CHAPITRE CXX
Comment le dit duc de Bourgogne alla en Anvers; de la prise de messire Jean de Croy, cl plusieurs autres grands besognes qui advinrenl en ce temps dessus dit.
En après , en ce même temps , le duc de Bourgogne tint en la ville d’Amiens un grand et détroit conseil , pour plusieurs de ses affaires; auquel étoit avec lui son frère de Brabant et scs deux serourges , c’est à savoir le duc Guillaume et Jean de Bavière , évêque de Liège, les comtes de Saint-Pol et de Clèves, avec plusieurs autres notables seigneurs. Et là les avoit assemblés principalement pour savoir quelle aide il aurait d’eux , si guerre lui sourdoil derechef de la partie de France. Si lui promirent tous de le servir à l’encontre de tous ses adversaires , réservé la personne du roi et scs enfants. Lequel conseil fini , le dit duc de Bourgogne retourna en son pays do Flandre , et les autres seigneurs és lieux dont ils étoient venus.
Et le jour de la Circoncision , vint à Saint- Pol en Ternois, devers le comte AValeran, un sergent d’armes, lequel lui présenta lettres contenants que le roi lui mandoit et défendoit sur grands peines qu’il ne s’armât ni fît assemblée de gens d’armes nullement pour ac-
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fompagncr le duc de Bourgogne ni autres do son royaume, sans son exprès comniandenienl ; et que de la réception des dites lettres il baillAt ses lettres de récépissé, comment il avoit reçu le dit mandement royal , ce que lit le dit comte.
Durant lequel temps, le duc d’Aquitaine et tout son état demeurant au Louvre, et la duchesse sa conq)agne demeurant à Saint-Pol, advint que le mercredi douzième jour de janvier, la dite reine , qui adonc étoit venue au Louvre pour voir son fils et la dite duchesse avecque lui , laquelle , par avant conseillée au roi de Sicile et aux ducs de Berri, d’Orléans et autres princes du sang et lignée du roi , fit prendre quatre des chevaliers et plusieurs autres serviteurs de son dit fils d’Aquitaine, et hors du Louvre les fit mener ; dont le dit duc fut moult renqdi de courroux et grand’ fureur, et tant qu’il voulut issir dehors pour émouvoir le peuple de Paris en son aide, pour défendre les dits prisonniers ; mais iceux princes ses parents ne le laissèrent pas issir, et la reine sa mère tant qu’elle put le mpaisa et abaissa son ire ; et puis s’en alla à Saint-Pol, où étoit le roi, délaissant avec son fds les princes dessus dits, qui par belles et douces paroles le rapaisèrent : et étoient les quatre chevaliers dessus dits , messire Jean de Croy, le seigneur de Moy, messire David de Brimeu, messire Bertrand de Montauban et aucuns autres, qui assez tôt, par condition qu’ils firent serment de plus retourner devers le dit duc d’Aquitaine, furent délivrés, excepté le dit messire Jean de Croy, qui fut mené à Montle-Héry, et là détenu prisonnier. Toutefois , nonobstant qu’icelui duc d’Aquitaine montrât aucunement semblant d’être rapaisé , néanmoins il manda secrètement par un sien serviteur le duc de Bourgogne à ce qu’il vînt hâtivement à Paris à toute puissance , et puis lui écrivit plusieurs lettres de sa main , sans le su de la reine ni des princes dessus dits.
