CHAPITRE CV
snsuil la copie deslellrcs du traité que fit Henri, roi d’Angleterre, et ses enfants, d’une part, et les ducs de Berri, d’Orléans et de Bourbon, les comtes d’Alençon et d’Arm. gnac, le seigneur d’Albret et autres de leurs alliances, d’autre part.
« En cet an mil quatre cent et douze, le huitième jour de mai , premièrement fut accordé par les dits seigneur sou par leurs procureurs que dorénavant exposeront leurs personnes et toutes leurs finances et puissances à servir le roi d’Angleterre, scs hoirs et successseurs , toutes etquantesfüis qu’ils en seront requis en toutes ses justes querelles; lesquelles justes querelles reconnoissent , et que ledit roi d’Angleterre maintient juste querelle en la duché de Guicnne et en ses appartenances , cl que la dite duché de Guienne lui appartient par dijoit, héritage et succession naturelle ; et déclarent dès maintenant qu’ils ne blesseront aucunement leur loyauté en assistant en ce avec le dit roi.
» htm . les dits seigneurs cl leurs procureurs sulfisammcnt fondés offrent leurs fils , filles, neveux, nièces, parons, affins et tous leurs sujets , pour contracter mariage selon la discrétion du dit roi d’Angleterre.
» Item, offrent villes , châteaux , trésors et généralement tous leurs biens à l’aide et secours du dit roi, et de ses hoirs, pour ses droits et querelles défendre, sauf leur loyauté, laquelle ils déclarent aucunement , en autre appointement dont lettres sont faites et passées.
« hem. offrent les dits seigneurs au dit roi , généralement tous leurs amis, adhérents, alliés elbienveillans à servir le dit roi elses querelles, et en la restitution de la dite duché de Guienne.
» hem. toute fraude cessant , les dits seigneurs sont prêts de rcconnoilre au dit roi la dite duché de Guienne être sienne en telle cl semblable franchise qu’oneques aucuns de scs prédécesseurs la tint et posséda.
» hem , reconnoissent les dits seigneurs et leurs procureurs que toutes les villes , châteaux et forteresses qu’ils tiennent en la dite duché de Guienne, ils les tiennent du dit roi l’Angleterre, comme de leur vrai duc de Guienne , en promettant tous services dus pour iiommages , par la meilleure manière qu’ils se peuvent faire.
»hem, promettent à bailler et délivrer
au dit roi d’Angleterre, en tant qu’à eux est, toutes les villes, châteaux qu’on dit être appartenants à la royauté d’Angleterre, qui sont en nombre de vingt , que villes que châteaux déclarés és lettres sur ce faites. Et au regard des autres villes et forteresses qui ne sont point en leur puissance et seigneurie, ils les acquéteront et aideront à acquèter au dit roi d’Angleterre , à ses dits hoirs et députés et à leurs dépens , avecque leurs gens en nombre suflisant.
» hetn. ci-après est contenu et déclaré ès dites lellrcs scellées comment il plaît au roi d’Angleterre que le duc de Berri , son loyal oncle, sujet et vassal, le duc d’Orléans, son sujet et vassal, et pareillement le comtcd’Armagnac, tiennent de lui en foi et en hommage les terres et seigneuries qui s’ensuivent : le duc de Berri tiendra la comté de Ponthieu sa vie durant ; le duc d’Orléans tiendra la comté d’Angoulôme sa vie durant , et la comté de Périgord à toujours , le comte d’Armagnac tiendra quatre châteaux déclarés ès dites lettres scellées , moyennant et parmi certaines sûretés et condi lions déclarées en icelles lettres.
» hem . parmi les promesses dessus dites , ledit roi d’Angleterre et duc de Guienne doit défendre les dessus dits seigneurs envers louset contre tous , et eux aider et bailler secours, comme leur vrai seigneur; et avecque ce leur fera et aidera à faire bon accomplissement de justice du duc de Bourgogne. En outre ne fera le dit roi d’.\nglelerre nuis traités, confédérations ni accords avecque le duc de Bourgogne, ni enfants , frères , cousins ni alliés , sans le consentement des dits seigneurs.
» he7n. est accordé que le dit roi d’Angleterre aidera les dits seigneurs, comme ses vrais vassaux, en toutes leurs justes querelles , et à la récompensation des dommages et offenses à eux injustement faites par le dit duc de Bourgogne et ses alliés.
» hem. leur enverra présentement le dit roi d’Angleterre huit mille combaltanls pour eux faire secours contre le dit duc de Bourgogne, qui s’enforco de mettre le roi do France atout sa puissance contre iceux. Lesquelles lettres de confédération et alliance entre icelles parties furent passées et scellées des sceaux des ôilcs deux parties, le huitième jour
•25 i CHUONIQUES DENGIJERHA.N1) DE MONSTRELET. [1412]
de niai de cet an mil quatre ccnl et douze. » Toutefois, les seigneurs dessus dits promirent de payer les gens d’armes que le roi d’Angleterre devoit livrer, et à ce s’obligèrent suffisamment.