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CHAPELLE DE SAINT-JOSEPH

§ 8. — Chapelle de Saint-Joseph des Quillet

Cette Chapelle, desservie à l'autel du Rosaire, en Montsort, possédait, entre autres biens, le lieu de Launay, en Sougé ; elle avait 90 liv. de revenu, était à la présentation des héritiers de Jérémie Quillet, son fondateur. (Pesche).

Nous trouvons dans les Insinuations ecclésiastiques du Mans, à la date du 27 juin 1665, la fondation de cette chapelle, par devant les tabellions royaux d'Alençon. Louise Le Bouclier, veuve de Jérémie Quillet, seigneur de La Coquerie, conseiller du Roi, établit une chapelle ou prestimonie en l'honneur et sous l'invocation de saint Joseph, avec deux messes basses par mois, à perpétuité, à condition que la prestimonie soit de nature de bénéfice simple et puisse être possédée à simple tonsure, et qu'elle soit présentée par l'aîné de ses enfants. La collation de ce bénéfice appartenait à l'évêquedu Mans.

Ses revenus se composaient du lieu de Launay, en Sougé-le- Ganelon, et du pré des Palis, en Arçonnay. Cet immeuble fut remplacé par le pré Cajet, en Hellou, par acte de mutation, du 27 mai 1673. En 1677, Jérémie Quillet, fils de la fondatrice, augmenta les revenus de la fondation par l'adjonction d'une maison, de quatre nommées de pré, en Champfleur, et d'un journal de terre, en la paroisse de Notre-Dame d'Alençon.

15 août 1665. M9 Robert-Marie Deu, curé de Champfleur, fut le premier titulaire jusqu'en 1697. Alors, Me Jérémie Quillet, receveur du droit domanial sur les fers, au bureau de Foix, en sa qualité d'aîné des Quillet, présente M" Joachim Quillet, prêtre habitué, en l'église de Notre-Dame d'Alençon, 17 novembre 1697.

Prise de possession par Me Brice Quillet, ancien curé de Champfleur, 14 décembre 1700.

Me Augustin Quillet, prêtre du diocèse de Séez, est présenté, 15 juin 1717.

Me Claude-G.-J. Quillet d'Aubigny, acolyte prend possession, 9 juin 1729.

Me Louis-C. Renaudin, vicaire de Champfleur,id. 12avril 1755, jusqu'à la Révolution.

L'armoriai d'Alençon donne à Messire Quillet, seigneur de La Fontaine, en Assé, président au grenier cà sel d'Alençon, qui épousa Marie Delélée, en 1712, d'azur à une croix d'or, adextrée en chef d'une rose de même.

La fondatrice de la prestimonie de Saint-Joseph, était de la bonne famille Le Boucher, implantée à Assé, à Fresnay, etc. Thierry Le Boucher était seigneur de La Rosnerie, en Saint- Georges, 1588 ; — Me Pierre Leboucher, prêtre, curé de Saint- Ouen, doyen de Fresnay, 1596; — Mathurin L.-B., époux de Marie de Laune, seigneur de Lechenay, La Varie, La Broise, 1615 ; — Isaac L.-B., seigneur de Fontaine, lieutenant-général au bailliage de Fresnay, 1621 ; — Messire Louis Quillet de Fontaine, conseiller du Roi, président au grenier à sel d'Alençon, seigneur de Fontaine, La Bourgeoisie, La Pataudière ou Alotte et des Marchés, 1776. En 1789, il assistait à l'Assemblée de la noblesse du Maine. Il habitait alors la terre de Fontaine de laquelle dépendait Paigné (Puisné), en Sougé, et La Métairie, en Douillet. Le tout fut vendu en 1820.

Le lieu de Launay fut vendu nationalement au sieur Chaumont d'Assé ; aujourd'hui, il appartient à MUe H. Gervaiseaux. Un peu au-dessous des bâtiments, sur le ruisseau de Moque-Souris, on voit encore des vestiges de chaussée et d'empalement, ce qui suppose l'existence d'un moulin, autrefois.

§ 9. — La Salmondière et Notre-Dame de Champagne.

