‹ [Chroniques du XVIIIe siècle]Chapitre 30 sur 47 · CHAUVELIN · texte numérisé non relu

CHAUVELIN

MChauvelin, garde des sceaux, était d'une famille • distinguée dans la robe ; il occupa pendant quelque temps une place de président à mortier au parlement de Paris. D'Ârmenonville, garde des sceaux, et son fils, le comte de Morville, ministre des aflFaires étrangères, ayant été disgraciés en 1727, il les remplaça l'un et l'autre. Il avait du mérite, quelque intégrité; il était laborieux, expéditif, d'un abord facile et d'une conversation séduisante. Le cardinal de Fleury lui donna sa confiance.

Las d'obéir au cardinal, qu'il croyait surpasser en lumières, il se ligua avec un parti dans lequel le duc de Bourbon et la duchesse sa mère jouaient un principal rôle, et forma le projet de supplanter le cardinal. Sa disgrâce suivit bientôt ce projet ambitieux, que l'on baptisa du nom de Conspiration des Marmou:^ets, On l'accusa d'avoir, dans le traité de Vienne, sacrifié les alliés de la France aux intérêts de l'Empereur, et d'avoir reçu de l'argent pour cela. D fut mis en prison en 1737, comme un criminel d'État, et ensuite exilé à Bourges, où il se fit aimer par sa popularité, n mourut le i*' avril 1762, à l'âge de soixante-dix-huit ans.

Il aimait les beaux-arts^ les savants et les gens de lettres;

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il leur a rendu des services; il les accueillait avec une dis* tinction affectueuse, et se plaisait à la lecture de nos bons écrivains.

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