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CHAPITRE IK

Comment Louis, duc d’Orléans, Trére du roi de France, envoya lellrcs au roi d’Angleterre pour faire armes, (H la

réponse qu’il eut.

En après, en cet an 1402, Louis, duc d’Orléans , frère au roi de France, envoya une lettre pour faire armes au roi d’Angleterre, dont la teneur s’ensuit :

« Très haut et puissant prince Henri, roi d’Angleterre, je, Louis, par la grâce do Dieu, fils et frère des rois de France, duc d’Orléans, vous écris et fais à savoir qu’à l’aide de Dieu, et de la benoite Trinité, pour le désir que j’ai de voir à honneur l’emprise que je pense que vous devez avoir pour venir à prouesse, et regardant l’oisiveté en quoi plusieurs seigneurs extraits de royale lignée se sont perdus, quand en faits d’armes ne s’emploient, jeunesse qui mon cœur requiert employer en aucuns faits pour acquérir honneur et bonne renommée, me fait penser de présent à commeneer à faire métier d’armes, et que plus honorablement ne le pourrois acquérir, tout regardé, que d’élre en heu, à un jour avisé tant de vous comme de moi, et en une place où fussions nous deux accompagnés chacun de son côté de cent chevaliers et écuyers de nom et d’armes, et sans aucun reproche, tous gentilshommes, et nous combattre jusqu’au rendre. Et cil à qui Dieu donnera la grâce d’avoir la victoire le jour, chacun chez soi, comme son prisonnier pourra mener son compagnon pour en faire sa volonté ; et si ne porterons sur nous quelque chose qui tourne à son sort ou invocation quelconque, qui de l’église soit défendu : et n’y aura trait en la dite bataille, fors que chacun s’aidera du corps que Dieu lui a prêté, armé comme bon lui semblera, tant à l’un côté comme à l’autre pour sa sûreté, ayant bâtons accoutumes, c’est à savoir, lance, hache, épée et dague \ et chacun de tel avantage comme métier et besoin lui sera pour sa sûreté et pour soi aider, sans avoir alênes, ou crocs, broches, poinçons, fers barbelés, aiguilles, pointes envenimées, ni rasoirs, comme pourra être avisé par gens en ce connoissans, ordonnés tant d’une part comme d’autre, avec toutes les sûretés qui en ce cas sont nécessaires. Et pour venir à l’elTet de celte désirée journée dessus dite, je

16 CIIKOMOI KS D'KN’GCRIUIANÜ DE MONSïEELET. [^02]

vous lais à savoir qu’à l’aide de Dieu, de Notre-Dame et de monseigneur saint IMichel, je pense l'Ire, sue voire volonté, accompagné du nombre dessus dil en ma ville et cité d’Angouléme, pour accomplir , à l’aide de Dieu, ce que dit est devant. Or ni’esl avis que, si votre courage est tel (pie je pense pour ce fait accomplir , vous pourrez venir jusqu’à lîordeauv ; et, là es marches, nous deux nous trouverons pour outrer notre journée comme pourra être avisé , tant de vos gens comme des miens commis à ce, pleine puissance ayant de toutes parts, comme si nous y étions en ce faisant en nos propres personnes.

'■ Très haut et très puissant prince, mandezmoi et faites savoir en ce cas votre volonté , pour accomplir les choses dessus dites ; et veuillez abréger le temps d’en mander votre plaisir ; car je pense que vous pouvez savoir qu’en tout fait d’armes bien avisé, le plus bref compte est le meilleur ; principalement et généralement aux rois et aux princes et aux seigneurs. Et en avisant, tant par mandemens comme par écrit en cette emprise, n’en pourroit venir entre vous et moi qu’empôchement de faits nécessaires, qui sont ou peuvent être en nos mains. Et pour ce, afin que vous sachez et connoissez que ce que je vous écris et mande je veuil accomplir à l’aide de Dieu , je me suis souscrit de ma propre main, et si ai scellé du sceau de mes armes ces présentes lettres , écrites en mon chastel de Coucy, le septième jour d’août 1402.»

S’ensuit la première lettre de réponse du roi Henri aux lettres du duc d’Orléans ;

« Henri, par la grâce de Dieu, roi d’Angleterre et de France, et seigneur d’Irlande, à haut et puissant prince Louis de Valois, duc d’Orléans, vous écrivons, mandons et faisons savoir que nous avons vu vos lettres de requêtes d’armes, dont la teneur s’ensuit : « Très- » haut et puissant prince Henri, etc. »

