‹ Chroniques de Sougé-le-GanelonChapitre 19 sur 42 · CHAPELLE SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

CHAPELLE SAINT-DENIS

beato Martino, Sancto Leonardo, beatœ Mariœ de Fresnayo, hi'/iiœ Mariœ de Asseio-le-Roisne, beato Petro de Doulleto, beato Georgio, beato Paulo, beato Petro de Genis, beato Petro de Fleyo, née non capellœ Margaritœ des Chardonnaiz... summum decem denar iorum turon. Item, ordino et dispono habere luminaria ad voluntatem meorum executorum. Item, clericis, summam quinque solidor.t. semel solvend... Item, do et lego numerum quatuor bucellorum bladi ad faciend. charitatem in die obtins mei. Item, do et lego Mis qui me portabunt adecclesiam et tumulum cuilibet quindecim denar... — Item, do et lego Petro Régi, presbijtero, summam viginti solid. t., do et lego filiolis et filiolabus meis cuilibet quindecim solid. turon... Do et lego rectori de Sougeyo et suis successoribus duodec. denar. capiend. quolibet anno super Guillelmum Regnard de Sougeyo per faciend. per dictum rectorem preces solitas quolibet die dominica post aquam bcnedictum in societate aliorum, ante magnam missam. — Item, do et lego dicto rectori de Sougeyo et successoribus summam seocdecim solidor. sex denar. t. quœest média triginta turon. solid. adcapiend. et levand, quolibet anno, per dictum rectorem super locum de Roys-Orin... Rector et sui successores tenebuntur dicere et celebrare seu celebrare facere, quolibet anno, très missas cum rigiliis, alta voce, die venerix, ante ramos palmarum in dicta ecclesia fundend. atque preces pro me et amicis meis vivis et defunctis... — Item, do et lego dicto rectori et successoribus suis, temporibiis perpetuis, summam tri. solid. quam acquisici a Guillelmo Deschamps, capiend. et levand... super hered es def. GuillelmiCouret, sitam super vineam donatam... propter rector tenebitur facere, quolibet anno, preces solitas in die sancti Dionisii in magna mi:<>;<i et in aliis niissis in quibus renia et indulgentia sunt institutœ in capella sancti Dionisii e Vado Orin et parochiani tenebuntur dicere pro me Ave, Maria. — Item, do et lego procuratori fabricœ dicti loci de Sougeyo summam quindecim denar. tur. annualim... super hœredia quœjampreced... fuerunt Guillelmo Deschamps, sita ad locum de La Robinière in Regali. — Hem,

do et lego dicto procuratori parochiœ et fabricœ... annualim, unum panem ad benedicendum,precio quindecimdenar. turon., ad dandum circulât im omnibus affluentibus in dicta capella, magnâ missâ, in die sancti Dionisii, ad capiendum et levand... super detentores duorum jngerum terrœ vocatorum les Champs- Richard, later... per quod itur de Sougeyo au Gué de Lhostel, gallice, et de uno buto... des Onglées, gallice, in feodo Dom. de Sougeyo, etc. insuper supplico venerabili et discreto viro Dom. decano. de Fresnayo, sigillum cerœ, in presenti meo testamento apponat seu apponi faciat. Et nos Decanus de Fresnayo, ad révérend, discret, viri Pétri Leroy, curiœ nostrœ notarii coram quo permissa facta fuerunt et passata et ordinata... Datum (18 oct. 1487,) presenlibas Johanne Cosnart, Johann e Teilleul, Stephano de La Chambre, clerico, cum pluribus aliis testibus. »

1er août 1493. Sentence du bailli de Fresnay, portant règlement de la rente due à la fabrique de Sougé par suite du testament précédent.

Le paiement de la rente assise sur le lieu du Petit-Boys-Orin, (Ory) ne fut pas fait régulièrement ; à ce sujet, il survint des procès, des enquêtes. Le premier volume des archives de la fabrique conserve assez bon nombre de pièces qui y ont trait. On peut remarquer facilement que cette fondation ne fut pas florissante ; les procès en amenèrent la ruine.

