‹ Chroniques des petits théâtres de ParisChapitre 14 sur 40 · THEATRE DU GYMNASE · texte numérisé non relu

THEATRE DU GYMNASE

DANS tous les temps, le pouvoir a fait, selon son caprice, ouvrir ou fermer des salles de spectacle ; mais, à l'entendre , cela est dans l'intérêt de Varty comme on dit, et comme on dira toujours. Pauvre art-dramatique!... il n'a jamais été dans un si piètre état que depuis que l'on s'intéresse à lui de tous côtés.

A propos du Gymnase un écrivain a fait les remarques suivantes : * « Ce théâtre,

* Almanach des Spectacles, année iSaa.

« dit-il, est une critique parlante du sys- « tème des privilèges. Pour l'autoriser flt sans montrer trop ouvertement que ce « n'était qu'une faveur qu'on accordait, « et pour avoir quelque chose à répon- « dre aux réclamations qu'on ne pré- « voyait que trop, on le soumit à un « régime particulier. Le vaudeville était a déjà joué dans six théâtres : c'était « marquer beaucoup de prédilection pour 0 ce genre frivole que d'en créer un sepc tième qui lui fût encore spécialement « consacré.

ce On éluda la difficulté, ou du moins a on fit semblant de l'éluder. Les lettresa patentes du Gymnase en firent une « sorte de succursale du Théâtre - Fran- « çaisetde l'Opéra-Comique. Là les jeunes « gens du Conservatoire devaient s'exer- « cer sans prétention, et sous les yeux a d'un public indulgent, avant de paraître a sur de plus grandes scènes. En conséa quence, la comédie et l'opéra comi- « que devaient faire partie de son reperce toire ; et pour prouver que l'on était de

Théâtre du Gynvuae. laS

«f bonne foi dans ce dessein, le droit de «t jouer toutes les anciennes pièces de la « scène française et du théâtre Feydeau a lui fut accordé, à la seule condition de « les réduire en un acte. Les administra- « teurs soutinrent la gageure en gens a d'esprit, ils firent même la mauTaise a plaisanterie de nous donner le Dé^rii « amoureux et la Fée Urgile, estropiés « et réduits à grands coups de ciseaux. » Le critique ajoute encore : c Qu'on laisse « à quiconque en voudra courir les ris- «f ques le droit d'ouvrir un théâtre, que « les genres ne soient point prescrits, « que les ouvrages tombés dans le io- « maine public soient mis à la disposi- « tion de tout le monde (car il ne faut « pas appeler domaine public celui qui « est livré à quelques privilégiés), alors « on verra une véritable émulation qui a ne manquera pas de produire ses « fruits; mais ai les bureaux sont cuit rieux d'avoir des sujets dans leur dé- « pendance, s'il leur est doux d'accorder « des privilèges, qu'ils fassent donc qu'au

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