>• Par la teneur desquelles nous pouvons bien apercevoir à qui elles s’adressent: néanmoins il est à nous, comme être pourroit entendu, par ce que vous en avez mandé ; nous en avons grandes merveilles pour les causes qui s’ensuivent. Premièrement, pour les trêves jurées entre notre très cher seigneur et cousin le roi Richard, notre dernier prédéces¬

seur, que Dieu absolve, et votre seigneur et frère, lesquelles vous-même avez jurées à tenir, et qui sont alTirmées par votre seigneur et frère et nous. Secondement, pour l'alliance qui fut pourparlée entre nous et vous à Paris ; et aussi pour les sermens que vous baillâtes en nos mains et ès mains de nos très chers chevaliers et écuyers, messire Thomas d’Espinghen, messire Thomas Rampson, et Jean Marbury, de la bonneamitié et alliance que vous promîtes à nous tenir ; desquelles lettres de votre alliance scellées de votre scel , la teneur s’ensuit :

» Ludovicus , etc. »

<> Or, puisqu’ainsi est que vous avez commencé devers nous, contre raison, parles causes dessus dites, comme il nous semble qu’il nous soit par vous envoyé, nous vous voulons répondre en la manière qui s’ensuit , c’est-àdire que nous voulons que Dieu et tout le monde sachent qu’il n’a été et n’est notre intention d’aller contre chose que nous ayons promis en notre défaut, ni par nous commencée.

» Mais puisque vous avez ainsi commencé en votre personne devers nous , nous vous prions, mandons et faisons savoir que la pareille lettre d’alliance que vous avez reçue de nous, laquelle nous voudrions avoir tenue, si vous eussiez tenu la vôtre, nous cassons, annulons, et renonçons tant comme est en nous, et tenons pour nulle amitié, amour, n’alliance dorénavant, et ce en votre défaut, car il nous semble que nul prince, seigneur, chevalier, ni autre, de quelconque état qu’il soit, ne doit demander ni faire armes sous icelle alliance et amitié, et pour ce nous vous quittons devers vous toute notre alliance, et vous répondons à votre dite lettre de requête : combien ([ue , considéré la dignité que Dieu nous a donnée et là où Dieu nous a mis desabonne grâce, ne devrions répondre à nul tel fait, sinon de pareil état et dignité que nous sommes, vous faisons savoir que, là où il est contenu en votre lettre que : <> l’entreprise que vous pensez que nous devons avoir pour venir à prouesse, regardant l’oisiveté, etc. » H est vrai que nous ne sommes pas tant employés en armes et en honneurs comme nos nobles progénileurs ont été; mais Dieu est trop puissant de nous mettre à

VAX UE [’UKMIEK.

poursuivre leurs faits quand lui plaira ; lequel, pour toute l’oisiveté que nous avons eue de sa bonne grâce, tousdis a gardé notre honneur. Et quant à ce cpie vous désirez d’étre en lieu et en jour regardé tant de vous comme de nous, en une place où nous fussions nous deux accompagnés chacun de son côté de cent chevaliers et écuyers de nom et d’armes, sans avoir reproche et gentilshommes, à nous combattre jusqu’au rendre : vous faisons savoir qu’il n’a été vu devant cette heure que aucun de nos nobles progéniteurs rois ait été ainsi calengé par aucune personne do moindre état qu’il n’éloit lui-méme; qu’il n’avoit mis ni employé son corps en tel fait avec cent personnes ou autre nombre pour telle cause ; car il nous semble que ce qu’un prince roi fait, il le doit faire à l’honneur de Dieu et commun profit de toute chrétienté ou de son royaume, et non pas pour vainc gloire ni pour nulle convoitise temporelle. Et, parce que nous voulons partout conserver l’état que Dieu nous a donné, pris avons tel propos, qu’à quelque heure qu’il nous plaira et semblera mieux expédient, à l’honneur de Dieu, de nous et de notre royaume, nous irons personnellement en notre pays de par delà, accompagnés de tant de gens qu’il nous plaira, et lesquels nous réputons tous nos loyaux serviteurs, sujets et amis, pour y conserver notre droit.

» Auquel temps, si vous pensez qu’il soit à faire, vous vous pourrez mettre avant , avec tel nombre de gens comme mieux vous semblera, pour vous acquérir honneur et accomplissement de tous vos courageux désirs. Et si Dieu plaît , et Notre-Dame , et monseigneur saint George, vous ne partirez sans être tellement répondu à votre requête , que vous en deM’Cz être tenu pour répondu, soit pour combattre entre nos deux personnes, autant comme Dieu veuille sonITrir, laquelle chose nous désirons [)lus qu’autrement, pour eschever elïusion de sang chrétien , ou autre plus grand nombre. Et Dieu sait que nous voulons que tout le monde sache (pie cette nôtre réponse ne procède pas d’orgueil ni de présomptueuseté de cœur, ni pour mettre en reproche nul prud’homme qui a son honneur cher, mais seulement pour faire abattre la haulesse do cœur et surcuidance de celui, (luel qu’il soit ,

qui ne sait discerner qu’il est lui-même. Et si vous voulez que ceux de votre partie soient tous sans reproche, gardez mieux vos lettres , vos promesses et votre scel que vous n’avez fait devant cette heure. El pour ce que nous voulons que vous sachez que cette nôtre réponse , laquelle nous vous écrivons et mandons, procède de noire certaine science, et que nous l’accomplirons en notre droit , si Dieu plaît, nous avons scellé de nos armes ces présentes lettres.

