CONSOMMATION DU BLÉ
ont été inférieurs à 20 fr., prix nécessaire, dit-on, pour rémunérer le travail du cultivateur; sept, où les prix ont été supérieurs à 24 fr., et neuf seulement, pendant lesquelles ils se sont maintenus à un taux moyen, favorable à tous les intérêts, entre 20 et 24 fr. Enfin, pendant deux années, les prix sont descendus à 13 fr. 59, en 1850, et à 13 fr. 37, en 1851. Dansées deux années pénibles à traverser, les agricul leurs n'ont pas élevé la voix.
Dans tous les temps, les cultivateurs se sont plaints, parce que, dans tous les temps, ils ont eu quelque raison de se plaindre. Ils se plaignaient sous l'ancien régime féodal ; à cette époque, le seigneur, homme de guerre et de loisir, écrasait le serf, homme de travail et de sacrifice, condamné à la misère. Sous la royauté absolue, les cultivateurs se plaignaient, les impôts pesaient à peu près exclusivement sur eux : impôt de la terre, impôt du travail, impôt du sang. Il n'en est plus de même aujourd'hui. Il n'y a plus ni serfs ni seigneurs, les impôts votés par la Chambre, pèsent également sur tous les citoyens.
La France est un pays essentiellement producteur de blé. Les progrès accomplis dans l'agriculture, depuis cinquante ans, ont considérablement accru notre production. Les progrès de la population n'ont pas suivis les progrès de l'agriculture, dételle sorte que l'équilibre a élé rompu et que les consommateurs ont manqué à la production.
Faut-il diminuer la culture du blé? Faut-il chercher de nouveaux débouchés? En France, l'habitude de tout attendre du Gouvernement, lequel est passé chez nous à l'état providentiel, nous conduit à tout rapportera son intervention, le bien comme le mal .
Le libre jeu de l'offre et de la -demande devrait régler les cours, s'il y a plus de marchandises que de consommateurs, les cours s'abaissent; si, au contraire, il y a plus de besoins que de marchandises, les cours s'élèvent. Les agriculteurs ne doivent pas demander un droit protecteur, mais avant tout chercher de nouveaux et plus larges débouchés.
Il faut du blé pour vivre, il faut donc en produire le pins possible.
Le droit d'échange est un droit naturel comme le droit de propriété. Cependant, depuis des siècles, on a sans cesse limité, froissé et annulé ce droit naturel.
Les frontières infranchissables ont successivement renfenné dans leur enceinte fiscale, la paroisse ou commune, la province ou le royaume, et on a vu telle commune décimée par la famine tandis que dans la commune voisine on donnait les grains au bétail. Heureusement, les barrières intérieures ont disparu et les barrières extérieures ne tarderont pas à s'effacer entièrement. Un système libéral, fortement ébranlé aujourd'hui, est-il vrai, a succédé dans notre législation douanière au système protecteur : la suppression de l'échelle mobile par la loi du 15 juin 1861, les traités de commerce avec les nations voisines ont inauguré une ère nouvelle pour notre agriculture, pour notre industrie et notre commerce.
La disette de 1816 fut un dernier écho des famines nombreuses des temps passés. En 1819, le blé valait 18 fr. 65 l'hectolitre ; en 1821, 15 fr. 18; en 1825, 15 fr. 85 ; élévation des prix en 1826, 27, 28 et 29; en 1833, 14 fr. 73; en 1834, année de grande sécheresse, 14 fr. ; en 1835, 15fr. 25; en 1837, 15 fr. 12. Tous ces. bas prix avec l'échelle mobile. En 1847, le prix de l'hectolitre varia de 50 à 60 fr.
La France, dans les années d'abondance, consomme environ 90 millions d'hectolitres de froment.
La production, au contraire, est très-variable. Les plus basses années de production, dans ces derniers temps, sont : 1855, avec une récolte de 73 millions d'hectolitres; — 1861, id. de 75 millions d'hectolitres.
Les pius hautes sont les suivantes : 1857, récolte de 110 millions d'hectolitres ; —1858, id. 109 millions ; — 1863, id. 116 millions ; — 1864, id. 111 millions : — 1872, id. 121 millions.
Les récoltes moyennes sont de 97 millions d'hectolitres.
L'année 1873 a été mauvaise. Pour compléter nos ressources alimentaires, il a fallu importer pour 168 millions de francs en