Dans un inventaire du xvme siècle, àl'article Sougé, H. 73bis, nous trouvons : Titre latin écrit sur parchemin, par lequel appert que Guillaume de Sougé, se voyant dangereusement malade, résolut de fonder une chapelle. Pour exécuter ce dessein il institua, pour son exécuteur testamentaire, Herbert d'Anzé de Bretel qui dédia ladite chapelle en l'honneur de l'abbaye de Notre-

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Dame de Champagne, et assigna au chapelain (Ficelle, en la paroisse de Sougé, les choses ci-après : savoir, l'Enche Nicaere, autrement dit l'Enche Gallet ? contenant trois journaux de terre, à prendre du côté de la maison de Herbert, écuyer, seigneur de Sougé, et une certaine place de Sougé, plus un quartier de vigne, 25 s. mansais à prendre sur le moulin du Gué-Ory, rendables, 15 s., le premier dimanche de carême et 10 s., au jour de la Pentecôte, sous peine de 5 s. et demi d'amende^n cas de retard. Plus 5 s. mansais à prendre sur la part qui pouvait dépendre de la succession dudit Guillaume. Le tout franc, quitte de tout cens, services et exaction séculière et lesdits religieux ne sont pas tenus de coopérer aux réparations dudit moulin. Fait devant Maurice, évêque du Mans, l'an 1223.

14 décembre 1432. Baillée écrite en français sur parchemin, consentie par les religieux deChampagne,au profit de Robin Torin.

22 juin 1439. Vente faite par Jean Aguillé et Jeanne, sa femme, à Jean Pavet, prêtre, prieur de Sougô,de tout ce qu'ils pouvaient avoir à prétendre en une maison et court il aboutant sur la rue aux Gelines et aux terres de Pierre Braindel, côtoyant la maison et courtil à la feue femme de Gervaiseaux, d'autre côté, le courtil Jean Cherel, le tout au fief de Sougé, moyennant le prix de 7 écus d'or dont cinq furent payés en une pièce.

12 novembre 1456. Reconnaissance donnée aux religieux de Champagne par Huet de Fontenay, écuyer, seigneur de Fontenay et de Sougé.

3 juin 1619. Mathurin Chesnay confesse, pour obéir au décret obtenu de M. l'official du Mans, par les religieux de Champagne, avoir connaissance qu'il a serré et reçu pendant plus de 25 ans, à la prière de Claude Ménage, quelques rentes dues aux religieux pour raison des lieux de La Salmondière, Loisillière, La Pannetière et du four à ban. Le tout en Sougé-le-Ganneron.

Le fief de la Salmondière appartenait aux religieux de Champagne.

25 février 1539. Transaction et accord entre les religieux de Champagne et les Lepelletier,relativement à un quartier de vigne,

sis à la Garenne, une nommée de pré, près du lieu de La Rivière ou La Mallonniaire, la Fosse à La Torrine de 2 journaux de terre, de lanoë, du gué de Brives, etc., à 16 s. 6 d. de rente inféodée et unie à Champagne et à 11 s. de rente aussi inféodée, par Jean Lemartineau pour deux parts d'une maison et jardin en un tenant dans la rue auxGelines, au bourg de Sougé.

S 10. — Croix bouessée. — Croix.

Qui ne se rappelle avoir rencontré dans certains carrefours, à rentrée des bourgs, des croix portant le nom de croix bouessées ou bouisées ? ou même avoir entendu donner ce nom à des lieux privés de leurs pieux ornements, depuis nombre d'années ! Jadis le buis s'appelait bouis, l'u se prononçait ou ; c'est ainsi que je le trouve écrit dans des titres du xvie siècle de la fabrique de Sougé.

Le buis était beaucoup plus commun autrefois qu'aujourd'hui; peut-être même fut-il l'objet d'une vénération particulière à une époque très reculée de la part de nos aïeux, les Gaulois. La sombre verdure du buis que l'hiver n'altère point, sa longévité, expliqueraient la vénération dont il a été l'objet. Il est employé de temps immémorial, dans notre pays, pour l'une des cérémonies de notre religion, la procession des Rameaux. Ce jour-là, on attachait des rameaux bénits à la croix plantée à l'entrée des bourgs, ou dans les cimetières ; aujourd'hui, c'est encore l'usage dans quelques paroisses. De là, les croix bouessées ou buisées. La croix de notre ancien cimetière s'appelle la croix bouessée. Le dimanche des Rameaux, le clergé, accompagné des fidèles se rend processionnellement au cimetière, fait une station au pied delà croix ; chacun baise la croix et effeuille sur les marches, une partie du rameau qu'il porte à la main. Cet usage est bien touchant : nous nous couchons au pied de la croix protectrice, qui, dans quelques années, quelques jours peut-être, nous couvrira de son ombre, quand nos parents et nos amis viendront y déposer notre dépouille inanimée.