Et pour tant, le dit duc de Bourgogne oyant ces nouvelles, qui ne désiroit autre chose que d’avoir occasion d’aller à Paris par celle couleur, commença faire un grand mandement de gens d’armes par tous les pays , et leur assigna jour à être au devant de lui à Espehy, vers Saint-Quentin en Vermandois; et pour
sa décharge, afin qu’on sût pour quoi il faisoit le dit mandement, écrivit ses lettres à toutes bonnes villes de Picardie , desquelles la copie s’ensuit :
« Très chers et bons amis , il est bien vrai que vous aviez bien en mémoire comment en l’an passé , au mois d’août , monseigneur le roi, après son retour de la cité de Bourges, ordonna en sa ville d’Auxerre et voulut bonne paix être et demeurer toujours entre les seigneurs de son sang et lignage ; et celle voulut et ordonna qu’elle fût jurée solennellement promise d’entretenir, tant par nous tous de son sang et lignage comme par tous prélats , nobles et universités et bonnes villes de son règne. Et, ainsi que vous savez, tous présents au dit Auxerre, le promirent et jurèrent solennellement, tant pour eux en leurs noms comme pour ceux de laquelle partie ils étoient venus au dit lieu d’Auxerre. Et puis après, monseigneur le roi renvoya sur ce ses lettrespatentes à plusieurs bonnes villes de son royaume, pour icelle paix jurer et entretenir; et derechef naguère et dernièrement le jurâmes en propres personnes , du commandement de mon dit seigneur le roi; et aussi les autres seigneurs de son sang et lignage jurèrent selon la forme d’une cédule faite à Auxerre, par laquelle, entre les autres choses, il ordonna être et demeurer entre les dits seigneurs bonne amour et union , et qu’ils fussent bons parents et amis les uns aux autres.
» Et jà soit ce que la dite paix , laquelle nous avons toujours désirée , fût par nous bien et entièrement gardée, sans faire ou souffrir être fait quelque chose au contraire de notre côté , néanmoins nous est bien fait tout le contraire , par injures détestables que plusieurs se sont efforcés de faire à notre très redoutée dame ma fille, la duchesse d’Aquitaine, comme il est assez notoire 'en ce royaume, sans plus outre déclarer la chose; et aussi les dépits, injures et excès qui nous ont été faits en prenant de nos gens , en déchassant tous ceux qu’on savoit ou pouvoit imaginer être favorables à notre dit seigneur ou à nous; de nous aussi avoir diffamés en prédications et collations publiques en plusieurs lieux et en plusieurs manières , laquelle chose nous a été dure à porter ; néanmoins nous l’avons portée pa-i
LIMU: IMiEMIEU.
licmmcnl, et encore pour l’observance delà dite paix, qui est souverain bien de ce royaume ; et entre tes plus grands maux , inconvénients et dommages, qui autrement se pourroientensuivir, l’eussions voulu porter, jusque adonc que mon très redouté seigneur et fils, le duc d’Aquitaine, nous a fait savoir que, après plusieurs excès et dépits à lui faits à son déplaisir, il étoit tenu au Louvre, comme prisonnier, à pont levé, au dit cliAlel du Louvre, qui est chose abominable, et qui bien doit déplaire, non pas tant seulement A nous, mais à tous autres sujets et bienveillants de mon dit seigneur le roi. Sur quoi, mon très redouté seigneur et fils plusieurs fois par ses lettres et messagers nous a requis notre aide et secours pour le délivrer du danger où il étoit tenu.
» Et pource que nous, en gardant notre loyauté envers mon dit soigneur et mon très redouté seigneur et fils le duc d’Aquitaine, son premier fils, auxquels, par lignage et confédération de mariage, foi, hommage et tant d’autres manières sommes obligés à eux, ne pourrions nullement faillir en telle nécessité, nous sommes délibérés d’aller incontinent devers Paris atout tant de gens d’armes que nous pourrons finer. Lesquels, pour la sûreté de notre personne , afin qu’au plaisir de Dieu nous puissions aller voir en toute bonne prospérité mon dit seigneur le roi , madame la reine , mon très redouté seigneur monseigneur d’Aquitaine et ma très redoutée tille sa compagne , cl pour eux , à mon pouvoir, ôter hors de danger auquel ils sont, et eux mettre à leur liberté et volonté, comme il est de raison, sans ce que nous ayons intention d’enfreindre la dite paix, si vous signifions, très chers et bons amis, afin (pie vous nous sachiez et connoissiez être bienveillants et vrais obédienls de mon dit seigneur le roi ; sacliez vraiment que notre intention et volonté est telle, comme dit est , et non autre,- et vous prions, tant acerles et de cœur que plus pouvons, qu’en ce fait-ci, lequel est tant favorable pour mes dits seigneurs , et pour paix et IraiKpiillité et utilité de ce rovaume, vous nous veuilliez assister et j venir A notre aide le plus tôt que vous pourrez i ('.onsominer et accomplir ce fait-ci A riioimeur j de moi et de monseigneur le roi et de mon dit '
seigneur d'Aquitaine, et du bien commun do ce royaume, et vous tellement porter qu’on s’aperçoive de votre bonne loyauté envers monseigneur le roi et mon dit seigneur d’Aquitaine, et du bien commun de ce royaume, si comme nous , qui ne désirons que paix, car nous avons parfaite fiance en vous. Très chers et bons amis , Notre Seigneur vous ait en sa garde.
