‹ [Chroniques du XVIIIe siècle]Chapitre 13 sur 47 · LE CARDINAL DE FLEURY · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE FLEURY

IL avait été nommé par le roi Louis XIV précepteur de Louis XV, à la sollicitation du maréchal de Villeroi. Le jeune prince lui était attaché, au point que lorsque le régent exila le duc de Villeroi, l'abbé de Fleury s'étant retiré précipitamment de la cour, le prince pleura, gémit, refusa de boire et de manger, jusqu'à ce qu'on lui eût rendu son précepteur.

Venu de bonne heure à la cour, il était fait pour réussir, et il le sentit lui-même en y débutant. On le regardait comme un homme des plus aimables, et de la meilleure société, dit Voltaire ; et lorsque à l'âge de soixante-treize ans, où tant d'hommes se retirent des affaires, il prit les rênes du gouvernement, il fut longtemps regrdé comme un des plus

sages ministres; depuis 1726 jusqu'en 1742, tout lui prospéra. D conserva, jusqu'à près de quatre-vingt-dix ans, une tète saine, libre, et capable d'aflfaires.

D avait sollicité du vivant du roi Louis XIV un évêché ; mais on le lui avait refusé longtemps. Enfin il fut, comme on sait, nommé à celui de Fréjus au moment où il s'y attendait le moins. « Je vous ai fait attendre un peu longtemps, dit le roi, parce que vous aviez trop d'amis qui demandaient pour vous, et j'ai voulu avoir la satisfaction que vous ne dussiez rien qu'à moi. » Le séjour de Fréjus lui' déplut, n disait plaisamment que dès qu'il avait vu sa femme, il avait été dégoûté de son mariage ; il signait une lettre sur le même ton au cardinal Qjiirini : Fleury, évéque de Frijus, par l'indignation divine. Il quitta son évêché; la raison qu'il allégua éuit l'état de sa santé, qui le mettait, disait-il, dans l'impuissance de veiller sur son troupeau; mais la véritable raison était qu'à une aussi grande distance de la cour il n'y avait rien à espérer pour l'ambition.

Sous un air de douceur, de flexibilité, sous le masque de la modestie, sous une répugnance apparente pour les dignités, il cachait un ardent amour du pouvoir et de l'élévation.

Avec de pareils sentiments, il est diflScile d'expliquer l'anecdote suivante, rapportée comme vraie par tous les historiens de ce ministre. Le régent avait remarqué que Louis XV aimait beaucoup l'abbé de Fleury; en conséquence, il proposa de lui donner l'archevêché de Reims qui était vacant. Le roi envoie chercher son précepteur, et lui apprend le cadeau qu'on lui faisait. Fleury remercie et refuse absolument : alors il lui proposa d'accepter au moins Tabbaye de Saint-Êtienne de Caen, un des plus beaux bénéfices de France, rapportant près de soixante-dix mille livre$ de

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rente. L'abbé, pour ne pas perdre le mérite du refus de Tarchevêché^ le fit insérer dans les gazettes; mais il est évident qu'il ne cherchait qu'à servir son ambition en cela : il sentait bien qu'une fois archevêque de Reims il serait regardé comme classé, récompensé; que ses autres démarches seraient épiées, et que la jalousie viendrait à la traverse de ses projets d'élévation ; il dut donc refuser.

Nous ne suivrons pas l'abbé de Fleury, devenu cardinal, dans toutes les époques de son ministère, et dans sa conduite pendant la guerre de 17 lo. Nous nous attacherons à quelques faits qui puissent le faire connaître, et expliquer la haine qu'on lui porta, après avoir conçu de si grandes espérances de ses talents pour la politique.

Ce fut en 1726 que le duc de Bourbon, qui était premier ministre, ayant été exilé à Chantilly par le jeune roi, l'abbé de Fleury fut chargé de l'administration du royaume, sans autre titre que celui de conseiller au conseil du roi.

Bientôt après il fut cardinal, titre qui, suivant la prétention de ces princes de l'Eglise, emportait la nécessité de le faire premier ministre, puisqu'il prenait rang sur tous les autres, et les obligeait de travailler chez lui.

Le cardinal jouissait dans sa nouvelle élévation de tout le crédit que lui donnaient la jeunesse et l'inexpérience du monarque. Jusqu'alors ce prince, livré entièrement à sa jeune épouse, dont il eut bientôt un fils, père de Louis XVI, ne connaissait aucune des intrigues de galanterie dont son bisaïeul avait de si bonne heure donné l'exemple.

