‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 4 sur 61 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

lofigtiCy suivant l'heure où il s'était couché. Il avait un jour fixe destiné aux ministres étrangers ; les autres jours se partageaient entre les chefs des conseils. Vers les trois heures ^ le prince prenait du chocolat et tout le monde entrait, comme on fait pour le lever du roi. Après une conversation générale d'une demi-heure^ il travaillait encore avec quelqu'un ou tenait conseil de régence. Avant ou après ce conseil ou ce travail y il allait voir le roi, à qui il témoignaii toujours plus de respect que qui que ce fût, et le jeune monarque le remarquait très bien. Entre cinq et six heures toutes affaires cessaient ; il allait voir Madame, soit dans son appartement, l'hiver, soit à Saint-Cloud, dans la belle saison... Vers l'heure du souper, il se renfermait avec ses maltresses. . . Tous les jours de ces orgies se ressemblaient. Le Régenty pendant la première heure de son lever, était encore si appesanti, si offusqué des fumées du vin, -qu'on lui aurait fait signer tout ce qu'on aurait voulu ; aussi il ne signait rien. »

La fille de Philippe d'Orléans, la duchesse de Berry^ tient aussi une grande place dans les premières années de la Régence. La légende lui a attribué dans les débauches de son père une participation évidefnment excessive. Tout crapuleux qu'il était y le Régent n'en vint jamais jusqu'à l'inceste, ainsi que le racontent certains mémoires secrets d'une authenticité d'ailleurs plus que contestable. Les soupers et les orgies leur furent communs^ mais sans aller au delà, et si la duchesse de Berry recevait à sa tabky dans ses petits soupers, son père et ses maîtresses^ elle ne l'eut jamais pour amant.

La liste des maîtresses du Régent est d'ailleurs asseï longue^ sans qu'il soit besoin d'y ajouter le nom de sa fille I... Il est peu de princes, en effet, qui aient semé sur tous les chemins autant de bâtards y dont la plupart n'ont ni état civil, ni nom connu dans

l'histoire. Nous parlerons seulement ici des principales maîtresses y et leur nombre est suffisamment grand pour un prince qui numrut à 47 ans. Il est vrai que si l'on en croit Maurepas (Mémoires, — Tome /*'j, il avait commencé dès l'âge de 14 ans. m Sa première maîtresse^ dit-il, fut la petite Léonore, fille du con-* cierge du gardermeuble du palais royal. Il en eut, agi de 14 ans y un enfant, u qui fit grand bruit. Monsieur s'en fâcha fort\ Madame n'en fut pas mécontente. Elle prit mime beaucoup de soins de la mère et de l'enfant. Cette fille a été mariée depuis à M. de Charencey, fils d un conseiller à Riom. »

La première maf tresse célèbre fut la Desmares, arrière-petitefille du comédien Montfleury^ nièce de la Champmesléy et ellemême l'une des actrices les plus distinguées de la Comédie Française. Il eut d'elle une fille, qui fut mariée en i*]i^ au marquis de Ségur et reconnue trois ans plus tard par le Régent. La Desmares quitta le théâtre au mois d'avril 1721 et elle survécut vingt ans au Régent. Philippe lui fut infidèle^ mime pendant le temps de leur plus tendre liaison, courant à droite et à gauche, tandis qu'il l'avait pour maîtresse, la chassant et la reprenant successivement, pour la délaisser enfin tout-à-fait au moment même où elle abandonnait définitivement le théâtre.

Ce fut une danseuse nommée Florence qui lui succéda. « Elle était fort belle, dit la princesse Palatine dans sa correspondance y mais elle n'avait nul esprit ; c'était une sotte. Lorsqu'on la voyait on aurait penséy avec ses jolies mines, que personne n'était plus fin qu'elle. » Le duc d'Orléans eut d'elle un fils qui fut d'abord déclaré et inscrit à l'église sous le nom du sieur Coche, valet de chambre du prince. Plus tard, le duc d'Orléans le reconnut à la sollicitation même de sa mère qui avait beaucoup d'estime pour ce bâtard de son fils. Il porta alors le nom d'abbé de Saint- Albin, car on l'avait fait entrer dans les ordres. Il detHnt

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