» Donné en notre cour de Londres, le quinziéme jour du mois de décembre l’an de grâce mil quatre cent et deux , et de notre règne le quart. »

S’ensuit la lettre d’alliance, translatée de latin en françois, faite entre le duc d’Orléans et le duc de Lancastre avant qu’il fût roi d’Angleterre.

« Louis , duc d’Orléans , comte de Valois , de Blois et de Beaumont , à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut et dilection. Savoir faisons par ces présentes (lue jaçoit ce que entre très haut et puissant prince, notre très cher cousin Henri duc de Lancastre et d’Herford, comte de Derby, de Lincoln , de Leicestre et de Northe-Ilampton , en présent nous soit donné dilection et atTection , néanmoins, nous, désirant avoir plus ferme amitié et alliance ensemble, attendu que nulle chose en ce monde ne se peut à peine trouver meilleure, ni plus plaisante , ni plus profitable de ce : au nom de Dieu et de la très sainte Trinité, qui est très bel exemplaire, et aussi ferme et stable fondement, en parfaite charité et amitié, ni sans le bras de sa grâce, rien ne se peut bien ni profitablement mettre à fin; nous, en forme et manière que celle nôtre amitié soit réputée honorable et honnête , sommes venus et venons à faire ensemble alliance et confédération en celle manière. Et premièrement, chacun de nous tient être raison et approuve moult qu’en cette alliance soient exceptés tous ceux qui sembleront à chacun de nous être exceptés au regard de honnêteté ; et pour ce nous exceptons de notre fait ceux qui s’ensuivent :

» Premièrement , notre très haut et très puissant prince et mon très redouté seigneur,

CIHlOMori-S lïENCrhrxKAM) DE MO^STKELET. [1402]

Charli'S. par la grâce do Dieu, roi de rrance ; nionsoigiieur le daiiplim aiiié , son lils el lous les aulres lils et enranls de nioiuiil seigneur ; madame la reine de France, et nos très chers oncles les ducs de llerri , do Bourgogne et de Bourbon ; très nobles princes nos très chers cousins , le roi des lloniainsel de Bohème; le roi de Hongrie , son frère et leurs oncles; et IVècop , marquis de 3Ioravie ; et aussi lous nos cousins plus prochains , et tous autres de notre sang, présents et à venir, tant mâles que femelles ; et notre très cher père le duc de IMilan, la tille duquel nous avons à femme, pour laquelle alTini té nous appartient être favorable à son bien et honneur ; et très nobles princes nos très chers cousins, le roi de Castille, le roi d’Ecosse, el lous aulres alliés à mon dit seigneur ; el notre très cher cousin le duc de Lorraine, le comte de Clôves, le seigneur de Clisson , cl lous aulres nos vassaux et obligés par foi el serment , lesquels nous sommes tenus garder de mal, pour ce qu’ils se sont adonnés ù nos services el commandements ; et finalement tous ceux qui sont nos alliés, auxquels il appartient garder el tenir nos convenls.

» /feni, entre le duc de Lancastre et nous sera toujours sans intermission bonne alfection de vraie amour el dilection , comme doit tire en vrais el honnêtes amis ;

'• chacun de nous sera, toujours elen lous lieux, ami el bienveillant des amis et bienveillants l’un de l’autre ; el ennemi à ses ennemis , ainsi qu’il convient à honneur et louange de l’un et de l’autre ;

» /(em, en lous temps, en lous lieux , el en toutes choses el besognes, chacun de nous aimera , pourchassera , gardera el défendra le salut, le bien, honneur el étal l’un de l'autre , tant en paroles comme en faits , diligemment el soigneusement, tant comme faire se pourra, honorablement el honnélemenl ;

» /tem , en temps el en cas de discord , de débat cl de guerre , nous aiderons et défendrons l’un l’autre, de grand désir, pure volonté et parfaite œuvre, contre et envers tous princes , seigneurs et barons et toute autre personne singulière, ou communauté, collège, université, de quchpie seigneurie, dignité cl étal , degré cl condition qu'ils soient , j)ur toutes voies, remèdes, engins, consaux, forces.

aides , gens d’armes , hosls el autres subsides que nous pourrons et saurons; el chacun de nous se lèvera , résistera et combattra contre tous les adversaires , guerroyeurs el ennemis de l’autre, el s’y efforcera de toute pensée, conseil et œuvres licites cl honnêtes, exceptés toujours, comme dit est, les dessus nommés ;

» /(em, les choses dessus dites se feront, tiendront , garderont et dureront tant comme les trêves présentes faites entre mon dit seigneur et le roi d’Angleterre dureront; et si meilleure paix se fait, dureront tant comme icelle paix durera entre eux sans enfreindre.

» En témoin et fermeté de ce nous avons fait faire et écrire ces présentes lettres el y mettre noire scel pendant.