» Écrit en notre ville de Lille, le vingt-troisième jour de janvier mil quatre cent cl treize t, bien en liAte , sur mon département. Et la subscriplion étoit telle : A mes très chers et bien aimés les bourgeois , manants et habitants de la ville d’.4niiens. »
Lesquelles lettres ainsi envoyées par le duc de Bourgogne, et aussi l’assemblée des gens d’armes qu’il faisoil, furent tantôt sues en la ville de Paris ; et pour tant, afin d’obvier à l’entreprise d’icelui duc, fut tant traité vers icèlui duc d’Aquitaine, par le conseil du roi, qu’il écrivit lettres aux bonnes villes pour rompre le voyage du dit duc de Bourgogne, dont la teneur s’ensuit;
« Louis, premier fils du roi de France, duc d’Aquitaine et dauphin de Vienne, au bailli d’Amiens ou A son lieutenant, salut et dileclion,
» Savoir faisons que pource (pi’il est venu de nouveau A notre connoissance que notre très cher cl très aimé père le duc de Bourgogne naguère a fait et encore fait de jour en jour grand mandement et grand’ assemblée de gens d’armes, en intention, si comme on dit, de venir devers nous; laquelle pourroit ètro préjudiciable A mon dit seigneur, A son royaume et A sa seigneurie et sujets, et par spécial à l’enlreténement de la dite paix par mon dit seigneur dernièrement faite A Auxerre entre aucuns grands seigneurs de son sang et lignage, et du nôtre, nous pleinement écrivons à notre dit père par lettres, desquelles la teneur s’ensuit :
Louis, premier fils du roi de France, duc d’Aquitaine et dauphin de Vienne, A notre très cher et aimé père le duc de Bourgogne, salut et dilection.
» \ uns savez les commandements et défen- S('s (jue plusieurs fois, tant par lettres-patentes
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comme par ambassadeurs notables, mon seigneur, pour le clair et évident profit et bien de son royaume, vous a fait et fait faire de non assembler ni faire assemblées ou mandements de gens d'armes. Aussi vous savez les serments que sur ce vous fîtes tant à Auxerre comme après à Paris. Et néanmoins il est venu à la connoissance de notre dit seigneur et à la nôtre que contre les dites inhibitions et défenses et contre la dite paix faite par mon dit seigneur et par vous jurée tenir à Auxerre, vous avez fait et faites de jour en jour grands mandements et assemblées de gens d’armes en intention, si comme on dit, de venir à nous; et que pour avoir couleur de faire le dit mandement, vous fîtes et faites publier de par nous, par vos lettres, que nous vous avons mandé de venir à nous atout grand’ puissance ; laquelle chose nous n’avons pas fait ni pensé.
» Et pource que nous savons vraiment que votre venue devers nous seroitde présent nuisible et préjudiciable, et contraire à l’entreténement de la dite paix, et bien de son dit royaume et seigneurie et de ses sujets, et que pour ces causes mon dit seigneur derechef vous envoie un huissier de parlement sur ce faire défense, nous vous requérons, et néanmoins vous commandons et défendons, de par mon dit seigneur, sur la foi, loyauté et obédience que lui devez, et aussi pour l’amour que vous avez à lui et à nous, et vous dites toujours avoir eue au bon état de ce royaume, et sur quant que vous pouvez encourir de malivolence envers mon dit seigneur et nous, que, nonobstant les dits commandements que par nos lettres vous dites avoir eus de nous, ou d’autres quelconques que de ce vous pouvez avoir, ou sous quelque cause et occasion, ou quelque couleur que ce soit, ou ait été , vous pour le présent laissez de venir A nous, et que les mandements et assemblées de gens d’armes, que jà vous avez faits et assemblés, contreraandez iceux, et ceux qui ne sont encore venus à vous, ou là où vous les aurez mandés de venir. Et s’il étoit aucune chose' de quoi vous eussiez cause de vous douloir ou cju’aucunement ce fût à l'infraction de la dite paix, autrement faites le savoir à mon dit seigneur ou à nous; et nous savons de vrai que mon dit sei¬
gneur vous y pourvoira par telle manière que vous devrez être content.
