seize vingts livres et pour subsides, deux boisseaux de noix combles, un boisseau de froment aussi comble, payables en espèce... et s'est réservé le bailleur le logis dudit prieuré en un tenant, aussi les jardins, grange dîmeresse et écurie, les noyers du masurée du Rocher et demi journal d'une vallée proche les Hayées pour le bailleur en disposer, et pour l'exploitation des étables et petite grange dudit prieuré et emplacement de forme à fumier ; les preneurs auront passage par la cour dudit prieuré sans le pouvoir occuper... et a ledit bailleur baillé aux preneurs la maison et dépendance qu'il a prinse à René Potier par bail... pour leur logement. . . feront les preneurs tous leurs charrois nécessaires pour le service de la maison dudit bailleur n'excédant pas une lieue ; et soumis lesdits preneurs tirer un trait de dime avec leur harnais dans la grange dîmeresse, délivrera le bailleur aux preneurs chacun en leurs deux tiers de toutes les dîmes d'icelle grange dîmeresse et est réservé le tiers qui appartient au sieur

curé... Présents: Me Jean Chambrier, diacre, Barthelemi Héliant, cordonnier. »

1722. Il résulte d'un extrait de l'égail et département fait et arrêté au bureau du clergé du diocèse du Mans, le 11 mars 1722, de la somme à laquelle les impositions faites sur le diocèse pour la subvention en Tannée 1710 et pour les dons gratuits de 1711 et 1715, ont été fixées par les commissaires du Roi, pour être ladite somme imposée et levée annuellement à deux termes égaux, que le prieur de Sougé a été laxé à la somme de 112 liv. 10 s. payable à deux termes égaux de février et de septembre de ladite année 1722.

Dans le livre terrier du prieuré de Noire-Dame d'Assé, dressé le 20 septembre 1710, nous trouvons la mention suivante : « Et de toutes les dîmes des pois, fèves, vesses, jarousses, blé, orge et avoine, lin, chanvre, qui se recueillent en terre bommagée du lieu de la Béaticière, le curé et le prieur de Sougé les prennent pour le tout. »

1713. Bail de neuf années, à partir de Pâques 1714, du prieuré de Sougé, consenti par Dom Gilles Lelièvre, prêtre, prieur titulaire,en faveur de Charles-Maurice Herbin, marchand, demeurant à Assé-le-Boisne . Le prieuré consiste « en maison prieurale, grange et autres bâtiments et domaine, la métairie de la Ribottière et droits de dîme en dépendant, le gros dû par le curé d'Oisseau, le lief dudit prieuré, quoique non exprimé, comme le tout se poursuit et est exploité par M. René Frenais et sa femme, sans en faire aucune réserve sinon des autres gros et choses non comprises au premier bail fait au sieur Frenais et autres baux faits à Joseph Percheron et René Béliard..., » à la charge de payer au bailleur, en l'abbaye de La Couture, à deux termes, la somme de 1,100 liv. En outre, le preneur payera les cens et rentes dus au seigneur de fief, non excédant 40 s. par an, acquittera tous les ans la somme de 26 liv. 4 s. pour la taxe des décimes ordinaires du prieuré et les autres taxes extraordinaires. De plus, il demeure tenu de payer, chaque année aux religieux de La Couture, la rente de 8 liv. 30 s. qui sont dus

sur le prieuré de Sougé, de faire célébrer le service divin accoutumé, et d'acquitter les dîners dus au sieur curé et prêtres de la paroisse de Sougé, ainsi qu'on a coutume ensemble de faire les aumônes ordinaires, comme a fait le fermier précédent. Le preneur demeure tenu de faire sa demeure actuelle dans la maison prieurale sans la pouvoir céder. Il lui sera loisible de sous-af'fermer les domaines à des personnes de bonne vie et mœurs. M. Charles-Maurice Herbin, époux de Marie Leurson, obtint encore deux baux, 1722, 1732, qui se renouvelaient avec un potde-vin de l,0001iv.

Fermiers généraux : 1670, Benjamin Mauduit ; — 1675, Joseph Percheron ; — 1682, René Béliard ; — 1698, René Fresnais, avocat au siège d'Assé ; — 1716, Ch. Herbin ; — 1747, François Minier ; — 1773, François Laumonier.

28 mars 1791. Les administrateurs du Directoire du district de Fresnay mirent en vente le prieuré de Sougé, composé de bâtiments, jardin, clos à chanvre, de 43 journaux 1/2 de terre labourable et de 17 nommées 1/2 de pré, estimé par les sieurs Galpinet Granger, le 12 novembre 1790, à la somme principale de 19,307 liv. 4 s., déduction faite des impositions. François Fresnais et vingt autres personnes en devinrent adjudicataires pour la somme de 14,100 liv.

§ 2. — École-Corbin. — Collège de Sougé.