» Donné à Paris , le dix-sepliéme jour de juin l’an de grâce mil trois cent quatre-vingt el seize. »

S’ensuit la seconde lettre du duc d’Orléans, répliquant aux premières lettres du roi d’Angleterre :

« Haut et puissant prince Henri , roi d’Angleterre, je, Louis , par la grâce de Dieu , fds et frère des rois de France , duc d’Orléans, etc., vous écris , mande el fais savoir que j’ai reçu en bonne élrcnne , ce premier jour de janvier , par Lancastre , roi d’armes el votre héraut, les lettres que écrites m’avez , faisant réponse à aucunes aulres lettres que mandées el écrites vous avois par Champagne, roi d’armes , et par Orléans , mon héraut , et ai bien entendu le contenu d’icelles.

» Quant à ce que vous ignorez ou voulez ignorer, que vous ne savez si mes dites lettres s’adressent à vous, votre nom y est, leiiuel prîles sur fonls , et que vos père el mère vous appeloient -eux étant en vie. Si la dignité <iue vous détenez je ne écris pas au long, je n’approuve pas el ne voudrois en ce approuver la manière comment vous y êtes venu; mais sachez de vrai que mes dites lettres s’adressent à vous. Quant à ce que vous m’avez écrit , que vous avez merveilles de la requête que je vous ai faite, considérées les trêves prises par mon très redouté seigneur, monseigneur le roi de France, d’une part, el haut et puissant prince le roi Richard , mon neveu et votre seigneur ligederrain trépassé, Dieu sait par qui, d’aulro part; et aussi que vous dites par vos dites lel-'

très que je ne vousdcvois demander de faire armes , pour aucune alliance faite entre nous deux , laquelle vous m’avez envoyée de mot i\ mot , je la récite pour les voyants mieux informer, et en vous remontrant (pie je ai gardé mon propos que lors avois , et aurai , si Dieu plaît , toute ma vie ; et eusse gardé l’alliance , si envers vous n’oùt eu aucun défaut : premièrement, d’avoir eut repris à l’encontre de votre lige et souverain seigneur le roi Richard, à qui Dieu parduint! ce qu’avez fait , qui éloil adié de mon dit seigneur , monseigneur le roi do France , tant par mariage comme par écrits scellés de leurs sceaux, en quoi nous jurâmes, ceux de leur lignage d’un côté et d’autre , comme il appert par les lettres faites pour le temps où ils assemblèrent devers monseigneur et votre seigneur dessus dit, vous en sa compagnie et |)lusieurs autres de son lignage. Et pouvez connoitrcet apercevoir par mes dites lettres dont vous m’avez envoyé la copie si ceux qui étoienl par avant alliés de mon dit seigneur ne sont point exce[)lés ; cl si pouvez savoir si ce seroit bien honnête chose à moi d’avoir alliance à vous de présent; car, au temps que je fis la dite alliance, je n’eusse cuidé ni pensé que vous eussiez fait conire votre roi ce qui est connu et que chacun sait que vous avez fait.

» Et pource que vous dites que nul seigneur ni chevalier, de quekpie état (pi’il soit, ne doit mande â faire armes sans rendre leur alliance avant que l’on fit telle entreprise, je ne sais si à votre seigneur le roi Ilicliard vous rendîtes le serment de léauté (jne vous avic'z à lui , avant que vous [U’océdassiez contre sa personne en la manière qu'avez fait. Et (piant â la quittance que vous me faites, avant (pie vous me répondez à la promesse que faite m'aviez , comme il appert par les lettres sur ce faites que je ne puis avoir, sachez que depuis que je sus le fait que vous fîtes à votre seigneur lige, je n’eus espérance que vous dussiez tenir à moi ni à autrui (pielconque convenance que dussiez avoir fait; et devez penser et assez connoître que je n’ai vouloir d’avoir alliance à votre personne.

» Quant â la considération (pie pouvez avoir à la dignité en quoi vous êtes, je ne pense que la vertu divine vous v ait mis : Dieu le sait et

peut bien avoir dissimulé , comme il fait plusieurs princes régner, et, à la fin, à leur confusion ; et à me comparager à votre personne, point n’en est besoin regardant mon honneur.

» A ce que vous me récrivez que pour l’oisiveté que vous avez eue votre honneur a toujours été bien gardé , assez est su par toutes contrées.

» Quant à la venue (pie vous pensez à faire par deçà, sans le moi mander quand ni où ce sera, récrivez-le moi ou le me mandez, et je vous assure que vous aurez nouvelles sans guère attendre , pour faire de tout mon vouloir et parfaire, à l’aide de Dieu , si j’ai santé, ce que j’ai écrit par mes autres lettres, si à vous ne lient.

» A ce que vous me récrivez que vos progénileurs n’ont point accoutumé d’étre ainsi calengés de moindre personnes qu’ils n’étoient eux-mêmes, qui ont été et qui sont les miens, n’est jà besoin qu’en sois mon héraut : il est connu par tout pays. Et quant â moi , je me sens sans reproches , la merci Dieu , et ai toujours fait ce que loyal prud’homme doit faire, tant envers Dieu comme envers monseigneur et son royaume. Qui fait ou a fait autrement, eflt-il tout le monde en sa main, si n’a-t-il rien et n’est pas â priser.