§ 7. — La Guyardière (Prestimonie de)

2 octobre 1601. Fondation du bénéfice de La Guyardière par testament devant Me Léonard Ligeard, notaire royal, à Fresnay, de Me Pierre Saillant, curé de Sougé. Il lègue deux messes par semaine, moyennant la somme annuelle de 3 écus et un tiers pour le curé et les gens d'église. Le testateur veut que les biens sur lesquels reposent les hypothèques soient en jouissance de Me René Saillant, curé de Sougé après lui, pour en jouir sa vie durant et payer les 3 écus et tiers après lui. Le plus proche

LA GUYARDIÈRE 319

parent du testateur, prêtre, ou devant l'être, jouira des héritages : dans le cas où il n'y aurait pas de prêtre, lesdits héritages seront affectés à un maître d'école, résidant à Sougé, avec la charge des 3 écus et tiers. Le testateur donne également 10 s. au curé de Sougé, pour faire la prière, annuellement, à chaque dimanche, pour le repos de son âme.

7 septembre 1619. Transaction devant Me René Perdereau, notaire à Sougé, entre Me Julien Drouet, prêtre, chapelain de la prestimonie de La Guyardière et les détenteurs du champ de La Renouée.

11 septembre 1650. Accord entre Me René Gervaiseaux, prétendant être vraiment titulaire de la prestimonie, et Jacques Goyet, marchand, père et luteur de René Goyet, clerc tonsuré, prétendant aussi être titulaire du bénétice.

18 avril 1663. Acquisition d'une portion de jardin de La Guyardière, ayant pour titulaire Me René Goyet, prêtre, par messire Jacques Le Silleur, chevalier, demeurant en sa maison seigneuriale dudit lieu, laquelle porlion, semeure à cinq quarterons de chènevis, à prendre derrière la maison de La Guyardière, deux pieds à prendre au coin de ladite maison pour y bâtir, par ledit seigneur, une muraille tendant à aller en droit fil jusqu'au grand jardin du seigneur de Sougé, à présent en pré, d'autre côté abordant les jardins, terre du seigneur. Les six vingts livres, prix de la vente, seront employées à acheter un autre immeuble.

26 février 1672. Par devant Me Julien Agin, notaire, François Fontenelle, marchand, demeurant au lieu des Estres, en Asséle-Boisne, en vertu du testament de Me Pierre Saillant, curé de Sougé, du 2 octobre 1601, présente à la prestimonie de La Guyardière, Me Julien Perdereau, prêtre, né à Sougé, et maître d'école de la paroisse, proche parent du fondateur, sous le bon plaisir de Mgr l'évêque qui en délivrera collation et provision.

Le même jour, Pierre Leroy, marchand, demeurant à Sougé, Julien Derouet, laboureur, demeurant à Boisgency, en Saint-

Georges, parents du fondateur, présentent à La Guyardière, après le décès de Me René Goyet, prêtre, dernier titulaire, Jacques Bigot, clerc tonsuré, demeurant à Sougé.

26 mars 1672. Par devant Me Léonard Cormailles, notaire à Saint-Georges, Me Jacques Bigot, écolier, clerc-tonsuré, fils d'André, maître chirurgien, demeurantàrEstre-Outin, aujourd'hui La Couretterie, en vertu des deux présentations précitées, après le décès deMe René Goyet, prend possession selon l'usage. « Est entré dans la maison de La Guyardière, située au bourg de Sougé..., a éteint le feu qu'il a tenu allumé dans la cheminée d'icelle, a fermé la porte de clef qui lui a esté minze es mains par Me Julien Agin, notaire, et comme y demeurant qui a dit en être fermier. Et icelle clef minze en sa poche et emportée. Ce fait, est entré dans le jardin d'icelle maison où il a rompu plusieurs sions d'arhres, déclarant ce faire par prinze de possession, en adhérant à autre acte de prinze de possession qu'il en a cidevant fait et passé par ledit Dagron, notaire.... est entré dans l'église dudit Sougé où il a fait ses prières de possession, comme dessus d'icelle prestimonie, et ensuite de quoi avons lu et publié le présent acte de prinze de possession au-devant de la grande porte d'icelle église, en présence de... »

26 mars 1672. Bail, pour 6 ans, de la maison de La Guyardière, possédée par Me Jacques Bigot, clerc-tonsuré, titulaire, au profit de Me Julien Agin, déjà fermier, sous le prédécesseur, moyennant 12 liv. et 20 s. pour les réparations. La maison avec caves dessous, chambre au bout avec cheminée, grenier dessus, couverture en tuile, un jardin au bout, joignant les jardins du seigneur de Sougé, mur entre eux, d'autre côté, la rue à dévaler à la Fontaine-Gervaiseaux, avec cour, issues et dépendances. Le tout en un tenant.

