‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 46 sur 61 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

— Le sacre du Roi s'est fait à Reims, le 25 d'octobre, dont il y a eu une relation très exactement écrite, en trois parties

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différentes, par Fauteur de la Galette de France. On ne peut rien ajouter à la netteté de cette relation et à tout le cérémonial qui y est rapporté, jusques aux moindres circonstances. On y trouve aussi la description des fêtes données au Roi, à Villers-Coterets et à Chantilly, à son retour par M. le Régent et M. le Duc. Le Roi est parti le i6 octobre de Versailles, il est arrivé à Reims le 22, a été sacré le 25, et est rentré à Versailles le 10 novembre. Il s'est acquitté de toutes ses fonctions avec une grâce merveilleuse, et en habit de novice il ressemblait à l'Amour. L'archevêque de Reims lui a fait un discours qui a été trouvé beau. L'évêque d'Angers a aussi, lui, prêché. Mais l'évêque de Soissons, qui voulut prêcher dans son église de Soissons, le jour de la Toussaint, ne fit rien qui vaille. Toute la Cour trouva le sermon bas et ridicule, et on ne reconnut point ce beau diseur, qui avait fait les Avertissements sur la Constitution, dont il a gagné une place à l'Académie française.

A Soissons, le Roi monta au clocher qui est très haut, on l'y voulut suivre, et il disait aux courtisans en riant : « Gare lès gras I » On a remarqué qu'à la fête de Villers- Coterets, ayant gagné des lots à la blanque, il les enfermait dans un petit cabinet de la Chine qu'il avait gagné, et qu'il le réservait très exactement.

J'ai su que dans l'église de Reims il y avait 4 ou 500 places de reste, et que beaucoup d'étrangers ne s'y sont pas trouvés^ parce qu'ils craignaient de ne point être placés.

Un jeune seigneur allemand, nommé Zinzendort, y étant venu avec d'autres seigneurs du même pays, ils trouvèrent le vin de Reims bon; la veille du sacre, ils en burent toute la nuit, s'endormirent le matin, se réveillèrent sur le

midi^ et voulurent aller au sacre qui était fait. Ce qui les fit résoudre à remonter en chaise et sans voir le sacre à retourner à Vienne, d'où ils étaient venus exprès pour le voir. Voilà une belle ambassade.

— M.deLaunay, directeur de la Monnaie et des médailles, m'a envoyé à Grosbois six médailles du Sacre, de trois moules diflférents dont trois d'argent et trois de bronze ou cuivre. D'un côté est une représentation du sacre avec ces mots autour : Celesti oleo unctuSy et dans l'exergue : Remis, 25 octobre 1722. Au revers est le portrait du Roi avec ces mots : Ltéd. XV, Rex Christianissimus. Pendant le sacre, on en a distribué plusieurs du plus petit moule. On ne les trouve pas bien gravées. C'est qu'on a employé un autre que le graveur de la Monnaie et des médailles.

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