» Quant â ce que vous récrivez que ce qu’un prin e roi doit faire, il le doit faire à l’honneur de Di( U, au commun profil de toute chrétienté et de son royaume, et non pas par vainc gloire ni pour nulle convoitise temporelle, je vous réponds que c’est bien dit ; mais si vous l’eussiez fait on votre p ys le temps passé , plusieurs choses par vous faites n’eussent pas été exécutées au pays où vous demeurez. Qu’avoit à comparoir ma très redoutée dame madame la reine d’Angleterre , latiuelle, par votre rigueur et votre cruauté, est venue en ce pays, désolée de son seigneur qu’elle a iierdu , dénuée de son douaire, que détenez, dépouillée de son avoir qu’elle emporta par delà et qu’elle avoit de par son seigneur? Où est celui qui quiert avoir honneur , qui ne se montre pour soutenir son fait? Où sont tous nobles qui doivent garder, en tous étals, les droits desdames veuves et des pucollcs, de si belle vie comme tous savent qu’éloil ma dessus dite dame et nièce? El pour ce que je lui appartiens de si

20 CIIKÜMOLKS l)'E^Gl ElUlAiM) Ï)E Mü^SmELET. [Ho2]

]>ros, coinino l'iiaciin sait, m’acquittant onvei s ])iou et envers elle comme son parent , vous réponds aux points que vous me dites que pour eschcM'r relïusion de sang humain, vous, étant venu de i)ar de^â et moi à rencontre de vous, me répondrez plus volontiers do corps à corps , ou de plus grand nombre (pie de présent ne m'écrivez , qu’;\ l’aide de Dieu , de la benoite vierge IMarie et de monseigneur saint IMichel, suc devons la réponse de ces lettres, soit à corps à corps, nombre à nombre , soit pouvoir à pouvoir, vous trouverez en faisant mon devoir et gardant mon honneur, telle réponse par elVet comme en tel cas appartient.

» Et vous mercie, pour ceux de mon côté , que de leur sang avez plus grand’ pitié que n’avez eu de votre lige et souverain seigneur. Quant à ce que vous m’avez écrit qu’icclui qui ne sait discerner en cpiel état il est soi-méine, qui veut élire gens sans reproche, sachez cpie je sais que je suis et ceux de ma compagnie, et le vous monde, et vous le trouverez que nous sommes tous prud’hommes et loyaux, et pour tels nous tenons et nous réputons ; et nous savons bien et saurons, si Dieu plaît, garder de faire autre chose que loyaux, prud’hommes et gentils ne doivent faire, ni par écrit, ni par dit, ni par fait. 31ais vous et vos gens regardez à vous, et me récrivez sur toutes choses votre intention, hupielle chose je désire moult de savoir bref. ICI pource que vous sachez et connoissez que ce que je vous écris et que je vous mande je veuil accomiilir à l’aide de Dieu, j'ai ici fait mettre le s> el de mes armes, et m’y suis souscrit de ma propre main, le lendemain de la .Volre-Damc, vingt-sixième jour de mars l‘102.»

S’ensuit la seconde lettre du roi Henri, duplicant à la seconde lettre du duc d’Orléans :

•' Henri, par la grâce de Dieu, roi de France et d’.'Vngleterre, seigneur d’Irlande, à vous, Louis de 3 alois, duc d’Orléans, vous récrivons, mandons el faisons savoir ([ue nous avons vu unes lettres de votre part, le derrain jour de ce présent mois d’avril, que nous avez envoyées par Champagne, roi d’armes, et Orléans, votre héraut, en cuidant avoir donné réponse à nos lettres par vous reçues, le [iremier jour de janvier dernier passé, par l^ancaslre, roi d’armes, notre dit héraut, laquelle

votre dite lettre porte date du vingt-sixième du mois de mars l’an de grâce 1402, et avons bien entendu le contenu d’icelles. Et jaçoit ce que , toutes choses considérées , et , par spécial, l’état où Dieu nous a mis, nous ne dussions répondre à votre requête que faite nous avez, ni aux réplications ajoutées à icelles, toutefois, puisque vous louchez notre honneur, si vous voulons répondre , voyant el considérant ([u’en votre première requête d’armes à nous faite, et à laijuelle nous vous donlulmes réponse, vous prétendîtes icelle avoir procédé d’entier désir et jeunesse de cœur, pour vous acquérir honneur et bon renom, à commencer à venir et savoir le métier d’armes.

» Si nous semble, par votre présent écrit, qu’icelui votre dit désir avez tenu grandement en frivoles et en paroles de tenson et dépit, en dilîamant notre personne, cuidant par aventure que ce tourneroit à la confusion de nous, ce que Dieu peut bien tourner à la vôtre, et à bon droit.