Mais à la longue l'union entre les deux époux se relâcha ; le nombre d'enfants que la reine lui avait donnés pouvait diminuer l'attrait de la beauté et le goût des plaisirs, et sa dévotion achevait de jeter de la froideur dans un commerce de

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sentiments que tant de causes pouvaient aflfaibiir. Les courtisans, à la tète desquels le cardinal tenait le premier rang, s'en aperçurent. Qs craignirent les suites des liaisons que le roi pourrait former avec des femmes qui ne seraient point leurs créatures. On prévint Tévénement, on chercha même à le hâter, pour mieux le maîtriser.

On gagna le confesseur de la reine ; il insinua à sa pénitente qu'ayant rempli les devoirs de son état en donnant un héritier au trône et des princesses pour en être Tornement, elle ferait une chose agréable à Dieu en exerçant désormais la plus excellente des vertus, la chasteté; en se sevrant des voluptés chamelles, qui ne peuvent qu'éloigner des voies du ciel.

Si la reine eût eu un goût bien vif pour le plaisir, ces conseils n'auraient produit aucun eflfet sur sa conduite; mais elle était d'un tempérament froid, et déjà affaibli par plusieurs enfants qu'elle avait donnés au roi. Elle se laissa donc persuader; elle montra de l'éloignement pour les approches de Louis; elle produisit, ce qu'on attendait, le besoin pour le roi d'avoir une maîtresse : c'est là où on l'attendait, et on lui donna M"* de Mailly, femme propre à ce rôle, sans ambition, aimant de bonne foi le jeune prince, et entièrement soumise aux vues du cardinal. Nous parlons de ses amours au chapitre qui la concerne, nous y renvoyons et revenons au tout-puissant ministre.

Comme on savait dans le public qu'il était le fauteur et presque le principal instigateur de la conduite que tenait le roi en vivant publiquement avec une femme mariée, il affecta de lui faire des remontrances qui le missent à l'abri du blâme. Le roi l'entendant tenir un langage qui contrariait ses nouveaux amusements, lui dit : « Je vous ai aban-

donné la conduite de mon royaume ; j'espère que vous me laisserez maître de la mienne. » Ces mots, quoique pleins de sécheresse, remplissaient l'objet du fin prêtre ; il ne manqua pas de les faire répéter par ses affidés dans le public et à la cour.

Il avait quatre-vingt-cinq ans, lorsque en 17401a guerre éclata entre la Prusse et la reine de Hongrie, à l'occasion de la mort de l'empereur Charles VI, dont cette princesse était héritière en vertu d'une convention ou pragmatique sanction garantie par les principales puissances de l'Europe, et surtout par la France. Cette circonstance tira le cardinal de son état de paix et de repos. Il fallut penser à la guerre ; il ne la voulait pas ; il était entouré de gens qui au contraire la désiraient, et qui l'y portaient en répétant que le cardinal de Richelieu abaissa la maison d'Autriche, et que le cardinal de Fleury en fera une nouvelle, s'il le veut. Ce propos le flattait beaucoup.

n envoya en ambassade auprès de la diète de l 'Empire, à Francfort, le fameux comte de Belle-Isle, petir-fils du célèbre Fouquet. C'était lui qui avait conçu le projet de morceler les États de la maison d'Autriche, et de donner la couronne impériale au duc de Bavière.

Le cardinal entraîné n'épargna rien pour que l'ambassadeur étalât toute la magnificence et le luxe qui pouvaient en imposer; sa suite était nombreuse et entraînait une dépense énorme. On fit alors sur Belle-Isle et son ambassade les vers suivants, qui n'ont de mérite qu'un peu de malignité :

Grand cardinal, la voix publique Nomme avec vous, pour notre ambassadeur Vers la nation Germanique,

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Ce dtoyen, cet bommi^ upk||ue»

Ce grand guerrier, ce sage politique,

Dont le choix vous fait tant d'honneur ; Mais monseigneur, s'il vous platt, sur quel titre

Faites-vous partir avec hii Tous ces messieurs, ces sortes de ministres

Qpi par vous nommés aujourd'hui De Tempire romain se croient les arbitres ?

SoBt-ce des étions ? sont-ce des assistants ? £st*ce un conseil représentant la France ?

Ou bien des gens sans conséquence Qpi s'en vont divertir l'empire à nos dépens ?

N'en déplaise à Votre Éminence, L'ambassadeur eût mieux choisi ses gens ;

Des Français il eût pris l'élite.

Il s'y connaît ; vous en eût répondu ;

Au lieu que tout est confondu;

Car frandiement ces volontaires

Ne sont qu'un surcroît d'embarras

Pour Belle-Isle et pour ses aôaires ; Ils seraient aussi bien à Paris que là-bas; Qp'il vous plaise du moins munir d'une macotte Chaque sujet de ce détachement.