» Donné à Paris, le vingt- quatrième jour de janvier l’an mil quatre cent et treize.
» Si vous requérons, et néanmoins mandons, par mon dit seigneur, que ces présentes vous faites publier par tous les lieux à faire publications et proclamations accoutumés en votre dit bailliage; en défendant, de par mon dit seigneur, à tous ses vassaux et sujets, comme autrefois par ces présentes leur a été notifié, qu’au mandement de notre dit père de Bourgogne, sous ombre de la cause devant dite ou autres quelconques, ils ne voisent aucunement, ni sans avoir commandement de mon dit seigneur, dont il leur appert par ses lettres-patentes, de date subséquente à ces présentes.
» Donné à Paris, le quatrième jour du mois de janvier l’an de grâce mil quatre cent et treize.
» Ainsi signé par le duc d’Aquitaine.
» .T. DE L/V Cloye. »
Et pour ce que le dit duc de Bourgogne ne voult désister de son entreprise, nonobstant la défense du roi et de son fils le duc d’Aquitaine, le roi manda ses gens d’armes pour résister au dit duc de Bourgogne, et à cette cause fit un édit, duquel la teneur s’ensuit :
« Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, au bailli d’Amiens ou à son lieutenant, salut et dilection.
» Il est venu à notre connoissance que notre dit cousin de Bourgogne, contre le traité de la paix par nous faite à Auxerre, et de par lui et autres de notre sang et lignage jurée, et au dit Auxerre promise, et depuis à Paris et ailleurs, et que depuis lui ont été faites plusieurs inhibitions et défenses, tant de par nos autres lettres-patentes comme par ambassadeurs notables et autrement, a fait et fait faire chacun jour grandes congrégations et assemblées de gens d’armes et de trait, et d'autres gens de guerre; et jà est parti de son pays et se tient sur les champs en intention, comme on dit, de venir à Paris; dont la dite paix pourroit être rompue et enfreinte, et par ce pourroient venir et sourdre grands et innumérables et irréparables maux, et inconvénients à nous et à notre royaume, domination et sujets, si par nous
n’étoit sur ce pourvu de remède convenable. Pourquoi, nous les choses dessus dites considérées, veuillant obvier et pourvoir aux dits maux, inconvénients et entreprises du dit duc de Bourgogne, nous sommes délibérés de résister de toute notre puissance contre lui et tous autres qui voudroient empêcher la dite paix aucunement, et de nous, pour ce, aider de fous nos bons vrais vassaux et sujets. Pour quoi nous vous mandons et expressément enjoignons sur tout quant que vous pouvez tenir ni méfaire envers nous, que solennellement à haute voix et à son de trompe vous proclamez et publiez ces présentes par toutes villes, lieux et places à faire publications et proclamations accoutumés en votre dit bailliage, et par la teneur d’icelui, sur leur foi, loyauté, obédience qu’ils nous doivent, qu’ils soient au cinquième jour de février prochain venant en notre ville de Mont-Didier en armes, prêts et appareillés, pour, en notre ville de Paris ou ailleurs où nous voudrons ordonner et commander, nous suivir. En laquelle ville de Mont- Didier ils trouveront gens de par nous qui les recevront, ordonneront sur paiement tellement que de ce devront être contents, et là leur feront savoir où ils devront aller; en faisant ce savoir à tous nos dits vassaux et sujets, nousmêmes leur défendons, sur les peines dessus dites, et sur être rebelles et inobédients envers nous, et de forfaire corps et biens, pour quelconques mandemenis, prières et requêtes qu’ils aient ou puissent avoir du dit duc de Bourgogne ou d’autres quelconques, soit de notre sang et lignage, ou d’autrui, sous ombre et couleur de nous, de notre fait, ou autremcnl, ils ne s’arment ni voisent avccque eux, ni obéissent en aucune manière sans notre licence ou congé: dont il leur appert par nos lettrespatentes de date subséquente à icelles présentes lettres; s’ils éloient devers le dit duc de Bourgogne ou autres du parti pour venir, (pi’ils s’en retournent et viennent le plus lût qu’ils pourront en leurs maisons, supposé qu’ils fussent du lignage, hommes figes ou vassaux du dit duc de Bourgogne ou d’icclui, ou de ceux qui ainsi les auroient mandés ou que ils tinssent en fiefs d’iceux. Desquels de leurs pouvoirs et juridictions, quant à ce cas, et pour cette fois, nous tant seulement nous les exemp-
tons et promettons de garantir et défendre de tous dommages et intérêts qu’ils pourroient avoir à cette cause.