» Si sommes pourtant émus, et non pas sans cause raisonnable, de vous donner réponse aux principaux points compris en vos dites lettres, par manière comme ci-après vous pourra plus pleinement apparoir, pensant bien et considérant que point n’appartient à notre état , ni que ne pourrions notre honneur garder par lenser, et avec ce, sur les autres points frivoles pleins de malice et de tenson, ne vous donner réponse aucunement , sinon que lout ce qui touche notre reproche est faux.

» Premièrement , quant à la dignité que vous dites nous tenir, laquelle vous n’écrivez au long, n’approuvez pas, ni ne voudriez en ce approuver la manière comment nous y sommes venus, certes , nous nous émerveillons grandement, car nous vous l’avions bien dit et déclaré avant notre parlement de par delà, auquel temps vous approuvâtes icelle notre venue, et promîtes aide encontre notre très cher seigneur et cousin le roi Richard, que Dieu ab olvel si nous le voulions avoir eu. Néanmoins, de la pn uve ou de la dépreuv de vous, en ce nous tenons de vous bien peu de compte; car, piiisipie Dieu, de sa bonn grâce, en notre droit nous a approuvé et tous ceux de notre royaume aussi, il nous suflitpour

tous ceux qui en ce nous voudroicnt contredire, qu’ils auroieiit le tort, conlianl de la bénigne grâce de Dieu qui nous a gouverné et défendu; etbien a connnencé à nous; car, en continuant sa grand’ miséricorde, nous mènera à bonne fm et telle conclusion que vous connoîtrez la dignité qu’il nous a donnée et le droit que nous y avons.

» Quant à ce qu’en vos dites lettres est faite mention du trépassement de notre très cher seigneur et cousin, à qui Dieu pnrdoint! et en disant : » Dieu sait par qui, » nous ne savons à quelle cause ou quelle intention vous le dites: mais si vous voulez ou osez dire que par nous, ou notre vouloir, ou consentement il ait été mort, il est faux, et sera toutes les fois que vous le direz; et à ce nous sommes et serons prêts, à l’aide de Dieu, de nous défendre corps pour corps, si vous voulez ou l’osez prouver. Et li où vous m’écrivez , en montrant de garder votre propos (pie vous avez de garder l’alliance faite par nous deux , si envers nous n’eût eu aucun défaut d’avoir entrepris à l’encontre de notre très cher seigneur et cousin, qui étoit allié de votre seigneur et frère, tant par mariage que par écrits scellés de leurs sceaux ; et aussi du temps que vous fîtes cette alliance avec nous , vous n’eussiez cuidé ni pensé que nous eussions fait ù l’encontre de notre très cher seigneur et cousin ce qui est connu et que chacun sait que nous avons fait, à ce que vous en dites: nous répondrons que nous n’avons rien fait envers lui que nous n’osons bien avoir fait devant Dieu et tout le monde.

» En ce que vous nous écrivez que nous pourrons connoître et apercevoir par vos lettres de la dite alliance si ceux qui étoient par avant exceptés, et même si notre très chère et très aimée cousine et dame Isabelle, votre très honorée dame et nièce, n’y étoit pas comprise, nous ne savons si les avez exceptées en général.

» Maisadonc quand vous fîtes alliance d’entre nous, à votre requête, vous ne l’exceptâtes pas en spécial, comme vous fîtes bel oncle de Bourgogne ; et néanmoins, une des principales causesde notre alliance, qui se fit à votre instance et requête, étoit pour la malveillance que vous aviez à votre dit oncle de Bourgogne,

comme nous saurons bien déclarer quand nous voudrons ; par où tous loyaux pourront apercevoir si aucun défaut y a en vous. Et pour ce, une hypocrisie sutfiroit devers Dieu, sans être usée devers le monde.

» Quant à ce que vous maintenez que, puisque vous avez su le fait que vous prétendez que nous avons fait à notre dessusdit seigneur et cousin , vous n’eûtes espérance que nous dussions tenir à vous ni à autrui, quelconque convenant que nous dussions avoir, si que nous (lussions penser et assez connottre que vous n’avez vouloir d’avoir alliance à notre personne, nous nous merveillons moult, car long temps après que nous étions en l’état que par la grâce de Dieu nous avons à présent, vous envoyâtes devers nous un de vos chevaliers portant votre livrée, qui nous conta de par vous que vous voudriez toutefois être à nous entier ami, à ce qu’il nous disoit, et qu'après votre dit seigneur et frère, vous nous feriez autant de plaisir et amitié comme à nul prince qui fût, ù telles enseignes que vous lui chargeâtes de nous dire que l’alliance faite entre vous et nous étoit passée dessous nos grands sceaux ; laquelle chose, à ce qu’il nous disoit, ne voudriez avoir découvert à nul François. Et, depuis, par aucun de nos hommes liges vous nous fîtes savoir votre bon vouloir touchant cet amour et entière amitié par semblable manière en effet, si comme ils nous ont dit ; mais puisque vous n’avez vouloir d’avoir alliance û notre personne, notre état bien considéré, si comme écrit nous avez, nous ne savons pourquoi nous dussions désirer d’avoir aucune alliance à vous, foules choses bien considérées ; car ce qu’envoyé nous avez par avant n’accorde pas à ce qu’écrit nous avez à présent.