Pour représenter dignement

Uauguste corps de la calotte

Comme envoyés du riment i

L'on sait que dans cette guerre, où une partie <k l'Europe, et surtout les premières puissances, excepté l'Angleterre, furent liguées contre l'impératrice reine de Hongrie, cette princesse avait été réduite aux dernières extrémités, se releva de ses pertes, et parvint à ce qu'elle désirait le plus ardemment, de vobr son mari reconnu empereur, et la suc cession dont elle héritait à l'abri d'un morcellement honteux. Cette reine avait des partisans dans toute lïurope, et principalement en France, où l'on admirait son courage, sa constance ei l'élévation de son caractère; manière de penser

qui» jointe aux revers que nos armées éprouvèrent» attirèrent au cardinal des satires, des sarcasmes et des calomnies, mêjQpte de la part de ses contemporains.

Du passé conservant un léger souvenir,

Ébloui du présent, sans prévoir Favenir,

Dans l'art de gouverner décrépit et novic^e,

Punissant la vertu, récompensant le vice,

Fourbe dans le petit et dupe dans le grand,

Malgré son air altier accablé de son rang :

Uon connaît à cqs traits» même sans qu'on k nomme.

Le maître de la France et le valet de Rome.

Il paraissait dans le même temps une pièce de vers pleine de force et de louanges adressées à la reine de Hongrie.

Fille de ces héros que l'empire eut pour maîtres. Digne du sang auguste où l'on vit tes ancêtres Souvent près de leur chute, et toujours affermis :

Princesse magnanime.

Tu jouis de l'estime

De tous tes ennemis.

Le Français généreux, si fier et si traiuble»

Dont le goût pour la gloire est le seul goût durable.

Et qui vole en aveugle où l'honneur le conduit.

Inonde ton empire,

Te combat et t'admire,

Te plaint et te poursuit.

Par des nœuds étonnants l'altière Germanie, A ses puissants rivaux malgré soi réunie, Fait de l'Europe entière un objet de pitié;

Et leur longue querelle

Fut cent fois moins cruelle

Que leur triste amitié.

Le cardinal, voyant les espérances de la France trompées dans cette guerre, commencée si heureusement, écrivit au générai autrichien Kœnigseck une lettre qu'il lui fit rendre par le comte de Belle-Isle. D s'y excusait de la guerre entreprise, il avouait qu'il avait été entraîné hors de ses mesures. « Bien des gens savent, dit-il, combien j'ai été opposé aux résolutions que nous avons prises, et que j'ai été en quelque façon forcé d'y consentir. Votre Excellence est trop instruite de ce qui se passe pour ne pas deviner celui qui mit tout en œuvre pour déterminer le roi à entrer dans une ligue qui était si contraire à mon goût et à mes principes. »

Pour toute réponse, dit Voltaire, la reine de Hongrie fit imprimer la lettre du cardinal de Fleuiy. U s'en plaignit dans une autre que l'on rendit également publique; ce qui le mortifia beaucoup, et le porta à désavouer l'une et l'autre dans les gazettes; mais personne n'en fut la dupe.

Ces contrariétés et la situation pénible des affaires de la France hâtèrent sa fin; il mourut le 9 janvier 1743 ; il était né en 1653, et avait par conséquent 90 ans. Il laissa les affaires très embrouillées, et la France engagée dans une guerre où le défaut de marine devait bientôt lui donner du désavantage vis-à-vis de l'Angleterre principalement, toute* puissante alors sur mer.

Qjiand on songe, dit encore Voltaire, que de mille contemporains il y en a très rarement un qui parvienne à l'âge du cardinal de Fleury, on est obligé d'avouer qu'il eut une destinée unique. Si sa grandeur fut singulière, en ce qu'ayant commencé si tard elle dura si longtemps sans nuage, sa modération et la douceur de ses mœurs ne le furent pas moins.

On sait quelle était la magnificence du cardinal d'Am-

boise, ministre de Louis XII, et qui aspirait à la tiare ; on connaît la simplicité arrogante de Ximénès, archevêque de Tolède et régent d'Espagne pendant la minorité de Charles- Qliint, et qui, vêtu en cordelier, se vantait de conduire les grands d'Espagne avec son cordon, ce qui était vrai ; on n'a point oublié le faste royal de Richelieu et les richesses prodigieuses accumulées par Mazarin. H restait au cardinal de Fleury la distinction de la modestie réelle ou apparente : il Teut; il fut simple et économe en tout sans se démentir; l'élévation manquait à son caractère (c'est Voltaire qui parle); ce défaut tenait à des qualités qui sont la douceur, l'égalité, l'amour de l'ordre et de la paix.

Il parvint jusqu ' à Tâge de q uatre-vingt-dix ans sans infirmités l'esprit sain, la tète libre, susceptible encore de jouissance et de travail. Il buvait toujours à la glace, même en hiver. Voluptueux par goût, il était sobre et réglé par raison; ainsi sa modération contribua à rendre sa vie fortunée et longue.

