‹ Chroniques des petits théâtres de ParisChapitre 34 sur 40 · PIERROT · texte numérisé non relu

PIERROT

« Oh ! je vais vous le dire, moi : un cocu, monsieur, est tout le contraire du coq. Le coq a plusd^une poule^ et la femme d^un cocu est une poule qui a plus d*un coq. »

Dans \q Retour d'Arlequin à la foire, 17 12, par Le Sage^ Fuzelier et Dorneval, un Romain paraît; pour défendre Âgamemnon, le Romain dit à Momus :

Quoi donc, ce fade polisson Ose attaquer Âgamemnon.

AxcaSy courons à la vengeance.

Noies et Variantes. 437

Arlequin lui chante:

Avance, avance^ avance Avec ton sceptre de faïence.

Dan» le Départ de l'Opéra-Comique en 1733, Panard intercala une critique de l'Opéra qui eut beaucoup de succès; maisc^est une chanson agréable, et voilà tout. Panard était plus chansonnier que vaudevilliste; la preuve, c'est que tous ses vaudevilles sont devenus chansons et que les couplets de ses pièces étaient oubliés de son vivant.

Dans la même préface du théâtre de la Foire dont je parie, Le Sage et Dorneval disaient encore : Le vaudeville dont on ne se servait dans les commencements que par nécessité (puisqu'il était défendu aux acteurs forains de parler) fut d'abord par eux assez mal employé. Point de finesse dans les pensées, point de délicatesse dans les ex^ pressions, aucun goût dans le choix des airs : c'était, entre leurs mains, un diamant brut, dont ils ne connaissaient pas le prix, et que les auteurs dans la suite ont mieux mis en œuvre*

Je sais bien que Le Sage et Dorneval veulent parler des vaudevilles joués avant les IL 20

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leurs ; mais cela ne prouve pas que, de leur temps, les couplets intercalés dans les pièces valussent beaucoup mieux.

L'auteur de l'article du Journal général, M. T. Sauvage, m^a donné raison en croyant me donner tort. 11 cite le joli couplet de Favart de la Parodie au Parnasse :

€ Quiconque voudra a Faire un opéra, etc. »

Mais ce couplet de Favart date précisément de 1759. Il cite encore un couplet des Sabots, assez spirituel; mais les Sabots sont de 1748. Le vaudeville n'a été vraiment spirituel qu*à partir de 1735 ou 1740, et même plus tard.

Si Le Sage, Sedaine, Fuzelier, Dorneval, Gallet, Panard, Vadé, Laffichard, voire même Piron étaient revenus au monde depuis 1792; s'ils avaient assisté aux représentationsdes pièces de Desprez, Deschamps, Ségur; s'ils avaient vu jouer les mordantes parodies de Dieulafoi, Gersin, Moreau, Théaulon, Dupaty; s'ils avaient entendu les joyeusetés si délirantes de Désaugiers, et s'ils connaissaient les comédies-vaudevilles de M. Scribe, ils battraient des mains... et

Notes et Variantes» 459

conyiendraient que le vaudeville de 1780 ne valait pas celui de i838.

Du reste^ Le Sage, Piron et Sedaine peuvent se consoler d'avoir fait des couplets un peu pâles, puisqu'ils nous ont laissé Gil ^laSy Turcaret, la Métromanie et !e Philosophe sans le savoir.

Je ne veux pas louer les modernes au dé* triment des anciens; mais quand il s'agit d'écrire Thistoire d'un genre de littérature, il faut avoir le courage de dire la vérité, même en parlant d'hommes tels que Le Sage et Piron. Or, je dis comme madame Dacier : Ma remarque subsiste.

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La seconde édition contient, en plus, l'anecdote suivante sur le fameux Dominique :

« Dominique avait beaucoup d'esprit, et surtout l'esprit d'à-propos.

Louis XIV, au retour de la chasse, était venu dans une espèce d'incognito voir la comédie italienne qui se donnait à Versailles. Dominique jouait, et malgré le jeu de cet excellent acteur, la pièce parut insipide, le roi lui dit en sortant : Dominique, voilà une bien mauvaise pièce,..» « Dites cela tout bas, je vous prie, lui répondit le corné»

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dien, parce que, si le roi le savait^ il me congédierait avec ma troupe, s Le roi lui répondit : « C'est bien^ Dominique, le roi n'en saura rien. »

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Dominique, né à Bologne en 1640, est mort à Paris en 1688; il fut enterré derrière le chœur de la paroisse Saint>-£ustache.

Camerani (Barthelemy-André) est mort dans un âge très avancé en 181 5, à 83 ans. Il a été longtemps membre du fameux comité de dégustation créé par Grimod de la Reynière.

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