» Et là où vous avez écrit que, quant à la considération que nous pourrons avoir en la dignité en quoi nous sommes, vous ne pensez que la vertu divine nous y ait mis, en disant ; « Dieu le peut avoir dissimulé, comme il a fait » plusieurs princes régner, et , à la fm, à leur con- •> fusion. «Certes, de boucheet non de cœur plusieurs gens parlent; et pour tels, comme ils sont, eux-mêmes, ils jugent les autres, pourquoi Dieu est tout puissant de faire tourner leur sentence sur eux mêmes, et non pas sans cause. En ce

CHROMQllKS D’ENGllERRAKD DE I\IONSTREiÆT. [1402]

que lourhoz la difinilé on ((uoi nous sommes , ol que vous no oroyoz ([uo la vorlu divine nous y ail mis:oorlos, nous vous répondrons et faisons savoir (pio Noiro-Soignour Dieu, i\ qui nous donnons loujours louanges ol grâces, nous a monlré de sa divine grâce plus que nous ne sommes dignes do recevoir ou d'avoir, si ce n'éloil seulemonl ce que de sa miséricorde ou bénignité lui a plu nous donner, et cerles, ce que toutes les sorecries ni diableries ne sauroient faire, ni ne pourroienl donner ', ni tous ceux cpii s’en enlremeilenl. Et combien que vous ne doutez, nous ne douions pas aussi ; mais savons et alTionsbien en Dieu que nous y sommes entrés par lui et de sa bénigne grâce.

» Quant à ce que vous nous écrivez par votre demande que votre dite très honorée dame et nièce avoil à se plaindre de notre rigueur et notre cruauté, parce qu’elle éloil venue en son pays, désolée de son seigneur qu’elle a perdu, désevrée de son douaire, que vous dites que nous détenons, dépouillée de son avoir qu’elle apporta par deçà et qu’elle avoit de son seigneur: Dieu, à qui nulle chose ne peut être célée, sait que nous n’avons fait nulle rigueur ni cruauté envers elle, mais lui avons monlré honneur, amour et amitié; qui voudroit dire le contraire il menliroil faussement. Et plût à Dieu que n’eussiez jà fait rigueur, cruauté ni vilenie devers nulle dame ni damoisclle, ni autre personne, non plus qu’avons fait devers elle ; nous croj ons que vous en vaudriez mieux.

» Quant à ce que vous touchez la désolation de notre très chère et très aînée cousine votre très chère et très honorée dame et nièce, de son seigneur ; nous vous répondons par même manière comme répondu vous avons par avant.

» Quant à ce que vous faites si cher de son douaire, comme vos dites lettres plus pleinement font mention : nous sommes bien contents que, au casiiue les lettres de convenances faites sur son mariage eussent été bien vues et entendues , vous ne pussiez, à dire vérité, avoir mis sus à nous telle reproche, comme vous cuidez avoir fait.

* Il veut p.ir la faire allusion au bruit qui couroil alors que Valenlinc de Milan, duclicsse d’Orléans, cornmuniquoit avec le diable et avoil cusorcflé le roi Charles VI.

» Quant à son avoir: il est vrai qu’à son départ hors de notre royaume, nous fîmes si pleinement à elle restituer ses biens et joyaux, et plus que nous n’en trouvâmes avec elle quand nous vînmes à notre ro, aume, si que tenons en être quille, si comme appert par une quittance sous le scel de son père, votre dit seigneur et frère, passée en son conseil, vous y étant présent, comme à toutes gens pourra clairement apparoir; sans ce que de rien l’ayons dépouillée, comme mis sus le nous avez faussement. Et pour ce vous devriez aviser de ce que vous écrivez; car nul prince ne doit écrire sinon loyalement et pleinement, laquelle chose vous n’avez pas faite à présent. Et pour tant nous vous avons répondu comme dessus, cl vous répondons à tous points en ce que nous devons faire, par telle manière, qu’à l’aide de Dieu et de Notre-Dame et de monseigneur saint George, chacun nous tiendra prud’homme et notre honneur en sera gardé.

