‹ [Chroniques du XVIIIe siècle]Chapitre 22 sur 47 · FALCONNET · texte numérisé non relu

FALCONNET

FALCONNET, médecin consultant du roi, perça avec précipitation la foule, le jour de la naissance de M. le duc d'Anjou, pour en faire compliment à Sa Majesté. Il lui dit en même temps qu'il avait prédit la naissance de ce prince comme celle de Monseigneur le Dauphin, et qu'il demandait à Sa Majesté la charge d'inspecteur de la naissance des enfants de France.

Le roi demanda à M. le comte de Maurepas, qui se trouvait à côté de lui, s'il trouverait la commission d'une pareille charge sur ses registres ; et ce secrétaire lui ayant dit que non, il répondit : « Il faudrait dire à Aymon de la lui expédier. »

Ce médecin était un homme très âgé, d'un tempérament fort et robuste, et qui passait sa vie moitié à manger et l'autre moitié à prendre des remèdes.

H commençait sa journée à cinq heures du matin, il prenait une tasse de chocolat, et ensuite il s'amusait dans son lit à toucher son luth, dont il jouait mal.

Quand ce chocolat lui chargeait l'estomac, il se faisait apporter un lavement qu'il prenait, sans pour cela abandonner son luth. H a été gravé de cette manière.

Quelques heures après, il se faisait apporter du truit dont il mangeait beaucoup. Il sortait, allait voir ses malades.

prenait quelques poudres ou quelques lavements, quand il craignait de n'avoir pas assez d'appétit pour bien diner, ce qui lui en procurait un prodigieux ; car il mangeait de tout et beaucoup.

L'après-midi, il la passait ou à aller voir des malades ou à jouer ; et comme il avait pour principe que pour vivre longtemps il ne faut point se contraindre, il ne s'embarrassait point de lâcher des vents où il se trouvait.

Il a fait un livre sur la médecine, où il prétend que c'est perdre les enfants et leur produire une mauvaise santé que de leur donner de la bouillie.

Il a laissé un fils qui est un homme très savant et qui passe sa vie à étudier. H est médecin consulunt de Sa Majesté.

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