6 janvier 1695. Du codicille de Me Julien Bigot, notaire, concernant La Guyardière, il appert que ce bénéfice se compose : 1° d'une maison et jardin ; 2° d'une noë, au-dessus du pâtis de La Monhonnière, demi-nommée ; 3° du petit champ de La Guyardière, sur le chemin du Chênay ; 4° d'un pré, demi-hommée,

LA GUYARDIÈBE 321

sur le chemin du bourg à Corbuzain. Me Saillant, fondateur, en fit jouir Julien Drouet, prêtre, son neveu et héritier, de la paroisse de Saint-Georges. En vain ce titulaire voulut faire ériger sa chapelle en prestimonie, le seigneur de Sougé ne voulut point accepter de rachat pour le fonds qui relevait de sa seigneurie. Me Julien Agin, étant fermier de la maison de La Guyardière, puis parent des Drouet, après avoir habité longtemps le lieu, après avoir absorbé, pour mieux dire, le bénéfice, voulut avant de mourir en fixer la possession. Quand on lit son codicille, on est frappé de la hardiesse de son entreprise. Il tranche en maître sur ce bénéfice d'un revenu assez faible, il est vrai, et grevé de 10 liv. 10 s. de charges. La meilleure excuse que je puisse invoquer en faveur de M0 Agin, c'est le choix du titulaire qu'il fit dans la personne du clerc, Julien Bigot, son filleul. Il contribua, du moins, aux études d'un jeune sujet qui se distingua dans l'église, par son zèle, son savoir et son énergie, étant vicaire de Sougé, curé de Mont forl-le-Ro trou et de Gréez-sur-Roc, avec le titre de doyen rural de La Ferlé-Bernard. Il mourut le 1er février 1741.

1715. La Guyardière est taxée à 38 s. par l'Assemblée du clergé.

Après Me Julien Drouet qui posséda le bénéfice plus de 30 ans, se succédèrent :

Mes André Bigot, prêtre, René Goyet et Jehan Perdereau, prêtres.

Me Agin acheta de Julienne Angevin, veuve J. Drouet et de ses enfants, la jouissance de La Guyardière. « Je consens et entends que ledit fonds soit remis à la fabrique de Sougé, et lui laisse aux charges que dessus, que ladite fabrique fera acquitter, et pour premier chapelain à présent j'y nomme et le présente à Julien Bigot, dudit Sougé, clerc, mon filleul, pour en jouir et disposer... après la mort dudit Bigot, je remets leurs fonds à la fabrique... »

8 janvier 1699. Requête de Me J. Levrard, au nom des habitants de Sougé, adressée au bailli de Fresnay, contre les agissent

ments de Me J. Agin, notaire, daus l'affaire du bénéfice de La Guyardière. L'auteur commence par une citation latine, puis parlant de l'église de Sougé : « Il est évident que l'église de Sougé se gouverne à peu près comme celle de Rome....» Le tout sur un ton emphatique. Il faut faire restituer les héritiers du sieur Agin « qui n'a eu pendant sa vie d'autre caractère que celui d'un réprouvé, point d'autre dessein que de laisser à la postérité un tableau de ses crimes et des ordures de sa vie. Car, encore une fois, ses codicilles dont on a voulu se servir pour couvrir ses impiétés, sont des mystères d'iniquité et des outrages pleins d'imposture... pour trouver un custodi-nos, en 1672, il assemble quatre personnes de la famille Saillant etDrouet, dresse de ses propres mains un acte de présentation de ce bénéfice en faveur de Jacques Bigot, clerc-tonsuré, fils du sieur de Saint- Martin, son proche parent et intime ami à lui, en fait prendre possession... »

19 février 1699. Supplique de Me Peccate, prêtre, au nom des habitants de Sougé, adressée à M. le bailli de Fresnay, contre André Agin et les héritiers de Julien Agin. Je vais reproduire les principaux passages, afin de faire ressortir la passion qui déborde dans les expressions.

« Ce bénéfice de La Guyardière ne peut être possédé que par un ecclésiastique... d'où l'on tire ces conséquences si naturelles qu'un paysan connue Agin, qui s'est fait notaire clans son village, n'a pu posséder le bénéfice de La Guyardière, et qu'il faut que ses héritiers soient tombés en des égarements bien étranges pour contester que l'église, la paroisse et les manants de Sougé... » Me Peccate dit que les héritiers de sieur Agin n'ont pas raison de lui faire une querelle particulière pour avoir, avec le plus grand désintéressement, pris en main l'intérêt des habitants de Sougé. A l'entendre, o bone, il n'a aucun ressentiment, ni haine contre Agin, ni contre ses héritiers, c'est par amour du bien qu'il s'est engagé « à développer ces mystères d'iniquité. » Me Peccate avoue que son père n'était pas riche, mais qu'il était homme de bien.