L'école des garçons à Sougé existait avant 1500, dans le lieu même de la fondation de Marguerite Corbin,dame de Boispitard. nous avons eu la bonne fortune de nous en convaincre en dépouillant les assises de la seigneurie du Molland, en Assé, appartenant aux de Saint-Berthevin, seigneurs de Corbuzain. (Charlrier de Cerisay.) Le lieu de l'École, propriété desdits seigneurs, sert de rendez-vous aux officiers de Molland, par emprunt, et de Corbuzain, 1504, 1506, etc.

Les bâtiments de l'école n'avaient probablement pas d'importance et les ressources étaient précaires, quand dame Marguerite,

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animée des meilleurs sentiments, voulut assurer l'avenir de rétablissement fondé par les seigneurs de Corbuzain, par son testament du 7 septembre 1631, avec ratification devant les tabellions de Falaise, à la date du 17 avril 1632.

« Le septième jour de septembre Tan mil six cent trente-un après-midi, devant nous Estienne Roulland, notaire au duché de Mayenne, demeurant à la Posté, fut présente personnellement établie damoiselle Marguerite Corbin, veuve de défunt messire Antoine de Boispitard, vivant chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, seigneur de Sougé, demeurante à présent en ladite paroisse de la Posté, soumettant elle, ses hoirs, biens, meubles et immeubles présents et à venir au pouvoir et ressort de notre dite cour et de toutes autres si besoin est quand pour ce fait, laquelle saine de corps, d'esprit et d'entendement, considérant qu'il n'y a rien de si certain que la mort et rien plus incertain que l'heure d'icelle, ne voulant mourir intestatrice, a fait, nommé et ordonné son testament et dernière volonté en la forme et manière qui en suit : Et premièrement veut et ordonne ladite testatrice qu'après son âme séparée par le vouloir de Dieu d'avec son corps, sera inhumée dans un cercueil en l'église de la paroisse où elle décédera, et qu'au jour de sa sépulture, douze prêtres, outre ceux de ladite paroisse où elle sera inhumée, seront priés d'y assister, à chacun desquels prêtres sera payé 16 s. lesdits jours et à dîner, et pour le regard du sieur curé et ses chapelains, ils seront aussi payés raisonnablement suivant la coutume de ladite église, et veut ladite testatrice que quatre desdits prêtres au choix dudit sieur curé portent son corps à l'église, auxquels sera baillé chacun un quart d'écu en outre leurs assistances ordonnées ci-dessus, et qu'à chacun desdits jours, il sera dit et célébré l'office des morts avec trois messes hautes avec diacre et sous-diacre, et ceux qui y seront employés la célébreront à basse voix ; que pour le seau, il sera fait treize torches du poids de deux livres en cire, deux cierges sur chaque autel de ladite église et douze cierges à l'entour du cercueil ou du poêle, et quatre à la livre et un cierge

en cire blanche à mettre sur le corps pesant deux livres ; et qu'il soit baillé à chacun desdits assistants une chandelle ou bougie à la discrétion des exécuteurs pour être présentées à l'offerte, veut et ordonne ladite testatrice que lesdites torches soient portées par treize pauvres de ladite paroisse... auxquels il sera baillé chacun une aune el demie de drap, et qu'aux dits jours, il sera donné aux pauvres qui s'y trouveront chacun 2 s. ; que le lendemain de son enterrement sera commencé un huitain par le curé et chapelains à la fin duquel sera fait le septime, et le lendemain sera commencé deux trentains consécutifs l'un l'autre.

« Veut ladite testatrice que lesdits exécuteurs prient les révérends pères capucins d'Alençon de dire trois trentains à leur dévotion et d'assister au septime et enterrement, auxquels elle donne et laisse la somme de 200 liv. et la somme de 50 liv. aux filles de Sainte-Claire d'Alençon, pour être associée à leurs prières, la somme de 40 liv. aux pères Carmes déchaussés de Paris, pour dire un trentain à leur dévotion. La somme de 10 liv. aux Quinze-Vingts de Paris, et la somme de 20 liv. aux filles de la Charité... Et veut ladite testatrice qu'il soit dit un trentain pro defunctis en l'église de Saint-Germain de Coulamer... Outre laisse 8 liv. à la confrérie du Saint-Sacrement à Notre-Dame de Sillé et 6 liv. à la confrérie du Rosaire, instituée en ladite église, le tout une fois payé. Outre, veut être payé à toujoursmais, par chacun an, audit sieur curé de Saint- Germain, la somme de 60 s., 10 s. à la fabrice et 5 s. au sacriste, à la charge, que ledit sieur curé avec ses chapelains permettra déchanter solennellement devant l'autel de la Sainte- Vierge, à l'issue des vêpres, tous les premiers dimanches du mois, un Stabat avec l'oraison suivante à l'intention de l'àme de défunt noble Jean Corbin, vivant sieur de Laiguelière, père de ladite damoiselle et île tous leurs amis trépassés desquels sera fait recommandation, chacun desdits jours et par le procureur fabriçal de fournir le luminaire, et par le sacriste d'assister et sonner et faire tout ce qui sera nécessaire. Laquelle somme de

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