Fabrique de Toiles
Depuis longtemps les produits de l'industrie toilière de Fresnay sont réputés, avec raison, pour les plus beaux et les meilleurs de France. Il y a 40 ans, cette fabrique occupait environ 200 ouvriers, dont un tiers dans la ville, le reste dans les communes environnantes.. Songé avait alors, et surtout avant 1789, plus de tisserands qu'aujourd'hui. Plusieurs petits fabricants allaient chercher leurs fils aux marchés de Fresnay, d'Évron, de Lassay et de Yillaines-la-Juhel. Avant l'achèvement de nos chemins on les voyait voyager à cheval et ramener derrière eux une partie de leurs achats. Depuis 30 ans surtout, le nombre des fabricants a diminué ; la centralisation, le fil de mécanique aidant, a simplifié l'industrie dans notre pays, au point que l'article de Fresnay se fabrique à Alençon et au Mans.
Ces toiles s'emploient pour draps, linge de table, chemises et pour tous les usages domestiques.
En 1840, on estimait la fabrication annuelle à 6,000 pièces environ, qui, pour partie, se vendaient aux halles de Fresnay et à celles d'Alençon.
Avant 1789, la fabrique de toile faisait mouvoir bon nombre de bras à Assé, Fyé, Saint-Ouen, Saint-Victeur, Sougé, etc.; mais, dans la période révolutionnaire, l'industrie fut presque anéantie. Sous l'Empire, elle fit battre les métiers, malgré les rigueurs de la conscription.
Du commencement de la restauration jusqu'à 1836, la fabrication de toiles prit un développement prodigieux;. Elle n'employait que les fils de chanvre et de lin filés à la main, d'un prix élevé. La Mayenne fournissait presque tous les fils de lin. Notre canton de Fresnaj donnait un salaire rémunérateur par le filage à la main du chanvre : les femmes vivaient sans gène de ce travail. Aussi les voyait-on partout la quenouille au côté ; les enfants, eux aussi, filaient en gardant leurs besliaux.
Après 1836, l'industrie toilière, en changeant de procédés
prit un grand développement : à l'exemple de l'Angleterre, les filatures françaises permirent une fabrication considérable et purent satisfaire aux exigences du commerce et du luxe . Les prix diminuèrent, il est vrai, de 25 0/°; ce qui n'empêcha pas aux fabricants de Fresnay de réaliser de grands bénéfices.
Nos toiles très-réputées perdirent en bonté tout en conservant la supériorité sur leurs rivales. La navette vint ajouter une amélioration immense dans le travail : il y eut résistance de la part de l'ouvrier ; n'était-il pas habitué à lancer sa navette avec la main. Il tenait à sa méthode aussi imparfaite que incommode. Aujourd'hui, il n'y a qu'une vingtaine de tisserands à Sougé qui travaillent également à la culture, une partie de l'année.
Différentes largeurs des Toiles de Fresnay.
7o à 80 cent. 2/3 juste, pour serviettes, chemises de femmes, d'enfants.
87 cent., 2/3 pleins, pour chemises d'hommes. 90 cent., 3/4; 105 cent., 3/41/2.
120 cent., 1 aune, pour draps.
1 m. 60, 1 aune 1/3, pour petites nappes.
1 m. 80, 1 aune 1/2, pour nappes.
2 m. 10 et 2 m. 40, 7/4 et 2 aunes pour draps sans couture.
3 m. 60, 4 m. 20 et 5 m. 40, ou 3 aunes, 3 aunes 1/2, 4 aunes 1/2, toile pour tableaux.
Depuis très-longtemps les toiles se blanchissent à Fresnay. Mais quand a pris naissance cette industrie ? (M. Le Guicheux).
J'ai trouvé dans les comptes de Fabrique de Fresnay, d'Assé, de Sougé et de Fyé, divers achats de linge et de toile.
1460. « Au tessier pour la façon de 42 aunes de toile pour servir à l'église d'Assé, 24 s. — 1507, Fresnay : achat de 19 amies pour faire 2 surplis, 1 aube et 8 amicts, à 4 s. l'aune, 76 s. — 1546, Assé : 18 aunes de toile de brin ; 16 liv. de fil, 23 nappes, 28 amicts, 4 aubes, 12 serviettes, linge d'église, au prix