‹ Chroniques de Sougé-le-GanelonChapitre 25 sur 42 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

1536, François Ier, à l'effet de réprimer l'ivrognerie n'y alla pas de main-morte : il condamna tout homme trouvé ivre, à la prison, au pain et à l'eau, pour la première fois ; h la deuxième, même punition avec coups de verge ; à la troisième, même correction, mais en public ; à la quatrième, l'ivrogne était essorillé. Hélas! si cette loi était appliquée aujourd'hui, que nous verrions de tête sans oreilles.

La culture de la vigne se généralisa ; elle apparut jusqu'en Normandie.

En 1097, la vigne était cultivée à Fresnay et dans les environs, puisque cette année, Robert donne à l'abbaye de Saint- Vincent, les dîmes de vin qu'il a à Fresnay.

Les vignes plantées dans les environs de Fresnay, datent au au moins du ive siècle, à cette époque l'église de Douillet devait à la cathédrale du Mans, de la cire, de l'huile, du grain et du vin recueillis par elle.

Dans le xve et xvie siècles la vigne était cultivée dans toutes les paroisses des environs de Fresnay. Pas une métairie qui, ayant un petit enclos un peu exposé au midi, n'oublia cette plantation. On prétend que notre climat était plus chaud ; les gosiers d'alors n'étaient-ils pas moins difficiles? (M. Le Guicheux).

Quand on songe à la difficulté des transports, aux péages continuels établis aux barrières de chaque chàtellenie, on comprend la satisfaction de tout viticulteur, heureux de boire le vin de son crû, et de pouvoir l'offrir à ses amis. Jusqu'au commencement de ce siècle, chaque bourgeois de Fresnay possédait une vigne sur les flancs des coteaux du Bourgneuf et se contentait du vin qu'il y récoltait. Les routes devenues plus praticables et plus multipliées ont permis l'exportation des vins des vignobles plus renommés ; dans ce pays, la vigne a été délaissée et, aujourd'hui, elle ne dépasse plus Vernie et Ségrie. -

Dans plusieurs communes on trouve encore des pieds de vigne dans les haies : quantité de pièces de terres portent le nom de champ de la vigne.

1450, les vignes du Beauchêne ; — id. des Frequins ou Fer-

requins: — 1470, du Bois-Ory; — 1510, huit journées à homme bêcheur de vigne au clos des Grouas, du fief de Corbuzain, côtoyant la vigne de Jehan Petiot et d'un bout le chemin tendant du Seureau à La Massuère ; — 1510, vigne à douze hommes bêcheurs sur le chemin de Sougé à La Lehardière ; — dix journées à hommes bêcheurs de vigne, dans le Pincepain ; — vigne à la Croix de Maujourneil, sur le chemin tendant de La Pannetière à Mons; — la vigne du Giroudet ; — 1511, les Gallerands étaient en vigne: — 1585, les Pelites-Vignes, sur le chemin de Sougé à Monnay ; — 1580, portion de vigne au clos Dordrelle ; — clos des Noyers; — 1581, les vignes de La Mare ; — la vigne Garnier.

Les fruits des pommiers et des poiriers furent longtemps consommés tels que la nature les produisait, peu à peu l'usage de la greffe fut remis en vigueur après un abandon trop complet. Vers 1550, Belon, médecin et agriculteur manceau, encouragé par le cardinal du Bellay, évêque du Mans, vint en aide à ce prélat qui formait à sa campagne de Touvoie d'immenses pépinières des meilleurs arbres à fruits. Ce puissant personnage mit à contribution l'Egypte, l'Asie et l'Italie. On peut donc affirmer que le Maine et l'Anjou doivent leurs premiers bons fruits à ces deux hommes.

L'amélioration de nos pommiers ne se fit pas attendre : le cidre fut plus agréable que le Arerjus donné par des raisins qui mûrissaient à point très-rarement. La vigne insensiblement disparut devant l'amélioration de la greffe du pommier, les froids très-vifs de 1544, les guerres de la Ligue, et au commencement de ce siècle, devant l'amélioration des moyens de transport.

Sougeium vinum super omniavina malignum,

Asseio adjecto,pectora petrificiat.

Le sarrazin, aliàs carabin ou blé noir fut cultivé dans le Bas- Maine, vers 1220. Peut-être avait-il été apporté par les compagnons de Juhel III, de Mayenne, croisé en 1211. La Bretagne, pays où le sarrazin se cultive beaucoup, ne le reçut qu'en 1500, d'un droguiste lyonnais, qui l'adressa à un apothicaire de Rennes. Cette culture se généralisa dans notre pays à la tin du xvue siècle. Depuis vingt ans nos cultivateurs n'ensemencent plus leurs

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