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Dès les premiers siècles,le cimetière entourait toujours l'église. Les ossements des ancêtres étaient placés sous la sauvegarde de la piété des familles, et, chaque dimanche, les chrétiens, en passant près de la tombe des leurs, avaient une pensée salutaire et une prière qui formait une chaîne entre le passé et le présent. Aujourd'hui, nous ne gardons plus nos morts : l'augmentation de la population, les exigences de l'hygiène, nous ont fait trop facilement peut-être éloigner de nous des souvenirs bien chers.

Les croix sont placées ordinairement dans les carrefours, sur les tertres, dans les lieux où arrivent des accidents graves. Dans la révolution de 1793 elles furent détruites ou renversées ; quelques-unes furent préservées de la profanation par des personnes, qui les relevèrent lorsque la persécution cessa.

La superstition entoura le signe de la rédemption de croyances indignes de la raison, sœur éclairée de la foi. Les crédules y voyaient, à minuit, des apparitions surnaturelles ; leur imagination y faisait défiler sorciers, revenants de toutes formes, loupsgarous...

Voici le nom des croix sur le territoire de Sougé :

Croix de l'ancien cimetière, croix bouessée ;

— du cimetière nouveau, en granit d'Alençon, 23 pieds

d'élévation ;

— du Ray, a disparu ;

— de la Martinière, d'un seul morceau de pierre ;

— du Beau-Chêne, autrefois à la Clémence, en pierre, est

brisée ;

— du Puits-Forget ou de La Reculerie ;

— de Corbuzain, en pierre et en mauvais état ;

— du Carrefour, clans le Rigaire, en pierre, sur un pié-

destal ;

— de Biars, en pierre ;

— du Hantel, en bois, érigée dernièrement par M. Gui-

bert ;

— au Ladre, ou de La Trouesse, sur un piédestal d'une

seule pierre ;

Croix de l'entrée du chemin du Chênay, en bois ;

— de La Barre, en pierre taillée à jour ; le piédestal

repose sur un fût brisé d'une colonne, sur lequel il y a des lettres romanes ;

— du carrefour des Aiguillons, en pierre, sur l'ancien

chemin de la Forge ;

— du carrefour du Chênay, dont les morceaux en pierre

sont séparés ;

— Renard ou des Nouelles.

— de Maujournée, en pierre, adossée au talus d'une

haie ;

— du carrefour des Ouches, en ruine ;

— de la Croixfouard, en pierre, avec piédestal bien taillé ;

un calice, surmonté d'une hostie, est gravé dessus ;

— de Mons à la Touasnière, en pierre, sur un piédestal, a été érigée par les soins de M:ie Marie Mabille, en 1865 ;

— des Chauvières, autrefois en bois, a été refaite en

pierre avec piédestal, par les soins de Mlle H. Gervaiseaux, en 1874 ;

— du Rocher, en pierre, avec les chiffres 1774, en sou-

venir de l'affreuse grêle du 4 août, qui dévasta Sougé et plusieurs paroisses ;

— La Croix-Gendry qui a disparu, etc.

§11. — Confrérie du Saint-Sacrement, instituée en l'église de N.-D. de Fresnay

L'évêque du Mans, le cardinal Philippe de Luxembourg, approuva la fondation de la confrérie par ses lettres du 26 mars 1518.

Le pape Paul V érigea canoniquement cette confrérie par bulle en date du 3 avril 1615.

D'après les statuts, les prêtres, les laïques de l'un et l'autre sexe pouvaient être agrégés et participer aux prières, en payant 25 s. en entrant et une rente annuelle de 5 s. ou bien la somme

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