LA GUYARDIÈRE 323

« Dieu lui inspira le dessein de se faire prêtre : son père le poussa aux écoles ; étant venu à mourir, une tante lui fait parachever ses études, et Ton sait qu'il ne trouva d'obstacle à ses desseins que Monsieur de Sougé et la dame de Chervis, sa mère, qui, dans la suite, ne Font pas trouvé indigne de conduire et d'enseigner Messieurs de Sougé d'aujourd'hui, qui sont d'un mérite distingué. Depuis ce temps-là, il s'est comporté d'une manière à ne pas craindre censure de ses supérieurs... il se sent fort éloigné de porter envie à Me Julien Bigot, prêtre, ni à ses rares talents, unis à une grande simplicité de cœur, un esprit droit et rempli d'une profonde humilité... Mais que sert à la cause d'avoir avancé que ledit défunt M° J. Agin, ayant pris soin de l'éducation de Me Julien Bigot, a donné à l'église un bon prédicateur et à Mgr l'évêque du Mans un excellent géographe, qu'ayant reconnu qu'il était un bon sujet, il l'a poussé aux écoles, et lui a donné les moyens de se faire prêtre. Tout cela est assez connu et l'on ne pénètre que trop avant dans le motif de cette conduite. Mais comme on sait que ce défunt a pris soin de son éducation dès le moment de sa naissance, on devait remonter plus haut et dire qu'ayant été présent au temps de sa naissance, il a vu quelques rayons de lumière environnant sa tête ou d'autres marques de sa future grandeur. Cette fable, toute incroyable qu'elle est, n'aurait pas été si difficile à persuader aux habitants de Sougé que la maladie dont on prétend qu'il est décédé : en effet, Messieurs, qui le croira, M. Julien Agin, tombé dans une apoplexie et esquinance, conserve toujours jusqu'à la fin l'usage de sa raison et de la parole. Le curé s'approche de son lit, lui dit qu'il va mourir et lui offre les Sacrements, Agin répond : bagatelle. On appelle Monsieur de Sougé qui se joint à M. le curé, et tous deux le pressent avec instance de se confesser, s'offrent de lui faire venir le sieur curé de Saint-Paul, ou le sieur Maignée, prêtre. Il répond : badinerie. Monsieur de Sougè insiste, l'assure qu'il va mourir et l'exhorte à faire sa paix avec Dieu. Il lui répond qu'il en appelle. Tout de bon, vous mourez, Monsieur Agin, ajoute le seigneur de

Sougé, et alors il répond : Prenez donc mes armes et faites les emporter. Ensuite viennent trois femmes : la première lui parle de Dieu, il lui répond comme il venait de faire ; l'autre lui parle de la restitution de ses landiers ; il dit qu'ils tiennent encore pour des frais ; la troisième lui dit qu'elle lui a fourni du beurre ; il répond qu'il l'a mins en écrit. Après cela n'est-il pas permis de croire qu'il est mort comme il avait vécu, c'est-àdire presque sans aucun sentiment de religion, et ses héritiers auront assez d'effronterie pour vous prendre à témoins de l'intégrité de sa vie et de ses mœurs... » Suivent des déclamations ridicules, des citations les plus pédantes... »

1er octobre 1737. Me Julien Bigot, en sa qualité de légataire de la fondation de La Guyardière, reconnaît que le legs de 20 s. pour la prière du fondateur au prône des messes du dimanche, est insuffisant, et a été cause de l'inexécution de cette partie de la fondation, que la rétribution sera portée à la somme de 60 s., à prendre sur les biens du bénéfice.

28 août 1785. Devant M0 Et. Lecbanteur, notaire à Sougé, bail consenti par le général des habitants, au nombre desquels se présente Mrae de Montesson, dame de Sougé, des terres de La Guyardière, au profit de la fabrique ayant pour procureur François Desartre. La noe au-dessus du pâtis de La Monhonnière, 15 liv. 1 s.; le pré, à la Marre, 25 liv. 5 s. ; le champ de la Guyardière, 18 liv. 10 s. Total : 58 liv. 16 s.

1788. La Guyardière dut payer 7 liv. pour le décime de trois années. En 1715, elle fut taxée à 38 s., en 1718, à 18 s.

La Guyardière fut vendue nationalement ; elle appartient aujourd'hui à M. Jacques Thireau, maire de Sougé. Presque tous les bâtiments ont été rebâtis à neuf, après l'incendie allumé par les Prussiens, en 1871.

Page 1