'> A ce que vous écrivez que vous savez que ceux de votre compagnie et vous êtes tous prud’hommes et loyaux, et pour tels vous réputez: louchant votre compagnie, nous ne leur réprouvons pas, car nous ne les connoissons pas; mais quant à votre personne, nous ne vous réputons pas pour tel, toutes choses considérées. Et là où vous nous merciez pour ceux de votre côté, que de leur sang avons plus grand’ pitié que n’avons eu de notre roi lige et souverain seigneur: nous vous répondons, qu’en l’honneur de Dieu, de Notre-Dame et de monseigneur saint George, qu’en ce que vous avez écrit que du sang de ceux de votre côté avons plus grand’ pitié que n’avons eu de notre dit seigneur, vous avez menti faussement et rnauvaisement: car vraiment nous avons son sang plus cher que le sang de ceux de votre côté, combien que vous prétendez faussement. El si vous voulez dire que nous n’avons eu chers son sang et sa vie, nous disons que vous mentez, et mentirez faussement toutes fois que vous le direz; ce sait le vrai Dieu, que nous appelons à témoin, en mettant en ce notre corps contre le vôtre, en notre défense, comme loyal prince doit faire, si vous le voulez ou osez prouver. Et plût à Dieu que vous n’eussiez onciiues fait ni procuré contre la personne de votre dit seigneur et frère ni les siens plus que

nous n’avons de notre dit seigneur ^ : si créons j qu’ils en fussent à présent plus aises. Kl jaçoit ^ ce que vous pensez que nous n’avons desservi : d’èlre mcrciés do ce que nous avons pitié de ceux de votre côté: toutefois il nous semble qu’envers Dieu et tout le inonde nous l’avons bien desservi ; mais non pas en telle manière que vous prétendez faussement ; considéré qu’aprés le sang de nos féaux amis et liges sujets, certes nous avons bonne cause, comme il nous semble, d’avoir bien ( lier le sang de ceux de France, en regardant le bon droit que Dieu nous y a donné, ainsi, comme nous avons entier espoir en lui; pour la salvation desquels nous viendrons plus volontiers mettre notre corps contre le vôtre que souffrir l’elTusion de leur sang, comme bon pasteur doit faire, en lui exposant pour ses brebis, là où parmi votre vaine gloire et orgueil de cœur vous les mettriez à ce qu’ils périroienl, quand vous ne voudriez mettre votre corps où exposer pour eux, quand métier seroit. Mais nous né nous mcrveillons pas si vous faites de votre part comme le mercenaire, vu qu’au pasteur des brebis n’appartient pas que quand il voit le loup venant laisse ses brebis, en soi met tant à la fuite sans avoir de rien cher leur sang; et nous ainsi confirmant des femmes qui contendirent avoir l’enfant devant le noble roi Salomon, c’est à savoir la bonne mère qui avoil pitié de son fils, là où l’autre qui n’éloit pas sa mère, cl qui par cruelle instance vouloil l’avoir, en ce faisant, départi et mis à mort, si le juge sage et discret n’cùt été.

» De ce que vous nous récrivez que, sue de nous la réponse de vos dites lettres dernières , soit corps à corps, soit nombre à nombre, soit pouvoir à pouvoir, nous vous trouverons en faisant votre devoir cl en gardant l’honneur de vous par effet, comme en tel cas appartient, nous vous mercions, si vous le voulez pai fournir. Néanmoins, savoir vous faisons que nous espérons, à l’aide de Dieu, que vous verrez le jour que vous ne départirez sans avoir runc destrois voies, à notre honneur. A c-c que vous désirez d’élre acertené de la venue que pensons à faire par delà, nous vous faisons savoir, i)ar

' I.c duc (rOiIéans étoit accusé d’avoir conlrilméà la inatadic du roi cl de le tenir on rliarle privée.

la manière que vous avons écrit en not lulres lettres, qu’à quelque heure qu’il nous plaira et nous semblera mieux expédient à l’honneur de Dieu, de nous et de notre royaume, nous venrons personnellement en notre pays de par delà, accompagné de tant de gens et tels comme nous plaira, lesquels nous réputons tous nos loyaux serviteurs, sujets et amis, pour y conserver notre droit. Toutefois, en mellanl à l’aide de Dieu notre corps contre le vôtre, en notre défense, comme écrit vous avons par avant pour obvier à la malicieuse et fausse famé que vous nous avez cuidé mettre sus, si vous lé voulez ou osez prouver, lequel temps vous trouverez assez tôt, si Dieu plaît, à votre confusion, et pour être connu tel que vous êtes. Dieu sait, et voulons que tout le monde le sache, que cette nôtre réponse ne procède pas d’orgueil ni de présomption de cœur: mais pour ce que vous avez commencé à votre tort encontre nous, nous confiants tousdis en Notre- Seigneur Dieu, qui nous a mis en tel état en quel nous sommes qu’il veut que nous défendons notre droit à tout notre pouvoir, par bonne grâce et aide de lui devant mise, si vous répondons et répondrons comme dessus est dit. Et pour ce que nous voulons que vous sachez que celle nôtre réponse, laquelle nous récrivons et mandons, procède de notre certaine science, avons scellé de nos armes ces présentes lettres, données à Londres, etc. »

Néanmoins, jaçoit ce que les dessus dits roi d’Angleterre et duc d’Orléans eussent écrites et envoyées les lettres dessusdites l’un envers l’autre, toutefois ne comparurent aucunement personnellement l’un contre l’autre; et par ainsi demeurèrent les besognes touchant la matière en cet étal.

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