» Et en cas que après nos dites défenses et outre notre dit mandement, aucuns de nos vassaux et de notre bailliage se partiront pour aller servir en armes le dit duc de Bourgogne, ou aucuns qui sont jà en son service ne s’en retourneroient dedans le temps dù après la publication de ces présentes en leur maison et hôtel, mais demeurassent envers le dit duc du Bourgogne ou autres qui les auroient mandés, nous vous mandons et commandons, sur les peines dessus dites, que sans délai, excusalion ou autre dissimulation, vous mettez ou faites mettre en notre main réellement et de fait, par bon et loyal inventoire, tous leurs biens meubles, et aussi toutes leurs terres, maisons, rentes, profits et héritages quelconques ; et iceux baillez à gouverner de par nous à personnes qui de ce puissent et sachent rendre raison, quand et où il appartiendra, en procédant outre aux peines contenues en ces présentes, ainsi comme par raison il appartiendra et devra. Et avec ce, que tous les séditieux, lesquels vous trouverez ou savoir pourrez en votre dit bailliage, qui par fausses relations ou mensonges trouvés, de fait ou autrement s’efforcent ou se veulent elforcer de mettre nouvelles divisions en votre dit bailliage, ou qui continueront celles qui autrefois ont été en notre royaume, ou qui autrement viendront ou voudroient venir contre la dite paix, vous les prenez ou faites prendre, et punir comme vous verrez être à faire iiar raison. Et de ce faire vous donnons iiouvoir, puissance, autorité et mandement spécial. IMandons cl commandons à tous nos justiciers, otiieiers et sujets qu’en ce faisant obéissent et entendent diligemment; et aussi à tous nos autres baillis, capitaines et gardes de bonnes villes, châteaux, ponts, passages, détroits et juridictions, mandons et commandons que ils fassent et signifient, et laissent nos dits sujets de votre dit bailliage atout leurs chevaux, bagues et autres biens quelconques, en venant devers nous ou ailleurs où nous les ordonnerons à aller pour notre service, venir, passer et repasser, et par les lieux devant dits, en portant seulement vidimus sous scel royal de votre dit bailliage et certili-
ni‘2 CHROMQllES IVEiNra EHRAM") DE MONSTRELEE [1414]
cation de vous, comment ils viennent devers nous ou ailleurs pour notre dit service, sans à cuv ou aucun d’euv faire ou donner aucun mal. encombrier ou empêchement; nonobstant que par nos autres lettres nous leur eussions mandé et défendu qu’ils ne laissent pas ou sonITrent aucuns gens d’armes, de quelque état autorité ou condition qu’ils soient, de notre sang ou autre, passer ni repasser par les dits lieux sans notre licence, dont il leur appert par nos lettres-patentes de date subséquente à ces présentes défenses devant dites.
» Donné à Paris, le vingt-sixième jour de janvier l’an mil quatre cent et treize, et de notre régne le trente-troisième.
» Ainsi signé par le roi, à la relation du grandconseil tenu par la reine, monseigneur d’Aquitaine présent. E. Mauregard. »
Lequel mandement fut envoyé, comme dit est, tant en la ville d’Amiens comme en plusieurs autres villes du royaume de France; et avec ce furent envoyées autres lettres missives de par le roi à plusieurs villes sur les passages, par lesquelles il défendoit qu’au duc de Bourgogne ni à ses gens on ne fît aucune ouverture, sur peine d’encourir son indignation.