Le cardinal avait Tesprit vif et délicat, la conversation aisée, amusante, nourrie d'anecdotes curieuses. Il avait la répartie prompte et brillante ; il plaisantait finement, et, ce qui est rare, il n'offensait personne ; il parlait bien et écrivait de même, ce qui est très rare.

Si le cardinal ne s'entêta pas d'amasser d'inutiles grands biens, il chercha au moins à avancer sa familie ce qui est plus estimable. H fit un de ses neveux du. et pai , gouverneur de Lorraine, premier gentilhomme de h chambre. Cette dernière charge ne s'obtint pas sans réclamations, les autres gentilshommes de la chambre le regardèrent comme indigne d'occuper une place qui ne devait s'accorder qu'à la plus haute naissance ; il fallut employer toute l'autorité du maître : encore ne put-il épargner au nouveau venu les

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désagréments que lui donnaient les autres lorsque Tôccasion s^en présentait.

Ce ministre redoutait dans les grandes places les génies profonds et actifs ; il crai^ait les systèmes des uns, Tmquiémde des autres ; croyait qu'on pouvait aisément s*en passer 9 et qu'ils faisaient habituellement plus de mal que de bien. H regardait l'administration de l'État du m&ne ceil que celle du bien d'une famille, et il avait remarqué dans le commerce de la vie que ce n'était pas les hommes de plus de talent qui gouvernaient le mieaiL k&r i ntérieur.

A l'éclat du trône, à la représentation près, l'on eût pris Louis XV pour le premier sujet du cardinal de Fteury, et Son Éminence était gouvernée à son tour par deux hommes très obscurs. L'un était l'abbé Couturier, supérieur du séminaire de Saint- Sulpice; sans être le confesseur en titre du ministre souverain, il dirigeait en grand sa conscience, et^ sans avoir la feuille des bénéfices, était à la tète de toutes les a&iires ecclésiastiques. Ce personnage grossier, sans éducation, sous un air de balourdise, avait eu assez de dextérité pour manier l'esprit de son pénitent, l'assouplû:, et se rendre sous lui le distributeur des grâces de l'Église. La tète couverte d'un vaste chapeau, dont les bords rabattus ombrageaient ses larges épaules, en rabat blanc, en soutane de bure, il vojrait son antichambre remplie des plus grands seigneurs du royaume. Sa maison était devenue la pépinière de tous les abbés de qualité aspirant à la prélature ; et comme il était voué aux jésuites, il en avait fait k repaire du moUnisme, c'est-à-dire qu'il avait donné la préfièrence à ceux qui la méritaient le moins, comme cela arrive toujours.

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L'autre personnage, moins ridicule et moins grossier que cet abbé Couturier, mais aussi bas valet et bon courtisan, était un valet de chambre nommé Barjac. Le valet d'un homme puissant est plus puissant que lui; Barjac l'était sans le faire sentir. Il s'étudiait à faire des choses agréables à son maître ; il était le ministre de ses plaisirs; et comme il connaissait parËiitement les faibles et les travers de l'Ëminence, il se conduisait en conséquence.

Ce fut lui qui, peu de temps avant la mort de ce cardinal, qui avait, comme on a vu, quatre-vingt-dix ans alors, eut la galanterie très recherchée de le faire souper un jour avec douze convives de la cour, hommes et femmes, tous plus âgés que lui; en sorte que comme le plus jeune il fut obligé ^e tirer le gâteau. Avec une adulation aussi fine et aussi soutenue, Barjac ne pouvait manquer d'être très avant dans la faveur du cardinal. Il était le canal de toutes les grâces, principalement de finance, dont une partie refluait sur lui, en sorte qu'il se trouva puissamment riche à la mort de son protecteur.

Excepté ses serviteurs, ses parents et ses créatures^ le roi fut peut-être le seul dans le royaume qui le regrettât. Dans l'excès de sa reconnaissance, non seulement il ordonna qu'on lui rendit les honneurs réservés aux tètes couronnées, par un service solennel célébré à Notre-Dame, où le premier orateur d'alors, le Père la Neuville, fut chargé de prononcer son oraison funèbre ; il voulut encore faire passer ses sentiments à la postérité la plus reculée ; il lui fit ériger un mausolée dans l'église de Saint-Louis du Louvre. Mais cette sensibilité pour son Mentor et son ministre se refroidit bientôt chez le jeune monarque ; en sorte que le monument fût resté oublié dans l'atelier de l'artiste qui en était

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chargé, si le duc de Reuiy , son neveu, Tarchevêque de Tours, révêque de Chartres, ne l'avaient fait continuer et établir.

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