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CHAPITRE X

CommeiU Walcran, comte de Saint-Pol, envoya scs lettres dé défiance au roi Henri d’Angleierre.

//OH, en cet an pareillement, Waleran, comte de Saint-Pol, envoya lettres de défiance au dit roi d’Angleterre ; destpielles la teneur s’ensuit:

» Très-haut cl [uiissanl prince Henri, duc de Lancastre, moi, Maleran de Luxembourg comte de Ligny et (h* Saint-Pol, considérani, l’allinilé, amour et confédération (piej avois

24 CUROMOIT.S D'ENfiHERRAND DE MONSTREI.ET. [1402]

par devers très haut ol ]>iiissaiil prince Richard, roi d'Anglelerre, duquel j’ai eu la sœur en épouse cl la deslruclioii du dit roi, dont notoirement cMes inculpé et très {irandeinent diffamé; avec ce, la grand’ honte et dommage que moi cl ma génération de lui descendant pouvons et pourrons avoir au temps à venir , et aussi l’indignation de IJicu tout puissant, et de toutes raisonnables et honorables personnes, si je ne m’expose avec toute ma puissance à >engcr la destruction du dit roi, dont j’élois allié; pour tant, par ces présentes vous fais à savoir (pden toutes manières que je pourrai, je vous grèverai; et tous dommages, tant par moi comme par mes parents, tous mes hommes 0» sujets, je vous ferai, soit en terre, soit en mer: toutefois, hors du royaume de France, pour la cause devant dite, non pas aucunement pour les faits mus ou à mouvoir entre mon très redouté et souverain seigneur le roi de France et le royaume d’Angleterre. Et ce je vous certifie par l'impression de mon sceau. Donné dans mon châtel, à Luxembourg, le dixième jour de février l’an 1402. •>

Lesquelles lettres furent envoyés au dessus dit roi par un héraut d’icelui comte de Waleran. A quoi fut répondu par le dessus dit roi Henri (juc de ce ne faisoit compte, cl qu’il avoit bien intention que le dessusdit comte de AValeran auroit à faire à garder coidre lui sa personne, scs sujets et ses pays. Après celle défiance, le dit comte se disposa et prépara par toutes manières à faire guerre au dessus dit roi d’Angleterre et aux siens ; et qui plus est, fil en ce même temps faire en son chétel de Bohaing la figure et représentation du comte de Rostcllant-, armoyé de ses armes, et un gibet

’ Wiileran de Luxembourg épousa Maliaut de Holland, sœur de mère du roi l’iiehard. Ilalpli Lrooke (p. li;2} dit qu’Edrnoiid l’ianlagenet, fils puîné du roi Edouard, comte de Kent, cul trois cnf.ins, Edmond et Jean, comics de Kent, ([ui moururent sans enfans, ei .feanne, (jui épousa en premières noces Guillaume de .Moiilagu, comte de Salisbury. .feanne, ayant été séparée du comte de Salisbury, épousa Thomas Holland, cbevalicr de l’ordre de la .Jarretière, qui, à cause de cette allianee, ilcvint comte de Kent, f^etlc même Jeanne épousa en tri’isicmes noces Edouard, prince de Galles, dont elle eut le roi f'.iebard. Elle avait en aussi de son second mariage plusieurs enfants, et entre autres Jeanne, qui épousa le comte de .Saint-Pol.

• Edouard Plantagenel, comte lie PiUtland, connéla-

assez portatif, lequel il fit mener et conduire secrélemeiil en aucune de ses forteresses au pays de Boulenois ; et bref ensuivant , furent icelui gibet et représentation conduites par Robinet de Rebreleng, Aléaume de Vlmeux et autres experts gens de guerre jusqu’assez près des portes de Calais , et fut là dessus dit gibet derechef, et le dit comte de Roslellant pendu à icelui, les pieds contremont; et ce accompli , s’en retournèrent les dessus dits en leur forteresse. Et quand ce vint au malin que les Anglois de ( alais ouvrirent leurs portes, ils furent tous émerveillés devoir celte aventure. Si le dépendirent sans délai , et l’emportèrent dedans leur ville ; et depuis ce temps , furent par longue espace plus enclins à faire dommage et déplaisir au comte AValeran, à ses pays et sujets que par avant n’avoienl été.

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