‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 5 sur 61 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

nUmCy par la suite, l'un des successeurs du cardinal Dubois à l'archevêché de Cambray^ après avoir été, pour ses débuts dans Fépiscopaty pourvu de Vévêché de Laon,

Quant à la Florence^ c*est comme danseuse qu'elle a été le moins connue : sa seule notoriété lui vient de sa liaison avec le duc d'Orléans. Les diverses histoires publiées de l'Opéra, soit au siècle dernier y soit aujourd'hui,^ ne font mime pas mention de son nom une seule fois. Quand le Régent l'eût quittée pour reprendre la Desmares, elle devint la maîtresse du prince de Léon^puis elle disparut tout-à-fait et mourut obscurément.

Une fille d'honneur de McutanUy princesse Palatine, Meule* moisellt de Séry, succéda à cette dernière reprise de la Desmàres dans le cœur du Régent. « C'était y dit Saint-Simon, une jeune fille de condition, sans aucun bien, jolie, piquante, d'un air vif, mutin, capricieux et plaisant. Cet air ne tenait que trop ce qu'il promettait... Elle était impérieuse et elle le fit sentir au prince; il n'en était que plus amoureux et plus soumis. » Ce fut la passion la plus sérieuse du Régent^ la seule femme qu'ait aimée véritablement ce royal fanfaron de vices, qui se faisait honneur de ses infidélités et de ses débauches. Il eut d'elle plusieurs enfants, dont^ un seul est connu dans l'histoire sous le nom de bâtard d'Orléans. Entré dans l'ordre de Malte, ce fils devint grand prieur de France et général des galères. Il tnourut, en 1749, à 47 ans, au mime âge que son pire.

Quant à Mademoiselle de Séry, son crédit dura plus longtemps qu'il n'était d'habitude pour les autres maîtresses du Régent. Elle exerça même une véritable influence sur le duc d'Orléans et sur ses affaires, qui n'étaient pas encore celles de l'État, puisque sa faveur est antérieure à la régence et mime se trouva brisée avant la mort de Louis XIV, à la fin de 1709. Le futur Régent avait obtenu pour elle, de la condescendance du roi, le titre

de comtesse d^Argenton quelle emporta dans sa disgrâce. Elle fit une fin bien imprévue. Elle inspira^ après sa chute, une vive passion à un certain chevalier d'Oppéde^ neveu du cardinal Janson, qui ne recula pas devant le désir qu'elle lui manifesta d'être épousée. Des scrupules étaient venus sur le tard à cette belle repentie y qui voulut une fois dans sa vie être légalement et véritablement mariée. Elle tomba bien mal d'ailleurs et fut singulièrement récompensée de ce beau retour de vertu. Son mari était brutal et elle fut battue. Elle le perdit heureusement en 1717 ety depuis y le silence le plus absolu s'est fait sur la suite de son existence. On ne saurait même dire quand elle est morte.

Puis vint Madame de Parabère, qui fut, avec justice, appelée la reine de l'orgie. « Elle avaity nous dit M. de Lescure, dans son livre si curieux et si bien renseigné : Les Maîtresses du Régent (E. Dentu — 1861) y l'héroïsme du plaisir. Toute nerfSy cette femme frêle en apparence apportait dans ces défis sensuels chaque soir jetés à la force humaine, une santé d'acier. Les convives s'abaissaient successivement sous la table, comme écrasés par une main invisible ; seule. Madame de Parabère, toujours souriante, souriait au dernier buveur; seuUy toujours la coupe à la main, elle défiait le dernier rieur... » Madame, mire du Régent y a également peint dans ses lettres, et en quelques mots, qui valent vingt pages, le portrait de cette illustre dame galante : « ...Elle est de belle taille y grande et bien faite; une jolie bouche et de jolis yeux ; elle a peu d'esprit y mais c'est un beau morceau de chair fraîche... »

Cette femme avait un mari qui passait pour être à la fois bête, aveugle et méchant ; il était en outre jaloux, et il faut avouer qu'il avait alors de bien bonnes raisons pour l'être. Sa femme, en effet, se trouvait être, à ce moment y à la fois la maîtresse du duc d'Orléans et celle du duc de Richelieu, sans compter les amants

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